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Infectiologie

Fiche de révision

Consultation suite à un contage tuberculeux

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 301Catégorie IIIItem R2C 159Item R2C 146Item R2C 191

Après un contage tuberculeux, on dépiste par cercles et non par listes, un test réalisé trop tôt ne conclut rien, et une latence ne se traite qu'après avoir éliminé la maladie. Cette fiche vous apprend à reconstituer l'exposition, à examiner, à lire les tests et la radiographie à leur date, puis à organiser l'enquête. Elle se termine sur ce qui se transmet aux institutions, ce qui ne se transmet pas, et ce qui se dit aux personnes exposées.

SommaireEnviron 10 min
  1. Reconstituer l'exposition, depuis le début de la toux et en volume d'air
  2. Un examen qui cherche la maladie, puisque la latence ne donne aucun signe
  3. Un test de dépistage ne vaut que par la date à laquelle il a été fait
  4. La radiographie du thorax sépare la latence de la maladie
  5. Dépister par cercles et non par listes : la proximité prime sur le nombre
  6. Ce qui se transmet, et à qui : des critères et un calendrier, pas une identité
  7. Le nom du cas ne se transmet pas, et un refus s'écrit
  8. Exposé, infecté ou malade : ce qui se dit à une personne convoquée
  9. À retenir pour la station

Reconstituer l'exposition, depuis le début de la toux et en volume d'air

Tout commence par la reconstitution de l'exposition, et une exposition se décrit en durée, en distance et en volume d'air. Sur le cas se précisent la contagiosité, établie par l'examen direct des crachats, la localisation de l'atteinte, la date de début des signes, et la date de début du traitement.

La période à couvrir remonte au début de la toux, et non au jour du diagnostic. C'est la date de début des signes qui définit la période d'exposition.

À la personne exposée se demandent la nature du lien, le nombre d'heures passées ensemble, la taille et la ventilation du lieu, la fréquence, et la durée totale sur la période. La durée et le lieu des contacts se quantifient.

Le terrain se recherche, parce qu'un terrain fragile modifie l'urgence autant que la proximité : un âge jeune, une grossesse, une immunodépression, un traitement qui abaisse les défenses, un diabète, une dénutrition, et une insuffisance rénale. Se recensent aussi les antécédents de tuberculose, de traitement antérieur et de test cutané ancien, et le pays de naissance. Un antécédent de traitement change complètement la conduite.

Les signes se recherchent : une toux prolongée, une fièvre, des sueurs nocturnes, un amaigrissement, et une fatigue. Une toux prolongée chez un contact fait chercher la maladie, et non la latence.

Un examen qui cherche la maladie, puisque la latence ne donne aucun signe

L'examen d'une personne exposée cherche une maladie, et non une infection latente, qui ne donne aucun signe. Se mesurent le poids, comparé au poids antérieur, la température, la fréquence respiratoire, et la saturation. Un amaigrissement chez un contact change la démarche.

Les 2 champs pulmonaires s'auscultent en comparant les côtés, à la recherche d'une diminution du murmure ou de bruits ajoutés. Les aires ganglionnaires cervicales et sus-claviculaires se palpent chez toute personne exposée, à la recherche d'adénopathies fermes et indolores.

La maladie ne se limite pas au poumon, et les autres localisations se cherchent : une douleur du rachis, une tuméfaction, des signes neurologiques, et des signes urinaires. Chez l'enfant s'examinent la courbe de poids, la courbe de taille, l'état général, et la présence d'un contage familial : la courbe de poids y est un signe à part entière.

L'absence de tout signe se note, et elle compte autant que sa présence. C'est elle qui autorise la suite de la démarche. Le terrain fragile se réévalue à cette étape.

Un test de dépistage ne vaut que par la date à laquelle il a été fait

Le résultat d'un test de dépistage ne vaut que par la date à laquelle il a été fait. Réalisé trop tôt après le contage, il peut être négatif alors que l'infection est en cours de constitution, et un premier examen négatif impose un second à distance, selon le délai recommandé. Le délai depuis le contage se calcule donc avant d'interpréter.

2 tests existent, un test cutané et un test sanguin, et leur choix dépend de l'âge, du statut vaccinal et du terrain. Une vaccination ancienne peut positiver le test cutané, ce que le test sanguin évite.

Leurs limites sont communes : aucun ne distingue une infection latente d'une maladie, aucun n'affirme le caractère récent de l'infection sans comparaison, et une immunodépression peut les rendre faussement négatifs ou non exploitables. Ces limites s'expliquent à la personne dépistée.

Tout test positif s'accompagne d'une radiographie du thorax, pour éliminer une maladie avant de conclure à une latence. Devant tout signe évocateur, des prélèvements respiratoires se demandent sans attendre le résultat du dépistage. Une sérologie du virus de l'immunodéficience humaine se propose à toute personne dépistée, avec son accord.

La radiographie du thorax sépare la latence de la maladie

La radiographie du thorax est le seul examen qui sépare une latence d'une maladie, et elle se demande avant toute décision de traitement. Elle se fait de face, de bonne qualité, et se compare à un cliché antérieur quand il existe.

Se cherchent des opacités des sommets, des nodules, une excavation, des adénopathies médiastinales, un épanchement, et des séquelles anciennes. Des séquelles calcifiées anciennes ne sont pas une maladie évolutive, et leur confusion conduit à des traitements inutiles : devant une image ancienne calcifiée, un cliché antérieur se cherche.

Ce qui compte plus que l'image isolée, c'est sa comparaison. Une lésion stable depuis des années n'a pas la même valeur qu'une lésion nouvelle.

