Aller au contenu
Toutes les fiches
Médecine générale

Fiche de révision

Conduite à tenir devant une demande d'accès à l'information / au dossier médical

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 329Catégorie VItem R2C 7Item R2C 13Item R2C 9

Cette fiche vous apprend à répondre à une demande de dossier médical ou de résultat : établir qui demande, appliquer la règle d'accès, choisir ce qui se remet et sous quelle forme, puis faire dire cette règle par un secrétariat. Elle suit l'ordre d'une réponse : les questions sur le demandeur, la règle, le contenu de la remise, le cas des résultats, l'explication d'un refus, la prévention de ces demandes et la consigne écrite.

SommaireEnviron 12 min
  1. Savoir qui demande, avant de répondre quoi que ce soit
  2. Le dossier appartient au patient, et le lien familial n'en ouvre pas l'accès
  3. Ce qui se remet, sous quelle forme, et ce qui reste au dossier
  4. La demande la plus fréquente porte sur un résultat
  5. Remettre un dossier n'est pas informer, et un refus s'explique
  6. Prévenir la demande : expliquer le droit, faire désigner, noter
  7. Une consigne écrite pour le secrétariat, et une phrase exacte à dire
  8. À retenir pour la station

Savoir qui demande, avant de répondre quoi que ce soit

Avant de répondre à une demande, il faut savoir qui demande quoi, et pourquoi. La qualité du demandeur commande tout le reste : la même demande n'appelle pas la même réponse selon qu'elle vient du patient ou d'un proche. Le premier temps établit donc l'identité du demandeur, son lien avec le patient et sa qualité.

Les qualités possibles du demandeur, qui n'ouvrent pas les mêmes droits :

  • Le patient lui-même.
  • Son représentant légal.
  • Un mandataire du patient.
  • Un ayant droit, après un décès.
  • Un tiers sans titre.

La forme de la demande se vérifie ensuite : écrite ou orale, avec les pièces justificatives présentées, et l'existence d'un mandat. Une demande orale n'ouvre rien, une demande écrite et identifiée ouvre un délai. Les pièces justificatives qui manquent se demandent.

Le dossier se consulte avant de répondre. On y cherche une désignation de personne de confiance, une mesure de protection juridique, des directives anticipées, et une opposition antérieure du patient à toute communication.

Le motif s'entend, sans conditionner la réponse. Un patient n'a pas à justifier sa demande, mais le motif éclaire souvent la situation : une inquiétude, un conflit familial, une démarche administrative, ou la préparation d'une plainte. Le contexte se demande aussi, un conflit familial, une succession en cours, une procédure, un désaccord sur une prise en charge : ces éléments ne changent pas la règle, ils changent la manière de la dire.

Quand le patient est joignable, c'est lui qui décide. On lui demande ce qu'il souhaite, ce qu'il accepte de transmettre, et à qui. Derrière la demande d'un proche se cherche aussi un besoin d'accompagnement, une inquiétude sur une prise en charge ou un épuisement, qui appellent une réponse, même quand l'accès est refusé.

« Qui fait la demande, quel est son lien avec la patiente, et a-t-elle présenté une demande écrite ou une pièce ? »

« Avez-vous trouvé au dossier une personne de confiance, une mesure de protection ou une opposition de la patiente ? »

Le dossier appartient au patient, et le lien familial n'en ouvre pas l'accès

Le dossier appartient au patient, et l'accès est un droit personnel, qu'aucun lien familial ne transfère. La réponse dépend de 3 questions : qui demande, quoi, et sous quelle forme. Le patient lui-même accède à son dossier de plein droit, sans avoir à se justifier, sur demande écrite et identifiée, et dans un délai fixé par les textes.

Le seul lien familial ne suffit pas, quel que soit le rôle d'aidant. Un proche qui accompagne le patient n'en tire aucun titre d'accès à son dossier. Un tiers n'y accède que dans des cas prévus, et chacun a sa condition.

Les cas où un tiers accède au dossier, et leur condition :

  • Un mineur : l'accès est exercé par les titulaires de l'autorité parentale, avec des exceptions prévues.
  • Un majeur protégé : l'accès dépend de la mesure.
  • Un tiers mandaté : un mandat écrit du patient, avec les pièces d'identité des 2 personnes.
  • Un ayant droit après un décès : un accès limité aux éléments nécessaires à un motif prévu, sauf opposition du patient de son vivant.

L'ayant droit d'un patient décédé n'accède pas au dossier entier. Il n'accède qu'aux éléments nécessaires à l'un des motifs prévus : connaître les causes de la mort, défendre la mémoire du défunt, faire valoir ses droits. Cet accès suppose encore que le patient ne s'y soit pas opposé de son vivant.

Pour un mineur, les textes prévoient des exceptions au droit des titulaires de l'autorité parentale, dont le droit du mineur de s'opposer à la communication de certains éléments, selon les cas qu'ils fixent. Pour un majeur protégé, c'est la mesure qui dit qui accède, et là encore le seul lien familial ne suffit pas.

« Le dossier appartient à votre proche : le lien familial ne suffit pas pour y accéder, et la demande vient de lui, ou de vous avec son mandat écrit. »

Ce qui se remet, sous quelle forme, et ce qui reste au dossier

Ce qui se transmet, ce sont les éléments formalisés du dossier. Les notes personnelles non destinées à être conservées n'en font pas partie, pas plus que les informations concernant des tiers. Ces éléments non communicables s'écartent avant la remise.

Les modalités se décident avec la personne : une consultation sur place, accompagnée d'une explication, ou un envoi de copies. L'envoi se fait par un moyen sécurisé, et les frais sont limités. Les modalités et les frais s'expliquent au demandeur.

La consultation accompagnée se propose en premier, parce qu'elle répond mieux qu'un envoi de photocopies. Le dossier y est parcouru avec la personne et ses termes y sont expliqués, ce que le chapitre sur l'information développe.

Avant tout envoi, le destinataire se vérifie. La vérification porte sur le destinataire réel, l'adresse, le caractère sécurisé du moyen, et l'absence de pièces concernant des tiers, qui se retirent.

« On transmet les éléments formalisés du dossier, pas les notes personnelles non destinées à être conservées, ni ce qui concerne d'autres personnes. »

La demande la plus fréquente porte sur un résultat

La demande d'accès la plus fréquente n'est pas celle d'un dossier, c'est celle d'un résultat. Les résultats d'examens, les comptes rendus d'imagerie, les comptes rendus opératoires et d'hospitalisation appartiennent au patient. Il peut en demander copie sans se justifier.

Un chiffre sans phrase produit une inquiétude que personne ne recueille. Un résultat ne se laisse pas parvenir au patient sans commentaire, par un portail, un message ou un courrier, surtout quand il est anormal. Un résultat anormal reçu sans un mot est une information non délivrée.

Le sort du résultat s'organise dès la prescription, et l'information se donne avant le prélèvement. Elle dit qui recevra le résultat, par quel moyen, dans quel délai, et ce qui sera fait s'il est anormal.

Les accès en ligne changent l'ordre de lecture : le patient peut consulter certains résultats avant le soignant. Cela impose de l'avoir prévenu, et d'être joignable.

À un tiers, aucun résultat ne se transmet, même un résultat qui paraît anodin, et même à un proche qui accompagne le patient. Avant d'envoyer un résultat, l'identité du destinataire se vérifie, comme l'absence de résultats concernant une autre personne.

Remettre un dossier n'est pas informer, et un refus s'explique

Remettre un dossier n'est pas informer, et des pages remises sans un mot font plus de dégâts qu'un refus expliqué. Une consultation d'accompagnement se propose donc à chaque demande : le dossier y est parcouru avec la personne, et les termes y sont expliqués.

Ce que la personne va découvrir s'anticipe avant la remise. Elle peut y lire un mot que personne ne lui a dit, une hypothèse écrite et non retenue, une annotation maladroite, ou une information qu'elle croyait autre.

Un refus s'explique, faute de quoi il se transforme en conflit. L'explication porte sur son motif, son fondement, ce qui reste possible malgré tout, et les voies de recours.

À un proche à qui l'accès est refusé, on dit que ce refus ne le vise pas : il protège la personne, et le soignant reste disponible pour l'écouter et l'orienter. On lui propose de se tourner vers le patient lui-même, et une consultation commune quand le patient l'accepte.

Certaines réponses ne se donnent pas, quelle que soit la pression. Un document ne se remet pas pour éviter un conflit, une insistance ne fait pas céder, et rien ne se transmet par un moyen non sécurisé. La demande, la réponse, sa date et ce qui a été remis se tracent.

« Ce refus ne vous vise pas : il protège votre proche, et je reste disponible pour vous écouter et vous orienter. »

Prévenir la demande : expliquer le droit, faire désigner, noter

La plupart de ces demandes se préviennent en amont, par ce qui a été expliqué et par ce qui a été désigné. Un patient à qui on a expliqué son droit d'accès le demande rarement en conflit. Tout patient apprend qu'il a accès à son dossier, comment le demander, et qu'il n'a pas à se justifier.

La désignation d'une personne de confiance se propose, et se réexplique. L'explication porte sur son rôle, ce qu'elle peut et ne peut pas, la possibilité de la changer et l'intérêt de l'écrire. Faire désigner et écrire la personne de confiance est ce qui règle la plupart des demandes.

3 rôles se distinguent devant le patient, parce qu'ils sont souvent confondus : la personne de confiance, la personne à prévenir, et le mandataire. Avec les patients âgés ou atteints d'une maladie évolutive s'abordent aussi les directives anticipées, et ce qu'ils souhaitent que leurs proches sachent.

Ce que les proches peuvent recevoir se dit d'emblée : ce qu'ils recevront, ce qu'ils ne recevront pas, et pourquoi. C'est ce qui évite la demande de dossier ultérieure.

Les comptes rendus sont destinés au patient : il peut les demander, et ils doivent être compréhensibles. Ce que le patient a désigné et ce à quoi il s'oppose se notent au dossier, avec la date.

« Vous avez accès à votre dossier, sans avoir à vous justifier : il suffit d'en faire la demande par écrit, en vous identifiant. »

Une consigne écrite pour le secrétariat, et une phrase exacte à dire

La règle est rarement appliquée par le médecin lui-même, mais par un secrétariat qui n'a souvent reçu aucune consigne écrite. Une procédure écrite pour l'équipe dit qui peut demander, quelles pièces exiger, quoi répondre oralement, qui décide, et quel délai s'applique.

Une phrase exacte à prononcer vaut mieux qu'un principe général. Le secrétariat reçoit une phrase ferme et non blessante, et la conduite à tenir si la personne insiste.

L'échange entre professionnels n'est pas un accès au dossier. Entre professionnels qui prennent en charge le même patient, il est encadré par le secret partagé et limité à ce qui est nécessaire, et le patient en est informé.

Les demandes d'un assureur, d'un employeur, d'une administration ou d'une autorité judiciaire obéissent à d'autres règles. On n'y répond pas comme à un patient, et leur fondement se vérifie.

La traçabilité porte sur toute la demande : la demande reçue, sa date, les pièces fournies, la décision, la date de réponse et le contenu remis. La procédure du cabinet se réévalue après chaque situation difficile.

« Je ne peux pas vous remettre le dossier de votre proche : il lui appartient, et la demande doit venir de lui, par écrit, ou de vous avec son mandat écrit. »

À retenir pour la station

Établissez d'abord qui demande, à quel titre et sous quelle forme, et cherchez au dossier une personne de confiance, une mesure de protection ou une opposition du patient. Le dossier appartient au patient : le lien familial ne suffit pas, un tiers n'y accède que dans les cas prévus, et une demande orale n'ouvre aucun délai. Quand le patient est joignable, c'est lui qui décide. Transmettez les éléments formalisés, sans les notes personnelles ni les informations sur des tiers, et proposez une consultation accompagnée plutôt qu'un envoi de copies. Expliquez tout refus, et donnez au secrétariat une phrase exacte à dire.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1
    Code de la santé publique (Ouvre un nouvel onglet)

    République française (Légifrance). Version consolidée en vigueur au 15 septembre 2026.

    Passages utilisés : Article L1111-7 ; Article L1110-4 ; Article L1111-6

    Appuie : Stratégie de prise en charge, Synthèse paraclinique, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2

    Médecine légale, Médecine du travail

    Collège national des enseignants de médecine légale (CNEML) ; Société française de médecine légale et d'expertise médicale (SFML) ; Collège des enseignants hospitalo-universitaires de médecine et santé au travail (CEHUMT). 3e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 7

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Stratégie de prise en charge, Annonce et information, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  3. 3
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 7 ; Item 13 ; Item 9

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Annonce et information, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle