Fiche de révision
Consultation pré-anesthésique
Des traitements que le patient ne compte pas, un document resté dans sa poche, et une découverte qui décale la date.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Cette consultation vaut ce que vaut son interrogatoire.
⚠️ Ce qui se demande autrement : ce que le patient prend, ⚠️ même sans ordonnance, ⚠️ y compris ce qu'il achète en pharmacie, ⚠️ les compléments, ⚠️ les plantes, et ce qu'un proche lui donne. ⚠️ « Prenez-vous des médicaments » obtient non.
⚠️ Ce qui se réclame : les documents des anesthésies antérieures, ⚠️ que le patient a parfois sur lui, ⚠️ et qui portent les difficultés rencontrées.
⚠️ Ce qui se recherche sur le sommeil : des ronflements, ⚠️ des pauses respiratoires rapportées par le conjoint, ⚠️ une somnolence de journée, et des endormissements au volant, ⚠️ information qui ne figure dans aucun dossier.
⚠️ Ce qui se quantifie : la tolérance à l'effort, ⚠️ en étages et en mètres, et non par une appréciation.
⚠️ Ce qui se cherche et qui décale une date : une douleur thoracique d'effort, ⚠️ une dyspnée nouvelle, ⚠️ un trouble du rythme, et une infection récente.
⚠️ Ce qui se recense encore : les allergies et leur nature, ⚠️ le tabac, ⚠️ l'alcool, ⚠️ les autres substances, ⚠️ l'état dentaire, et les antécédents familiaux d'accident anesthésique.
À retenir
- « Prenez-vous des médicaments » obtient non : la question dit « même sans ordonnance ».
- Les documents d'anesthésies antérieures se réclament, ils ne s'offrent pas.
- Ce que rapporte le conjoint sur les nuits ne figure dans aucun dossier.
- La tolérance à l'effort se quantifie en étages et en mètres.
- Une douleur thoracique d'effort découverte ici décale la date.
En pratique
- Traitements demandés sans ordonnance comprise
- Compléments et plantes recensés
- Documents anesthésiques antérieurs réclamés
- Ronflements et pauses recherchés
- Somnolence diurne évaluée
- Tolérance à l'effort quantifiée
- Signes cardiaques et respiratoires recherchés
- Allergies, tabac, alcool et dents recensés
Examen clinique
⚠️ L'examen sert ici à prévoir, ⚠️ et surtout à prévoir une difficulté.
⚠️ Ce qui s'évalue sur les voies aériennes : l'ouverture de la bouche, ⚠️ la visibilité des structures du fond de la gorge, ⚠️ la mobilité du cou, ⚠️ la distance entre le menton et le cou, ⚠️ le tour de cou, et l'état dentaire. ⚠️ Une dent mobile se note et s'annonce.
⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ la taille, ⚠️ l'indice de masse corporelle, ⚠️ la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, et la saturation.
⚠️ Ce qui s'ausculte : le cœur, ⚠️ à la recherche d'un souffle, et les poumons.
⚠️ Ce qui s'examine selon la technique prévue : le rachis, ⚠️ les repères d'une anesthésie régionale, ⚠️ l'état cutané au point de ponction, et le réseau veineux.
⚠️ Ce qui se cherche comme signe neurologique : un déficit préexistant, ⚠️ noté avant tout geste, car il sera cherché après.
⚠️ Ce qui s'apprécie sur la fragilité : l'autonomie, ⚠️ la marche, ⚠️ l'état nutritionnel, chez la personne âgée.
À retenir
- L'examen des voies aériennes prévoit la difficulté, il ne la découvre pas au bloc.
- Une dent mobile se note et s'annonce au patient avant l'intervention.
- Un déficit neurologique préexistant se documente avant tout geste.
- Le tour de cou fait partie de l'évaluation.
- Chez la personne âgée, l'autonomie et la nutrition font partie du risque.
En pratique
- Ouverture de bouche évaluée
- Mobilité du cou testée
- État dentaire noté
- Paramètres et corpulence mesurés
- Cœur et poumons auscultés
- Rachis et repères examinés si besoin
- Réseau veineux évalué
- Déficit préexistant documenté
Synthèse paraclinique
⚠️ Les examens avant une intervention se prescrivent sur le patient et sur la chirurgie, ⚠️ jamais par habitude.
⚠️ Ce qui ne se prescrit plus systématiquement : un bilan complet chez un patient sans antécédent pour une chirurgie mineure, ⚠️ dont les résultats ne changent aucune décision, et retardent parfois l'intervention pour rien.
⚠️ Ce qui se demande selon le terrain et le geste : une numération quand un saignement est attendu, ⚠️ une évaluation de la fonction du rein selon l'âge et les traitements, ⚠️ un ionogramme selon les traitements, et un groupe sanguin avec recherche d'agglutinines selon le risque transfusionnel.
⚠️ Ce qui se demande sur signe et non par principe : un électrocardiogramme, ⚠️ une radiographie du thorax, ⚠️ une évaluation cardiaque plus poussée, guidée par les symptômes et la capacité d'effort.
⚠️ Ce qui s'interprète et ne se range pas : une anomalie découverte, ⚠️ comme une glycémie élevée, ⚠️ qui appelle une prise en charge, même si elle ne contre-indique pas le geste.
⚠️ Ce qui se vérifie : la date des examens, ⚠️ et leur validité au moment de l'intervention.
⚠️ Ce qui remplace un examen : la capacité d'effort du patient, ⚠️ information la plus utile de toute la consultation.
À retenir
- Aucun bilan systématique chez un patient sans antécédent pour une chirurgie mineure.
- Les examens se choisissent sur le terrain et sur le geste prévu.
- Un électrocardiogramme se demande sur signe, pas par principe.
- Une anomalie découverte s'assume : elle appelle une prise en charge.
- La capacité d'effort est l'information la plus utile de la consultation.
En pratique
- Indication de chaque examen justifiée
- Bilans inutiles évités
- Fonction du rein évaluée si indiquée
- Groupe et agglutinines selon risque
- Électrocardiogramme sur signe
- Capacité d'effort documentée
- Anomalies découvertes prises en charge
- Validité des examens vérifiée
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ Cette consultation produit trois décisions : la technique, ⚠️ les traitements, et la date.
⚠️ Ce qui se décide sur la technique : générale ou régionale, ⚠️ selon le geste, ⚠️ le terrain, ⚠️ la durée, et la préférence du patient, ⚠️ une fois qu'il a été informé.
⚠️ Ce qui se décide traitement par traitement : poursuivre, ⚠️ suspendre, ⚠️ ou remplacer, ⚠️ avec un délai précis, et jamais un arrêt par défaut. ⚠️ L'arrêt d'un antiagrégant ou d'un anticoagulant se discute avec le prescripteur, et se met par écrit.
⚠️ Ce qui se prévoit : la prévention de la douleur, ⚠️ des nausées, ⚠️ du risque thrombotique, ⚠️ de l'hypothermie, et de l'infection selon le geste.
⚠️ Ce qui fait décaler : une infection évolutive, ⚠️ une découverte cardiaque non explorée, ⚠️ un déséquilibre métabolique, et un traitement dont l'arrêt exige un délai.
⚠️ Ce qui se prépare : l'arrêt du tabac, ⚠️ dont le bénéfice sur les complications est démontré, et qui se propose avec une aide.
⚠️ Ce qui conditionne l'ambulatoire : l'accompagnement au retour, ⚠️ la présence d'un adulte la nuit suivante, ⚠️ le téléphone, et la distance.
⚠️ Ce qui s'écrit : la conclusion, ⚠️ le plan, et la date de validité de la consultation.
À retenir
- Aucun arrêt de traitement par défaut : chaque ligne se décide avec un délai.
- L'arrêt d'un antiagrégant se discute avec le prescripteur et s'écrit.
- L'arrêt du tabac avant l'intervention a un bénéfice démontré.
- Une découverte cardiaque non explorée fait décaler la date.
- L'ambulatoire suppose un accompagnant et une nuit non solitaire.
En pratique
- Technique discutée avec le patient
- Chaque traitement tranché avec un délai
- Prescripteur consulté si besoin
- Prévention douleur et nausées prévue
- Risque thrombotique évalué
- Arrêt du tabac proposé avec aide
- Conditions de l'ambulatoire vérifiées
- Conclusion et validité écrites
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ L'information donnée ici est une obligation, ⚠️ et elle se trace.
⚠️ Ce qui se demande avant d'informer : ce que le patient a compris de l'intervention, ⚠️ ce qu'on lui a déjà dit, et ce qui l'inquiète. ⚠️ La peur de ne pas se réveiller est fréquente, et rarement formulée spontanément.
⚠️ Ce qui s'explique : la technique proposée, ⚠️ son déroulement, ⚠️ ce que le patient sentira, ⚠️ le réveil, et la surveillance.
⚠️ Ce qui s'annonce sans les masquer : les risques fréquents, ⚠️ les risques graves même rares, ⚠️ les alternatives, et ce qui se passe s'il refuse.
⚠️ Ce qui s'annonce aussi : les inconvénients attendus, ⚠️ douleur de gorge, ⚠️ nausées, ⚠️ frissons, ⚠️ fatigue, et le risque de lésion dentaire quand une dent est mobile.
⚠️ Ce qui se vérifie : ce que le patient a retenu, ⚠️ en le lui faisant reformuler, et non par la question « avez-vous compris ».
⚠️ Ce qui se remet : un document écrit, ⚠️ qui complète l'information orale et ne la remplace pas.
