Fiche de révision
Consultation et suivi d'un patient ayant des troubles cognitifs
Des actes plutôt qu'une plainte, cinq causes réversibles à traiter d'abord, et une image qui n'affirme rien.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ On n'évalue pas une mémoire en posant des questions sur la mémoire.
⚠️ Ce qui se recueille : ce qui a motivé la consultation, ⚠️ et par qui, ⚠️ l'ancienneté des troubles, et leur mode d'installation, ⚠️ progressif ou brutal.
⚠️ Ce qui remplace la plainte : des exemples concrets et datés, ⚠️ un rendez-vous manqué, ⚠️ une route perdue, ⚠️ une question répétée, et surtout les activités abandonnées, ⚠️ qui mesurent le retentissement mieux que tout.
⚠️ Ce qui se demande sur les actes complexes : la gestion des papiers et de l'argent, ⚠️ la préparation des repas, ⚠️ la prise des traitements, ⚠️ les transports, et les incidents domestiques.
⚠️ Ce qui se demande pour autrui : la conduite automobile, ⚠️ jamais rapportée spontanément, et souvent la raison de la minimisation.
⚠️ Ce qui se recherche comme causes traitables : l'humeur, ⚠️ le sommeil et les ronflements avec pauses, ⚠️ l'alcool, ⚠️ les traitements en cours, et les troubles sensoriels.
⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que le patient craint, ⚠️ et l'autorisation de recueillir l'avis d'un proche, qu'il accorde presque toujours si elle est demandée.
À retenir
- Les activités abandonnées mesurent le retentissement mieux que la plainte.
- La conduite automobile se demande : elle n'est jamais rapportée.
- Cinq causes traitables se cherchent avant toute conclusion.
- Ce que le patient craint se demande avant de parler de diagnostic.
- L'avis d'un proche se recueille avec l'accord du patient, et il se demande.
En pratique
- Motif et demandeur identifiés
- Ancienneté et installation précisées
- Exemples concrets recueillis
- Activités abandonnées listées
- Actes complexes explorés
- Conduite automobile abordée
- Causes traitables recherchées
- Accord pour l'avis d'un proche obtenu
Examen clinique
⚠️ L'examen sert ici à trouver ce qui n'est pas une maladie de la mémoire.
⚠️ Ce qui se met en condition d'abord : l'appareil auditif, ⚠️ les lunettes, ⚠️ une pièce calme. ⚠️ Un test passé sans entendre ne mesure pas la mémoire.
⚠️ Ce qui s'examine sur la marche : la longueur du pas, ⚠️ le demi-tour, ⚠️ l'élargissement du polygone, ⚠️ l'aimantation au sol, et l'équilibre.
⚠️ Ce qui se cherche comme signes neurologiques : un déficit moteur, ⚠️ une asymétrie des réflexes, ⚠️ un syndrome parkinsonien, ⚠️ une atteinte des mouvements des yeux, et des troubles du champ visuel.
⚠️ Ce qui se mesure : la pression artérielle couchée et debout, ⚠️ le poids, ⚠️ et la fréquence cardiaque.
⚠️ Ce qui s'observe pendant l'entretien : la fluence du langage, ⚠️ le manque du mot, ⚠️ la conscience des difficultés, ⚠️ l'apathie, et la présence d'un proche qui répond à la place.
⚠️ Ce qui se recherche comme cause générale : des signes de trouble de la thyroïde, ⚠️ une anémie clinique, et des signes de dénutrition.
À retenir
- Un test passé sans entendre les consignes ne mesure pas la mémoire.
- La marche à petits pas aimantés oriente vers une cause précise.
- Un proche qui répond à la place est une donnée d'examen.
- La pression debout se mesure aussi dans ce bilan.
- L'absence de conscience des difficultés a une valeur d'orientation.
En pratique
- Audition et vision mises en condition
- Marche et demi-tour observés
- Signes neurologiques focaux cherchés
- Syndrome parkinsonien recherché
- Pression couchée et debout mesurée
- Langage et fluence observés
- Apathie et conscience des troubles notées
- Signes généraux recherchés
Synthèse paraclinique
⚠️ Le bilan biologique ne fait pas le diagnostic, ⚠️ il retire des causes.
⚠️ Ce qui se demande devant tout trouble cognitif : une exploration de la thyroïde, ⚠️ une numération, ⚠️ les sels du sang, ⚠️ le calcium, ⚠️ la fonction du rein et du foie, ⚠️ la glycémie, et un dosage de la vitamine B12 et des folates.
