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Fiche de révision

Prévention des infections liées aux soins

Des dispositifs qu'on oublie de retirer, une asepsie qui se rompt toujours au même endroit, et des incidents qu'on ne déclare pas.

Situation de départ 311Catégorie IVItem R2C 4Item R2C 157Item R2C 145

Entretien et interrogatoire

⚠️ La prévention commence par un inventaire, ⚠️ et cet inventaire se refait chaque jour.

⚠️ Ce qui se recense chez tout patient hospitalisé : les dispositifs en place, ⚠️ cathéters, ⚠️ sonde urinaire, ⚠️ drains, ⚠️ sonde d'alimentation, et matériel implanté.

⚠️ Ce qui se demande pour chacun : sa date de pose, ⚠️ son indication le jour de la pose, et surtout son indication d'aujourd'hui, ⚠️ question qui n'est presque jamais posée.

⚠️ Ce qui se recherche comme signes : une douleur au point de ponction, ⚠️ une gêne urinaire, ⚠️ une fièvre, ⚠️ des frissons, ⚠️ une confusion nouvelle, et une dégradation inexpliquée.

⚠️ Ce qui se demande sur les traitements : une antibiothérapie en cours, ⚠️ sa durée prévue, ⚠️ sa réévaluation, et les traitements qui abaissent les défenses.

⚠️ Ce qui se recherche sur le terrain : un diabète, ⚠️ une dénutrition, ⚠️ une immunodépression, ⚠️ un âge élevé, et une hospitalisation prolongée.

⚠️ Ce qui se demande au patient lui-même : s'il a mal quelque part, ⚠️ s'il souhaite qu'on retire un dispositif, ⚠️ et ce qu'il a remarqué, la demande du patient rejoignant souvent l'indication médicale.

Le piège

Se contenter de « il est là depuis l'admission ». La bonne question est : à quoi sert-il aujourd'hui ?

À retenir

  • L'inventaire des dispositifs se refait chaque jour.
  • La question utile est l'indication d'aujourd'hui, pas la date de pose.
  • Une confusion nouvelle chez un patient porteur de dispositifs est un signe d'appel.
  • Une antibiothérapie se réévalue avec une durée prévue.
  • La demande du patient rejoint souvent l'indication médicale.

En pratique

  • Dispositifs recensés un par un
  • Date de pose obtenue
  • Indication du jour posée
  • Signes locaux recherchés
  • Fièvre et confusion recherchées
  • Antibiothérapie réévaluée
  • Terrain à risque identifié
  • Avis du patient recueilli

Examen clinique

⚠️ L'examen d'un patient porteur de dispositifs commence par les dispositifs eux-mêmes.

⚠️ Ce qui s'examine sur un cathéter : le point de ponction, ⚠️ une rougeur, ⚠️ une douleur, ⚠️ un écoulement, ⚠️ un cordon induré le long de la veine, et l'état du pansement, ⚠️ sa date et son adhérence.

⚠️ Ce qui s'examine sur une sonde urinaire : le méat, ⚠️ l'aspect des urines, ⚠️ la fixation de la sonde, ⚠️ la position du sac de recueil, toujours sous le niveau de la vessie, ⚠️ et l'intégrité du système clos.

⚠️ Ce qui s'examine sur une cicatrice ou un drain : la rougeur, ⚠️ la chaleur, ⚠️ une collection, ⚠️ un écoulement, et la douleur à la pression.

⚠️ Ce qui se cherche chez le patient : une fièvre, ⚠️ des frissons, ⚠️ une hypotension, ⚠️ une confusion, ⚠️ des marbrures, signes qui font sortir de la routine.

⚠️ Ce qui s'observe dans la chambre : la position du sac, ⚠️ le matériel laissé sur le lit, ⚠️ l'accessibilité de la solution hydro-alcoolique, et l'état des points d'eau.

⚠️ Ce qui se note à chaque examen : l'état de chaque point d'insertion, ⚠️ et la date de réévaluation.

Urgence

Fièvre avec frissons chez un porteur de cathéter : penser à une infection liée au dispositif, sans attendre.

À retenir

  • L'examen commence par les dispositifs, avant le reste du patient.
  • Un cordon induré le long de la veine impose un retrait immédiat.
  • Un sac de recueil au-dessus du niveau de la vessie annule la prévention.
  • Fièvre, frissons, confusion et marbrures font sortir de la routine.
  • L'état de chaque point d'insertion se note à chaque examen.