Une radiographie normale n'élimine pas une maladie, notamment chez l'immunodéprimé, chez l'enfant, et devant des signes persistants. Une tomodensitométrie thoracique se demande alors : elle est plus sensible, notamment pour les adénopathies et les lésions débutantes. Une imagerie de contrôle sans indication ne se répète pas chez une personne asymptomatique et déjà explorée.

Dépister par cercles et non par listes : la proximité prime sur le nombre

Une enquête autour d'un cas se conduit par cercles, et non par listes de personnel : la proximité prime sur le nombre. Le premier cercle réunit les contacts les plus proches et les plus prolongés : le foyer, la chambre partagée, le local exigu et mal ventilé, et les repas quotidiens partagés. Les cercles suivants ne s'ouvrent que si le premier révèle des transmissions.

Les enfants, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes échappent à ce calendrier. Ils sont évalués sans attendre, et une prise en charge peut être décidée chez eux avant la confirmation.

Infection latente et maladie ne se traitent pas de la même façon. Devant une infection latente se décide un traitement préventif, en pesant le bénéfice selon l'âge et le terrain, et en informant des effets à surveiller : une latence ne se traite pas sans avoir éliminé la maladie. Devant une maladie se décide une prise en charge complète, avec une déclaration obligatoire et un signalement pour l'enquête, 2 démarches distinctes.

Le centre de lutte antituberculeuse se saisit : il conduit l'enquête, assure la gratuité, suit les personnes sur la durée, et rappelle les absents. Le second dépistage se programme avec une date, et les personnes qui ne viennent pas se rappellent.

Ce qui se transmet, et à qui : des critères et un calendrier, pas une identité

Une enquête autour d'un cas met en présence des soignants et des institutions, et toutes n'ont pas les mêmes droits. Au centre de lutte antituberculeuse se transmettent le signalement, les éléments de contagiosité, la date de début des signes, la description des lieux et des durées d'exposition, et la liste des contacts par cercle.

Au laboratoire et au service qui a fait le diagnostic se demandent le résultat de l'examen direct, la culture, et l'antibiogramme quand il est disponible. L'antibiogramme du cas peut modifier la conduite chez les contacts.

La santé au travail ou la médecine scolaire reçoit des critères et un calendrier, pas une identité : les critères de dépistage, le calendrier, les personnes prioritaires, et les consignes d'information collective. L'identité du cas n'en fait pas partie.

Le nom du cas ne se transmet pas, et un refus s'écrit

Ce qui ne se transmet pas : le nom du cas index, à un employeur, à une direction d'établissement ou à des collègues. La règle tient quelle que soit l'insistance, et quel que soit le motif invoqué.

À une institution qui réclame une mesure disproportionnée se disent ce qui est justifié, ce qui ne l'est pas, et pourquoi, par écrit. Une mesure disproportionnée se refuse ainsi, avec ses raisons.

Les personnes qui ne se présentent pas se rappellent, et ce rappel s'organise. Leurs résultats se transmettent à leur médecin traitant, avec leur accord.

Exposé, infecté ou malade : ce qui se dit à une personne convoquée

Une personne convoquée pour un dépistage arrive inquiète, et souvent mal informée par ce qui circule autour d'elle. Ce qui se dit d'abord, c'est la différence entre avoir été exposé, être infecté sans être malade, et être malade.

Une infection latente n'est pas contagieuse, et elle ne justifie ni éviction, ni arrêt de travail, ni mesure à domicile. Le risque, lui, dépend de la proximité et de la durée ; il est loin de concerner chaque personne exposée, et le dépistage sert précisément à le mesurer.

Le calendrier des tests s'explique, sinon la personne ne revient pas : pourquoi le premier test est différé, pourquoi un second est nécessaire, et ce qu'il faut faire entre les 2 tests. S'apprennent aussi les signes qui doivent faire consulter avant la date prévue : une toux qui dure, une fièvre, des sueurs nocturnes, et un amaigrissement.

En cas de traitement préventif s'expliquent son intérêt, sa durée, les effets à surveiller, et l'importance de ne pas l'interrompre seul. Sur la vaccination se rappellent son indication chez l'enfant selon les situations, et le fait qu'elle ne dispense pas du dépistage. Un document écrit portant les dates se remet, avec un contact.

À retenir pour la station

Faites remonter la période à couvrir au début de la toux, et décrivez chaque exposition en durée, en distance et en ventilation du lieu. Dépistez par cercles : les suivants ne s'ouvrent que si le premier révèle des transmissions, et les enfants, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes s'évaluent sans attendre. Un test fait trop tôt ne conclut rien, et un premier négatif se refait à distance. Tout test positif appelle une radiographie du thorax, et une latence ne se traite qu'après avoir éliminé la maladie. Saisissez le centre de lutte antituberculeuse. Ne transmettez pas le nom du cas à un employeur, et refusez par écrit une mesure disproportionnée. Dites qu'une infection latente n'est pas contagieuse.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1
    PILLY Étudiant 2023 (Ouvre un nouvel onglet)

    Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales (CMIT). 2e édition, réforme R2C (Alinéa Plus).

    Passages utilisés : Item 159 ; Item 146

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Iconographie, Stratégie de prise en charge, Communication interprofessionnelle, Éducation et prévention

  2. 2
    Enquête autour d'un cas de tuberculose. Recommandations pratiques (Ouvre un nouvel onglet)

    Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Rapport adopté le 25 octobre 2013, collection Avis et Rapports.

    Passages utilisés : Période de contagiosité ; Cercles de contacts ; Dépistage des contacts : radiographie sans délai, test immunologique à distance du dernier contact ; Signalement à l'agence régionale de santé et au centre de lutte antituberculeuse

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Synthèse paraclinique, Iconographie, Stratégie de prise en charge, Communication interprofessionnelle

  3. 3
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 159 ; Item 146 ; Item 191

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Iconographie, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention