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Fiche de révision

Consultation post-événement allergique

Un épisode raconté de mémoire, une cause attribuée au stress, et un traitement d'urgence que personne n'a montré.

Situation de départ 299Catégorie IIIItem R2C 186Item R2C 324Item R2C 325

Entretien et interrogatoire

⚠️ Tout se joue sur la reconstitution de l'épisode, ⚠️ et elle ne se fait qu'une fois.

⚠️ Ce qui se reconstitue minute par minute : l'heure du début, ⚠️ le délai depuis l'exposition supposée, ⚠️ l'ordre d'apparition des signes, ⚠️ la présence d'une atteinte respiratoire, ⚠️ d'un malaise, et la durée totale.

⚠️ Ce qui se recense : tout ce qui a été mangé, bu, pris ou touché dans les heures précédentes, ⚠️ y compris les médicaments, ⚠️ les compléments, ⚠️ les cosmétiques, et les piqûres d'insectes. ⚠️ Le patient ne rapporte presque jamais l'aliment de lui-même.

⚠️ Ce qui se cherche comme cofacteurs : un effort, ⚠️ l'alcool, ⚠️ la chaleur, ⚠️ une infection, ⚠️ la fatigue, ⚠️ les règles, et certains médicaments, ⚠️ qui abaissent le seuil de réaction.

⚠️ Ce qui se demande sur les antécédents : des épisodes plus discrets passés inaperçus, ⚠️ un terrain allergique, ⚠️ un asthme, et les traitements en cours.

⚠️ Ce qui se demande sur la prise en charge : ce qui a été fait ce jour-là, ⚠️ le délai avant l'appel, ⚠️ le mode d'arrivée, et ce qui a été compris à la sortie.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que le patient croit être la cause, ⚠️ car cette croyance commande tout son comportement futur.

Le piège

Se contenter du récit spontané. Reprendre le repas et les heures précédentes ligne par ligne.

À retenir

  • L'aliment n'est presque jamais rapporté spontanément : il se demande.
  • Les cofacteurs abaissent le seuil et expliquent qu'un aliment toléré ne le soit plus.
  • Des épisodes plus discrets passés inaperçus se recherchent.
  • Le délai avant l'appel dit ce qui a été compris de la gravité.
  • Ce que le patient croit être la cause commande tout son comportement futur.

En pratique

  • Chronologie reconstituée
  • Délai depuis l'exposition établi
  • Atteinte respiratoire et malaise précisés
  • Expositions des heures précédentes recensées
  • Médicaments et piqûres recherchés
  • Cofacteurs identifiés
  • Épisodes antérieurs recherchés
  • Croyance du patient recueillie

Examen clinique

⚠️ L'examen à distance est souvent normal, ⚠️ et c'est une information à donner.

⚠️ Ce qui se recherche sur la peau : des lésions résiduelles, ⚠️ un eczéma, ⚠️ une urticaire chronique, et des marques de grattage.

⚠️ Ce qui s'examine sur les voies respiratoires : l'auscultation, ⚠️ le débit expiratoire quand il est disponible, ⚠️ une obstruction nasale, et des signes de rhinite. ⚠️ Un asthme mal contrôlé aggrave le pronostic d'une réaction ultérieure, et se cherche systématiquement.

⚠️ Ce qui se mesure : la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, ⚠️ le poids, utile pour le choix du dispositif d'urgence.

⚠️ Ce qui se regarde et qui n'est pas dans le corps : le dispositif d'urgence lui-même, ⚠️ sa date de péremption, ⚠️ son état, et l'endroit d'où le patient le sort.

⚠️ Ce qui se fait faire : la démonstration du geste avec un dispositif d'entraînement, ⚠️ le patient montrant, et non le soignant expliquant.

⚠️ Ce qui se note : la présence d'un asthme, ⚠️ d'un terrain atopique, et des traitements pouvant aggraver une réaction.

À retenir

Demander au patient de sortir son dispositif d'urgence. L'endroit et l'état disent tout.

