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Cardiologie

Fiche de révision

Prévention des maladies cardiovasculaires

S'entraîner sur cette situation
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Cette fiche vous apprend à estimer un risque cardiovasculaire avant de prescrire, et à le restituer sans céder à la demande d'un bilan large. Elle suit la consultation de prévention : l'entretien et l'examen qui recueillent ce que le laboratoire ne dit pas, la lecture du bilan et ses pièges, ce qui s'explique, la hiérarchie des mesures, puis ce qui se transmet pour ne pas perdre le suivi.

SommaireEnviron 10 min
  1. Ce qui pèse le plus ne figure sur aucune feuille de laboratoire
  2. Un examen court, dont la qualité tient à la méthode
  3. Le risque se calcule, il ne se lit pas ligne à ligne
  4. Confirmer avant de traiter, et restituer un niveau de risque
  5. Restituer un risque, et répondre à la demande d'un bilan complet
  6. Tout ne se vaut pas : le tabac d'abord, puis ce que dicte le risque
  7. Le tabac, l'activité et l'alimentation : des conseils qui se tiennent
  8. En prévention, ce qui se perd est le suivi
  9. À retenir pour la station

Ce qui pèse le plus ne figure sur aucune feuille de laboratoire

Ce qui pèse le plus dans le risque ne figure sur aucune feuille de laboratoire. Le tabac se quantifie en nombre de cigarettes et en ancienneté, et l'exposition passée se recherche : un arrêt ancien ne remet pas le compteur à zéro immédiatement.

L'activité physique réelle se recense en distinguant l'activité professionnelle de l'endurance. Se recensent avec elle le temps assis, l'alimentation, l'alcool et le sommeil.

Un antécédent familial se précise par la nature de l'événement, le lien de parenté et surtout l'âge de survenue, car seul un événement précoce compte comme facteur de risque. Compter un accident familial survenu à un âge avancé comme un antécédent précoce est le piège.

Les traitements se demandent sous toutes leurs formes : ceux qui sont prescrits, ceux qui ont été arrêtés et pourquoi, ceux qui sont achetés sans ordonnance ou en ligne, et les compléments. Un traitement arrêté et sa raison font partie du recueil.

Chez la femme se recherchent les antécédents obstétricaux : une hypertension de la grossesse, un diabète gestationnel, une prématurité, ainsi que le statut ménopausique. Ce sont des facteurs de risque souvent absents des dossiers.

Les conditions de vie se demandent aussi : le travail, les horaires, le travail de nuit, le stress rapporté, l'isolement social et les ressources, déterminants dont le poids est réel et rarement recueilli. Se demandent enfin ce que la personne attend, et ce qui l'inquiète.

Un examen court, dont la qualité tient à la méthode

L'examen de prévention est court, et sa qualité tient à la méthode plus qu'à la durée. La pression artérielle se mesure après repos, aux 2 bras à la première consultation, avec un brassard adapté. Une pression ne se juge pas sur une seule mesure au cabinet.

Se mesurent aussi le poids, la taille, l'indice de masse corporelle, le tour de taille et la fréquence cardiaque. Les valeurs mesurées, les conditions de mesure et la date se notent : sans les conditions, le chiffre ne vaut rien, et sans la trace, la comparaison suivante sera impossible.

Tous les pouls périphériques se palpent, la maladie touchant plusieurs territoires. L'abdomen se palpe à la recherche d'une masse battante chez les personnes à risque. Le cœur, les trajets carotidiens, l'aorte abdominale et les artères fémorales s'auscultent, à la recherche d'un souffle.

La peau s'examine à la recherche de dépôts lipidiques, avec les yeux, et les pieds chez le patient à risque. Le retentissement se cherche aussi : une irrégularité du pouls, des œdèmes, des signes d'insuffisance cardiaque. Ce qui s'observe oriente enfin, comme la capacité à monter quelques étages en parlant, le souffle en se déshabillant, et la façon dont la personne décrit son effort quotidien.

Le risque se calcule, il ne se lit pas ligne à ligne

Le bilan initial de prévention est court. Il comporte un bilan des lipides, une glycémie à jeun, la fonction du rein, une bandelette urinaire, et un électrocardiogramme selon la situation.

Le risque lui-même ne se déduit pas de ces lignes. Il se calcule, par un outil d'estimation du risque qui combine l'âge, le sexe, le tabac, la pression et les lipides. Ce calcul classe la personne dans une catégorie, et c'est la catégorie qui commande la conduite.

Ce qui trompe, ce sont des lignes toutes proches des bornes. Elles donnent une impression de normalité chez une personne dont le risque calculé est élevé : un bilan presque normal peut appartenir à une personne très exposée.

Un bilan de prévention se lit donc avec la personne, et non seul. Les facteurs qui pèsent le plus ont été recueillis à l'entretien et à l'examen, et ne figurent pas sur la feuille.

Confirmer avant de traiter, et restituer un niveau de risque

Une valeur anormale se confirme avant de traiter. Une pression élevée se confirme par des mesures répétées hors du cabinet, avant tout traitement, et un trouble lipidique par un contrôle.

Selon le contexte se cherchent une cause secondaire, une atteinte des organes et une maladie associée. Une maladie rénale ou une maladie inflammatoire chronique modifient la catégorie de risque, et certaines maladies chroniques la déplacent d'emblée.

Ne se prescrivent pas un bilan large sans hypothèse, des marqueurs sans valeur décisionnelle, ni une imagerie de dépistage sans indication. L'imagerie de dépistage ne fait pas partie de la démarche courante de prévention primaire.

Ce qui se restitue est le niveau de risque, et non une liste de chiffres. Dès la première fois se programment la date du prochain bilan, son contenu, et ce qui déclencherait un contrôle plus précoce, faute de quoi le bilan suivant sera prescrit au hasard.

Restituer un risque, et répondre à la demande d'un bilan complet

L'éducation porte la situation, et elle commence par restituer un risque, pas des chiffres. Ce qui s'explique est ce qu'est un risque : une probabilité et non une certitude, qui se modifie. La restitution dit aussi de combien le risque baisse avec la mesure proposée, en chiffrant cet effet ou en ordonnant les mesures entre elles.

La demande d'examens est le plus souvent une demande de réassurance, et elle se traite comme telle. Ce qui se dit est qu'un bilan large ne protège pas, et qu'un résultat normal peut rassurer à tort.

Ce qui se dit des compléments tient en peu de mots. Aucun produit acheté en ligne ne remplace un traitement, et certains interagissent.

Tout ne se vaut pas : le tabac d'abord, puis ce que dicte le risque

L'ordre des mesures est ce qui distingue une bonne consultation d'une liste de conseils. L'arrêt du tabac vient en premier : son bénéfice dépasse largement celui des autres mesures, y compris de ce qui se dose le plus facilement. Il se traite avec une aide, et non avec un conseil.

Viennent ensuite l'activité physique régulière, la réduction du temps assis, l'alimentation et la réduction de l'alcool. La prise en charge de la pression et des lipides, et l'intensité des objectifs, se décident selon le niveau de risque calculé, et ne sont pas les mêmes pour tous. Le risque s'estime avant de prescrire, et non l'inverse.

Avant de prescrire se vérifient la confirmation des mesures, la tolérance des traitements antérieurs, les raisons d'un arrêt passé et les produits pris hors ordonnance. Se dépistent en parallèle un diabète, une maladie rénale, une apnée du sommeil, et une fibrillation atriale chez les personnes concernées.

Ce qui se met en place avec la personne est une priorité, une seule, choisie par elle et formulée en actes. La réévaluation du risque et la prochaine consultation se datent.

Le tabac, l'activité et l'alimentation : des conseils qui se tiennent

Sur le tabac s'expliquent le bénéfice de l'arrêt et sa rapidité. Plusieurs tentatives d'arrêt sont la règle, et non un échec, et des aides efficaces existent.

L'activité se conseille régulière, avec une réduction du temps assis. L'activité professionnelle n'équivaut pas à une activité d'endurance. Sur l'alimentation, les repères sont simples, peu nombreux, et adaptés aux contraintes réelles.

Ce qui se remet à la personne est écrit : le niveau de risque, la priorité convenue et la date de la réévaluation. Ce risque écrit et daté est le point de départ de la consultation suivante.

En prévention, ce qui se perd est le suivi

En prévention, ce qui se perd n'est pas une information, c'est le suivi. Au pharmacien se demandent le relevé des délivrances, le signalement d'un renouvellement interrompu, les achats sans ordonnance et les compléments, et la vérification des interactions.

Au médecin traitant se transmet le niveau de risque, et non les seuls chiffres. La transmission dit le risque calculé, la méthode utilisée, la priorité convenue et la date de réévaluation.

Pour le tabac s'organisent une consultation dédiée, un rendez-vous pris et un suivi rapproché. Une simple recommandation orale ne produit que rarement un arrêt.

Se coordonnent la diététicienne, l'enseignant en activité physique adaptée, et le cardiologue quand le risque ou les symptômes le justifient. Au service de santé au travail se demandent les contraintes du poste, les horaires et les possibilités d'activité, avec l'accord de la personne.

Un rappel des personnes qui ne reviennent pas se met en place, la prévention étant un domaine où les perdus de vue sont nombreux. S'écrivent enfin le risque, sa date, la méthode et ce qui a été convenu.

À retenir pour la station

Recueillez ce qui pèse le plus et ne figure sur aucune feuille : le tabac quantifié, l'activité réelle, l'âge des événements familiaux, les traitements arrêtés et les produits achetés sans ordonnance. Mesurez la pression avec méthode, et ne la jugez pas sur une seule mesure au cabinet. Un bilan presque normal peut appartenir à une personne très exposée : le risque se calcule, avant de prescrire. Restituez un niveau de risque, pas une liste de chiffres, et traitez la demande d'un bilan large comme une demande de réassurance. L'arrêt du tabac vient en premier, avec une aide. Convenez d'une seule priorité, écrite et datée.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    Médecine cardiovasculaire

    Collège national des enseignants de cardiologie (CNEC) ; Société française de cardiologie (SFC). 3e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 222 ; Item 223 ; Item 224

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Prise en charge de l'hypertension artérielle de l'adulte (Ouvre un nouvel onglet)

    Haute Autorité de santé (HAS). Fiche mémo, septembre 2016, élaborée avec la SFHTA.

    Passages utilisés : Mesure de la PA ; Confirmation du diagnostic ; Bilan initial

    Appuie : Examen clinique, Synthèse paraclinique

  3. 3
    Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence en premier recours (Ouvre un nouvel onglet)

    Haute Autorité de santé (HAS). Recommandation de bonne pratique, adoptée en octobre 2014.

    Passages utilisés : Conseil d'arrêt ; Stratégies d'aide à l'arrêt ; Suivi et rechute

    Appuie : Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention

  4. 4
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 222 ; Item 223 ; Item 224

    Appuie : Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge