Cette fiche vous apprend à donner des conseils de prévention qui suivent l'âge et la motricité, en avance sur l'acquisition plutôt qu'après l'accident, en regardant la maison à hauteur d'enfant. Elle suit le fil de la consultation : ce que l'enfant vient d'apprendre et où il vit, l'examen, ce que la famille fera si l'accident survient, les mesures convenues et ce qui se dit, puis le risque propre à la personne âgée et ce qui se transmet.
SommaireEnviron 10 min
- Partir de ce que l'enfant vient d'apprendre à faire
- Regarder la maison à hauteur d'enfant, et demander où les dangers sont rangés
- Examiner le développement réel, et la cohérence d'une lésion avec le récit
- Ce que la famille fera dans les premières minutes se décide avant l'accident
- 2 mesures choisies par la famille, pour l'âge à venir
- La surveillance ne suffit pas : c'est l'aménagement qui protège
- Chez la personne âgée, la chute devient l'accident domestique principal
- La prévention se joue dans des lieux que le soignant ne voit pas
- À retenir pour la station
Partir de ce que l'enfant vient d'apprendre à faire
Le conseil utile dépend de 2 choses : ce que la personne sait faire, et l'endroit où elle vit. Les conseils suivent donc l'âge et la motricité, et ils se donnent en avance sur l'acquisition, pas après l'accident.
Chez l'enfant, les acquisitions récentes se demandent, avec la date de chacune : se retourner, s'asseoir, ramper, marcher, grimper, ouvrir. Une acquisition nouvelle change tous les risques en quelques semaines.
À tous se demandent les accidents évités de peu, les objets déjà portés à la bouche, les chutes sans conséquence et les frayeurs récentes. Ils désignent le risque suivant mieux que n'importe quelle liste.
Regarder la maison à hauteur d'enfant, et demander où les dangers sont rangés
Le logement se décrit pièce par pièce : le type, l'étage, le balcon, les fenêtres et les meubles placés dessous, les escaliers, la configuration de la cuisine et la salle de bain. La maison se regarde à hauteur de l'enfant, et ce qui est hors de portée un mois ne l'est plus le suivant.
Les dangers se recensent un par un. La question porte sur l'endroit où ils sont rangés, et non sur leur existence.
Les dangers dont le rangement se demande :
- Les produits ménagers et les cosmétiques.
- Les médicaments et l'alcool.
- Les piles boutons et les petits objets.
- Les briquets et les armes.
- Les plantes.
L'entourage se demande : la présence d'un aîné, d'un animal, des personnes qui gardent l'enfant, et les lieux de garde. Les grands-parents et l'assistante maternelle ont chacun leur maison, et chaque lieu de garde a ses propres risques. Un aîné qui joue avec de petites pièces est un facteur de risque pour le cadet.
Examiner le développement réel, et la cohérence d'une lésion avec le récit
L'examen sert à savoir ce que la personne peut faire, et à repérer ce qui ne cadre pas. Chez l'enfant s'évaluent le développement moteur réel, la préhension, la marche, l'équilibre et la vision, qui conditionnent les risques du moment.
Devant une lésion se décrivent sa localisation, sa forme, son aspect et son ancienneté, et sa cohérence avec le mécanisme raconté s'apprécie à chaque lésion. Toute lésion se note par une description datée, avec les capacités observées, qui serviront de référence.
Certains éléments doivent faire réfléchir : une lésion de siège inhabituel, des lésions d'âges différents, un mécanisme incompatible avec l'âge de l'enfant, un retard de recours aux soins, un récit changeant. La prévention des accidents et le repérage de la maltraitance sont 2 lectures du même examen.
La salle d'attente et le cabinet renseignent aussi : la façon dont l'enfant explore la pièce, ce qu'il attrape, ce qu'il grimpe, et la manière dont l'adulte réagit. Ces quelques minutes renseignent plus qu'un interrogatoire.
Ce que la famille fera dans les premières minutes se décide avant l'accident
Ce que la famille fera dans les premières minutes se décide avant l'accident, pas pendant. Le numéro à appeler s'apprend en amont et s'affiche à la maison, et l'existence des centres antipoison se dit.
Devant une ingestion, les consignes se donnent avant qu'elle ne survienne. Elles disent surtout ce qu'il ne faut pas faire, et qu'il faut appeler avant tout geste.
Devant une ingestion, ce qui se dit à la famille :
- Ne pas faire vomir.
- Ne pas faire boire.
- Ne pas donner de lait.
- Conserver l'emballage.
- Appeler avant tout geste.
Une brûlure se refroidit à l'eau tempérée pendant plusieurs minutes. Les vêtements non adhérents se retirent, rien d'autre ne s'applique, et la brûlure se couvre.
Devant une obstruction des voies aériennes, les manœuvres adaptées à l'âge s'apprennent, avec l'appel immédiat. Une pile bouton avalée est une urgence, même en l'absence de tout signe.
Après une chute, la personne ne se mobilise pas en cas de suspicion de lésion du rachis, la conscience se surveille, et des signes retardés font consulter. La noyade est silencieuse : quelques centimètres d'eau suffisent, et un enfant ne se laisse pas seul dans un bain.
Le reste se prépare aussi à l'avance : le trajet vers le service d'urgence le plus proche, la personne à prévenir, l'endroit où sont rangés le carnet de santé et la liste des traitements. Une formation aux gestes qui sauvent se propose, avec un rappel des consignes par écrit.
2 mesures choisies par la famille, pour l'âge à venir
Une liste complète n'est appliquée par personne, et 2 mesures le sont. Ce qui se décide avec la famille, ce sont 2 mesures applicables cette semaine, choisies par elle, et écrites.
Le conseil se structure par une revue pièce par pièce, plutôt que par une énumération de dangers : la cuisine, la salle de bain, la chambre, le séjour, le balcon, l'escalier et le garage. Les risques se hiérarchisent, les plus graves d'abord : les chutes de hauteur, la noyade, l'intoxication, l'obstruction et la brûlure.
Les conseils se donnent pour l'âge à venir, et non pour celui qui vient de passer. Ils se répètent et se réévaluent à chaque consultation de suivi, parce qu'ils ne valent que pour un âge.
La surveillance ne suffit pas : c'est l'aménagement qui protège
La manière de dire compte autant que le contenu, parce qu'un parent qui se sent jugé n'écoute plus. Ce qui se dit d'abord, c'est que ces conseils s'adressent à tout le monde, et qu'ils ne sont pas un reproche.
La surveillance ne suffit pas, et cela s'explique. Un accident survient en quelques secondes, le plus souvent en présence d'un adulte : aucune vigilance ne remplace un aménagement, et ce qui protège est l'environnement.
Les repères donnés sont concrets : ce qui est hors de portée, ce qui est fermé, ce qui est fixé au mur, ce qui est rangé dans son emballage d'origine, et ce qui est retiré. Les objets les plus banals sont les plus dangereux : les piles boutons, les dosettes de lessive, les capsules, les aimants, les cordons de rideaux.
Pour la voiture se rappellent le dispositif adapté, son installation, et la position dos à la route selon les recommandations. Un enfant ne se laisse pas seul dans un véhicule. À l'enfant lui-même s'apprennent, selon son âge, la sécurité routière, l'eau, le feu, et ce qu'on ne touche pas.
Ce qui se remet par écrit est ce qui restera. Les numéros, les 2 mesures convenues et la date de la prochaine revue se remettent ainsi.
Chez la personne âgée, la chute devient l'accident domestique principal
Chez la personne âgée, le risque change de nature, et la chute devient l'accident domestique principal. Se demandent les chutes déjà survenues, la peur de tomber, l'aménagement du logement, le chauffage, les appareils à combustion, et la capacité à appeler.
L'examen évalue la marche, le lever de chaise, l'équilibre, la vision, l'audition, la pression debout et le chaussage, et le lever de chaise comme la pression debout sont décisifs. Ce qui se regarde n'est pas seulement le corps : les chaussures et les aides techniques font partie de l'examen, avec leur état.
Ce qui s'organise : une évaluation du logement, une intervention d'ergothérapeute quand elle est possible, la révision de l'ordonnance, la correction de la vision, et un moyen d'alerte. La révision de l'ordonnance fait partie de la prévention. Se prescrivent la kinésithérapie de l'équilibre, et la vitamine D selon les recommandations.
La prévention se joue dans des lieux que le soignant ne voit pas
La prévention se joue dans des lieux que le soignant ne voit pas. Le carnet de santé porte donc les conseils donnés, leur date et les mesures convenues : c'est le document que lisent tous les professionnels suivants.
Autour de l'enfant se coordonnent la protection maternelle et infantile, l'assistante maternelle, la crèche et les grands-parents. Chaque lieu de garde a ses propres risques, et il se traite séparément. Autour de la personne âgée se coordonnent l'ergothérapeute, le kinésithérapeute, les services d'aide à domicile, le pharmacien pour la révision de l'ordonnance, et la famille.
Aux intervenants du domicile se demande ce qu'ils observent : les obstacles, les tapis, l'éclairage, et les difficultés qu'ils constatent. Ce sont des informations qu'aucune consultation ne donne.
Ce qui se signale, selon les procédures en vigueur et aux services compétents : une situation de danger pour un enfant, un logement insalubre, un défaut de chauffage, un appareil à combustion non entretenu, une situation de vulnérabilité. Après un accident, le mécanisme, les circonstances et les mesures mises en place se transmettent, pour éviter la répétition.
À retenir pour la station
Partez des acquisitions récentes de l'enfant et de son logement, pièce par pièce : les conseils suivent la motricité, et se donnent en avance sur l'acquisition. Demandez où les produits et les médicaments sont rangés, pas s'ils existent. Dites que ces conseils ne sont pas un reproche, et que la surveillance ne suffit pas : c'est l'aménagement qui protège. Devant une ingestion, ne pas faire vomir, ne pas faire boire, et appeler avant tout geste ; une pile bouton avalée est une urgence, même sans signe. Convenez de 2 mesures choisies par la famille et écrites, plutôt que d'une liste complète. Chez la personne âgée, la chute devient l'accident principal.
S'entraîner sur cette situation
Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.
Sources
- Pédiatrie (Ouvre un nouvel onglet)
Collège national des pédiatres universitaires (CNPU) ; Collège national hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique (CNHUCP). 9e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).
Gériatrie
Collège national des enseignants de gériatrie (CNEG). 5e édition, Réussir son DFASM, Connaissances clés (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).
- Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)
Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.
- Maltraitance chez l'enfant : repérage et conduite à tenir (Ouvre un nouvel onglet)
Haute Autorité de santé (HAS). Recommandation de bonne pratique, actualisation de juillet 2017.
- Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées (Ouvre un nouvel onglet)
Haute Autorité de santé (HAS). Recommandation de bonne pratique, adoptée en avril 2009.
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