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Pédiatrie

Fiche de révision

Prévention de l'exposition aux écrans

Situation de départ 323Catégorie IVItem R2C 55Item R2C 47Item R2C 79

Cette fiche vous apprend à aborder les écrans par ce qu'ils remplacent, le sommeil, le jeu, l'échange et l'activité, plutôt que par le temps qu'ils occupent, à donner des repères qui dépendent de l'âge et à inclure l'usage des adultes. Elle suit la consultation : la journée racontée, ce que l'écran remplace, l'examen et les quelques examens utiles, les repères par âge, l'usage qui devient un trouble, ce qui s'explique à la famille, puis ce qui se coordonne autour de l'enfant.

SommaireEnviron 10 min
  1. Faire raconter la journée plutôt que compter les heures
  2. Ce que l'écran remplace, et ce qui explique l'usage
  3. Chercher les conséquences, et ce qui les imite
  4. Aucun examen ne mesure l'effet d'un écran, et quelques-uns s'imposent
  5. Des repères qui changent avec l'âge
  6. L'usage qui envahit, ce qu'il cache, et les règles qui tiennent
  7. Expliquer sans culpabiliser, et proposer quelque chose à la place
  8. L'école observe plus longtemps que la consultation
  9. À retenir pour la station

Faire raconter la journée plutôt que compter les heures

Demander « combien d'heures » ne renseigne sur rien, et met les parents sur la défensive. Faire raconter une journée ordinaire en apprend bien davantage : ce que l'enfant fait de sa journée, heure par heure, du réveil au coucher. L'écran apparaît alors de lui-même dans le récit.

Les usages se précisent ensuite : quels supports, quels contenus, seul ou accompagné, dans quelles pièces et à quels moments. La fonction de l'écran compte autant que sa durée : calmer, occuper, endormir, récompenser, faire manger.

Certains moments se cherchent en priorité : la présence d'un écran pendant les repas, dans la chambre, le soir avant le coucher, la nuit et le matin avant l'école. L'écran présent pendant les repas ou les soins compte autant que celui que l'enfant regarde.

Ce que l'écran remplace, et ce qui explique l'usage

Ce que l'écran remplace est la vraie question : le sommeil, le jeu libre, les échanges, la lecture, les devoirs, l'activité physique et les relations avec d'autres enfants. Le retentissement se recherche dans le même temps : un trouble du sommeil, une irritabilité, des difficultés d'attention, un retard de langage chez le petit, un fléchissement scolaire, un retrait social, des plaintes visuelles ou posturales.

L'usage des parents fait partie du recueil, parce qu'il détermine celui des enfants. Se demandent leur propre usage, les règles existantes et leur application réelle, les conflits que cela produit, et ce qu'ils souhaitent changer.

Le contexte de vie se demande aussi : les horaires de travail des parents, le temps passé seul par l'enfant, la garde, la fratrie et l'espace disponible au domicile. Ces déterminants expliquent plus d'usages que n'importe quelle préférence.

L'adolescent s'interroge seul à seul sur ses usages réels, la nuit, les contenus, les contacts et ce qu'il a vécu en ligne. C'est une information qu'il ne donnera pas devant ses parents.

Chercher les conséquences, et ce qui les imite

L'examen cherche les conséquences, et surtout ce qui pourrait être pris à tort pour une conséquence. Chez le jeune enfant s'examinent le langage, l'attention conjointe, le regard, l'interaction, le jeu spontané et la motricité. Un retard de langage impose un examen complet, et non l'attribution immédiate aux écrans.

L'audition et la vision se dépistent avant toute conclusion : leurs troubles imitent exactement ce qu'on attribue aux écrans. Le poids, la taille et l'indice de masse corporelle se mesurent et se reportent sur les courbes, pour en lire la trajectoire.

Chez l'enfant plus grand se cherchent des céphalées, une fatigue visuelle, des douleurs du cou et du dos, une somnolence diurne et des signes d'anxiété. Chez l'adolescent s'examinent le rachis, la statique, les poignets et les pouces, la vision de loin, le poids et le sommeil : ce sont des plaintes fréquentes, rapportées au temps passé assis.

La consultation elle-même est un temps d'observation. La manière dont l'enfant occupe son attente est une donnée d'examen : s'il regarde autour de lui, s'il sollicite ses parents, si un écran lui est donné pour patienter. Le téléphone des parents pendant la consultation s'observe aussi, comme une information à recueillir sans en faire un reproche.

L'état d'un jour de classe se compare à celui d'un jour sans école. Les parents décrivent facilement cette différence, et elle oriente le raisonnement autant qu'un examen complémentaire.

Aucun examen ne mesure l'effet d'un écran, et quelques-uns s'imposent

Aucun examen ne mesure l'effet d'un écran, et c'est précisément pour cela qu'il faut savoir lesquels demander. Un examen destiné à prouver un lien avec les écrans ne se prescrit pas : aucun ne le fait, et la démarche reste clinique.

Devant un retard de langage, l'audition s'explore avant tout autre raisonnement, par un examen adapté à l'âge, avec si besoin un bilan orthophonique qui décrit ce que l'enfant produit et comprend. Devant une plainte visuelle, un examen de la vision se demande, avec un avis spécialisé selon l'âge et les signes : une baisse de vision explique à elle seule une fatigue attribuée aux écrans.

Une somnolence de journée fait évaluer le sommeil, pas seulement l'usage. Se précisent son horaire réel et sa durée, et selon les signes une exploration, notamment devant des ronflements.

L'attention, le développement et l'usage problématique s'évaluent par des outils standardisés plutôt que par une impression, au moyen des questionnaires prévus à cet effet. Chaque résultat se restitue avec ce qu'il change, et sans en faire un verdict sur la famille.

Des repères qui changent avec l'âge

Un conseil unique pour tous les âges n'est suivi par personne. Les repères ne sont pas les mêmes chez le tout-petit, chez l'enfant d'âge scolaire et chez l'adolescent, et ils se donnent adaptés à l'âge.

Chez le tout-petit, le principe est l'absence d'écran, et notamment l'absence d'écran en arrière-plan. Celui-ci interrompt les échanges, même si l'enfant ne le regarde pas.

Chez l'enfant d'âge scolaire se posent des règles simples : un temps limité, des contenus choisis, un usage accompagné. Des moments sans écran se protègent : le repas, le coucher, la chambre et le matin.

À l'adolescence, la négociation fonctionne mieux que l'interdiction. Elle porte sur des horaires, sur la nuit sans téléphone dans la chambre, et sur la question des contenus, des réseaux, du harcèlement et du jeu excessif.

L'usage qui envahit, ce qu'il cache, et les règles qui tiennent

Un usage qui envahit se traite comme un trouble : il remplace tout le reste, et s'accompagne de perte de contrôle, de conflits majeurs, de déscolarisation et de retrait. Il relève alors d'une prise en charge spécialisée, et ses signes se recherchent.

Derrière un usage massif se cherchent une anxiété, une dépression, un harcèlement, des difficultés scolaires, un isolement ou une situation familiale difficile. L'écran est souvent le symptôme d'autre chose, et non la cause.

Ce qui se décide avec la famille tient en 1 ou 2 règles applicables, avec une date de réévaluation. Ces règles valent aussi pour les adultes : une règle qui ne vaut pas pour eux ne tient pas.

La façon dont les règles seront appliquées se prévoit dès la première consultation : qui les rappelle, ce qui se passe en cas de dépassement, et l'accord entre les 2 parents. Un désaccord entre adultes annule toute règle.

Expliquer sans culpabiliser, et proposer quelque chose à la place

Des parents culpabilisés n'appliquent aucune règle, et ne reviennent pas en parler. Ce qui se dit d'abord est que tout le monde est concerné, que les écrans font partie de la vie, et qu'il ne s'agit pas de les supprimer mais de leur donner une place. Ce qui a déjà été mis en place se valorise, plutôt que ce qui manque.

Le sommeil s'explique par l'effet de la lumière et du contenu sur l'endormissement. D'où l'intérêt d'un arrêt avant le coucher, et d'une chambre sans appareil, y compris pour le réveil.

L'écran pendant le repas supprime les échanges, modifie la perception de la satiété, et devient très difficile à retirer ensuite. Le tout-petit, lui, apprend par l'interaction : un écran ne remplace pas un adulte qui parle, et un usage pour calmer prive l'enfant d'apprendre à se calmer.

La méthode tient en des règles simples, annoncées à l'avance et les mêmes pour tous, avec une fin annoncée avant le début et un accompagnement du contenu. Une activité concrète se propose à la place, et non une simple soustraction : un temps libéré sans proposition est repris par l'écran.

Ce qui s'aborde avec l'adolescent, seul à seul :

  • Le harcèlement.
  • Les contenus violents ou sexuels.
  • La protection des données.
  • Les contacts inconnus.
  • Le sommeil.

L'école observe plus longtemps que la consultation

Autour d'un enfant, l'observation la plus longue n'est pas médicale : l'école observe l'enfant plus longtemps que n'importe quelle consultation. Avec l'accord des parents, se demandent à l'école le comportement en classe, l'attention, les apprentissages, la fatigue, les relations et les signalements de harcèlement.

Le médecin scolaire reçoit, avec l'accord des parents, les difficultés repérées et la demande d'une observation en classe. À la protection maternelle et infantile se demandent les observations faites lors des examens et le suivi du développement.

Une prescription d'orthophonie sans contexte produit un bilan hors sol. Ce qui se transmet aux professionnels de rééducation est l'objectif, le contexte familial, les usages relevés et la date de réévaluation. Se coordonnent l'orthophoniste, le psychologue, l'ophtalmologiste, le médecin scolaire et le pédiatre.

Devant un usage envahissant, une orientation spécialisée s'organise avec un rendez-vous pris, et non un numéro remis. C'est le rendez-vous qui fait l'orientation.

Le détail de la vie familiale et ce que l'adolescent a confié seul à seul ne se transmettent pas, sauf danger. Ce qui s'écrit dans le carnet de santé, en revanche, ce sont les repères donnés, les règles convenues et la date de réévaluation.

À retenir pour la station

Ne demandez pas combien d'heures : faites raconter une journée ordinaire, et l'écran y apparaîtra de lui-même. Cherchez ce qu'il remplace, le sommeil, le jeu, les échanges, l'activité, et la fonction qu'il remplit. Devant un retard de langage, examinez l'enfant et testez l'audition avant d'accuser les écrans ; aucun examen ne prouve un lien. Donnez des repères adaptés à l'âge, et cherchez ce qu'un usage massif peut cacher. Sans culpabiliser les parents, convenez de 1 ou 2 règles qui valent aussi pour les adultes, avec une date de réévaluation écrite au carnet.

Sources

  1. 1
    Pédiatrie (Ouvre un nouvel onglet)

    Collège national des pédiatres universitaires (CNPU) ; Collège national hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique (CNHUCP). 9e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 55 ; Item 47

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 55 ; Item 47 ; Item 79

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Communication interprofessionnelle