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Fiche de révision

Vaccinations de l'adulte et de l'enfant

Le calendrier se consulte, il ne s'apprend pas : ce qui se travaille est d'accueillir une hésitation sans la confondre avec un refus, de reprendre un calendrier interrompu sans le recommencer, et de vérifier ce qu'on injecte avant de l'injecter.

Situation de départ 322Catégorie IVItem R2C 146

Entretien et interrogatoire

Trois recueils différents précèdent toute vaccination, et le troisième est celui qu'on saute.

Le statut vaccinal se lit sur un document et ne se demande pas de mémoire : carnet de santé, carnet de vaccination, dossier, application. Une case vide ne signifie pas qu'une injection n'a pas eu lieu, elle signifie qu'elle n'a pas été notée, et la nuance change la conduite.

Les éléments qui modifient l'indication se recherchent un par un : âge, grossesse en cours ou envisagée, immunodépression, traitement immunosuppresseur, asplénie, prématurité, maladie chronique, profession, voyage prévu, entourage fragile. Une réaction lors d'une injection antérieure se fait décrire, parce que la plupart de celles que les patients appellent allergie n'en sont pas.

⚠️ Le troisième recueil est celui qui manque presque toujours : ce que la personne, ou le parent, pense de la vaccination. Une hésitation ne se voit pas, elle se dit si on la demande, et elle ne se confond pas avec une opposition. La plupart des personnes qui retardent une vaccination ne sont opposées à rien : elles ont une question précise, souvent née d'une expérience, à laquelle personne n'a répondu.

Ce qui se demande dans ce cas : ce qui s'est passé la fois précédente, ce qui inquiète exactement, et ce qui a été lu ou entendu. Répondre à la mauvaise question ne sert à rien.

Le piège

Répondre aux arguments qu'on connaît plutôt qu'à la question posée. La personne acquiesce poliment et ne revient pas.

À retenir

  • Le statut vaccinal se lit sur un document, il ne se demande pas de mémoire.
  • Une case vide dit qu'une injection n'a pas été notée, pas qu'elle n'a pas eu lieu.
  • Une réaction antérieure se fait décrire : la plupart des « allergies » n'en sont pas.
  • Une hésitation ne se voit pas et ne se confond pas avec une opposition.
  • Ce qui bloque est souvent une expérience précise, pas une croyance.

En pratique

  • Statut vaccinal lu sur un document
  • Âge, grossesse, immunodépression, traitements
  • Profession, voyage, entourage fragile
  • Réaction antérieure décrite
  • Ce que la personne pense de la vaccination
  • Ce qui l'inquiète précisément

Examen clinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen clinique n'est requis avant une vaccination chez une personne en bonne santé. La recherche d'une maladie fébrile en cours relève de l'interrogatoire et de la prise de température, et un examen complet ne conditionne pas l'acte.

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'est nécessaire avant de vacciner. Les rares sérologies utiles, contrôle d'immunité dans des situations professionnelles ou particulières, relèvent de recommandations spécifiques et non de la démarche courante.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans cette situation, ni avant ni après une vaccination.

Stratégie diagnostique

La question n'est pas « quel vaccin » mais « de quoi cette personne a-t-elle besoin aujourd'hui », et elle se traite en trois temps.

Premier temps, ce qui est dû à l'âge : le calendrier en vigueur donne la réponse, il se consulte et ne s'apprend pas par cœur, parce qu'il change.

Deuxième temps, ce que le terrain ajoute ou retire. Une immunodépression, une asplénie, une maladie chronique, une grossesse, une prématurité, une profession exposée, un voyage, un entourage fragile modifient les indications, dans les deux sens. Les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués en cas d'immunodépression sévère et pendant la grossesse ; les vaccins inactivés ne le sont pas.

⚠️ Troisième temps, les fausses contre-indications, qui sont la principale cause d'occasions manquées : une infection banale sans fièvre, un traitement antibiotique en cours, une prématurité, un allaitement, un antécédent familial, une allergie non liée à un composant du vaccin, un eczéma. Aucune de ces situations ne fait différer une vaccination.

Une vraie contre-indication est rare : réaction allergique grave à une injection précédente du même vaccin ou à l'un de ses composants, et situations spécifiques propres à certains vaccins.

Ce qui fait différer est une maladie fébrile en cours, et seulement le temps de l'épisode.

⚠️ Un calendrier interrompu se reprend là où il s'est arrêté, quel que soit le délai écoulé, et ne se recommence jamais. Cette règle, mal connue, entretient à elle seule beaucoup de retards.

Le piège

Différer une vaccination pour un rhume, un traitement antibiotique ou un antécédent familial. Ces situations n'en sont pas une, et l'occasion ne se représente pas toujours.

À retenir

Quel que soit le retard, on ne recommence pas un calendrier vaccinal : on le reprend.

À retenir

  • Le calendrier se consulte : il change, et l'apprendre par cœur n'a pas de sens.
  • Les vaccins vivants sont contre-indiqués en immunodépression sévère et pendant la grossesse.
  • Les fausses contre-indications sont la principale cause d'occasions manquées.
  • Une maladie fébrile fait différer, un rhume ne fait pas différer.
  • Un calendrier interrompu se reprend et ne se recommence jamais.

En pratique

  • Ce qui est dû à l'âge, selon le calendrier en vigueur
  • Terrain : immunodépression, grossesse, asplénie, maladie chronique
  • Profession, voyage, entourage
  • Fausses contre-indications écartées
  • Maladie fébrile en cours recherchée
  • Rattrapage repris et non recommencé

Urgence vitale

Une réaction anaphylactique après une vaccination est très rare et parfaitement prévisible dans son déroulement, ce qui rend son impréparation d'autant moins acceptable.

⚠️ De quoi la traiter doit être disponible partout où l'on vaccine, vérifié et à portée de main. Une absence de matériel ne se voit pas, contrairement à un matériel défectueux, et c'est pourquoi elle se vérifie avant chaque séance plutôt qu'au moment où elle manque.

Les signes surviennent le plus souvent dans les minutes qui suivent : urticaire étendue, œdème du visage et des lèvres, gêne respiratoire, sifflement, malaise, pâleur, hypotension, troubles digestifs. Un malaise vagal, beaucoup plus fréquent, s'en distingue par sa survenue immédiate, sa pâleur avec bradycardie, sa résolution en position allongée jambes surélevées et l'absence de signe cutané ou respiratoire.

La conduite immédiate : arrêt de tout, appel de l'aide, position adaptée, adrénaline par voie intramusculaire sans délai devant une atteinte respiratoire ou circulatoire, oxygène, remplissage, et surveillance prolongée, une réaction pouvant se reproduire à distance. Les doses et les modalités relèvent des protocoles en vigueur.

Après l'épisode : déclaration de l'effet indésirable, information écrite de la personne, et avis spécialisé avant toute injection ultérieure du même produit.

La surveillance de quelques minutes après l'injection n'est pas une formalité : c'est la mesure qui permet de traiter à temps.

Urgence

Gêne respiratoire, œdème du visage ou hypotension après une injection imposent l'adrénaline par voie intramusculaire sans attendre d'autre confirmation.

À retenir

  • De quoi traiter une réaction anaphylactique est disponible partout où l'on vaccine.
  • Un malaise vagal se distingue par la bradycardie et l'absence de signe cutané.
  • L'adrénaline par voie intramusculaire est le traitement de la réaction anaphylactique.
  • Une réaction peut se reproduire à distance : la surveillance est prolongée.
  • La surveillance de quelques minutes après l'injection est ce qui permet de traiter à temps.

En pratique

  • Matériel d'urgence vérifié avant la séance
  • Surveillance après l'injection
  • Distinction avec un malaise vagal
  • Adrénaline intramusculaire si atteinte respiratoire ou circulatoire
  • Déclaration de l'effet indésirable
  • Avis spécialisé avant toute réinjection

Stratégie de prise en charge

Ce qui se décide tient en quatre points, et le calendrier n'en est qu'un.

Ce qui est obligatoire et ce qui est recommandé ne se distingue pas par l'utilité mais par le statut juridique. Plusieurs valences sont obligatoires chez les enfants nés à partir d'une date fixée par la loi, et l'admission en collectivité en dépend. Les valences et les dates relèvent des textes en vigueur.

⚠️ L'obligation se nomme, elle ne s'utilise pas comme un levier. Présentée comme une contrainte à une personne hésitante, elle produit un blocage ; énoncée simplement, avec ce qu'elle implique concrètement, elle informe.

La co-administration est possible : plusieurs vaccins peuvent être administrés le même jour, en des sites différents et distants l'un de l'autre. Regrouper diminue le nombre de gestes et de rendez-vous, et la charge antigénique reste très inférieure à ce que l'organisme rencontre quotidiennement.

Les populations particulières ont leurs schémas propres : immunodéprimés, femmes enceintes, personnes âgées, professionnels de santé, voyageurs, entourage d'un sujet fragile. La vaccination de l'entourage protège celui qui ne peut pas être vacciné.

Chez l'adulte, le rattrapage est la règle plutôt que l'exception, et la question du statut vaccinal se pose à l'occasion de toute consultation, d'une plaie, d'une grossesse, d'un projet de voyage.

Ce qui se planifie toujours : la date de la prochaine injection, notée avec la personne.

À retenir

Toute consultation pour une plaie, une grossesse ou un voyage est une occasion de vérifier un statut vaccinal.

À retenir

  • Obligatoire et recommandé se distinguent par le statut juridique, pas par l'utilité.
  • L'obligation se nomme sans servir de levier.
  • Plusieurs vaccins peuvent être administrés le même jour, en des sites distincts.
  • Vacciner l'entourage protège celui qui ne peut pas l'être.
  • Chez l'adulte, le rattrapage est la règle plutôt que l'exception.

En pratique

  • Statut juridique de chaque valence connu
  • Co-administration envisagée
  • Schéma adapté au terrain
  • Entourage d'un sujet fragile vérifié
  • Rattrapage proposé chez l'adulte
  • Prochaine date notée

Procédure et geste technique

Le geste est simple et tout ce qui l'entoure ne l'est pas.

⚠️ Avant de préparer quoi que ce soit : l'identité de la personne, le produit attendu, la concordance entre les deux. Une dose préparée par un tiers ne s'injecte pas sans avoir été contrôlée soi-même. C'est la vérification qui prévient l'erreur la plus grave possible, et aucune vigilance ne la remplace.

La conservation se vérifie : les vaccins se conservent entre deux et huit degrés, sans congélation. Un produit dont la conservation est douteuse est mis à l'écart et non remis au réfrigérateur, et la conduite se décide avec le pharmacien, au vu des données de stabilité. Un incident de température concerne tout ce qui se trouvait dans l'enceinte, pas seulement ce qu'on y voit.

Le site dépend de l'âge : face antérolatérale de la cuisse chez le nourrisson, deltoïde lorsque le muscle est suffisant. Deux injections le même jour se font sur deux sites distants.

L'aiguille se choisit sur le site, l'âge et la corpulence : trop courte, elle dépose le produit dans le tissu sous-cutané, ce qui augmente les réactions locales.

Le geste : hygiène des mains, peau propre, antiseptique laissé sécher s'il est employé, injection perpendiculaire au plan cutané, sans aspiration préalable, élimination immédiate de l'aiguille.

⚠️ La traçabilité : nom du vaccin, numéro de lot, date, site, dans le carnet et dans le dossier. Sans numéro de lot, un rappel de lot n'atteindra jamais celui qui l'a reçu.

À retenir

Un incident de température concerne tout ce qui était dans le réfrigérateur, y compris ce qui a l'air intact.

Le piège

Remettre au frais un vaccin resté à température ambiante. Le froid ne rattrape rien et fait perdre la trace de l'incident.

À retenir

  • L'identité et la concordance produit-personne précèdent toute préparation.
  • Une dose préparée par un tiers ne s'injecte pas sans contrôle personnel.
  • Un produit mal conservé se met à l'écart, il ne retourne pas au réfrigérateur.
  • Une aiguille trop courte dépose le produit ailleurs que là où il doit aller.
  • Sans numéro de lot inscrit, un rappel de lot n'atteint pas la personne concernée.

En pratique

  • Identité vérifiée avant préparation
  • Concordance produit et personne
  • Conservation et péremption vérifiées
  • Site adapté à l'âge
  • Aiguille choisie et justifiée
  • Élimination immédiate de l'aiguille
  • Traçabilité complète, numéro de lot compris

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'information délivrée sur ce qui est injecté, sur les réactions attendues et sur la conduite à tenir relève de l'éducation et se traite avec elle.

Éducation et prévention

L'hésitation vaccinale ne se traite pas par l'argument, et c'est le point que les études de terrain établissent le plus nettement.

⚠️ Ce qui fonctionne commence par écouter : ce qui inquiète précisément, ce qui a été lu, ce qui s'est passé la fois précédente. Une hésitation naît le plus souvent d'une expérience mal accompagnée, pas d'une lecture.

⚠️ Ce qui ne fonctionne pas : réciter des arguments, invoquer l'obligation comme une menace, décrire des maladies effrayantes, ou ranger la personne parmi les opposants. Une esquive sur une question difficile donne raison à ce qui a été lu ailleurs : mieux vaut dire ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas, et pourquoi la balance reste favorable.

Ce qui se dit avant l'injection : ce qui est injecté, contre quoi, ce qui peut survenir dans les jours suivants, et ce qu'il faut faire alors. Une réaction annoncée d'avance ne devient pas un motif d'abandon ; découverte sans prévenir, elle arrête un calendrier pour des années.

Ce qui se dit après : la surveillance immédiate, la douleur au point d'injection, la fièvre possible, la conduite à tenir, et quand consulter.

Ce qui se propose enfin : une date, notée avec la personne, et la possibilité de reparler des questions restées ouvertes. Un rendez-vous convenu vaut mieux qu'un argument de plus.

Le piège

Invoquer l'obligation face à une hésitation. La personne se ferme, et la conversation qui aurait pu avoir lieu n'aura pas lieu.

À retenir

Dire ce qu'on sait, ce qu'on ne sait pas, et pourquoi la balance reste favorable, tient mieux que n'importe quel argument d'autorité.

À retenir

  • Une hésitation naît plus souvent d'une expérience que d'une lecture.
  • Réciter des arguments obtient un acquiescement poli et aucun rendez-vous.
  • Une esquive donne raison à ce qui a été lu ailleurs.
  • Une réaction annoncée d'avance ne devient pas un motif d'abandon.
  • Un rendez-vous convenu vaut mieux qu'un argument de plus.

En pratique

  • Ce qui inquiète précisément, demandé
  • Expérience précédente explorée
  • Réponse honnête aux questions difficiles
  • Ce qui est injecté, expliqué avant
  • Réactions possibles annoncées d'avance
  • Conduite à tenir donnée
  • Date convenue et notée

Communication interprofessionnelle

La vaccination est un acte partagé entre médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens, ce qui multiplie les occasions de vacciner et les occasions de perdre l'information.

⚠️ La trace est le seul lien entre tous ces professionnels. Nom du vaccin, numéro de lot, date, site, portés sur le carnet et dans le dossier. Ce qui n'est pas écrit sera refait ou ne sera pas fait, et une case vide condamne souvent à une sérologie ou à une injection inutile.

Au pharmacien revient un rôle direct : il délivre, il conserve, il vaccine dans les situations prévues par les textes, et c'est avec lui que se décide la conduite après un incident de conservation.

Aux structures collectives, crèche, école, employeur, se transmettent les justificatifs prévus par les textes, et rien d'autre.

Aux confrères qui suivent la personne se transmet ce qui a été fait et ce qui reste à faire, en particulier lorsque le calendrier a été interrompu.

En cas d'effet indésirable, la déclaration au dispositif de pharmacovigilance fait partie de l'acte, et elle est le seul moyen par lequel un signal peut être détecté.

Une transmission utile tient dans un ordre fixe : qui est la personne, ce qui a été fait, ce qui reste à faire et par qui, la date prévue, et ce qui doit alerter.

À retenir

Une case vide dans un carnet coûte, des années plus tard, une sérologie ou une injection qui n'aurait pas été nécessaire.

À retenir

  • La trace écrite est le seul lien entre tous ceux qui vaccinent.
  • Ce qui n'est pas écrit sera refait ou ne sera pas fait.
  • La conduite après un incident de conservation se décide avec le pharmacien.
  • La déclaration d'un effet indésirable est le seul moyen de détecter un signal.
  • Aux structures collectives ne se transmet que le justificatif prévu.

En pratique

  • Traçabilité complète portée au carnet et au dossier
  • Pharmacien associé en cas d'incident de conservation
  • Justificatifs transmis aux structures concernées
  • Confrères informés du calendrier repris
  • Effet indésirable déclaré

Sources

  • R2C, item 146 : Vaccinations
  • Collège national des pédiatres universitaires et collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales, chapitre « Vaccinations »
  • Calendrier vaccinal et textes en vigueur sur les vaccinations obligatoires et recommandées, sur les contre-indications, sur le rattrapage, sur les conditions de conservation et de traçabilité, et sur la prise en charge d'une réaction anaphylactique. La date de la version consultée fait partie de la source