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Fiche de révision

Consultation pré-anesthésique

Des traitements que le patient ne compte pas, un document resté dans sa poche, et une découverte qui décale la date.

Situation de départ 300Catégorie IIIItem R2C 136Item R2C 325Item R2C 75

Entretien et interrogatoire

⚠️ Cette consultation vaut ce que vaut son interrogatoire.

⚠️ Ce qui se demande autrement : ce que le patient prend, ⚠️ même sans ordonnance, ⚠️ y compris ce qu'il achète en pharmacie, ⚠️ les compléments, ⚠️ les plantes, et ce qu'un proche lui donne. ⚠️ « Prenez-vous des médicaments » obtient non.

⚠️ Ce qui se réclame : les documents des anesthésies antérieures, ⚠️ que le patient a parfois sur lui, ⚠️ et qui portent les difficultés rencontrées.

⚠️ Ce qui se recherche sur le sommeil : des ronflements, ⚠️ des pauses respiratoires rapportées par le conjoint, ⚠️ une somnolence de journée, et des endormissements au volant, ⚠️ information qui ne figure dans aucun dossier.

⚠️ Ce qui se quantifie : la tolérance à l'effort, ⚠️ en étages et en mètres, et non par une appréciation.

⚠️ Ce qui se cherche et qui décale une date : une douleur thoracique d'effort, ⚠️ une dyspnée nouvelle, ⚠️ un trouble du rythme, et une infection récente.

⚠️ Ce qui se recense encore : les allergies et leur nature, ⚠️ le tabac, ⚠️ l'alcool, ⚠️ les autres substances, ⚠️ l'état dentaire, et les antécédents familiaux d'accident anesthésique.

Le piège

Une demande opératoire portant « aucun traitement » n'est pas une information : c'est une case cochée.

À retenir

  • « Prenez-vous des médicaments » obtient non : la question dit « même sans ordonnance ».
  • Les documents d'anesthésies antérieures se réclament, ils ne s'offrent pas.
  • Ce que rapporte le conjoint sur les nuits ne figure dans aucun dossier.
  • La tolérance à l'effort se quantifie en étages et en mètres.
  • Une douleur thoracique d'effort découverte ici décale la date.

En pratique

  • Traitements demandés sans ordonnance comprise
  • Compléments et plantes recensés
  • Documents anesthésiques antérieurs réclamés
  • Ronflements et pauses recherchés
  • Somnolence diurne évaluée
  • Tolérance à l'effort quantifiée
  • Signes cardiaques et respiratoires recherchés
  • Allergies, tabac, alcool et dents recensés

Examen clinique

⚠️ L'examen sert ici à prévoir, ⚠️ et surtout à prévoir une difficulté.

⚠️ Ce qui s'évalue sur les voies aériennes : l'ouverture de la bouche, ⚠️ la visibilité des structures du fond de la gorge, ⚠️ la mobilité du cou, ⚠️ la distance entre le menton et le cou, ⚠️ le tour de cou, et l'état dentaire. ⚠️ Une dent mobile se note et s'annonce.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ la taille, ⚠️ l'indice de masse corporelle, ⚠️ la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, et la saturation.

⚠️ Ce qui s'ausculte : le cœur, ⚠️ à la recherche d'un souffle, et les poumons.

⚠️ Ce qui s'examine selon la technique prévue : le rachis, ⚠️ les repères d'une anesthésie régionale, ⚠️ l'état cutané au point de ponction, et le réseau veineux.

⚠️ Ce qui se cherche comme signe neurologique : un déficit préexistant, ⚠️ noté avant tout geste, car il sera cherché après.

⚠️ Ce qui s'apprécie sur la fragilité : l'autonomie, ⚠️ la marche, ⚠️ l'état nutritionnel, chez la personne âgée.

À retenir

Noter un déficit neurologique préexistant. Sans cette trace, il sera attribué au geste.

À retenir

  • L'examen des voies aériennes prévoit la difficulté, il ne la découvre pas au bloc.
  • Une dent mobile se note et s'annonce au patient avant l'intervention.
  • Un déficit neurologique préexistant se documente avant tout geste.
  • Le tour de cou fait partie de l'évaluation.
  • Chez la personne âgée, l'autonomie et la nutrition font partie du risque.