⚠️ Ce qui se demande selon le contexte : des sérologies, ⚠️ selon les facteurs de risque et l'histoire, et non par principe.
⚠️ Ce qui s'interprète avec l'ordonnance : une baisse du sodium, ⚠️ très souvent liée à un traitement, et une carence vitaminique.
⚠️ Ce qui se réserve à des situations précises : une ponction lombaire, ⚠️ et les marqueurs spécialisés, ⚠️ dont l'indication relève du spécialiste, et non de la première consultation.
⚠️ Ce qui vaut plus qu'un dosage : la révision complète de l'ordonnance, ⚠️ et l'évaluation neuropsychologique, réalisée dans de bonnes conditions sensorielles et thymiques.
⚠️ Ce qui se refait plutôt que de se croire : un test dont les conditions de passation étaient mauvaises.
À retenir
- Le bilan retire des causes, il n'affirme pas un diagnostic.
- Une baisse du sodium est le plus souvent médicamenteuse.
- La ponction lombaire et les marqueurs relèvent du spécialiste.
- La révision de l'ordonnance vaut plus que la plupart des dosages.
- Un test passé dans de mauvaises conditions se refait, il ne se discute pas.
En pratique
- Thyroïde explorée
- Numération et sels demandés
- Calcium, rein et foie contrôlés
- Vitamines dosées
- Sérologies selon contexte
- Ordonnance révisée
- Évaluation neuropsychologique demandée
- Conditions de passation vérifiées
Iconographie
⚠️ L'imagerie cérébrale n'affirme pas une maladie cognitive, ⚠️ elle élimine ce qui se répare.
⚠️ Ce qui se demande en première intention : une imagerie par résonance magnétique, ⚠️ plus informative que la tomodensitométrie, ⚠️ qui reste une solution de repli quand la première est impossible.
⚠️ Ce qui se cherche en priorité : un processus expansif, ⚠️ une collection sous-durale, ⚠️ une hydrocéphalie, ⚠️ des lésions vasculaires, et des séquelles.
⚠️ Ce qui s'analyse ensuite : l'atrophie et sa topographie, ⚠️ la taille des ventricules, ⚠️ l'aspect des sillons selon la région, et l'étendue des anomalies de la substance blanche.
⚠️ Ce qui change la lecture : la comparaison à un examen antérieur, ⚠️ qui transforme un aspect stable en une progression, et qui est souvent oubliée du compte rendu.
⚠️ Ce qui ne conclut rien : la phrase « en rapport avec l'âge ». ⚠️ Elle n'est pas un diagnostic, ⚠️ et elle ne dispense d'aucune hypothèse clinique.
⚠️ Ce qui se sait sur les limites : une collection ancienne peut être difficile à voir sur une tomodensitométrie sans injection, ⚠️ et un compte rendu qui signale des espaces mal analysables appelle un complément.
À retenir
- L'imagerie élimine ce qui se répare, elle n'affirme pas la maladie.
- La comparaison à un examen antérieur transforme souvent la lecture.
- « En rapport avec l'âge » n'est pas un diagnostic.
- Une collection ancienne peut être difficile à voir sans injection.
- Un compte rendu signalant des zones mal analysables appelle un complément.
En pratique
- Imagerie demandée en première intention
- Causes curables recherchées
- Ventricules et sillons décrits
- Substance blanche évaluée
- Examen antérieur retrouvé
- Progression appréciée
- Conclusion du compte rendu discutée
- Complément demandé si limites signalées
Stratégie diagnostique
⚠️ La démarche va du réversible vers l'irréversible, ⚠️ et jamais l'inverse.
⚠️ Ce qui se traite avant de conclure : une dépression, ⚠️ un trouble du sommeil, ⚠️ un traitement en cause, ⚠️ une consommation d'alcool, ⚠️ une carence, ⚠️ une atteinte de la thyroïde, et un déficit sensoriel.
⚠️ Ce qui s'élimine par l'imagerie : une collection, ⚠️ une tumeur, ⚠️ une hydrocéphalie chronique, et des lésions vasculaires étendues.
⚠️ Ce qui oriente vers une cause précise : l'association d'un trouble de la marche, ⚠️ de troubles urinaires récents, et d'un ralentissement cognitif.
⚠️ Ce qui distingue une confusion d'un trouble installé : l'installation en quelques heures ou jours, ⚠️ la fluctuation, ⚠️ le trouble de l'attention, et un facteur déclenchant, ⚠️ qui imposent une prise en charge immédiate et une recherche de cause.
