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Fiche de révision

Consultation suite à un contage tuberculeux

Un dépistage par cercles et non par listes, un délai qui rend le test interprétable, et une latence qu'on ne traite qu'après avoir éliminé la maladie.

Situation de départ 301Catégorie IIIItem R2C 159Item R2C 146Item R2C 191

Entretien et interrogatoire

⚠️ Tout commence par la reconstitution de l'exposition, ⚠️ et une exposition se décrit en durée, en distance et en volume d'air.

⚠️ Ce qui se précise sur le cas : la contagiosité, ⚠️ établie par l'examen direct des crachats, ⚠️ la localisation de l'atteinte, ⚠️ la date de début des signes, et la date de début du traitement. ⚠️ La période à couvrir remonte au début de la toux, et non au jour du diagnostic.

⚠️ Ce qui se demande à la personne exposée : la nature du lien, ⚠️ le nombre d'heures passées ensemble, ⚠️ la taille et la ventilation du lieu, ⚠️ la fréquence, et la durée totale sur la période.

⚠️ Ce qui se recherche comme terrain : un âge jeune, ⚠️ une grossesse, ⚠️ une immunodépression, ⚠️ un traitement qui abaisse les défenses, ⚠️ un diabète, ⚠️ une dénutrition, et une insuffisance rénale.

⚠️ Ce qui se recherche comme signes : une toux prolongée, ⚠️ une fièvre, ⚠️ des sueurs nocturnes, ⚠️ un amaigrissement, et une fatigue.

⚠️ Ce qui se recense : les antécédents de tuberculose, ⚠️ de traitement antérieur, ⚠️ de test cutané ancien, et le pays de naissance.

Le piège

Compter les contacts depuis le diagnostic. La contagiosité précède le diagnostic de plusieurs mois.

À retenir

  • La période à couvrir remonte au début de la toux, pas au diagnostic.
  • Une exposition se décrit en durée, en distance et en ventilation du lieu.
  • Le terrain fragile modifie l'urgence autant que la proximité.
  • Une toux prolongée chez un contact fait chercher la maladie, pas la latence.
  • Un antécédent de traitement change complètement la conduite.

En pratique

  • Contagiosité du cas établie
  • Date de début des signes obtenue
  • Période d'exposition définie
  • Durée et lieu des contacts quantifiés
  • Terrain fragile recherché
  • Signes évocateurs recherchés
  • Antécédents de tuberculose recensés
  • Traitements immunosuppresseurs recensés

Examen clinique

⚠️ L'examen d'une personne exposée cherche une maladie, ⚠️ pas une infection latente, qui ne donne aucun signe.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ comparé au poids antérieur, ⚠️ la température, ⚠️ la fréquence respiratoire, et la saturation.

⚠️ Ce qui s'ausculte : les deux champs pulmonaires, ⚠️ en comparant les côtés, à la recherche d'une diminution du murmure ou de bruits ajoutés.

⚠️ Ce qui se palpe : les aires ganglionnaires, ⚠️ cervicales et sus-claviculaires, à la recherche d'adénopathies fermes et indolores.

⚠️ Ce qui se cherche sur les autres localisations : une douleur du rachis, ⚠️ une tuméfaction, ⚠️ des signes neurologiques, et des signes urinaires, ⚠️ la maladie ne se limitant pas au poumon.

⚠️ Ce qui s'examine chez l'enfant : la courbe de poids, ⚠️ la courbe de taille, ⚠️ l'état général, et la présence d'un contage familial.

⚠️ Ce qui se note : l'absence de tout signe, ⚠️ information qui compte autant que sa présence, et qui autorise la suite de la démarche.

À retenir

Peser et comparer au poids antérieur. Un amaigrissement chez un contact change la démarche.

À retenir

  • L'infection latente ne donne aucun signe : l'examen cherche la maladie.
  • Les aires ganglionnaires se palpent systématiquement.
  • La maladie ne se limite pas au poumon : les autres localisations se cherchent.
  • Chez l'enfant, la courbe de poids est un signe à part entière.
  • Un examen normal se note : il conditionne la suite de la démarche.

En pratique

  • Poids comparé et température prise
  • Champs pulmonaires auscultés
  • Aires ganglionnaires palpées
  • Rachis examiné
  • Signes neurologiques recherchés
  • Courbes examinées chez l'enfant
  • Absence de signe documentée
  • Terrain fragile réévalué

Synthèse paraclinique

⚠️ Le résultat d'un test de dépistage ne vaut que par la date à laquelle il a été fait.

⚠️ Ce qui se sait sur le délai : un test réalisé trop tôt après le contage peut être négatif alors que l'infection est en cours de constitution, ⚠️ et un premier examen négatif impose un second à distance, selon le délai recommandé.

⚠️ Ce qui existe comme tests : un test cutané, ⚠️ et un test sanguin, ⚠️ dont le choix dépend de l'âge, du statut vaccinal et du terrain.

⚠️ Ce qui se sait sur leurs limites : aucun ne distingue une infection latente d'une maladie, ⚠️ aucun n'affirme le caractère récent de l'infection sans comparaison, ⚠️ et une immunodépression peut les rendre faussement négatifs ou non exploitables.

⚠️ Ce qui se sait sur le test cutané : une vaccination ancienne peut le positiver, ⚠️ ce que le test sanguin évite.

⚠️ Ce qui accompagne toujours un test positif : une radiographie du thorax, ⚠️ pour éliminer une maladie avant de conclure à une latence.

⚠️ Ce qui se demande devant tout signe évocateur : des prélèvements respiratoires, ⚠️ sans attendre le résultat du dépistage.

⚠️ Ce qui se propose à toute personne dépistée : une sérologie du virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ avec son accord.

Le piège

Conclure sur un test fait la semaine du signalement. Le délai fait la valeur du résultat.

À retenir

  • Un test réalisé trop tôt ne conclut rien et devra être refait.
  • Aucun test ne distingue une infection latente d'une maladie.
  • Une vaccination ancienne peut positiver le test cutané, pas le test sanguin.
  • Tout test positif s'accompagne d'une radiographie du thorax.
  • Devant un signe évocateur, on prélève sans attendre le dépistage.

En pratique

  • Délai depuis le contage calculé
  • Test choisi selon âge et terrain
  • Second contrôle programmé si négatif précoce
  • Radiographie devant tout test positif
  • Maladie éliminée avant de conclure
  • Prélèvements devant signes évocateurs
  • Limites des tests expliquées
  • Sérologie proposée avec accord

Iconographie

⚠️ La radiographie du thorax est le seul examen qui sépare une latence d'une maladie, ⚠️ et elle se demande avant toute décision de traitement.

⚠️ Ce qui se demande : une radiographie de face, ⚠️ de bonne qualité, ⚠️ comparée à un cliché antérieur quand il existe.

⚠️ Ce qui se cherche : des opacités des sommets, ⚠️ des nodules, ⚠️ une excavation, ⚠️ des adénopathies médiastinales, ⚠️ un épanchement, et des séquelles anciennes.

⚠️ Ce qui se sait sur ses limites : une radiographie normale n'élimine pas une maladie, ⚠️ notamment chez l'immunodéprimé, ⚠️ chez l'enfant, et devant des signes persistants.

⚠️ Ce qui se demande alors : une tomodensitométrie thoracique, ⚠️ plus sensible, ⚠️ notamment pour les adénopathies et les lésions débutantes.

⚠️ Ce qui se distingue : des séquelles calcifiées anciennes, ⚠️ qui ne sont pas une maladie évolutive, et dont la confusion conduit à des traitements inutiles.

⚠️ Ce qui compte plus que l'image isolée : sa comparaison, ⚠️ une lésion stable depuis des années n'ayant pas la même valeur qu'une lésion nouvelle.

⚠️ Ce qui ne se répète pas : une imagerie de contrôle sans indication, ⚠️ chez une personne asymptomatique et déjà explorée.

Le piège

Traiter une image ancienne calcifiée comme une maladie évolutive. Chercher un cliché antérieur.

À retenir

  • La radiographie sépare la latence de la maladie avant toute décision.
  • Une radiographie normale n'élimine pas la maladie chez l'immunodéprimé ni chez l'enfant.
  • Des séquelles calcifiées anciennes ne sont pas une maladie évolutive.
  • La comparaison à un cliché antérieur donne sa valeur à l'image.
  • Devant des signes persistants, la tomodensitométrie est plus sensible.

En pratique

  • Radiographie demandée avant décision
  • Qualité du cliché vérifiée
  • Sommets et médiastin analysés
  • Excavation recherchée
  • Cliché antérieur recherché
  • Séquelles distinguées d'une lésion évolutive
  • Tomodensitométrie si doute
  • Contrôles inutiles évités

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : La démarche diagnostique de la maladie tuberculeuse relève de la situation de départ portant sur la toux chronique et la fièvre prolongée.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La consultation d'une personne exposée ne comporte pas d'urgence vitale. Les formes graves relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Une enquête autour d'un cas se conduit par cercles, ⚠️ et non par listes de personnel.

⚠️ Ce qui définit le premier cercle : les contacts les plus proches et les plus prolongés, ⚠️ le foyer, ⚠️ la chambre partagée, ⚠️ le local exigu et mal ventilé, et les repas quotidiens partagés. ⚠️ Les cercles suivants ne s'ouvrent que si le premier révèle des transmissions.

⚠️ Ce qui échappe à ce calendrier : les enfants, ⚠️ les personnes immunodéprimées, ⚠️ et les femmes enceintes, ⚠️ qui sont évalués sans attendre, et chez qui une prise en charge peut être décidée avant la confirmation.

⚠️ Ce qui se décide devant une infection latente : un traitement préventif, ⚠️ après avoir éliminé une maladie, ⚠️ en pesant le bénéfice selon l'âge et le terrain, et en informant des effets à surveiller.

⚠️ Ce qui se décide devant une maladie : une prise en charge complète, ⚠️ avec déclaration obligatoire, ⚠️ et signalement pour l'enquête, deux démarches distinctes.

⚠️ Ce qui s'organise : la saisine du centre de lutte antituberculeuse, ⚠️ qui conduit l'enquête, ⚠️ assure la gratuité, et suit les personnes sur la durée.

⚠️ Ce qui se programme : le second dépistage, ⚠️ avec une date, et un rappel des personnes qui ne viennent pas.

À retenir

Saisir le centre de lutte antituberculeuse : il conduit l'enquête, assure la gratuité et rappelle les absents.

À retenir

  • L'enquête se conduit par cercles, du plus proche au plus large.
  • Les cercles suivants ne s'ouvrent que si le premier révèle des transmissions.
  • Enfants, immunodéprimés et femmes enceintes sont évalués sans attendre.
  • On ne traite jamais une latence sans avoir éliminé la maladie.
  • Déclaration obligatoire et signalement pour l'enquête sont deux démarches distinctes.

En pratique

  • Premier cercle défini
  • Élargissement conditionné aux résultats
  • Personnes fragiles évaluées sans délai
  • Maladie éliminée avant traitement préventif
  • Bénéfice du traitement pesé
  • Déclaration et signalement effectués
  • Centre de lutte saisi
  • Second dépistage daté

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Les gestes de dépistage sont réalisés par les structures dédiées et évalués dans les situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'annonce du diagnostic au cas index relève de la situation de départ correspondante. L'information des personnes exposées est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Une personne convoquée pour un dépistage arrive inquiète, ⚠️ et souvent mal informée par ce qui circule autour d'elle.

⚠️ Ce qui se dit d'abord : la différence entre avoir été exposé, ⚠️ être infecté sans être malade, et être malade. ⚠️ Une infection latente n'est pas contagieuse, ⚠️ et ne justifie ni éviction, ⚠️ ni arrêt de travail, ni mesure à domicile.

⚠️ Ce qui s'explique sur le risque : qu'il dépend de la proximité et de la durée, ⚠️ qu'il est loin d'être systématique, et que le dépistage sert précisément à le mesurer.

⚠️ Ce qui s'explique sur le calendrier : pourquoi le premier test est différé, ⚠️ pourquoi un second est nécessaire, et ce qu'il faut faire entre les deux.

⚠️ Ce qui s'apprend : les signes qui doivent faire consulter avant la date prévue, ⚠️ toux qui dure, ⚠️ fièvre, ⚠️ sueurs nocturnes, et amaigrissement.