À retenir

  • Un examen normal à distance est une information à donner au patient.
  • Un asthme mal contrôlé aggrave le pronostic d'une réaction ultérieure.
  • Le dispositif d'urgence fait partie de l'examen : on le regarde.
  • L'endroit d'où le patient sort son dispositif est une donnée clinique.
  • Le geste se fait montrer par le patient, pas expliquer par le soignant.

En pratique

  • Peau examinée
  • Auscultation faite
  • Asthme recherché et contrôle évalué
  • Rhinite recherchée
  • Poids et paramètres notés
  • Dispositif d'urgence inspecté
  • Date de péremption vérifiée
  • Démonstration faite par le patient

Synthèse paraclinique

⚠️ Les examens de l'allergie ne se lisent jamais sans l'histoire.

⚠️ Ce qui se sait sur le dosage réalisé pendant l'épisode : il peut confirmer la nature de la réaction s'il a été prélevé au bon moment, ⚠️ et sa normalité n'élimine rien.

⚠️ Ce qui se demande à distance : des tests cutanés, ⚠️ et des dosages sanguins orientés, ⚠️ après un délai suffisant, et par un allergologue.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un panel large de dosages sans hypothèse, ⚠️ dont les résultats positifs sans traduction clinique conduisent à des évictions inutiles, ⚠️ parfois dangereuses chez l'enfant.

⚠️ Ce qui s'interprète avec prudence : une sensibilisation biologique, ⚠️ qui n'est pas une allergie, tant qu'elle ne correspond pas à l'histoire.

⚠️ Ce qui peut être nécessaire : un test de provocation, ⚠️ réalisé en milieu spécialisé, et jamais au cabinet.

⚠️ Ce qui se vérifie sur le terrain : une exploration de la fonction respiratoire, ⚠️ quand un asthme est suspecté ou connu.

⚠️ Ce qui compte plus que tout examen : le compte rendu de l'épisode, ⚠️ et sa datation, document que le patient doit conserver.

Le piège

Prescrire un panel large. Une positivité sans histoire clinique n'autorise aucune éviction.

À retenir

  • Un dosage normal pendant l'épisode n'élimine pas le diagnostic.
  • Une sensibilisation biologique n'est pas une allergie.
  • Un panel large sans hypothèse produit des évictions inutiles.
  • Le test de provocation se fait en milieu spécialisé, jamais au cabinet.
  • Le compte rendu de l'épisode vaut plus que la plupart des examens.

En pratique

  • Dosage per-critique recherché au dossier
  • Délai respecté avant les tests
  • Tests demandés par l'allergologue
  • Panels non ciblés évités
  • Sensibilisation distinguée de l'allergie
  • Exploration respiratoire si asthme
  • Compte rendu de l'épisode conservé
  • Résultats confrontés à l'histoire

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans le bilan ni le suivi d'une réaction allergique.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic de l'épisode a été porté en urgence. L'identification de l'allergène relève de la consultation d'allergologie et de la situation de départ correspondante.

Urgence vitale

⚠️ Cette consultation prépare une urgence qui aura lieu ailleurs, ⚠️ et sans soignant.

⚠️ Ce qui se reconnaît : une atteinte respiratoire, ⚠️ une gêne de la gorge, ⚠️ une modification de la voix, ⚠️ un malaise, ⚠️ une chute de la pression, et des signes digestifs brutaux. ⚠️ L'étendue des plaques ne fait pas la gravité.

⚠️ Ce qui se fait immédiatement : l'injection intramusculaire dans la face antérolatérale de la cuisse, ⚠️ sans attendre, ⚠️ au travers des vêtements si nécessaire, puis l'appel des secours.

⚠️ Ce qui se fait ensuite : allonger la personne, ⚠️ jambes surélevées, ⚠️ ne pas la faire se lever, ⚠️ ne pas la laisser seule, et renouveler l'injection si les signes persistent.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : attendre l'effet d'un antihistaminique, ⚠️ conduire soi-même, et rentrer chez soi sans surveillance.

⚠️ Ce qui impose une surveillance hospitalière : toute injection réalisée, ⚠️ en raison du risque de réaction retardée.

