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Gynécologie

Fiche de révision

Dépistage et prévention des violences faites aux femmes

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 317Catégorie IVItem R2C 11Item R2C 12Item R2C 57

Cette fiche vous apprend à faire du dépistage une question posée à toutes, seule à seule, puis à évaluer le danger sans faire décrire les faits, en laissant à la personne le rythme de ses décisions. Elle suit le fil de la consultation : la question, l'évaluation, l'examen, le danger immédiat, la prise en charge, ce qui se dit, puis ce qui se transmet sans exposer, la présence d'un enfant créant des obligations propres.

SommaireEnviron 10 min
  1. Le dépistage est une question, posée à toutes et seule à seule
  2. Après la réponse, évaluer la situation sans faire décrire les faits
  3. Examiner avec l'accord de la personne, et décrire sans interpréter
  4. Devant un danger immédiat, ne pas laisser repartir sans plan
  5. Suivre le rythme de la personne, et proposer sans imposer
  6. Ce qui se dit en consultation reste, et décide du retour
  7. Transmettre sans exposer : le contact sûr, le nécessaire, et l'enfant
  8. À retenir pour la station

Le dépistage est une question, posée à toutes et seule à seule

Le dépistage n'est pas un signe à repérer, c'est une question à poser. Une femme qu'on n'interroge pas en parle très rarement d'elle-même : la question est le dépistage.

Avant toute question, s'assurer que la personne est seule : aucun accompagnant, aucun enfant en âge de comprendre, et le dire à voix haute. La présence d'un tiers rend la question inutile, et parfois dangereuse.

La question se pose à toutes, directe, simple et sans détour, comme n'importe quelle autre question de santé. Elle n'est pas réservée à celles qui « ont l'air ».

Certains éléments d'un dossier doivent alerter, et le dossier se relit pour chercher ces signaux répétés. Ils ne remplacent pas la question, qui reste le dépistage.

Ce qui doit alerter dans un dossier :

  • Des consultations répétées sans diagnostic.
  • Des motifs changeants.
  • Des rendez-vous annulés.
  • Une venue accompagnée à chaque fois.
  • Des plaintes douloureuses chroniques.
  • Une insomnie.
  • Un retard de recours aux soins.

Après la réponse, évaluer la situation sans faire décrire les faits

Ce qui se recueille ensuite se recueille sans demander de décrire les faits : l'ancienneté, la fréquence, l'évolution récente et le retentissement. Évaluer une situation ne demande pas d'en faire décrire les faits.

Le danger s'évalue sur des éléments précis : une aggravation récente, une peur actuelle, un isolement, des menaces et la présence d'armes au domicile. Le contrôle des ressources et des déplacements est un élément d'évaluation, au même titre.

Ce qui se demande enfin : qui est au courant, et ce que la personne souhaite aujourd'hui. L'objectif du jour appartient à la personne, et presser quelqu'un ferme l'entretien et les suivants.

Ce qui se demande aussi, et qu'on oublie, c'est la situation administrative et financière : l'existence d'un compte à son nom, d'un logement à son nom, d'un emploi, d'un permis et d'un titre de séjour. Ce sont autant de conditions matérielles d'une mise à l'abri.

La présence d'un enfant au domicile crée des obligations propres, distinctes de celles qui concernent la femme. Elle se connaît donc dès l'entretien, et l'enfant fait l'objet d'un examen propre.

Examiner avec l'accord de la personne, et décrire sans interpréter

L'examen ne se fait qu'avec l'accord de la personne, et il peut être refusé sans que cela change rien à la suite. Il se propose, il ne s'impose pas. Avant lui s'expliquent pourquoi il est proposé, ce qu'il cherche, qu'il peut être interrompu à tout moment, et qu'il n'oblige à aucune démarche ultérieure.

Toute lésion constatée se décrit : sa localisation, sa forme, sa taille, sa couleur et son ancienneté apparente, sur un schéma daté. On décrit ce qu'on voit, on n'interprète pas l'origine. Un schéma daté vaut mieux qu'une description en prose.

Le retentissement se recherche : l'état nutritionnel, le sommeil, les douleurs chroniques, l'anxiété et les signes dépressifs. S'apprécient aussi l'état gynécologique quand la personne l'accepte, la contraception, une grossesse en cours et son suivi. L'enfant présent au domicile fait l'objet d'un examen propre : sa croissance, son comportement, son sommeil, ses apprentissages, et tout signe de souffrance.

Ce qui s'observe pendant la consultation compte aussi : le temps que la personne met à répondre, ce qu'elle regarde, son sursaut au bruit d'une porte, et son soulagement quand on lui dit qu'elle est seule. Ce qui se note, à chaque fois : la date, l'heure, les paroles de la personne entre guillemets, et la description sans conclure sur l'origine.

Devant un danger immédiat, ne pas laisser repartir sans plan

Certaines situations ne permettent pas d'attendre le prochain rendez-vous. Des éléments font considérer un danger immédiat, et ils se recherchent.

Ce qui fait considérer un danger immédiat :

  • Une aggravation récente.
  • Des menaces de mort.
  • La présence d'armes au domicile.
  • Des idées suicidaires chez la personne.
  • Une séparation récente ou annoncée, qui est une période de sur-risque.
  • Une grossesse en cours, qui augmente le risque et l'urgence.
  • Un isolement complet.

Ce qui se fait alors : ne pas laisser repartir sans un plan, proposer une mise à l'abri, contacter les dispositifs dédiés et organiser un hébergement, avec l'accord de la personne. Un plan de sécurité se prépare avec elle, pas pour elle : des papiers rassemblés, un sac prêt, un lieu où aller, une personne à prévenir, et un numéro appris par cœur.

Un enfant en danger se signale sans l'accord des parents, et sans délai : la protection de l'enfant prime alors, selon la procédure en vigueur. Devant une victime hors d'état de se protéger, ce que la loi prévoit doit être connu avant d'y être confronté.

Ce qui ne se fait pas : prévenir le conjoint, convoquer les 2 ensemble, ou laisser un message au domicile. Une transmission mal faite peut, ici, mettre la personne en danger.

Suivre le rythme de la personne, et proposer sans imposer

La prise en charge suit le rythme de la personne, et non celui du soignant. À chaque fois : entendre, croire, dire que la loi l'interdit, dire que la responsabilité n'est pas celle de la victime, et évaluer le danger.

Un certificat médical descriptif se propose sans être imposé. Il se remet en main propre, se conserve où la personne le décide, et se rédige même si elle ne veut pas porter plainte, car il pourra servir plus tard.

L'orientation se fait vers les dispositifs dédiés, avec des modalités concrètes : associations spécialisées, numéro national, assistante sociale, unité médico-judiciaire selon les situations. Le retentissement sur la santé se traite en parallèle : le sommeil, la douleur, l'anxiété, la contraception et le suivi gynécologique.

Ce qui ne se fait pas : presser de porter plainte, fixer un ultimatum, juger un retour au domicile, ou conditionner l'aide à une décision. Un retour au domicile ne se juge pas, il se prépare.

Un rendez-vous rapproché se programme à chaque fois, sans convocation envoyée au domicile, et la porte reste ouverte, quelle que soit la décision du jour. Le dossier trace les faits rapportés entre guillemets, l'évaluation du danger et ce qui a été proposé.

La fois suivante se prépare : reprendre là où l'on s'est arrêté, sans redemander de tout raconter, et sans reprocher l'absence de démarche. La répétition d'un récit a elle-même un coût.

Ce qui se dit en consultation reste, et décide du retour

Ce qui est dit en consultation reste longtemps, et détermine si la personne reviendra. Ce qui compte le plus se dit en 3 choses : je vous crois, c'est interdit, vous n'en êtes pas responsable. « Je vous crois » est la phrase la plus utile de la consultation.

Le cycle s'explique : ces situations évoluent souvent par phases. Les périodes d'accalmie n'annoncent pas la fin, et le risque augmente lors des séparations.

Ce qui se donne concrètement : un numéro national, gratuit, qui ne figure pas sur les factures, et la possibilité d'appeler depuis un autre téléphone. Un numéro qui ne figure pas sur les factures est une information pratique décisive. Se préparent aussi des papiers importants mis en sécurité, un double des clés, de l'argent, un lieu et une personne de confiance.

Sur les enfants se dit qu'ils sont concernés même s'ils ne sont pas touchés, que leur exposition a des conséquences, et qu'une aide existe pour eux aussi. Sur la trace écrite se dit que le certificat lui appartient, qu'elle décide où il est conservé, et qu'elle peut en demander un à tout moment. Ce qui se répète à chaque consultation : la porte reste ouverte, quelle que soit sa décision.

« Je vous crois. Ce que vous subissez est interdit par la loi. Vous n'en êtes pas responsable, et vous n'êtes pas seule. »

Transmettre sans exposer : le contact sûr, le nécessaire, et l'enfant

Ici, une transmission mal faite peut mettre une personne en danger. L'information ne se transmet pas au conjoint, ni par courrier, ni par téléphone, ni par message, ni par une convocation envoyée au domicile.

Avant tout envoi se vérifient l'adresse, le moyen de contact sûr et l'accord de la personne : un simple courrier de rappel peut révéler une démarche. Avec son accord, et pour chaque partage, se transmet seulement ce qui est nécessaire, pas le dossier : à l'assistante sociale, à l'association spécialisée, au service de gynécologie et au psychologue.

Le signalement d'un enfant en danger se fait sans accord et sans délai, selon la procédure en vigueur, en informant la personne de cette obligation, sauf si cela l'expose. Se coordonnent le médecin traitant, la sage-femme, la protection maternelle et infantile, l'école, et les dispositifs judiciaires selon les situations.

Ce qui se trace : la date, les paroles entre guillemets, la description sans interprétation, l'évaluation du danger et les propositions faites. Le dossier lui-même se protège : son accès, et ce qui est visible sur un écran ouvert.

À retenir pour la station

Le dépistage est une question : posez-la à toutes, directement, après vous être assuré que la personne est seule, et dites-le à voix haute. Évaluez l'ancienneté, la fréquence, l'évolution récente et le danger sans demander de décrire les faits. Demandez qui est au courant et ce que la personne souhaite aujourd'hui : l'objectif du jour lui appartient. Dites que vous la croyez, que c'est interdit par la loi et qu'elle n'en est pas responsable. Proposez un certificat descriptif remis en main propre, une orientation concrète et un rendez-vous rapproché, sans convocation au domicile. Devant un danger immédiat, ne laissez pas repartir sans plan, et un enfant en danger se signale sans délai.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    Gynécologie Obstétrique

    Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). 6e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 12

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 11 ; Item 12 ; Item 57

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge, Communication interprofessionnelle