⚠️ Ce qui s'explique en cas de traitement préventif : son intérêt, ⚠️ sa durée, ⚠️ les effets à surveiller, et l'importance de ne pas l'interrompre seul.

⚠️ Ce qui se rappelle sur la vaccination : son indication chez l'enfant selon les situations, ⚠️ et le fait qu'elle ne dispense pas du dépistage.

⚠️ Ce qui se remet : un document écrit portant les dates, ⚠️ et un contact.

À retenir

Dire explicitement qu'une infection latente n'est pas contagieuse. C'est la première question posée.

À retenir

  • Une infection latente n'est pas contagieuse et ne justifie aucune éviction.
  • Le risque dépend de la proximité et de la durée, il n'est pas systématique.
  • Le calendrier des tests s'explique, sinon la personne ne revient pas.
  • Les signes qui font consulter avant la date prévue s'apprennent.
  • La vaccination ne dispense pas du dépistage.

En pratique

  • Exposition, infection et maladie distinguées
  • Absence de contagiosité de la latence dite
  • Niveau de risque expliqué
  • Calendrier des tests expliqué
  • Signes d'alerte appris
  • Traitement préventif expliqué si indiqué
  • Place de la vaccination rappelée
  • Document écrit avec dates remis

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une enquête autour d'un cas met en présence des soignants et des institutions, ⚠️ et toutes n'ont pas les mêmes droits.

⚠️ Ce qui se transmet au centre de lutte antituberculeuse : le signalement, ⚠️ les éléments de contagiosité, ⚠️ la date de début des signes, ⚠️ la description des lieux et des durées d'exposition, et la liste des contacts par cercle.

⚠️ Ce qui se demande au laboratoire et au service qui a fait le diagnostic : le résultat de l'examen direct, ⚠️ la culture, ⚠️ et l'antibiogramme quand il est disponible, qui peut modifier la conduite chez les contacts.

⚠️ Ce qui se transmet à la santé au travail ou à la médecine scolaire : les critères de dépistage, ⚠️ le calendrier, ⚠️ les personnes prioritaires, et les consignes d'information collective, ⚠️ sans jamais l'identité du cas.

⚠️ Ce qui ne se transmet jamais : le nom du cas index à un employeur, ⚠️ à une direction d'établissement, ⚠️ ou à des collègues, quelle que soit l'insistance, ⚠️ et quel que soit le motif invoqué.

⚠️ Ce qui se dit à une institution qui réclame une mesure disproportionnée : ce qui est justifié, ⚠️ ce qui ne l'est pas, et pourquoi, ⚠️ par écrit.

⚠️ Et ce qui s'organise : le rappel des personnes qui ne se présentent pas, ⚠️ et la transmission des résultats à leur médecin traitant, avec leur accord.

À retenir

Écrire ce qui est justifié et ce qui ne l'est pas. Un refus oral ne protège personne.

À retenir

  • Le nom du cas index ne se transmet jamais à un employeur ou à un établissement.
  • L'antibiogramme du cas peut modifier la conduite chez les contacts.
  • La santé au travail reçoit des critères et un calendrier, pas une identité.
  • Une mesure disproportionnée se refuse par écrit, avec ses raisons.
  • Les personnes qui ne se présentent pas se rappellent.

En pratique

  • Centre de lutte saisi et informé
  • Résultats microbiologiques demandés
  • Critères transmis à la santé au travail
  • Calendrier partagé
  • Personnes prioritaires signalées
  • Identité du cas protégée
  • Refus écrit des mesures injustifiées
  • Absents rappelés et résultats transmis avec accord

Sources

  • R2C, item 159 : Tuberculose de l'adulte et de l'enfant
  • R2C, item 146 : Vaccinations
  • R2C, item 191 : Fièvre chez un patient immunodéprimé
  • Collège des enseignants de maladies infectieuses et tropicales, chapitre sur la tuberculose et l'enquête autour d'un cas
  • Recommandations en vigueur sur l'enquête autour d'un cas de tuberculose, le dépistage et le traitement de l'infection tuberculeuse latente. La date de la version consultée fait partie de la source