Fiche de révision
Dépistage et prévention des violences faites aux femmes
Une question posée à toutes, un rythme qui appartient à la personne, et un enfant qui crée ses propres obligations.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Le dépistage n'est pas un signe à repérer, ⚠️ c'est une question à poser.
⚠️ Ce qui précède toute question : s'assurer que la personne est seule. ⚠️ Aucun accompagnant, ⚠️ aucun enfant en âge de comprendre, et le dire à voix haute, ⚠️ la présence d'un tiers rendant la question inutile et parfois dangereuse.
⚠️ Ce qui se pose à toutes : une question directe, ⚠️ simple, ⚠️ sans détour, ⚠️ posée comme n'importe quelle autre question de santé, et non réservée à celles qui « ont l'air ».
⚠️ Ce qui doit alerter dans un dossier : des consultations répétées sans diagnostic, ⚠️ des motifs changeants, ⚠️ des rendez-vous annulés, ⚠️ une venue toujours accompagnée, ⚠️ des plaintes douloureuses chroniques, ⚠️ une insomnie, et un retard de recours aux soins.
⚠️ Ce qui se recueille ensuite, sans jamais demander de décrire les faits : l'ancienneté, ⚠️ la fréquence, ⚠️ l'évolution récente, et le retentissement.
⚠️ Ce qui se cherche pour évaluer le danger : une aggravation récente, ⚠️ une peur actuelle, ⚠️ un isolement, ⚠️ un contrôle des ressources et des déplacements, ⚠️ des menaces, et la présence d'armes au domicile.
⚠️ Ce qui se demande enfin : qui est au courant, ⚠️ et ce que la personne souhaite aujourd'hui.
⚠️ Ce qui se demande aussi, et qu'on oublie : la situation administrative et financière, ⚠️ l'existence d'un compte à son nom, ⚠️ d'un logement à son nom, ⚠️ d'un emploi, ⚠️ d'un permis, et d'un titre de séjour, ⚠️ autant de conditions matérielles d'une mise à l'abri.et ce que la personne souhaite aujourd'hui.
À retenir
- Le dépistage est une question, pas un signe à repérer.
- La question se pose à toutes, pas à celles qui « ont l'air ».
- Un accompagnant dans la pièce rend la question inutile et parfois dangereuse.
- On ne demande jamais de décrire les faits pour évaluer une situation.
- Le contrôle des ressources et des déplacements est un élément d'évaluation.
En pratique
- Personne reçue seule
- Question directe posée
- Dossier relu pour signaux répétés
- Ancienneté et fréquence recueillies
- Évolution récente précisée
- Éléments de danger recherchés
- Isolement évalué
- Souhait de la personne recueilli
Examen clinique
⚠️ L'examen ne se fait qu'avec l'accord de la personne, ⚠️ et il peut être refusé sans que cela change rien à la suite.
⚠️ Ce qui s'explique avant : pourquoi l'examen est proposé, ⚠️ ce qu'il cherche, ⚠️ qu'il peut être interrompu à tout moment, et qu'il n'oblige à aucune démarche ultérieure.
⚠️ Ce qui se décrit : toute lésion constatée, ⚠️ sa localisation, ⚠️ sa forme, ⚠️ sa taille, ⚠️ sa couleur, ⚠️ son ancienneté apparente, et sur un schéma daté. ⚠️ On décrit ce qu'on voit, on n'interprète pas l'origine.
⚠️ Ce qui se recherche sur le retentissement : l'état nutritionnel, ⚠️ le sommeil, ⚠️ les douleurs chroniques, ⚠️ l'anxiété, et les signes dépressifs.
⚠️ Ce qui s'apprécie : l'état gynécologique quand la personne l'accepte, ⚠️ la contraception, ⚠️ une grossesse en cours, et son suivi.
⚠️ Ce qui se cherche chez l'enfant présent au domicile : la croissance, ⚠️ le comportement, ⚠️ le sommeil, ⚠️ les apprentissages, et tout signe de souffrance.
⚠️ Ce qui se note toujours : la date, ⚠️ l'heure, ⚠️ les paroles de la personne entre guillemets, et la description sans interprétation.
⚠️ Ce qui s'observe pendant la consultation : le temps que la personne met à répondre, ⚠️ ce qu'elle regarde, ⚠️ son sursaut au bruit d'une porte, et son soulagement quand on lui dit qu'elle est seule.et la description sans interprétation.
À retenir
- L'examen se propose, il ne s'impose pas, et un refus ne change rien à la suite.
- On décrit ce qu'on voit sans interpréter l'origine des lésions.
- Un schéma daté vaut mieux qu'une description en prose.
- Les paroles de la personne se notent entre guillemets.
- L'enfant du domicile fait l'objet d'un examen propre.
En pratique
- Accord recueilli avant l'examen
- Possibilité d'interrompre annoncée
- Lésions décrites et localisées
- Schéma daté réalisé
- Retentissement psychique évalué
- État gynécologique apprécié si accepté
- Enfant examiné
- Paroles citées et description sans interprétation
Synthèse paraclinique
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
⚠️ Certaines situations ne permettent pas d'attendre le prochain rendez-vous.
⚠️ Ce qui fait considérer un danger immédiat : une aggravation récente, ⚠️ des menaces de mort, ⚠️ la présence d'armes au domicile, ⚠️ des idées suicidaires chez la personne, ⚠️ une séparation récente ou annoncée, ⚠️ une grossesse en cours, et un isolement complet.
⚠️ Ce qui se fait alors : ne pas laisser repartir sans un plan, ⚠️ proposer une mise à l'abri, ⚠️ contacter les dispositifs dédiés, ⚠️ et organiser un hébergement, avec l'accord de la personne.
⚠️ Ce qui se prépare avec elle : un plan de sécurité, ⚠️ des papiers rassemblés, ⚠️ un sac prêt, ⚠️ un lieu où aller, ⚠️ une personne à prévenir, et un numéro appris par cœur.
⚠️ Ce qui se fait pour un enfant en danger : un signalement, ⚠️ sans l'accord des parents, ⚠️ et sans délai, la protection de l'enfant primant alors, ⚠️ selon la procédure en vigueur.
⚠️ Ce qui se fait devant une victime hors d'état de se protéger : ce que la loi prévoit, ⚠️ et qui doit être connu avant d'y être confronté.
⚠️ Ce qui ne se fait jamais : prévenir le conjoint, ⚠️ convoquer les deux ensemble, ou laisser un message au domicile.
À retenir
- Une séparation récente ou annoncée est une période de sur-risque.
- Une grossesse en cours augmente le risque et l'urgence.
- Un plan de sécurité se prépare avec la personne, pas pour elle.
- Un enfant en danger se signale sans l'accord des parents et sans délai.
- Jamais de convocation commune, ni de message laissé au domicile.
En pratique
- Éléments de danger immédiat recherchés
- Mise à l'abri proposée
- Dispositifs dédiés contactés
- Plan de sécurité préparé
- Numéro appris par cœur
- Signalement fait si enfant en danger
- Cadre légal connu
- Aucune démarche vers le conjoint
Stratégie de prise en charge
⚠️ La prise en charge suit le rythme de la personne, ⚠️ et non celui du soignant.
⚠️ Ce qui se fait à chaque fois : entendre, ⚠️ croire, ⚠️ dire que la loi l'interdit, ⚠️ dire que la responsabilité n'est jamais celle de la victime, et évaluer le danger.
⚠️ Ce qui se propose sans être imposé : un certificat médical descriptif, ⚠️ remis en main propre, ⚠️ conservé où la personne le décide, et rédigé même si elle ne veut pas porter plainte, ⚠️ car il pourra servir plus tard.
⚠️ Ce qui s'oriente : vers les dispositifs dédiés, ⚠️ associations spécialisées, ⚠️ numéro national, ⚠️ assistante sociale, ⚠️ unité médico-judiciaire selon les situations, avec des modalités concrètes.
⚠️ Ce qui se traite en parallèle : le retentissement sur la santé, ⚠️ le sommeil, ⚠️ la douleur, ⚠️ l'anxiété, ⚠️ la contraception, et le suivi gynécologique.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : presser de porter plainte, ⚠️ fixer un ultimatum, ⚠️ juger un retour au domicile, ou conditionner l'aide à une décision.
⚠️ Ce qui se programme systématiquement : un rendez-vous rapproché, ⚠️ sans convocation envoyée au domicile, et une porte laissée ouverte.
⚠️ Ce qui se trace dans le dossier : les faits rapportés entre guillemets, ⚠️ l'évaluation du danger, et ce qui a été proposé.
⚠️ Ce qui se prépare pour la fois suivante : reprendre là où l'on s'est arrêté, ⚠️ sans redemander de tout raconter, et sans reprocher l'absence de démarche, ⚠️ la répétition d'un récit ayant elle-même un coût.et ce qui a été proposé.
À retenir
- Le certificat se rédige même si la personne ne veut pas porter plainte.
- L'aide ne se conditionne jamais à une décision de la personne.
- Un retour au domicile ne se juge pas : il se prépare.
- Un rendez-vous rapproché se programme systématiquement.
- La porte reste ouverte, quelle que soit la décision du jour.
En pratique
- Écoute et validation exprimées
- Cadre légal énoncé
- Danger évalué
- Certificat proposé et remis en main propre
- Orientation concrète proposée
- Retentissement traité
- Aucune pression exercée
- Rendez-vous rapproché programmé
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Ce qui est dit en consultation reste longtemps, ⚠️ et détermine si la personne reviendra.
⚠️ Ce qui se dit et qui compte le plus : je vous crois, ⚠️ ce que vous subissez est interdit par la loi, ⚠️ vous n'en êtes pas responsable, et vous n'êtes pas seule.
⚠️ Ce qui s'explique sur le cycle : que ces situations évoluent souvent par phases, ⚠️ que les périodes d'accalmie n'annoncent pas la fin, et que le risque augmente lors des séparations.
⚠️ Ce qui se donne concrètement : un numéro national, ⚠️ gratuit, ⚠️ qui ne figure pas sur les factures, et la possibilité d'appeler depuis un autre téléphone.
⚠️ Ce qui se prépare : des papiers importants mis en sécurité, ⚠️ un double des clés, ⚠️ de l'argent, ⚠️ un lieu, et une personne de confiance.
⚠️ Ce qui se dit sur les enfants : qu'ils sont concernés même s'ils ne sont pas touchés, ⚠️ que leur exposition a des conséquences, et qu'une aide existe pour eux aussi.
⚠️ Ce qui se dit sur la trace écrite : que le certificat lui appartient, ⚠️ qu'elle décide où il est conservé, et qu'elle peut en demander un à tout moment.
⚠️ Ce qui se répète à chaque consultation : que la porte reste ouverte, ⚠️ quelle que soit sa décision.
À retenir
- « Je vous crois » est la phrase la plus utile de la consultation.
- Les accalmies n'annoncent pas la fin, et les séparations augmentent le risque.
- Un numéro qui ne figure pas sur les factures est une information pratique décisive.
- Les enfants sont concernés même s'ils ne sont pas touchés.
- La porte reste ouverte, et cela se répète à chaque consultation.
En pratique
- Validation explicite exprimée
- Cadre légal rappelé
- Déculpabilisation dite
- Évolution par phases expliquée
- Numéro et modalités d'appel donnés
- Plan de sécurité préparé
- Situation des enfants abordée
- Porte laissée ouverte
Communication interprofessionnelle
⚠️ Ici, une transmission mal faite peut mettre une personne en danger.
⚠️ Ce qui ne se transmet jamais : l'information au conjoint, ⚠️ par courrier, ⚠️ par téléphone, ⚠️ par message, ou par une convocation envoyée au domicile.
⚠️ Ce qui se vérifie avant tout envoi : l'adresse, ⚠️ le moyen de contact sûr, ⚠️ et l'accord de la personne, ⚠️ un simple courrier de rappel pouvant révéler une démarche.
⚠️ Ce qui se transmet avec son accord : à l'assistante sociale, ⚠️ à l'association spécialisée, ⚠️ au service de gynécologie, et au psychologue, ⚠️ avec seulement ce qui est nécessaire.
⚠️ Ce qui se fait sans accord et sans délai : le signalement d'un enfant en danger, ⚠️ selon la procédure en vigueur, et en informant la personne de cette obligation, ⚠️ sauf si cela l'expose.
⚠️ Ce qui se coordonne : le médecin traitant, ⚠️ la sage-femme, ⚠️ la protection maternelle et infantile, ⚠️ l'école, et les dispositifs judiciaires selon les situations.
⚠️ Ce qui se trace : la date, ⚠️ les paroles entre guillemets, ⚠️ la description sans interprétation, ⚠️ l'évaluation du danger, et les propositions faites.
⚠️ Et ce qui se protège : le dossier lui-même, ⚠️ son accès, et ce qui est visible sur un écran ouvert.
À retenir
- Un courrier de rappel envoyé au domicile peut révéler une démarche.
- Le moyen de contact sûr se vérifie avant tout envoi.
- Un signalement d'enfant en danger se fait sans accord et sans délai.
- On transmet le nécessaire, pas le dossier.
- L'accès au dossier et l'écran ouvert font partie de la protection.
En pratique
- Moyen de contact sûr établi
- Aucun envoi au domicile sans accord
- Transmissions limitées au nécessaire
- Accord recueilli pour chaque partage
- Signalement fait si enfant en danger
- Réseau coordonné
- Dossier tracé avec citations
- Accès au dossier protégé