⚠️ Ce qui se sait sur le traitement d'urgence : il n'a pas de contre-indication dans cette situation, ⚠️ et l'hésitation coûte plus que l'injection.

Urgence

Gêne respiratoire, voix modifiée, malaise : injecter dans la cuisse, puis appeler.

À retenir

  • L'étendue des plaques ne fait pas la gravité.
  • L'injection se fait dans la cuisse, sans attendre, avant l'appel.
  • Attendre l'effet d'un antihistaminique retarde le seul geste utile.
  • Toute injection impose une surveillance hospitalière.
  • Dans cette situation, l'hésitation coûte plus que l'injection.

En pratique

  • Signes de gravité connus du patient
  • Injection intramusculaire dans la cuisse
  • Appel des secours après l'injection
  • Position allongée
  • Patient non laissé seul
  • Renouvellement si persistance
  • Antihistaminique non substitué
  • Surveillance hospitalière prévue

Stratégie de prise en charge

⚠️ Ce qui se décide ici tient dans une ordonnance et deux rendez-vous.

⚠️ Ce qui se prescrit : le dispositif auto-injectable, ⚠️ en nombre adapté aux lieux de vie, ⚠️ avec un dosage adapté au poids, et un renouvellement daté avant la péremption.

⚠️ Ce qui s'écrit : un plan d'action personnalisé, ⚠️ nommant les signes, ⚠️ le geste, ⚠️ le numéro, et la conduite après.

⚠️ Ce qui s'organise : la consultation d'allergologie, ⚠️ avec un rendez-vous pris pendant la consultation, et non un nom donné.

⚠️ Ce qui se traite en même temps : un asthme insuffisamment contrôlé, ⚠️ facteur de gravité majeur d'une réaction ultérieure.

⚠️ Ce qui se réexamine : les traitements en cours pouvant aggraver une réaction ou gêner son traitement, ⚠️ et dont l'arrêt se discute avec le prescripteur.

⚠️ Ce qui se met en place selon le lieu de vie : un projet d'accueil pour un enfant scolarisé, ⚠️ l'information du service de santé au travail pour un adulte, avec l'accord de la personne.

⚠️ Ce qui se date : la consultation de vérification du geste, ⚠️ la technique se dégradant en quelques mois.

À retenir

Prescrire plusieurs dispositifs : un sur soi, un au travail ou à l'école. Un seul, c'est zéro le jour où il est resté ailleurs.

À retenir

  • Le nombre de dispositifs suit les lieux de vie, pas la boîte unique.
  • Un plan d'action écrit nomme les signes, le geste, le numéro et la suite.
  • Une orientation vaut par le rendez-vous pris, pas par le nom donné.
  • Un asthme mal contrôlé est un facteur de gravité à traiter d'emblée.
  • La technique se dégrade en quelques mois : elle se revérifie.

En pratique

  • Dispositifs prescrits en nombre adapté
  • Dosage adapté au poids
  • Plan d'action écrit remis
  • Rendez-vous d'allergologie pris
  • Asthme évalué et traité
  • Traitements aggravants réexaminés
  • Lieu de vie informé avec accord
  • Consultation de vérification datée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : L'apprentissage du geste d'auto-injection est évalué comme acte éducatif et traité dans la section éducation.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. L'information sur le risque de récidive est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce domaine porte la situation, ⚠️ et il commence par défaire une explication fausse.

⚠️ Ce qui se dit d'abord : que la réaction n'était pas due au stress, ⚠️ ni à la fatigue, et que le patient n'a pas exagéré. ⚠️ Tant qu'il croit le contraire, il n'évite rien et n'emporte rien.

⚠️ Ce qui s'annonce ensuite : que cela peut se reproduire, ⚠️ et être plus grave, dit clairement et sans dramatiser.

⚠️ Ce qui s'apprend par le geste : l'auto-injection, ⚠️ montrée par le patient avec un dispositif d'entraînement, ⚠️ et non expliquée. ⚠️ Un dispositif jamais ouvert ne sera pas utilisé le jour venu.

⚠️ Ce qui se corrige : le lieu de conservation, ⚠️ sur soi et non dans un véhicule, ⚠️ à l'abri de la chaleur et du gel, et le nombre d'exemplaires.

⚠️ Ce qui s'enseigne à l'entourage : le même geste, ⚠️ car la personne en réaction ne peut pas toujours l'accomplir.

⚠️ Ce qui se travaille sur l'éviction : la lecture des étiquettes, ⚠️ la question posée au restaurant et à la cantine, ⚠️ la vigilance sur les traces, et les dénominations trompeuses.

⚠️ Ce qui se remet : le plan écrit, ⚠️ une carte d'alerte, et la date du contrôle.

À retenir

Faire faire le geste avec un dispositif d'entraînement, et le refaire à la consultation suivante.

À retenir

  • Tant que le patient croit que c'était le stress, il n'évite rien.
  • Un dispositif jamais ouvert ne sera pas utilisé le jour venu.
  • Le geste s'apprend par la main du patient, pas par la parole du soignant.
  • L'entourage apprend le même geste : la personne en réaction ne peut pas toujours l'accomplir.
  • Le lieu de conservation se corrige explicitement : sur soi, pas dans un véhicule.

En pratique

  • Attribution erronée corrigée
  • Risque de récidive annoncé
  • Signes de gravité appris
  • Geste fait par le patient
  • Conservation corrigée
  • Entourage formé
  • Éviction et étiquettes travaillées
  • Plan écrit et carte remis

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le jour de la prochaine réaction, la personne sera entourée de gens qui ne sont pas soignants.

⚠️ Ce qui se transmet à l'allergologue : le récit détaillé de l'épisode, ⚠️ les délais, ⚠️ la liste complète des expositions, ⚠️ les cofacteurs, et le compte rendu des urgences. ⚠️ Un bilan sans histoire ne conclut rien.

⚠️ Ce qui se demande au service qui a pris en charge : le dosage éventuellement prélevé, ⚠️ les traitements administrés, et l'évolution.

⚠️ Ce qui se transmet au médecin traitant : le plan d'action, ⚠️ la prescription, ⚠️ la date de péremption, et la date de la consultation de vérification.

Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ la remise effective du dispositif, ⚠️ une démonstration au comptoir, et le rappel avant la péremption.

⚠️ Ce qui s'organise avec l'école ou le travail : avec l'accord de la personne, ⚠️ un document nommant les signes et le geste, ⚠️ la présence d'un dispositif sur place, et des personnes formées.

⚠️ Ce qui ne se transmet pas : l'information à un employeur ou à un établissement sans l'accord de la personne, ⚠️ même au nom de sa sécurité.

À retenir

Transmettre le récit complet à l'allergologue. Les tests ne s'interprètent que contre lui.

À retenir

  • Un bilan allergologique sans le récit de l'épisode ne conclut rien.
  • Le pharmacien peut refaire la démonstration et rappeler la péremption.
  • Le lieu de vie doit disposer d'un dispositif et de personnes formées.
  • Rien n'est transmis à un employeur sans l'accord de la personne.
  • La date de péremption fait partie des informations transmises.

En pratique

  • Récit détaillé transmis à l'allergologue
  • Compte rendu des urgences joint
  • Dosage per-critique demandé
  • Plan transmis au médecin traitant
  • Pharmacien sollicité
  • Document remis au lieu de vie
  • Personnes formées sur place
  • Accord de la personne obtenu

Sources

  • R2C, item 186 : Hypersensibilités et allergies chez l'enfant et l'adulte : aspects physiopathologiques, épidémiologiques, diagnostiques et principes de traitement
  • R2C, item 324 : Éducation thérapeutique, observance et automédication
  • R2C, item 325 : Identification et gestion des risques liés aux médicaments et aux biomatériaux, risque iatrogène, erreur médicamenteuse
  • Collège des enseignants d'immunologie et Collège de pneumologie, chapitres sur l'anaphylaxie et l'allergie alimentaire
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de l'anaphylaxie et sur la prescription des dispositifs auto-injectables. La date de la version consultée fait partie de la source