En pratique

  • Ouverture de bouche évaluée
  • Mobilité du cou testée
  • État dentaire noté
  • Paramètres et corpulence mesurés
  • Cœur et poumons auscultés
  • Rachis et repères examinés si besoin
  • Réseau veineux évalué
  • Déficit préexistant documenté

Synthèse paraclinique

⚠️ Les examens avant une intervention se prescrivent sur le patient et sur la chirurgie, ⚠️ jamais par habitude.

⚠️ Ce qui ne se prescrit plus systématiquement : un bilan complet chez un patient sans antécédent pour une chirurgie mineure, ⚠️ dont les résultats ne changent aucune décision, et retardent parfois l'intervention pour rien.

⚠️ Ce qui se demande selon le terrain et le geste : une numération quand un saignement est attendu, ⚠️ une évaluation de la fonction du rein selon l'âge et les traitements, ⚠️ un ionogramme selon les traitements, et un groupe sanguin avec recherche d'agglutinines selon le risque transfusionnel.

⚠️ Ce qui se demande sur signe et non par principe : un électrocardiogramme, ⚠️ une radiographie du thorax, ⚠️ une évaluation cardiaque plus poussée, guidée par les symptômes et la capacité d'effort.

⚠️ Ce qui s'interprète et ne se range pas : une anomalie découverte, ⚠️ comme une glycémie élevée, ⚠️ qui appelle une prise en charge, même si elle ne contre-indique pas le geste.

⚠️ Ce qui se vérifie : la date des examens, ⚠️ et leur validité au moment de l'intervention.

⚠️ Ce qui remplace un examen : la capacité d'effort du patient, ⚠️ information la plus utile de toute la consultation.

Le piège

Prescrire un bilan large par habitude. Les faux positifs décalent des interventions sans bénéfice.

À retenir

  • Aucun bilan systématique chez un patient sans antécédent pour une chirurgie mineure.
  • Les examens se choisissent sur le terrain et sur le geste prévu.
  • Un électrocardiogramme se demande sur signe, pas par principe.
  • Une anomalie découverte s'assume : elle appelle une prise en charge.
  • La capacité d'effort est l'information la plus utile de la consultation.

En pratique

  • Indication de chaque examen justifiée
  • Bilans inutiles évités
  • Fonction du rein évaluée si indiquée
  • Groupe et agglutinines selon risque
  • Électrocardiogramme sur signe
  • Capacité d'effort documentée
  • Anomalies découvertes prises en charge
  • Validité des examens vérifiée

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'appartient en propre à la consultation pré-anesthésique. Les examens d'imagerie relèvent du bilan de la maladie chirurgicale.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic chirurgical est posé. Les explorations d'une anomalie découverte relèvent des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La consultation programmée ne comporte pas d'urgence vitale. Les complications peropératoires relèvent d'autres situations de départ.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Cette consultation produit trois décisions : la technique, ⚠️ les traitements, et la date.

⚠️ Ce qui se décide sur la technique : générale ou régionale, ⚠️ selon le geste, ⚠️ le terrain, ⚠️ la durée, et la préférence du patient, ⚠️ une fois qu'il a été informé.

⚠️ Ce qui se décide traitement par traitement : poursuivre, ⚠️ suspendre, ⚠️ ou remplacer, ⚠️ avec un délai précis, et jamais un arrêt par défaut. ⚠️ L'arrêt d'un antiagrégant ou d'un anticoagulant se discute avec le prescripteur, et se met par écrit.

⚠️ Ce qui se prévoit : la prévention de la douleur, ⚠️ des nausées, ⚠️ du risque thrombotique, ⚠️ de l'hypothermie, et de l'infection selon le geste.

⚠️ Ce qui fait décaler : une infection évolutive, ⚠️ une découverte cardiaque non explorée, ⚠️ un déséquilibre métabolique, et un traitement dont l'arrêt exige un délai.

⚠️ Ce qui se prépare : l'arrêt du tabac, ⚠️ dont le bénéfice sur les complications est démontré, et qui se propose avec une aide.

⚠️ Ce qui conditionne l'ambulatoire : l'accompagnement au retour, ⚠️ la présence d'un adulte la nuit suivante, ⚠️ le téléphone, et la distance.

⚠️ Ce qui s'écrit : la conclusion, ⚠️ le plan, et la date de validité de la consultation.

À retenir

Écrire pour chaque traitement : poursuivi, suspendu, remplacé, et à partir de quand.

À retenir

  • Aucun arrêt de traitement par défaut : chaque ligne se décide avec un délai.
  • L'arrêt d'un antiagrégant se discute avec le prescripteur et s'écrit.
  • L'arrêt du tabac avant l'intervention a un bénéfice démontré.
  • Une découverte cardiaque non explorée fait décaler la date.
  • L'ambulatoire suppose un accompagnant et une nuit non solitaire.

En pratique

  • Technique discutée avec le patient
  • Chaque traitement tranché avec un délai
  • Prescripteur consulté si besoin
  • Prévention douleur et nausées prévue
  • Risque thrombotique évalué
  • Arrêt du tabac proposé avec aide
  • Conditions de l'ambulatoire vérifiées
  • Conclusion et validité écrites

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : La consultation ne comporte pas de geste technique. Les gestes d'anesthésie relèvent des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

⚠️ L'information donnée ici est une obligation, ⚠️ et elle se trace.

⚠️ Ce qui se demande avant d'informer : ce que le patient a compris de l'intervention, ⚠️ ce qu'on lui a déjà dit, et ce qui l'inquiète. ⚠️ La peur de ne pas se réveiller est fréquente, et rarement formulée spontanément.

⚠️ Ce qui s'explique : la technique proposée, ⚠️ son déroulement, ⚠️ ce que le patient sentira, ⚠️ le réveil, et la surveillance.

⚠️ Ce qui s'annonce sans les masquer : les risques fréquents, ⚠️ les risques graves même rares, ⚠️ les alternatives, et ce qui se passe s'il refuse.

⚠️ Ce qui s'annonce aussi : les inconvénients attendus, ⚠️ douleur de gorge, ⚠️ nausées, ⚠️ frissons, ⚠️ fatigue, et le risque de lésion dentaire quand une dent est mobile.

⚠️ Ce qui se vérifie : ce que le patient a retenu, ⚠️ en le lui faisant reformuler, et non par la question « avez-vous compris ».

⚠️ Ce qui se remet : un document écrit, ⚠️ qui complète l'information orale et ne la remplace pas.

⚠️ Ce qui se recueille et se trace : le consentement, ⚠️ et le nom de la personne de confiance.

À retenir

Demander ce qui inquiète avant d'informer. La réponse oriente toute l'explication.

À retenir

  • La peur de ne pas se réveiller est fréquente et rarement formulée.
  • Les risques graves même rares s'annoncent, ainsi que les alternatives.
  • Un document écrit complète l'information orale, il ne la remplace pas.
  • Ce qui a été compris se vérifie par une reformulation.
  • Le consentement et la personne de confiance se tracent.

En pratique

  • Compréhension préalable explorée
  • Inquiétudes recueillies
  • Technique et déroulement expliqués
  • Risques fréquents et graves annoncés
  • Alternatives présentées
  • Inconvénients attendus dits
  • Reformulation obtenue
  • Consentement et personne de confiance tracés

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui est mal compris ici fait annuler une intervention le matin même.

⚠️ Ce qui s'explique précisément : les règles de jeûne, ⚠️ en distinguant les solides et les liquides clairs, ⚠️ avec des heures, et non « rien à partir de la veille au soir ». ⚠️ Un jeûne excessif est inutile et mal supporté.

⚠️ Ce qui se dit sur les traitements du matin : lesquels se prennent, ⚠️ avec une gorgée d'eau, ⚠️ lesquels ne se prennent pas, et à partir de quand.

⚠️ Ce qui se prépare : l'arrêt du tabac, ⚠️ proposé avec une aide, ⚠️ l'activité physique, et la préparation cutanée demandée par le service.

⚠️ Ce qui se rappelle : retirer bijoux et prothèses, ⚠️ signaler tout événement survenu entre la consultation et l'intervention, ⚠️ fièvre, ⚠️ infection, ou traitement nouveau.

⚠️ Ce qui s'explique sur l'après : la douleur attendue, ⚠️ le traitement prévu, ⚠️ la reprise de l'alimentation, ⚠️ la reprise du travail, et l'interdiction de conduire.

⚠️ Ce qui s'annonce sur l'ambulatoire : la nécessité d'un accompagnant, ⚠️ d'une nuit non solitaire, ⚠️ et d'un moyen de joindre le service, faute de quoi la sortie ne pourra pas se faire.

⚠️ Ce qui se remet par écrit : tout ce qui précède.

Le piège

« À jeun à partir de minuit » est compris comme « ne plus rien boire ». Donner des heures et distinguer les liquides.

À retenir

  • Le jeûne se dit en heures, et il distingue solides et liquides clairs.
  • Un jeûne excessif est inutile et mal supporté.
  • Les traitements du matin se listent un par un, pris ou non pris.
  • Tout événement survenu avant l'intervention se signale.
  • Sans accompagnant et sans nuit accompagnée, la sortie ambulatoire ne peut se faire.

En pratique

  • Règles de jeûne expliquées en heures
  • Liquides clairs distingués
  • Traitements du matin listés
  • Arrêt du tabac proposé
  • Préparation cutanée expliquée
  • Événements à signaler nommés
  • Suites et interdiction de conduire dites
  • Document écrit remis

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce que cette consultation découvre doit atteindre des gens qui ne la liront pas.

Ce qui se demande au médecin traitant : ⚠️ la liste réelle des traitements, ⚠️ les antécédents, ⚠️ les bilans récents, et son avis sur la tolérance à l'effort du patient.

Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ le relevé des délivrances, ⚠️ qui retrouve un traitement que le patient ne déclare pas, et parfois la molécule d'une allergie ancienne.

⚠️ Ce qui se demande au prescripteur d'un antiagrégant ou d'un anticoagulant : l'indication exacte, ⚠️ et son avis sur une suspension, jamais décidée seul.

⚠️ Ce qui se transmet au chirurgien : les découvertes, ⚠️ les examens demandés, ⚠️ la nécessité éventuelle de décaler, et les conditions de l'ambulatoire.

⚠️ Ce qui se transmet à l'équipe du bloc : les difficultés prévues, ⚠️ l'état dentaire, ⚠️ les allergies, ⚠️ le matériel à préparer, et le mode d'installation.

⚠️ Ce qui s'organise : la consultation spécialisée quand une anomalie est découverte, ⚠️ avec un rendez-vous pris, et un délai compatible avec la date opératoire.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la conclusion, ⚠️ les consignes, ⚠️ et la trace de l'information donnée.

À retenir

Appeler la pharmacie du patient quand la liste des traitements est douteuse. Elle est souvent exacte.

À retenir

  • Le relevé des délivrances retrouve ce que le patient ne déclare pas.
  • Une suspension d'antiagrégant ne se décide jamais seul.
  • L'équipe du bloc reçoit les difficultés prévues, pas seulement le diagnostic.
  • Une orientation vaut par le rendez-vous pris et son délai.
  • La trace de l'information donnée fait partie du dossier.

En pratique

  • Liste réelle obtenue auprès du traitant
  • Délivrances vérifiées
  • Prescripteur consulté pour les antithrombotiques
  • Découvertes transmises au chirurgien
  • Difficultés prévues transmises au bloc
  • Consultation spécialisée organisée
  • Délais compatibles vérifiés
  • Conclusion et information tracées

Sources

  • R2C, item 136 : Anesthésie locale, locorégionale et générale
  • R2C, item 325 : Identification et gestion des risques liés aux médicaments et aux biomatériaux, risque iatrogène, erreur médicamenteuse
  • R2C, item 75 : Addiction au tabac
  • Collège français des anesthésistes-réanimateurs, chapitres sur la consultation d'anesthésie, l'évaluation du risque et l'information du patient
  • Recommandations en vigueur sur les examens préinterventionnels, le jeûne préopératoire et la gestion périopératoire des antithrombotiques. La date de la version consultée fait partie de la source