En pratique

  • Point de ponction inspecté
  • Trajet veineux palpé
  • Pansement daté et vérifié
  • Méat et urines examinés
  • Système clos et position du sac vérifiés
  • Cicatrices et drains examinés
  • Signes généraux recherchés
  • État des insertions consigné

Synthèse paraclinique

⚠️ Les examens servent ici à confirmer une hypothèse, ⚠️ et surtout à ne pas en fabriquer une.

⚠️ Ce qui se prélève devant une suspicion d'infection liée à un cathéter : des hémocultures, ⚠️ avant toute antibiothérapie, ⚠️ en périphérie et sur le dispositif quand il en existe un central, et le dispositif lui-même s'il est retiré.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un examen des urines chez un patient sondé sans signe clinique. ⚠️ Une bactériurie asymptomatique n'est pas une infection, ⚠️ et son traitement expose sans bénéfice, hors situations particulières.

⚠️ Ce qui s'interprète avec prudence : une culture positive sur un dispositif retiré, ⚠️ qui peut témoigner d'une colonisation, et non d'une infection.

⚠️ Ce qui se demande devant une fièvre inexpliquée : un examen complet des portes d'entrée possibles, ⚠️ avant de multiplier les prélèvements.

⚠️ Ce qui se sait sur les marqueurs d'inflammation : ils ne distinguent pas l'origine, ⚠️ et un chiffre isolé ne décide de rien.

⚠️ Ce qui se réévalue systématiquement : une antibiothérapie, ⚠️ à la lumière des prélèvements, ⚠️ avec une désescalade quand elle est possible, et une durée écrite.

Le piège

Prescrire un examen des urines à tout patient sondé qui a de la fièvre, sans autre examen.

À retenir

  • Les hémocultures se prélèvent avant toute antibiothérapie.
  • Une bactériurie asymptomatique n'est pas une infection.
  • Une culture positive sur un dispositif peut ne signer qu'une colonisation.
  • Les marqueurs d'inflammation ne disent pas l'origine.
  • Une antibiothérapie se réévalue et porte une durée écrite.

En pratique

  • Hémocultures avant antibiothérapie
  • Prélèvements adaptés au dispositif
  • Examens urinaires non systématiques
  • Colonisation distinguée de l'infection
  • Portes d'entrée passées en revue
  • Marqueurs interprétés avec prudence
  • Antibiothérapie réévaluée
  • Durée écrite

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'appartient en propre à la prévention des infections liées aux soins. Les explorations relèvent des situations de départ des infections concernées.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic d'une infection associée aux soins relève des situations de départ correspondantes. Cette situation porte sur la prévention.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La démarche de prévention ne comporte pas d'urgence vitale propre. Le sepsis relève de la situation de départ correspondante.

Stratégie de prise en charge

⚠️ La mesure la plus efficace ne coûte rien : ⚠️ retirer ce qui ne sert plus.

⚠️ Ce qui se décide chaque jour : pour chaque dispositif, ⚠️ le maintien, ⚠️ le retrait, ou le remplacement, ⚠️ et la décision s'écrit avec sa raison.

⚠️ Ce qui se limite dès la pose : l'indication, ⚠️ la durée prévue, ⚠️ le site choisi, et l'alternative moins invasive, ⚠️ une voie orale valant mieux qu'une voie veineuse quand elle est possible.

⚠️ Ce qui se respecte pendant la vie du dispositif : l'hygiène des mains avant toute manipulation, ⚠️ la désinfection des embouts, ⚠️ le maintien d'un système clos, ⚠️ la réfection du pansement selon les règles, et la traçabilité.

⚠️ Ce qui se retire sans délai : un dispositif dont le point d'insertion est inflammatoire, ⚠️ et un dispositif sans indication.

⚠️ Ce qui se met en place autour du patient : la prévention des autres infections associées aux soins, ⚠️ soins de bouche, ⚠️ mobilisation, ⚠️ prévention des fausses routes, et prévention des escarres.

⚠️ Ce qui se réévalue : l'antibiothérapie, ⚠️ facteur majeur d'écologie microbienne, et son juste usage.

⚠️ Ce qui se déclare : tout événement indésirable associé aux soins, ⚠️ sans mise en cause des personnes, pour corriger l'organisation.

À retenir

Écrire chaque jour, pour chaque dispositif : maintenu, retiré ou remplacé, et pourquoi.

À retenir

  • La mesure la plus efficace est le retrait de ce qui ne sert plus.
  • L'indication et la durée prévue se limitent dès la pose.
  • Un point d'insertion inflammatoire impose un retrait sans délai.
  • L'antibiothérapie est un déterminant majeur de l'écologie microbienne.
  • Un événement indésirable se déclare pour corriger l'organisation.

En pratique

  • Décision quotidienne écrite par dispositif
  • Indication et durée fixées à la pose
  • Alternative moins invasive envisagée
  • Règles de manipulation appliquées
  • Système clos préservé
  • Retrait immédiat si anomalie
  • Antibiothérapie réévaluée
  • Événements indésirables déclarés

Procédure et geste technique

⚠️ L'asepsie est une chaîne, ⚠️ et elle se rompt toujours au même endroit : le contact d'une main nue avec ce qui devait rester stérile.

⚠️ Ce qui se prépare avant tout geste : l'environnement, ⚠️ porte fermée, ⚠️ flux d'air arrêté, ⚠️ plan de travail dégagé, ⚠️ et tout le matériel réuni, car ressortir pendant le geste rompt la chaîne.

⚠️ Ce qui se retire : bijoux, ⚠️ montre, ⚠️ et manches longues, ⚠️ qui empêchent une hygiène des mains correcte, et qui touchent le champ.

⚠️ Ce qui se vérifie sur chaque emballage : l'intégrité, ⚠️ la date de péremption, ⚠️ et l'absence d'humidité, un emballage humide n'étant plus une barrière, ⚠️ même s'il est fermé.

⚠️ Ce qui se fait dans l'ordre : hygiène des mains, ⚠️ ouverture et disposition du matériel, ⚠️ préparation du champ, puis mise des gants en dernier.

⚠️ Ce qui se sait sur les gants stériles : la main nue ne touche que la face repliée, ⚠️ le second gant se met avec la main déjà gantée, ⚠️ et les mains gantées restent devant soi, au-dessus de la taille.

⚠️ Ce qui est considéré comme non stérile : le dos, ⚠️ tout ce qui est sous la taille, ⚠️ les bords d'un champ, et tout ce qui sort du champ de vision.

⚠️ Ce qui se fait en cas de rupture : s'arrêter, ⚠️ le dire, et recommencer.

Le piège

Se ganter avant d'avoir ouvert et disposé le matériel. Il faudra ressortir de la stérilité pour le faire.

À retenir

  • Ressortir pendant un geste aseptique rompt la chaîne.
  • Un emballage humide n'est plus une barrière, même fermé.
  • Les gants se mettent en dernier, après la préparation du champ.
  • La main nue ne touche que la face repliée du gant.
  • Une rupture de stérilité se dit et fait recommencer.

En pratique

  • Environnement préparé et flux d'air arrêté
  • Matériel complet réuni
  • Bijoux retirés et manches relevées
  • Emballages vérifiés
  • Hygiène des mains réalisée
  • Champ préparé avant gantage
  • Technique de gantage respectée
  • Conduite en cas de rupture connue

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'annonce d'un dommage associé aux soins relève de la situation de départ correspondante. L'information courante est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Le patient est un acteur de sa propre prévention, ⚠️ et il ne le sait presque jamais.

⚠️ Ce qui s'explique à chaque pose : pourquoi ce dispositif, ⚠️ combien de temps il est prévu, ⚠️ ce qui doit être signalé, et le fait qu'il sera retiré dès qu'il ne servira plus.

⚠️ Ce qui s'apprend au patient : signaler une douleur au point de ponction, ⚠️ une rougeur, ⚠️ une fièvre, ⚠️ un pansement décollé, et une sonde tirée ou coudée.

⚠️ Ce qui se dit sur l'hygiène des mains : qu'elle concerne aussi le patient et ses visiteurs, ⚠️ avant les repas, ⚠️ après les toilettes, ⚠️ et en entrant et en sortant de la chambre.

⚠️ Ce qui s'autorise et qui se dit rarement : que le patient peut demander à un soignant s'il s'est lavé les mains.

