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Endocrinologie

Fiche de révision

Dépistage du diabète gestationnel

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 304Catégorie IVItem R2C 255Item R2C 247Item R2C 290

Cette fiche vous apprend à expliquer le dépistage du diabète gestationnel à une femme enceinte qui se sent bien, à chercher ce qui a empêché le test, puis à organiser ce qui suit un résultat anormal, jusqu'après l'accouchement. Elle suit la consultation : les facteurs de risque, ce qui a retenu la patiente, l'examen, la démarche du test et son explication, la prise en charge, les conseils, puis la coordination entre professionnels.

SommaireEnviron 10 min
  1. Le dépistage se décide sur des facteurs de risque, pas sur des symptômes
  2. Ce qui a retenu la patiente, et ce qui l'empêche matériellement
  3. Un examen de suivi de grossesse, avec quelques attentions de plus
  4. Une démarche en 2 temps, et non un dosage isolé
  5. Expliquer le test : ce qu'il cherche, pourquoi à elle, comment il se passe
  6. Un résultat anormal n'est pas une faute, c'est le début d'une surveillance
  7. L'alimentation sans régime, l'activité, et ce qui vient après l'accouchement
  8. Le dépistage tombe entre les professionnels, sauf si les rôles s'écrivent
  9. À retenir pour la station

Le dépistage se décide sur des facteurs de risque, pas sur des symptômes

Le dépistage se décide sur des facteurs de risque, et ces facteurs se demandent un par un. Sur la patiente elle-même se recherchent l'âge, la corpulence avant la grossesse, la prise de poids depuis le début, un syndrome des ovaires polykystiques et une origine géographique associée à un risque plus élevé.

Les grossesses antérieures se demandent explicitement. Un enfant de poids élevé à la naissance, un diabète survenu lors d'une grossesse précédente, une mort fœtale inexpliquée et une malformation font partie de ce qui se recherche. Dans la famille, c'est un diabète chez un parent au premier degré qui se cherche, une information que la patiente ne rapporte pas spontanément.

La grossesse en cours se précise ensuite. Le terme, les résultats des échographies, une croissance excessive de l'enfant, un excès de liquide et les traitements en cours se demandent, dont une corticothérapie.

Les signes, eux, manquent le plus souvent. Une soif inhabituelle, des urines abondantes ou une fatigue sont possibles mais rares, et leur absence n'a aucune valeur d'exclusion : le trouble est le plus souvent muet.

Ce qui a retenu la patiente, et ce qui l'empêche matériellement

Un examen non fait a rarement été bien expliqué, et l'obstacle est plus souvent matériel que doctrinal. 3 choses se demandent donc avant d'expliquer : ce que la patiente sait du test, ce qui l'a retenue de le faire, et les obstacles pratiques.

Les obstacles pratiques expliquent plus de tests non faits que les refus. La présence d'autres enfants à charge, le mode de garde et la distance au laboratoire se recherchent. Ce sont 3 données qui décident plus que la conviction.

Le mode de vie se demande avant de proposer quoi que ce soit. Le rythme des repas, le grignotage, les boissons sucrées, le travail et ses horaires, et l'activité physique réelle donnent la base des conseils qui viendront ensuite.

Un examen de suivi de grossesse, avec quelques attentions de plus

L'examen d'une femme enceinte dépistée est celui du suivi de grossesse, avec quelques attentions supplémentaires. À chaque consultation se mesurent le poids, la courbe de prise de poids et la pression artérielle, et des protéines se recherchent dans les urines.

La hauteur utérine se compare au terme. Une hauteur excessive fait évoquer une croissance excessive de l'enfant ou un excès de liquide.

La peau se regarde, au cou et aux plis. Des marques cutanées associées à une résistance à l'insuline y sont visibles, souvent présentes et rarement regardées. Des infections urinaires répétées, des mycoses récidivantes et une cicatrisation lente se recherchent aussi : ce sont des signes d'appel.

La capacité réelle à bouger s'évalue avant de conseiller une activité : la mobilité, les douleurs de dos ou de bassin, la capacité réelle à faire une activité physique. Le poids du jour, la hauteur utérine et la pression se notent ensuite, parce qu'ils font la comparaison de la consultation suivante.

La consultation s'observe aussi. La façon dont la patiente parle du test, ce qu'elle dit de son alimentation et sa réaction à la mention du poids se remarquent : sur ce sujet, une remarque maladroite ferme la suite du suivi.

Une démarche en 2 temps, et non un dosage isolé

Le dépistage n'est pas un dosage isolé, c'est une démarche en 2 temps, et les facteurs de risque s'évaluent avant de prescrire. En début de grossesse, chez une femme à risque, une glycémie à jeun se fait : elle peut révéler un trouble préexistant à la grossesse, et non un trouble apparu avec elle.

Le second temps est une épreuve d'hyperglycémie provoquée par voie orale. Elle se fait à un terme précis, après un jeûne, avec plusieurs prélèvements et une immobilisation sur place pendant toute la durée de l'épreuve.

Certaines conditions rendent le résultat ininterprétable : un jeûne non respecté, des vomissements pendant l'épreuve, une activité physique pendant l'attente, une infection en cours. Les conditions de réalisation se vérifient donc avant de lire les valeurs.

Une seule valeur au-dessus du seuil suffit à retenir le diagnostic, et les seuils se lisent dans la source, non de mémoire. Une glycémie capillaire ponctuelle, une recherche de sucre dans les urines et le dosage de l'hémoglobine glyquée ne dépistent pas : l'hémoglobine glyquée n'est pas l'examen du dépistage pendant la grossesse.

Le résultat lui-même se restitue à la patiente. Il s'explique avec sa signification et la décision qu'il entraîne, et ne se transmet pas par un message sans commentaire. Dès le diagnostic, le contrôle à distance après l'accouchement et la surveillance à long terme se programment.

Expliquer le test : ce qu'il cherche, pourquoi à elle, comment il se passe

L'explication décide si le test sera fait, et si les mesures seront tenues. Elle commence par ce que le test cherche, et par la raison pour laquelle il est proposé à cette femme-là. Le fait que l'absence de symptôme ne prouve rien se dit explicitement.

Le déroulement s'explique en détail : le jeûne, le nombre de prélèvements, la durée sur place, l'impossibilité de repartir entre les prises. Le caractère désagréable de la boisson se dit à l'avance, plutôt que d'être découvert sur place.

Les obstacles pratiques se traitent comme un soin, au même titre que l'explication. La prise du rendez-vous pendant la consultation en fait partie.

Un résultat anormal n'est pas une faute, c'est le début d'une surveillance

Quand le résultat est anormal, ce qui se dit d'abord est que ce n'est pas la faute de la patiente, et cela se dit avant tout conseil. Cela arrive fréquemment, cela se contrôle, et la grande majorité des grossesses évoluent bien.

Le diagnostic n'est pas une sanction, c'est le début d'une surveillance qui aboutit le plus souvent bien. Des mesures d'alimentation commencent immédiatement, construites avec une diététicienne : elles reposent sur la répartition des apports plutôt que sur la restriction, et sur le maintien d'apports suffisants pour la grossesse. Une activité physique régulière et adaptée s'y ajoute, en l'absence de contre-indication obstétricale.

L'autosurveillance de la glycémie s'apprend : son rythme, le carnet et l'interprétation des chiffres. Si les mesures ne suffisent pas, un traitement se décide selon les recommandations, sans délai excessif, avec une éducation à sa réalisation et une surveillance renforcée.

La surveillance obstétricale se renforce : la croissance de l'enfant, la quantité de liquide, et la recherche d'une hypertension, fréquemment associée. L'accouchement s'anticipe, avec son lieu, son terme et la surveillance de l'enfant à la naissance, en raison du risque d'hypoglycémie du nouveau-né.

Le contrôle après l'accouchement et le suivi au long cours se programment dès maintenant. Le risque ultérieur est augmenté, et la surveillance ne s'arrête pas à la naissance.

L'alimentation sans régime, l'activité, et ce qui vient après l'accouchement

L'alimentation s'explique sans régime restrictif. Le fractionnement, la qualité des glucides et la place des boissons sucrées en sont les points, en partant des habitudes recueillies à l'entretien.

L'activité physique se travaille, régulière et compatible avec la grossesse. Elle se propose à partir de la capacité réelle évaluée à l'examen.

Le suivi après l'accouchement est ce qui s'omet le plus, et il compte. Le contrôle à distance, le risque ultérieur et les mesures qui le réduisent s'apprennent à la patiente. Le suivi ne s'arrête pas à l'accouchement, et presque personne ne le lui dit.

Le dépistage tombe entre les professionnels, sauf si les rôles s'écrivent

Une grossesse est suivie par plusieurs professionnels, et le dépistage tombe souvent entre eux. Avec la sage-femme et l'obstétricien se coordonnent qui prescrit le test, qui en reçoit le résultat, qui l'annonce et qui organise la suite. Sans répartition explicite des rôles, chacun suppose que l'autre s'en occupe, et c'est en écrivant qui reçoit le résultat et qui l'annonce que le dépistage ne se perd pas.

Le laboratoire se questionne sur les conditions de réalisation : le respect du jeûne, la survenue de vomissements, l'heure des prélèvements. Ces informations changent l'interprétation.

La diététicienne reçoit un contexte, pas une prescription seule. Le rendez-vous se demande rapide, avec la transmission du poids, du terme, des habitudes et des contraintes de la patiente.

La maternité et l'équipe de la naissance sont informées avant l'accouchement. La maternité reçoit le diagnostic, les mesures en cours, les résultats de surveillance et les éléments obstétricaux associés. L'équipe de la naissance prépare la surveillance du nouveau-né, et le risque d'hypoglycémie doit être connu avant l'accouchement.

Le médecin traitant reçoit la nécessité d'un contrôle après l'accouchement, sa date, et le suivi au long cours. Sans cette transmission, le contrôle ne sera pas fait.

À retenir pour la station

Le dépistage se décide sur des facteurs de risque demandés un par un, et non sur des symptômes : le trouble est le plus souvent muet, et se sentir bien n'est pas un argument. Un test non fait a rarement été bien expliqué : demandez ce que la patiente en sait, ce qui l'a retenue et ce qui l'empêche matériellement. Expliquez ce que le test cherche, pourquoi il lui est proposé et comment il se déroule, puis prenez le rendez-vous pendant la consultation. Un résultat anormal n'est pas une faute, et cela se dit avant tout conseil : une alimentation répartie sans restriction, une activité adaptée, et un suivi qui continue après l'accouchement.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    Gynécologie Obstétrique

    Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). 6e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 255

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2

    Endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques

    Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques (CEEDMM). 6e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 255

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  3. 3
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 255 ; Item 247

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge