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Endocrinologie

Fiche de révision

Prévention du surpoids et de l'obésité

Situation de départ 319Catégorie IVItem R2C 253Item R2C 249Item R2C 48

Cette fiche vous apprend à suivre le poids d'une personne comme on suit une maladie chronique, et non comme on corrige un défaut de volonté. Elle suit la consultation : l'accord d'en parler et l'histoire du poids, un examen rendu possible, la pente de la courbe chez l'enfant, un bilan qui cherche un retentissement, puis des objectifs de comportement, les mots qui font revenir et l'équipe qui tient le suivi.

SommaireEnviron 10 min
  1. Obtenir l'accord d'en parler, puis reconstituer l'histoire du poids
  2. Le comportement alimentaire, la vie réelle et la stigmatisation vécue
  3. Un examen rendu possible par le matériel et par les mots
  4. Chez l'enfant, la pente de la courbe et la famille entière
  5. Un bilan qui cherche un retentissement, pas une preuve
  6. Un objectif de comportement se tient, un objectif de poids se manque
  7. Les mots qui font revenir, et des repères sans aliment interdit
  8. Une équipe autour d'un objectif écrit et daté
  9. À retenir pour la station

Obtenir l'accord d'en parler, puis reconstituer l'histoire du poids

La première chose à obtenir n'est pas un chiffre, c'est l'autorisation d'en parler. Ce qui se demande avant tout est si la personne souhaite aborder ce sujet aujourd'hui, et ce qu'elle en attend. Un sujet imposé produit un abandon du suivi, et parfois l'abandon du médecin.

L'histoire du poids se reconstitue depuis l'enfance, avec son évolution et ses périodes de prise rapide. Chaque période de prise rapide se date, et s'explique par les événements qui l'accompagnent : une grossesse, un arrêt du tabac, un deuil, un changement de travail, un traitement.

Des traitements courants font prendre du poids, et ils se recensent. Ce sont notamment certains traitements psychiatriques, une corticothérapie et certains traitements hormonaux.

Les tentatives passées s'analysent : combien, lesquelles, ce qui a marché, ce qui a fait reprendre, et ce qu'elles ont coûté. Ce qui a fait reprendre après une tentative vaut plus que la tentative elle-même.

Le comportement alimentaire, la vie réelle et la stigmatisation vécue

Le comportement alimentaire s'explore en détail. Se recherchent le rythme des repas, le grignotage, les prises alimentaires nocturnes, les accès de perte de contrôle, le lien avec les émotions et les restrictions.

La vie réelle se demande aussi. Le sommeil, les horaires de travail, l'activité réelle, les moyens financiers, l'accès aux aliments et l'isolement font partie du recueil.

La stigmatisation vécue se recherche, y compris dans les soins, avec son effet sur le recours. Elle explique une part du non-recours.

L'entourage se demande : ce que la famille mange, qui fait les courses, qui cuisine. Les remarques reçues à la maison se recherchent aussi, parce qu'elles pèsent souvent plus que les conseils reçus en consultation.

Un examen rendu possible par le matériel et par les mots

L'examen doit être possible, et il ne l'est que si le matériel et les mots le permettent. Un siège adapté, une table adaptée, un brassard large et une pesée à l'abri des regards se préparent. Un cabinet sans matériel adapté rend l'examen impossible ou humiliant.

Se mesurent le poids, la taille, l'indice de masse corporelle, le tour de taille et la pression artérielle. La pression se prend avec un brassard adapté : un brassard trop petit surestime la mesure et fait poser un faux diagnostic d'hypertension.

Le retentissement se cherche : des douleurs articulaires, une gêne respiratoire à l'effort, une somnolence, des signes cutanés de résistance à l'insuline et des troubles menstruels. Les ronflements avec pauses nocturnes se recherchent chez chaque personne examinée pour son poids.

Une cause secondaire se cherche sur des signes précis : des signes d'atteinte hormonale, une répartition inhabituelle, une prise de poids rapide et récente. Ce sont eux, et non le principe, qui font explorer une cause au bilan.

La mobilité réelle s'apprécie, avec les douleurs qui limitent l'activité et l'état des pieds. C'est selon ces douleurs et ces possibilités que se choisira l'activité.

Chez l'enfant, la pente de la courbe et la famille entière

Chez l'enfant, c'est la pente de la courbe qui alerte, des années avant le chiffre. Les courbes de poids, de taille et d'indice de masse corporelle se reportent, et le rebond d'adiposité s'analyse. Sa précocité est un signal, des années avant tout excès visible. Un ralentissement de la taille, lui, oriente vers une cause secondaire.

La prévention chez l'enfant porte sur l'alimentation de la famille, et non sur celle de l'enfant seul. Elle s'aborde sans régime, avec le sommeil, les écrans et le jeu actif. Tout commentaire sur le corps de l'enfant en est exclu.

En pédiatrie, le suivi s'organise avec la famille dans son ensemble, et non avec l'enfant seul. Le lien avec la protection maternelle et infantile et avec la médecine scolaire en fait partie.

Un bilan qui cherche un retentissement, pas une preuve

Le bilan sert à chercher un retentissement, et non à démontrer un excès que la balance a déjà dit. Selon le terrain se demandent une glycémie à jeun, un bilan des lipides, un bilan du foie et la fonction du rein. Une exploration de la thyroïde se demande selon les signes.

Une atteinte hormonale se recherche devant des signes évocateurs, et non par principe. Sa fréquence est faible, et l'exploration inutile décourage. Un bilan hormonal large sans signe d'appel ne se prescrit pas : ses résultats limites conduisent à des explorations sans fin.

Une exploration du sommeil se demande devant des ronflements et une somnolence : elle est fréquemment indiquée, et rarement demandée. Chez l'enfant, le retentissement métabolique s'évalue selon les recommandations, et non par un bilan complet prescrit à tout enfant.

Un bilan du foie anormal est fréquent, et il s'interprète avec prudence. Il demande d'éliminer les autres causes, sans conclure trop vite. Ce résultat, comme les autres, se restitue avec sa signification, et sans en faire un argument moral.

Un objectif de comportement se tient, un objectif de poids se manque

L'objectif n'est pas un poids, c'est une trajectoire et une santé. Ce qui se fixe avec la personne, ce sont des objectifs de comportement, peu nombreux, précis, atteignables, et choisis par elle. Un objectif de poids se manque, un objectif de comportement se tient.

La perte de poids n'est pas la seule mesure du succès. Une perte modeste améliore déjà la pression, la glycémie et les articulations, et la stabilisation est un succès. Chez l'enfant en croissance, stabiliser le poids suffit souvent.

Un régime restrictif ne se prescrit pas. Il produit une reprise, une perte de masse musculaire et une aggravation du rapport à l'alimentation. Ce qui se travaille est ailleurs : la régularité des repas, leur composition, les boissons sucrées, le sommeil, l'activité physique quotidienne, la réduction de la sédentarité et la gestion des situations à risque.

D'autres troubles se traitent en parallèle : un trouble du comportement alimentaire, une dépression, une apnée du sommeil, une douleur. Les traitements pourvoyeurs de prise de poids se réexaminent, et leur remplacement se discute avec le prescripteur.

Relèvent d'une filière spécialisée les situations complexes, les échecs répétés et les comorbidités sévères, ainsi que la discussion des traitements et de la chirurgie, qui obéissent à des indications précises. Le suivi, lui, se programme régulier et long, et il ne s'arrête pas à la première reprise de poids.

Les mots qui font revenir, et des repères sans aliment interdit

Les mots employés déterminent si la personne reviendra. Ce qui se dit d'abord est que l'obésité est une maladie chronique, et non un défaut de volonté, et que la biologie s'oppose activement à la perte de poids. Le dire soulage et ancre le suivi, et reprendre du poids n'est pas un échec personnel : cela fait partie de la maladie.

Certains mots s'évitent : ceux qui jugent, les comparaisons, les chiffres brandis, et les conseils que la personne connaît déjà par cœur. La première intervention du soignant est de cesser de traiter l'obésité comme un défaut de volonté.

Les repères alimentaires portent sur la manière de manger, sans aucun aliment interdit. Ils concernent la régularité, la composition des repas, la place des boissons sucrées, la taille des portions et le rythme du repas.

L'activité physique compte même sans perte de poids. Réduire le temps assis compte autant qu'ajouter du sport, et l'activité se choisit selon les douleurs et les possibilités.

Le sommeil se travaille aussi : sa durée, ses horaires, son lien avec l'appétit, et le travail de nuit. Ce qui se répète enfin, c'est que la porte reste ouverte, même après une reprise.

Une équipe autour d'un objectif écrit et daté

Un suivi long tient par une équipe, et il échoue quand chaque professionnel répète les mêmes conseils. La diététicienne, l'enseignant en activité physique adaptée, le psychologue, le kinésithérapeute et le médecin traitant se coordonnent autour d'un objectif commun et écrit.

Ce qui se transmet aux intervenants, ce sont les objectifs convenus avec la personne, et non des consignes générales. S'y ajoutent ce qui a déjà été essayé et ce qui a fait reprendre, qui est l'information la plus utile à transmettre.

Au médecin traitant se demandent l'histoire du poids, les courbes anciennes, les traitements successifs et les tentatives passées. Au service de santé au travail se demandent les horaires, le travail de nuit, la restauration disponible et les possibilités d'activité.

L'orientation vers une filière spécialisée se fait vers un centre, avec un dossier complet et un rendez-vous pris. Enfin s'écrivent les objectifs, leur date, ce qui a été tenu et ce qui a été rediscuté, faute de quoi chaque consultation recommence à zéro.

À retenir pour la station

Demandez d'abord si la personne souhaite parler de son poids aujourd'hui. Reconstituez l'histoire du poids, les traitements qui en font prendre et ce qui a fait reprendre après chaque tentative. Préparez le matériel, et prenez la pression avec un brassard adapté. Chez l'enfant, lisez la pente de la courbe et la précocité du rebond d'adiposité, et travaillez avec la famille entière. Le bilan cherche un retentissement, pas une cause hormonale par principe. Fixez des objectifs de comportement choisis par la personne, sans régime restrictif, et dites que reprendre fait partie de la maladie et que la porte reste ouverte.

Sources

  1. 1

    Endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques

    Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques (CEEDMM). 6e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 253 ; Item 249

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Pédiatrie (Ouvre un nouvel onglet)

    Collège national des pédiatres universitaires (CNPU) ; Collège national hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique (CNHUCP). 9e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 253 ; Item 48

    Appuie : Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  3. 3
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 253 ; Item 249 ; Item 48

    Appuie : Examen clinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention