Aller au contenu
Toutes les fiches

Fiche de révision

Conduite à tenir devant une demande d'accès à l'information / au dossier médical

Un droit personnel qu'aucun lien familial ne transfère, une forme qui ouvre un délai, et une remise qui ne remplace pas une explication.

Situation de départ 329Catégorie VItem R2C 7Item R2C 13Item R2C 9

Entretien et interrogatoire

⚠️ Avant de répondre à une demande, il faut savoir qui demande quoi, et pourquoi.

⚠️ Ce qui s'établit d'abord : l'identité du demandeur, ⚠️ son lien avec le patient, ⚠️ et sa qualité, ⚠️ patient lui-même, ⚠️ représentant légal, ⚠️ mandataire, ⚠️ ayant droit, ou tiers sans titre.

⚠️ Ce qui se vérifie ensuite : la forme de la demande, ⚠️ écrite ou orale, ⚠️ les pièces justificatives présentées, et l'existence d'un mandat.

⚠️ Ce qui se cherche au dossier : une désignation de personne de confiance, ⚠️ une mesure de protection juridique, ⚠️ des directives anticipées, et une opposition antérieure du patient à toute communication.

⚠️ Ce qui s'entend sans conditionner la réponse : le motif. ⚠️ Il n'a pas à être justifié pour un patient, mais il éclaire souvent une inquiétude, ⚠️ un conflit familial, ⚠️ une démarche administrative, ou une préparation de plainte.

⚠️ Ce qui se demande au patient lui-même quand il est joignable : ce qu'il souhaite, ⚠️ ce qu'il accepte de transmettre, et à qui.

⚠️ Ce qui se recherche derrière une demande d'un proche : un besoin d'accompagnement, ⚠️ une inquiétude sur une prise en charge, ou un épuisement, ⚠️ qui appellent une réponse, même quand l'accès est refusé.

⚠️ Ce qui se demande enfin sur le contexte : l'existence d'un conflit familial, ⚠️ d'une succession en cours, ⚠️ d'une procédure, ou d'un désaccord sur une prise en charge, ⚠️ éléments qui ne changent pas la règle mais changent la manière de la dire.

Le piège

Répondre à la question posée sans avoir établi la qualité de celui qui la pose.

À retenir

  • La qualité du demandeur commande tout le reste.
  • Un motif n'a pas à être justifié par un patient, mais il éclaire la demande.
  • Une opposition antérieure du patient se cherche au dossier.
  • Quand le patient est joignable, c'est lui qui décide.
  • Un refus d'accès n'interdit pas de répondre au besoin qui est derrière.

En pratique

  • Identité du demandeur établie
  • Qualité et lien précisés
  • Forme de la demande vérifiée
  • Pièces justificatives demandées
  • Personne de confiance recherchée
  • Mesure de protection recherchée
  • Opposition antérieure recherchée
  • Souhait du patient recueilli

Examen clinique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'examen physique. L'évaluation de la capacité à décider relève de la section stratégie de prise en charge.

Synthèse paraclinique

⚠️ La demande d'accès la plus fréquente n'est pas celle d'un dossier, ⚠️ c'est celle d'un résultat.

⚠️ Ce qui appartient au patient : ses résultats d'examens, ⚠️ ses comptes rendus d'imagerie, ⚠️ ses comptes rendus opératoires et d'hospitalisation, et il peut en demander copie sans se justifier.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : laisser un résultat parvenir à un patient sans commentaire, ⚠️ par un portail, ⚠️ par un message, ⚠️ ou par un courrier, surtout quand il est anormal. ⚠️ Un chiffre sans phrase produit une inquiétude que personne ne recueille.

⚠️ Ce qui s'organise à la prescription : qui recevra le résultat, ⚠️ par quel moyen, ⚠️ dans quel délai, ⚠️ et ce qui sera fait s'il est anormal, information donnée avant le prélèvement.

⚠️ Ce qui se sait sur les accès en ligne : le patient peut consulter certains résultats avant le soignant, ⚠️ ce qui impose de l'avoir prévenu, et d'être joignable.

⚠️ Ce qui se transmet à un tiers : rien, ⚠️ même un résultat qui paraît anodin, et même à un proche qui accompagne.

⚠️ Ce qui se vérifie avant d'envoyer : l'identité du destinataire, ⚠️ et l'absence de résultats concernant une autre personne.

Le piège

Laisser un résultat anormal parvenir au patient sans un mot. C'est une information non délivrée.

À retenir

  • La demande d'accès la plus fréquente porte sur un résultat, pas sur un dossier.
  • Un chiffre sans phrase produit une inquiétude que personne ne recueille.
  • Ce qui sera fait d'un résultat anormal s'explique avant le prélèvement.
  • Le patient peut voir certains résultats avant le soignant : il faut l'avoir prévenu.
  • Aucun résultat ne se transmet à un tiers, même anodin, même à un accompagnant.

En pratique

  • Droit du patient sur ses résultats rappelé
  • Destinataire du résultat convenu
  • Moyen et délai précisés
  • Conduite en cas d'anomalie annoncée
  • Accès en ligne anticipé
  • Disponibilité assurée
  • Aucun résultat transmis à un tiers
  • Destinataire vérifié avant envoi

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Les images font partie du dossier communicable, mais aucune lecture d'image n'est évaluée dans cette situation.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas de question diagnostique. La situation est administrative et relationnelle.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'urgence vitale. La transmission d'informations en urgence entre soignants relève d'un autre cadre.

Stratégie de prise en charge

⚠️ La réponse dépend de trois questions : qui, ⚠️ quoi, et sous quelle forme.

⚠️ Ce qui vaut pour le patient lui-même : il accède à son dossier de plein droit, ⚠️ sans avoir à se justifier, ⚠️ sur demande écrite et identifiée, et dans un délai fixé par les textes.

⚠️ Ce qui vaut pour un mineur : l'accès est exercé par les titulaires de l'autorité parentale, ⚠️ avec des exceptions prévues, ⚠️ dont le droit du mineur de s'opposer à la communication de certains éléments, selon les cas prévus par les textes.

⚠️ Ce qui vaut pour un majeur protégé : l'accès dépend de la mesure, ⚠️ et le seul lien familial ne suffit jamais.

⚠️ Ce qui vaut pour un tiers mandaté : un mandat écrit du patient, ⚠️ avec les pièces d'identité des deux personnes.

⚠️ Ce qui vaut pour un ayant droit après un décès : un accès limité aux éléments nécessaires, ⚠️ à l'un des motifs prévus, ⚠️ connaître les causes de la mort, ⚠️ défendre la mémoire du défunt, ⚠️ faire valoir ses droits, et seulement si le patient ne s'y était pas opposé de son vivant.

⚠️ Ce qui se transmet : les éléments formalisés du dossier, ⚠️ et non les notes personnelles non destinées à être conservées, ⚠️ ni les informations concernant des tiers.

⚠️ Ce qui se décide sur les modalités : consultation sur place accompagnée d'une explication, ⚠️ ou envoi de copies, ⚠️ avec des frais limités, et un envoi sécurisé.

À retenir

Proposer d'abord une consultation accompagnée : elle répond mieux qu'un envoi de photocopies.

À retenir

  • Le patient accède de plein droit, sans avoir à se justifier.
  • Le seul lien familial ne suffit jamais, quel que soit le rôle d'aidant.
  • Un tiers n'accède que sur mandat écrit, avec les pièces des deux personnes.
  • L'ayant droit d'un patient décédé n'accède qu'aux éléments nécessaires à un motif prévu.
  • Les notes personnelles non conservées et les informations sur des tiers ne se transmettent pas.

En pratique

  • Qualité du demandeur qualifiée
  • Demande écrite et identifiée exigée
  • Pièces justificatives réunies
  • Cas du mineur et du majeur protégé distingués
  • Mandat vérifié pour un tiers
  • Motif vérifié pour un ayant droit
  • Éléments non communicables écartés
  • Modalités et frais expliqués

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

⚠️ Remettre un dossier n'est pas informer, ⚠️ et des pages remises sans un mot font plus de dégâts qu'un refus expliqué.

⚠️ Ce qui se propose systématiquement : une consultation d'accompagnement, ⚠️ où le dossier est parcouru avec la personne, et où les termes sont expliqués.

⚠️ Ce qui s'anticipe : ce que la personne va découvrir, ⚠️ un mot jamais prononcé, ⚠️ une hypothèse écrite et non retenue, ⚠️ une annotation maladroite, et une information qu'elle croyait autre.

⚠️ Ce qui s'explique sur un refus : le motif, ⚠️ le fondement, ⚠️ ce qui est possible malgré tout, ⚠️ et les voies de recours, car un refus non expliqué se transforme en conflit.

⚠️ Ce qui se dit à un proche à qui l'accès est refusé : que ce refus ne le vise pas, ⚠️ qu'il protège la personne, et que le soignant reste disponible pour l'écouter et l'orienter.

⚠️ Ce qui se propose au proche : de se tourner vers le patient lui-même, ⚠️ et une consultation commune quand le patient l'accepte.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : remettre un document à quelqu'un pour éviter un conflit, ⚠️ céder à une insistance, ou transmettre par un moyen non sécurisé.

⚠️ Ce qui se trace : la demande, ⚠️ la réponse, ⚠️ sa date, et ce qui a été remis.

Le piège

Envoyer des copies sans accompagnement. Une hypothèse écrite et non retenue peut y être lue comme un diagnostic.

À retenir

  • Des pages remises sans un mot font plus de dégâts qu'un refus expliqué.
  • Ce que la personne va découvrir s'anticipe avant la remise.
  • Un refus non expliqué se transforme en conflit.
  • Un refus opposé à un proche ne le vise pas : il protège la personne.
  • On ne remet jamais un document pour éviter un conflit.

En pratique

  • Consultation d'accompagnement proposée
  • Contenu anticipé avant remise
  • Termes expliqués
  • Refus motivé et fondé
  • Voies de recours indiquées
  • Proche écouté et orienté
  • Aucun document remis sous pression
  • Demande et réponse tracées

Éducation et prévention

⚠️ La plupart de ces demandes se préviennent en amont, ⚠️ par ce qui a été expliqué et par ce qui a été désigné.

⚠️ Ce qui s'explique à tout patient : qu'il a accès à son dossier, ⚠️ comment le demander, ⚠️ et qu'il n'a pas à se justifier.

⚠️ Ce qui se propose et se réexplique : la désignation d'une personne de confiance, ⚠️ son rôle, ⚠️ ce qu'elle peut et ne peut pas, ⚠️ la possibilité de la changer, et l'intérêt de l'écrire.

⚠️ Ce qui se distingue devant le patient : la personne de confiance, ⚠️ la personne à prévenir, ⚠️ et le mandataire, trois rôles différents et souvent confondus.

⚠️ Ce qui s'aborde avec les patients âgés ou atteints d'une maladie évolutive : les directives anticipées, ⚠️ et ce qu'ils souhaitent que leurs proches sachent.

⚠️ Ce qui se dit aux proches d'emblée : ce qu'ils peuvent recevoir, ⚠️ ce qu'ils ne recevront pas, et pourquoi, ⚠️ ce qui évite la demande de dossier ultérieure.

⚠️ Ce qui s'explique sur les comptes rendus : qu'ils sont destinés au patient, ⚠️ qu'il peut les demander, et qu'ils doivent être compréhensibles.

⚠️ Ce qui se note au dossier : ce que le patient a désigné, ⚠️ et ce à quoi il s'oppose, avec la date.

À retenir

Faire désigner et écrire la personne de confiance : c'est ce qui règle la plupart des demandes.

À retenir

  • Un patient à qui on a expliqué son droit d'accès le demande rarement en conflit.
  • Personne de confiance, personne à prévenir et mandataire sont trois rôles distincts.
  • Ce que les proches peuvent recevoir se dit d'emblée : cela évite la demande ultérieure.
  • Une désignation se réexplique, se change, et s'écrit.
  • Ce à quoi le patient s'oppose se note, avec la date.

En pratique

  • Droit d'accès expliqué au patient
  • Modalités de demande données
  • Personne de confiance proposée
  • Rôles distincts expliqués
  • Directives anticipées abordées
  • Périmètre d'information des proches posé
  • Comptes rendus destinés au patient
  • Désignations et oppositions notées

Communication interprofessionnelle

⚠️ La règle est rarement appliquée par le médecin lui-même, ⚠️ mais par un secrétariat qui n'a jamais reçu de consigne écrite.

⚠️ Ce qui s'écrit pour l'équipe : une procédure, ⚠️ qui dit qui peut demander, ⚠️ quelles pièces exiger, ⚠️ quoi répondre oralement, ⚠️ qui décide, et quel délai s'applique.

⚠️ Ce qui se donne à un secrétariat : une phrase exacte à prononcer, ⚠️ ferme et non blessante, et la conduite à tenir si la personne insiste.

⚠️ Ce qui se distingue de l'accès au dossier : l'échange entre professionnels qui prennent en charge le même patient, ⚠️ encadré par le secret partagé, ⚠️ limité à ce qui est nécessaire, et dont le patient est informé.

⚠️ Ce qui obéit à d'autres règles : les demandes d'un assureur, ⚠️ d'un employeur, ⚠️ d'une administration, ⚠️ ou d'une autorité judiciaire, auxquelles on ne répond pas comme à un patient, ⚠️ et qui appellent une vérification du fondement.

⚠️ Ce qui se vérifie avant tout envoi : le destinataire réel, ⚠️ l'adresse, ⚠️ le caractère sécurisé du moyen, et l'absence de pièces concernant des tiers.

⚠️ Ce qui se trace : la demande reçue, ⚠️ sa date, ⚠️ les pièces fournies, ⚠️ la décision, ⚠️ la date de réponse, et le contenu remis.

⚠️ Et ce qui se réévalue : la procédure du cabinet, ⚠️ après chaque situation difficile.

À retenir

Donner au secrétariat une phrase exacte à dire, et la conduite si la personne insiste.

À retenir

  • La règle est appliquée par un secrétariat, à qui il faut une consigne écrite.
  • Une phrase exacte à prononcer vaut mieux qu'un principe général.
  • Le secret partagé entre soignants n'est pas un accès au dossier.
  • Assureur, employeur et autorité judiciaire relèvent de règles distinctes.
  • La demande, la décision et le contenu remis se tracent.

En pratique

  • Procédure écrite disponible
  • Phrase à prononcer fournie
  • Conduite en cas d'insistance donnée
  • Secret partagé distingué de l'accès
  • Demandes de tiers institutionnels traitées à part
  • Destinataire et moyen vérifiés
  • Pièces concernant des tiers retirées
  • Traçabilité complète assurée

Sources

  • R2C, item 7 : Les droits individuels et collectifs du patient
  • R2C, item 13 : Certificats médicaux. Décès et législation.
  • R2C, item 9 : Introduction à l’éthique médicale
  • Collège des enseignants de médecine légale et de santé publique, chapitre sur le dossier médical et l'accès à l'information
  • Textes en vigueur sur l'accès au dossier médical, la personne de confiance et les droits des ayants droit. La date de la version consultée fait partie de la source