Fiche de révision
Accident du travail
Des écrits et des délais qui protègent, une imputabilité que le médecin ne certifie pas, et une seconde victime qu'on oublie.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Ce qui sera écrit dépend entièrement de ce qui aura été demandé.
⚠️ Ce qui se recueille sur l'événement : la date, ⚠️ l'heure exacte, ⚠️ le lieu, ⚠️ l'activité en cours, ⚠️ le mécanisme, ⚠️ le matériel en cause, et la présence de témoins.
⚠️ Ce qui se distingue : l'accident survenu pendant le travail, ⚠️ et l'accident survenu sur le trajet entre le domicile et le travail, ⚠️ qui ne relèvent pas exactement du même régime, et dont la qualification dépend des circonstances.
⚠️ Ce qui se recueille sur la victime : les antécédents, ⚠️ les traitements, ⚠️ l'état vaccinal contre le tétanos, ⚠️ la latéralité, ⚠️ le poste occupé, et l'ancienneté.
⚠️ Ce qui se demande sur les suites immédiates : les soins déjà donnés, ⚠️ par qui, ⚠️ ce qui a été administré, et le temps écoulé.
⚠️ Ce qui ne s'oublie pas : demander si une autre personne a été blessée ou exposée, ⚠️ la personne qui a porté secours étant régulièrement lésée, et jamais spontanément signalée.
⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la victime craint, ⚠️ une période d'essai, ⚠️ un contrat précaire, ⚠️ une pression hiérarchique, qui expliquent une réticence à déclarer.
À retenir
- L'heure exacte, le lieu et l'activité en cours déterminent la qualification.
- Accident du travail et accident de trajet ne relèvent pas exactement du même régime.
- La personne qui a porté secours est régulièrement lésée et jamais signalée.
- L'état vaccinal contre le tétanos se demande devant toute plaie.
- Une période d'essai explique souvent la réticence à déclarer.
En pratique
- Date, heure et lieu précisés
- Activité et mécanisme décrits
- Témoins identifiés
- Trajet ou travail distingués
- Antécédents et vaccination recueillis
- Soins déjà donnés recensés
- Autre personne blessée recherchée
- Craintes de la victime recueillies
Examen clinique
⚠️ L'examen d'un accident du travail est un examen clinique et un acte médico-légal.
⚠️ Ce qui se décrit : chaque lésion, ⚠️ son siège, ⚠️ sa taille, ⚠️ sa profondeur apparente, ⚠️ sa forme, ⚠️ son aspect, et la latéralité, ⚠️ sur un schéma daté.
⚠️ Ce qui se teste devant une plaie de la main : la mobilité active de chaque doigt, ⚠️ la force, ⚠️ la sensibilité de chaque bord des doigts, ⚠️ la vascularisation, et la présence d'un corps étranger. ⚠️ Une plaie qui paraît simple peut sectionner un tendon ou un nerf, ⚠️ et un fourmillement l'affirme presque.
⚠️ Ce qui se recherche systématiquement : une atteinte associée, ⚠️ un traumatisme crânien, ⚠️ une lésion du rachis, ⚠️ une douleur à distance, et une inhalation ou une projection oculaire.
⚠️ Ce qui s'évalue chez la personne exposée à du sang : le type de blessure, ⚠️ la profondeur, ⚠️ le caractère piquant ou tranchant, ⚠️ le port de gants, ⚠️ le délai écoulé, et l'état de la peau.
⚠️ Ce qui se mesure : les paramètres vitaux, ⚠️ et la douleur.
⚠️ Ce qui se note : tout ce qui a été constaté, ⚠️ y compris ce qui est normal, car l'absence de mention sera lue comme une absence d'examen.
À retenir
- L'examen est aussi un acte médico-légal : il se décrit et se date.
- Une plaie de la main qui paraît simple peut sectionner un tendon ou un nerf.
- Un fourmillement affirme presque une atteinte nerveuse.
- Ce qui est normal se note aussi : l'absence de mention sera lue comme une absence d'examen.
- Le délai écoulé fait partie de l'évaluation d'une exposition au sang.
En pratique
- Lésions décrites et schématisées
- Mobilité de chaque doigt testée
- Sensibilité de chaque bord testée
- Vascularisation vérifiée
- Corps étranger recherché
- Lésions associées recherchées
- Exposition au sang caractérisée
- Éléments normaux consignés
Synthèse paraclinique
⚠️ Les examens servent ici à ne rien manquer, ⚠️ et à ouvrir des droits.
⚠️ Ce qui se demande devant une plaie : une radiographie à la recherche d'un corps étranger radio-opaque, ⚠️ et une exploration chirurgicale quand la plaie est profonde ou en regard d'un trajet noble.
⚠️ Ce qui se demande devant une exposition au sang : une sérologie de référence chez la personne exposée, ⚠️ et le statut de la personne source, ⚠️ avec son accord, la recherche se faisant sans délai, ⚠️ car la conduite dépend du résultat et du temps écoulé.
⚠️ Ce qui se sait sur ces prélèvements : une sérologie initiale négative chez la personne exposée est une référence, ⚠️ elle n'exclut rien pour la suite, et un suivi est organisé.
⚠️ Ce qui se demande selon le mécanisme : une imagerie du rachis ou du crâne, ⚠️ un examen ophtalmologique devant une projection, ⚠️ une exploration respiratoire devant une inhalation, et des dosages toxicologiques selon le produit.
⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un bilan destiné à documenter l'imputabilité, ⚠️ qui ne relève pas du médecin qui soigne.
⚠️ Ce qui se joint au dossier : les résultats, ⚠️ datés, et remis au salarié, ⚠️ qui les conservera.
À retenir
- Une radiographie cherche un corps étranger radio-opaque devant une plaie.
- La sérologie de référence après exposition est un droit, et elle se fait sans délai.
- Une sérologie initiale négative est une référence, elle n'exclut rien pour la suite.
- Le statut de la personne source se recherche avec son accord.
- Les résultats se remettent au salarié, qui les conservera.
En pratique
- Radiographie devant plaie profonde
- Exploration chirurgicale si trajet noble
- Sérologie de référence réalisée
- Statut de la source recherché avec accord
- Suivi sérologique organisé
- Examens orientés par le mécanisme
- Bilans inutiles évités
- Résultats datés et remis
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
⚠️ Deux urgences coexistent : la lésion, ⚠️ et le temps qui court pour la personne exposée.
⚠️ Ce qui se traite en premier : l'hémorragie, ⚠️ la détresse respiratoire, ⚠️ le traumatisme grave, ⚠️ la brûlure étendue, et l'atteinte oculaire, ⚠️ avant toute considération administrative.
⚠️ Ce qui impose un avis chirurgical sans délai : une plaie profonde de la main, ⚠️ un déficit sensitif ou moteur, ⚠️ une plaie articulaire, ⚠️ une amputation, et un corps étranger.
⚠️ Ce qui se fait immédiatement devant une exposition au sang : le lavage, ⚠️ l'antisepsie selon le protocole, ⚠️ l'évaluation du risque, ⚠️ et l'avis d'un référent, dans un délai qui se compte en heures.
⚠️ Ce qui se décide dans ce délai : l'indication d'une prophylaxie, ⚠️ qui perd son intérêt si elle est retardée.
⚠️ Ce qui se vérifie devant toute plaie : la protection contre le tétanos, ⚠️ et la conduite prévue quand elle est inconnue.
⚠️ Ce qui se signale sans attendre : un risque persistant pour les autres salariés, ⚠️ une machine non arrêtée, ⚠️ un produit répandu, et un défaut de protection collective.
À retenir
- La lésion se traite avant toute considération administrative.
- Un déficit sensitif ou moteur d'une plaie de la main impose un avis chirurgical.
- Une exposition au sang se compte en heures, pas en jours.
- Une prophylaxie retardée perd son intérêt.
- Un risque persistant pour les autres salariés se signale sans attendre.
En pratique
- Urgences vitales traitées d'abord
- Avis chirurgical si déficit ou plaie profonde
- Lavage et antisepsie réalisés
- Risque d'exposition évalué
- Référent contacté sans délai
- Prophylaxie discutée dans le délai utile
- Protection antitétanique vérifiée
- Risque collectif signalé
Stratégie de prise en charge
⚠️ Une fois les soins faits, ce qui reste à faire est administratif, ⚠️ et c'est là que les droits se gagnent ou se perdent.
⚠️ Ce qui se rédige : le certificat médical initial, ⚠️ descriptif, ⚠️ daté, ⚠️ précisant les lésions et leurs conséquences fonctionnelles, ⚠️ rapportant les circonstances telles que la victime les décrit, et sans se prononcer sur l'imputabilité.
⚠️ Ce qui se remet à la victime : les exemplaires prévus du certificat, ⚠️ et la feuille d'accident du travail, qui évite l'avance des frais.
⚠️ Ce qui se prescrit sur le formulaire prévu : l'arrêt de travail, ⚠️ distinct de celui de l'arrêt maladie.
⚠️ Ce qui s'explique sur les délais : le délai dont dispose le salarié pour informer son employeur, ⚠️ celui dont dispose l'employeur pour déclarer, ⚠️ et le délai pendant lequel le salarié peut déclarer lui-même, si l'employeur ne le fait pas.
⚠️ Ce qui n'est pas recevable : une proposition de ne pas déclarer, ⚠️ fût-elle assortie d'un dédommagement, car elle prive la victime de droits ultérieurs, ⚠️ notamment en cas de rechute ou de séquelle.
⚠️ Ce qui s'organise pour la suite : le suivi des lésions, ⚠️ le certificat de prolongation, ⚠️ le certificat final, ⚠️ la visite de reprise, et l'orientation vers le médecin du travail.
⚠️ Ce qui se prépare avec le salarié : ce qu'il dira à son employeur, ⚠️ et ce qu'il n'est pas tenu de dire.
À retenir
- Le certificat décrit des lésions et rapporte des propos, sans conclure sur l'imputabilité.
- La feuille d'accident évite l'avance des frais : elle se remet.
- L'arrêt se prescrit sur le formulaire prévu, distinct de l'arrêt maladie.
- Le salarié peut déclarer lui-même si l'employeur ne le fait pas.
- Un dédommagement contre une non-déclaration prive la victime de droits ultérieurs.
En pratique
- Certificat initial rédigé et daté
- Circonstances rapportées comme dites
- Feuille d'accident remise
- Arrêt sur le formulaire prévu
- Délais expliqués
- Possibilité de déclaration par le salarié dite
- Suivi et certificats ultérieurs prévus
- Visite de reprise anticipée
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Un salarié informé de ses droits les exerce, ⚠️ et un salarié qui les ignore y renonce.
⚠️ Ce qui s'explique sur la déclaration : à quoi elle sert, ⚠️ ce qu'elle ouvre, ⚠️ qu'elle n'est pas une accusation, et qu'elle protège en cas de rechute ou de séquelle, ⚠️ parfois des années plus tard.
⚠️ Ce qui se dit sur la pression : qu'une proposition de non-déclaration n'est pas recevable, ⚠️ que le salarié peut déclarer lui-même, et qu'un délai existe pour le faire.
⚠️ Ce qui s'explique sur les documents : à quoi sert chaque exemplaire, ⚠️ à qui il est destiné, ⚠️ ce qu'il faut conserver, et l'usage de la feuille d'accident chez le pharmacien et au laboratoire.
⚠️ Ce qui se dit sur les soins : la surveillance de la plaie, ⚠️ les signes qui doivent faire reconsulter, ⚠️ la rééducation, et la reprise progressive.
⚠️ Ce qui s'apprend à la personne exposée à du sang : le calendrier du suivi, ⚠️ les précautions pendant cette période, et la conduite en cas de symptôme.
⚠️ Ce qui s'aborde sur le retour : la visite de reprise, ⚠️ la visite de préreprise si l'arrêt se prolonge, et le rôle du médecin du travail.
⚠️ Ce qui se remet par écrit : les démarches, ⚠️ les délais, et les contacts.
À retenir
- Une déclaration n'est pas une accusation : elle ouvre des droits.
- Elle protège en cas de rechute ou de séquelle, parfois des années plus tard.
- Le salarié peut déclarer lui-même, et un délai existe pour le faire.
- La feuille d'accident sert aussi chez le pharmacien et au laboratoire.
- Les démarches et les délais se remettent par écrit.
En pratique
- Objet de la déclaration expliqué
- Droits ouverts détaillés
- Possibilité de déclarer soi-même dite
- Usage de chaque document expliqué
- Surveillance de la plaie expliquée
- Signes de reconsultation donnés
- Suivi après exposition expliqué
- Démarches remises par écrit
Communication interprofessionnelle
⚠️ Dans les heures qui suivent un accident, plusieurs circuits partent en même temps, ⚠️ et aucun n'attend les autres.
⚠️ Ce qui se transmet à l'employeur : rien de médical. ⚠️ Ni diagnostic, ⚠️ ni antécédent, ⚠️ ni contenu du certificat, seulement ce que la réglementation prévoit, ⚠️ et le certificat est remis à la victime, qui le transmet elle-même.
⚠️ Ce qui se transmet au médecin du travail : avec l'accord du salarié, ⚠️ les éléments utiles à la reprise, ⚠️ les limitations attendues, et la demande d'une visite.
⚠️ Ce qui se demande au service de santé au travail : la nature du poste, ⚠️ les protections en place, ⚠️ les accidents antérieurs sur ce poste, et le suivi des expositions.
⚠️ Ce qui s'organise pour la personne exposée au sang : un contact avec un référent, ⚠️ sans délai, ⚠️ et un circuit distinct de celui de la victime principale, avec son propre certificat et sa propre déclaration.
⚠️ Ce qui se signale à l'entreprise : le risque persistant, ⚠️ par écrit, ⚠️ sans nommer de personne, et aux instances compétentes.
⚠️ Ce qui se coordonne : le chirurgien, ⚠️ le kinésithérapeute, ⚠️ l'assistante sociale, ⚠️ le médecin-conseil, et le médecin traitant, ⚠️ destinataire de chaque certificat.
⚠️ Et ce qui s'écrit : l'heure, ⚠️ les faits rapportés entre guillemets, ⚠️ les constatations, et les documents remis.
À retenir
- L'employeur ne reçoit rien de médical : le certificat est remis à la victime.
- La personne exposée au sang a son propre circuit, son certificat et sa déclaration.
- Le service de santé au travail connaît les accidents antérieurs sur ce poste.
- Un risque persistant se signale par écrit, sans nommer de personne.
- L'heure, les propos cités et les documents remis se consignent.
En pratique
- Aucune information médicale à l'employeur
- Certificat remis à la victime
- Médecin du travail informé avec accord
- Éléments du poste demandés
- Circuit distinct pour la personne exposée
- Risque persistant signalé par écrit
- Intervenants coordonnés
- Faits, heure et documents consignés