⚠️ Ce qui se recueille et se trace : le consentement, ⚠️ et le nom de la personne de confiance.
À retenir
- La peur de ne pas se réveiller est fréquente et rarement formulée.
- Les risques graves même rares s'annoncent, ainsi que les alternatives.
- Un document écrit complète l'information orale, il ne la remplace pas.
- Ce qui a été compris se vérifie par une reformulation.
- Le consentement et la personne de confiance se tracent.
En pratique
- Compréhension préalable explorée
- Inquiétudes recueillies
- Technique et déroulement expliqués
- Risques fréquents et graves annoncés
- Alternatives présentées
- Inconvénients attendus dits
- Reformulation obtenue
- Consentement et personne de confiance tracés
Éducation et prévention
⚠️ Ce qui est mal compris ici fait annuler une intervention le matin même.
⚠️ Ce qui s'explique précisément : les règles de jeûne, ⚠️ en distinguant les solides et les liquides clairs, ⚠️ avec des heures, et non « rien à partir de la veille au soir ». ⚠️ Un jeûne excessif est inutile et mal supporté.
⚠️ Ce qui se dit sur les traitements du matin : lesquels se prennent, ⚠️ avec une gorgée d'eau, ⚠️ lesquels ne se prennent pas, et à partir de quand.
⚠️ Ce qui se prépare : l'arrêt du tabac, ⚠️ proposé avec une aide, ⚠️ l'activité physique, et la préparation cutanée demandée par le service.
⚠️ Ce qui se rappelle : retirer bijoux et prothèses, ⚠️ signaler tout événement survenu entre la consultation et l'intervention, ⚠️ fièvre, ⚠️ infection, ou traitement nouveau.
⚠️ Ce qui s'explique sur l'après : la douleur attendue, ⚠️ le traitement prévu, ⚠️ la reprise de l'alimentation, ⚠️ la reprise du travail, et l'interdiction de conduire.
⚠️ Ce qui s'annonce sur l'ambulatoire : la nécessité d'un accompagnant, ⚠️ d'une nuit non solitaire, ⚠️ et d'un moyen de joindre le service, faute de quoi la sortie ne pourra pas se faire.
⚠️ Ce qui se remet par écrit : tout ce qui précède.
À retenir
- Le jeûne se dit en heures, et il distingue solides et liquides clairs.
- Un jeûne excessif est inutile et mal supporté.
- Les traitements du matin se listent un par un, pris ou non pris.
- Tout événement survenu avant l'intervention se signale.
- Sans accompagnant et sans nuit accompagnée, la sortie ambulatoire ne peut se faire.
En pratique
- Règles de jeûne expliquées en heures
- Liquides clairs distingués
- Traitements du matin listés
- Arrêt du tabac proposé
- Préparation cutanée expliquée
- Événements à signaler nommés
- Suites et interdiction de conduire dites
- Document écrit remis
Communication interprofessionnelle
⚠️ Ce que cette consultation découvre doit atteindre des gens qui ne la liront pas.
Ce qui se demande au médecin traitant : ⚠️ la liste réelle des traitements, ⚠️ les antécédents, ⚠️ les bilans récents, et son avis sur la tolérance à l'effort du patient.
Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ le relevé des délivrances, ⚠️ qui retrouve un traitement que le patient ne déclare pas, et parfois la molécule d'une allergie ancienne.
⚠️ Ce qui se demande au prescripteur d'un antiagrégant ou d'un anticoagulant : l'indication exacte, ⚠️ et son avis sur une suspension, jamais décidée seul.
⚠️ Ce qui se transmet au chirurgien : les découvertes, ⚠️ les examens demandés, ⚠️ la nécessité éventuelle de décaler, et les conditions de l'ambulatoire.
⚠️ Ce qui se transmet à l'équipe du bloc : les difficultés prévues, ⚠️ l'état dentaire, ⚠️ les allergies, ⚠️ le matériel à préparer, et le mode d'installation.
⚠️ Ce qui s'organise : la consultation spécialisée quand une anomalie est découverte, ⚠️ avec un rendez-vous pris, et un délai compatible avec la date opératoire.
⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la conclusion, ⚠️ les consignes, ⚠️ et la trace de l'information donnée.
À retenir
- Le relevé des délivrances retrouve ce que le patient ne déclare pas.
- Une suspension d'antiagrégant ne se décide jamais seul.
- L'équipe du bloc reçoit les difficultés prévues, pas seulement le diagnostic.
- Une orientation vaut par le rendez-vous pris et son délai.
- La trace de l'information donnée fait partie du dossier.
En pratique
- Liste réelle obtenue auprès du traitant
- Délivrances vérifiées
- Prescripteur consulté pour les antithrombotiques
- Découvertes transmises au chirurgien
- Difficultés prévues transmises au bloc
- Consultation spécialisée organisée
- Délais compatibles vérifiés
- Conclusion et information tracées