⚠️ Ce qui s'explique sur les antibiotiques : qu'ils ne se donnent pas par précaution, ⚠️ que leur durée est fixée, et qu'ils ne doivent pas être arrêtés ni prolongés seuls.

⚠️ Ce qui se prépare à la sortie : les soins qui continuent à domicile, ⚠️ les signes qui doivent faire consulter, ⚠️ et à qui téléphoner.

⚠️ Ce qui se remet par écrit : les consignes, ⚠️ et les dates de contrôle.

À retenir

Dire au patient qu'il peut demander à un soignant s'il s'est lavé les mains.

À retenir

  • Le patient est un acteur de sa prévention, et il ne le sait pas.
  • Ce qui doit être signalé s'apprend au moment de la pose.
  • L'hygiène des mains concerne aussi le patient et ses visiteurs.
  • Un patient peut demander à un soignant s'il s'est lavé les mains.
  • Les antibiotiques ne se donnent pas par précaution ni ne s'arrêtent seuls.

En pratique

  • Objet et durée du dispositif expliqués
  • Signes à signaler appris
  • Hygiène des mains expliquée au patient
  • Consignes données aux visiteurs
  • Rôle du patient explicité
  • Usage des antibiotiques expliqué
  • Soins de sortie préparés
  • Consignes écrites remises

Communication interprofessionnelle

⚠️ La prévention tient à ce qui est écrit et à ce qui est transmis, ⚠️ pas à ce que chacun sait.

⚠️ Ce qui doit figurer dans le dossier : la date de pose de chaque dispositif, ⚠️ son indication, ⚠️ sa date de réévaluation, ⚠️ son état, et sa date de retrait, ⚠️ une fiche sans date de retrait produisant des dispositifs oubliés.

⚠️ Ce qui se transmet à chaque relève : les dispositifs en place, ⚠️ ceux qui doivent être retirés, ⚠️ les surveillances demandées, et les seuils qui doivent faire appeler.

⚠️ Ce qui se demande à l'équipe opérationnelle d'hygiène : un avis, ⚠️ une aide au diagnostic d'un problème répété, et l'analyse d'un événement.

⚠️ Ce qui se demande au laboratoire : l'interprétation d'une culture, ⚠️ la distinction entre colonisation et infection, et l'écologie du service.

⚠️ Ce qui se transmet en sortie : les dispositifs restants, ⚠️ les soins à poursuivre, ⚠️ les dates de réfection, et le professionnel qui les assurera.

⚠️ Ce qui se déclare : les événements indésirables, ⚠️ dans un cadre qui n'incrimine pas les personnes, ⚠️ faute de quoi ils ne sont pas déclarés, et rien ne se corrige.

⚠️ Ce qui ne se discute pas devant un tiers : l'état d'un patient, ⚠️ dans une chambre double, ou dans un couloir.

À retenir

Porter une date de réévaluation sur chaque dispositif dès sa pose.

À retenir

  • Une fiche sans date de retrait produit des dispositifs oubliés.
  • La relève transmet aussi ce qui doit être retiré, pas seulement ce qui est en place.
  • Le laboratoire aide à distinguer colonisation et infection.
  • Un cadre qui incrimine les personnes fait disparaître les déclarations.
  • L'état d'un patient ne se discute pas dans un couloir ni devant un voisin de chambre.

En pratique

  • Dates et indications écrites
  • Réévaluation datée
  • Relève complète sur les dispositifs
  • Seuils d'appel transmis
  • Équipe d'hygiène sollicitée
  • Laboratoire consulté
  • Sortie organisée avec les soins
  • Événements déclarés sans incrimination

Sources

  • R2C, item 4 : Qualité et sécurité des soins. La sécurité du patient. La gestion des risques. Les événements indésirables associés aux soins (EIAS). Démarche qualité et évaluation des pratiques professionnelles
  • R2C, item 157 : Septicémie / Bactériémie / Fongémie de l'adulte et de l'enfant
  • R2C, item 145 : Surveillance des maladies infectieuses transmissibles
  • Collège des enseignants de maladies infectieuses et tropicales, chapitre sur les infections associées aux soins
  • Recommandations en vigueur sur la prévention des infections liées aux cathéters et aux sondes urinaires, sur l'hygiène des mains et sur la déclaration des événements indésirables. La date de la version consultée fait partie de la source