⚠️ Ce qui se documente avant d'annoncer : un profil neuropsychologique, ⚠️ une imagerie, ⚠️ un bilan, et l'avis d'un proche.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : poser un diagnostic sur une plainte et un test unique, ⚠️ ni l'écarter parce que le test est normal, quand le retentissement est réel.
À retenir
- La démarche va du réversible vers l'irréversible.
- Trois signes associés orientent vers une cause qui se traite.
- Une installation rapide et fluctuante fait chercher une confusion et sa cause.
- Un test normal n'écarte pas un trouble quand le retentissement est réel.
- Un diagnostic ne se pose ni sur une plainte ni sur un test unique.
En pratique
- Causes réversibles traitées d'abord
- Imagerie interprétée avec la clinique
- Triade de la marche recherchée
- Confusion distinguée d'un trouble installé
- Facteur déclenchant recherché
- Profil neuropsychologique obtenu
- Avis du proche recueilli
- Conclusion différée si le dossier est incomplet
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ La prise en charge ne commence pas par un médicament, ⚠️ et elle ne s'arrête jamais au diagnostic.
⚠️ Ce qui se fait en premier : retirer ou alléger les traitements qui altèrent la cognition, ⚠️ traiter l'humeur, ⚠️ corriger l'audition et la vision, et explorer le sommeil.
⚠️ Ce qui s'organise autour de la personne : l'orthophonie, ⚠️ la kinésithérapie, ⚠️ les activités adaptées, ⚠️ le maintien des liens sociaux, et l'activité physique.
⚠️ Ce qui se traite comme une question médicale : la conduite automobile, ⚠️ qui s'aborde explicitement, ⚠️ s'évalue, et se réévalue, ⚠️ l'aptitude relevant d'une procédure et non d'un conseil.
⚠️ Ce qui s'anticipe pendant que c'est possible : la personne de confiance, ⚠️ les directives anticipées, ⚠️ les mesures de protection juridique quand elles deviennent nécessaires, et les souhaits sur le lieu de vie.
⚠️ Ce qui se met en place au domicile : la sécurité, ⚠️ la gestion des traitements, ⚠️ les aides, et un moyen d'alerte.
⚠️ Ce qui se soutient : l'aidant, ⚠️ dont l'épuisement décide du maintien à domicile, et à qui des relais s'offrent avant la crise.
À retenir
- Alléger les traitements qui altèrent la cognition vient avant tout le reste.
- La conduite automobile est une question médicale, pas un conseil.
- L'anticipation se fait pendant que la personne peut l'exprimer.
- L'épuisement de l'aidant décide du maintien à domicile.
- Les relais s'offrent avant la crise, pas pendant.
En pratique
- Traitements délétères allégés
- Humeur traitée
- Sensorialité corrigée
- Rééducation et activités organisées
- Conduite automobile évaluée
- Anticipation abordée
- Sécurité du domicile assurée
- Aidant soutenu
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ L'annonce se prépare, ⚠️ et elle commence par ce que la personne veut savoir.
⚠️ Ce qui se demande avant d'annoncer : ce que la personne a compris, ⚠️ ce qu'elle craint, ⚠️ et ce qu'elle souhaite savoir, car certaines demandent tout et d'autres par étapes.
⚠️ Ce qui se dit à la personne elle-même : le diagnostic, ⚠️ avec des mots simples, ⚠️ en sa présence, et non à sa famille d'abord, ⚠️ sauf refus explicite de sa part.
⚠️ Ce qui s'annonce en même temps : ce qui reste possible, ⚠️ ce qui se traite, ⚠️ le rythme du suivi, et le fait que personne ne l'abandonne.
⚠️ Ce qui ne s'annonce pas : un pronostic chiffré, ⚠️ ni une évolution présentée comme certaine.
⚠️ Ce qui se laisse : du silence, ⚠️ le temps de réagir, et la possibilité de revenir sur le sujet à la consultation suivante.
⚠️ Ce qui se propose ensuite : un entretien avec l'aidant, ⚠️ avec l'accord de la personne, ⚠️ et un document écrit, remis à la fin.
À retenir
- L'annonce commence par ce que la personne veut savoir.
- Le diagnostic se dit à la personne, pas à sa famille d'abord.
- Ce qui reste possible s'annonce en même temps que le diagnostic.
- Aucun pronostic chiffré ne s'annonce.
- Le sujet se rouvre à la consultation suivante : rien ne se dit en une fois.
En pratique
- Compréhension préalable explorée
- Souhait de savoir demandé
- Diagnostic dit à la personne
- Mots simples employés
- Ce qui reste possible annoncé
- Pronostic chiffré évité
- Silences respectés
- Document remis et rendez-vous fixé
Éducation et prévention
⚠️ Ce qui protège cette personne se joue chez elle, ⚠️ entre deux consultations.
⚠️ Ce qui s'explique sur les traitements : le rôle de chaque ligne, ⚠️ la nécessité d'un pilulier ou d'un passage infirmier, ⚠️ et l'interdiction de l'automédication, notamment des produits qui altèrent la vigilance.
⚠️ Ce qui se met en place pour la sécurité : la cuisson, ⚠️ le gaz, ⚠️ l'eau chaude, ⚠️ les clés, ⚠️ les papiers, et le risque de sortie sans retour.
⚠️ Ce qui se conseille sur le mode de vie : l'activité physique régulière, ⚠️ le maintien des activités sociales, ⚠️ le sommeil, ⚠️ la correction des facteurs de risque vasculaires, et la limitation de l'alcool.
⚠️ Ce qui se prévient : la confusion, ⚠️ par le repérage précoce d'une infection, ⚠️ d'une douleur, ⚠️ d'une constipation, ⚠️ d'une rétention urinaire, et de tout médicament nouveau.
⚠️ Ce qui s'apprend à l'aidant : les signes qui doivent faire consulter, ⚠️ les manières de communiquer sans confronter, ⚠️ et ses propres droits, congé, relais, accueil de jour, soutien.
⚠️ Ce qui se remet par écrit : le plan, ⚠️ les numéros, et la date du prochain rendez-vous.
À retenir
- La sécurité du domicile se travaille pièce par pièce.
- Toute confusion se prévient par le repérage d'une cause banale.
- Un médicament nouveau est la première cause de confusion évitable.
- L'aidant apprend aussi à communiquer sans confronter.
- Le plan écrit est le seul qui existera dans six mois.
En pratique
- Rôle des traitements expliqué
- Aide à la prise organisée
- Automédication interdite
- Sécurité du domicile revue
- Activité et lien social encouragés
- Facteurs vasculaires corrigés
- Causes de confusion apprises
- Droits de l'aidant expliqués
Communication interprofessionnelle
⚠️ Ce suivi tient par des professionnels qui ne se voient jamais.
⚠️ Ce qui se demande au médecin traitant : l'historique des prescriptions, ⚠️ les bilans antérieurs, ⚠️ les hospitalisations, et son observation dans la durée, ⚠️ qui vaut souvent une évaluation.
⚠️ Ce qui se transmet au médecin traitant : le diagnostic ou son absence, ⚠️ ce qui a été dit à la personne, ⚠️ ce qu'elle a souhaité ne pas savoir, et le plan.
Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ le relevé des délivrances, ⚠️ et le signalement des achats sans ordonnance.
⚠️ Ce qui se transmet aux intervenants du domicile : des consignes exécutables, ⚠️ ce qu'il faut signaler, ⚠️ à qui, et à partir de quel seuil.
⚠️ Ce qui se coordonne : l'orthophoniste, ⚠️ le neuropsychologue, ⚠️ l'ergothérapeute, ⚠️ les services d'aide, et la structure spécialisée.
⚠️ Ce qui ne se transmet pas sans accord : l'information à la famille, ⚠️ tant que la personne peut décider, ⚠️ et le contenu de ce qu'elle a confié.
⚠️ Et ce qui s'écrit : la personne de confiance, ⚠️ la date de l'annonce, ⚠️ ce qui a été dit, et la date de réévaluation.
À retenir
- L'observation du médecin traitant dans la durée vaut souvent une évaluation.
- Ce qui a été dit à la personne se transmet, et ce qu'elle a refusé de savoir aussi.
- Une consigne au domicile dit quoi signaler, à qui, à partir de quel seuil.
- Rien ne se transmet à la famille tant que la personne peut décider.
- La date de l'annonce et son contenu s'écrivent au dossier.
En pratique
- Historique demandé au médecin traitant
- Observation dans la durée recueillie
- Diagnostic et plan transmis
- Contenu de l'annonce transmis
- Délivrances suivies
- Consignes exécutables données
- Intervenants coordonnés
- Confidentialité tenue