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Gynécologie

Fiche de révision

Demande d'interruption volontaire de grossesse

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 332Catégorie VItem R2C 37Item R2C 36Item R2C 7

Cette fiche vous apprend à recevoir une demande d'interruption volontaire de grossesse sans faire obstacle à une décision qui appartient à la personne, puis à dater, informer et orienter sans délai, parce que chaque jour perdu réduit les méthodes possibles. Elle suit l'ordre de la consultation : ce qui se dit d'emblée, ce qui se recueille, l'examen et les examens, l'organisation, ce qui s'explique, puis ce qui se transmet sans rien révéler.

SommaireEnviron 10 min
  1. Dire d'emblée que la décision lui appartient, et l'entendre seule
  2. Recueillir ce qui date, ce qui sécurise, et ce qui inquiète
  3. Un examen bref, qui ne conditionne pas l'accès à la prise en charge
  4. Des examens pour dater et sécuriser, pas pour retarder
  5. Le terme commande tout, et le rendez-vous se prend pendant la consultation
  6. Expliquer le secret, le déroulement et les signes qui font consulter
  7. Transmettre à la structure, et à personne d'autre sans son accord
  8. À retenir pour la station

Dire d'emblée que la décision lui appartient, et l'entendre seule

L'entretien ne sert pas à vérifier une décision, il sert à la rendre réalisable. Ce qui se dit d'emblée tient en 3 affirmations : la décision appartient à la personne, elle n'a pas à la justifier, et elle ne sera pas jugée.

Toute question du type « êtes-vous sûre » est un obstacle, et non une précaution. Elle met en doute une décision que la personne a déjà prise, et qu'elle n'a pas à justifier.

L'entretien se tient d'abord seule à seule, quel que soit l'accompagnant : conjoint, parent ou ami. Le tiers ne vient qu'ensuite, et seulement si la personne le souhaite.

Recueillir ce qui date, ce qui sécurise, et ce qui inquiète

Le recueil sert d'abord à dater. La date des dernières règles, la régularité des cycles et la date du test se demandent en premier, avec une contraception éventuelle et sa date d'arrêt.

Il sert ensuite à la sécurité. Les antécédents médicaux et chirurgicaux, les grossesses antérieures, les traitements, les allergies, le groupe sanguin et les facteurs de risque se recueillent à ce titre.

Le contexte se demande parce qu'il rend la démarche possible ou non : les contraintes pratiques, le lieu de vie, les études ou le travail, les ressources. Le rattachement à un tiers pour l'assurance maladie est une question médicale, et non une formalité.

Des violences, une pression de l'entourage et une vulnérabilité se recherchent, sans insister. La pression de l'entourage se cherche dans un sens comme dans l'autre.

Ce qui se demande enfin, c'est ce que la personne sait déjà de la procédure : ce qu'elle a lu, ce qu'on lui a dit, et ce qui l'inquiète. La douleur et la fertilité future reviennent le plus souvent, et le chapitre des explications y répond.

Un examen bref, qui ne conditionne pas l'accès à la prise en charge

L'examen est bref, et il ne conditionne pas l'accès à la prise en charge. Le poids, la taille, la pression artérielle et la fréquence cardiaque se mesurent, parce qu'ils sont utiles au choix de la méthode et de la contraception ultérieure.

L'abdomen s'examine avec l'accord de la personne, et l'examen gynécologique quand il est nécessaire, ni par principe, ni comme condition préalable. Ce qui a été fait se note, avec l'accord recueilli et la date.

Une douleur pelvienne intense, des métrorragies, une défense abdominale ou des signes de choc font évoquer une grossesse extra-utérine. C'est l'urgence à écarter avant toute autre démarche.

Des lésions évocatrices de violences se cherchent discrètement, sans demander de décrire des faits. L'état psychique s'apprécie dans le même temps : l'anxiété, la fatigue et l'isolement.

Ce que la personne a pu reporter se propose au même moment : un dépistage, une mise à jour de la vaccination, un suivi gynécologique. Cette consultation est parfois la première depuis longtemps.

Des examens pour dater et sécuriser, pas pour retarder

Les examens servent à dater et à sécuriser, pas à retarder. Multiplier les examens avant d'orienter est le piège de ce temps : chaque jour perdu ferme une méthode.

L'échographie date la grossesse, et elle conditionne la méthode et le délai. Elle est indispensable quand la date des dernières règles est incertaine, quand les cycles sont irréguliers, ou quand le terme approche d'une limite.

Le groupe sanguin et le rhésus se demandent, avec la recherche d'agglutinines irrégulières, et la prévention est prévue en cas de rhésus négatif. Selon le contexte, un dépistage des infections sexuellement transmissibles se propose sans s'imposer, et une numération se demande selon la méthode envisagée.

Ne se prescrivent ni un bilan large qui retarderait la prise en charge, ni un examen destiné à convaincre la personne de quoi que ce soit. En cas de doute sur la localisation, un dosage hormonal et une échographie s'organisent en urgence, une grossesse extra-utérine devant être écartée.

Après une méthode médicamenteuse, un contrôle de l'efficacité est prévu, et il s'explique et se programme dès le premier rendez-vous. Chaque résultat se restitue avec ce qu'il change, sans commentaire sur la décision.

Une copie de ses résultats se prépare pour la personne, qu'elle conserve elle-même. Elle lui évite de refaire des examens.

Le terme commande tout, et le rendez-vous se prend pendant la consultation

Ce qui se décide se décide vite, et le rôle du premier médecin consulté est décisif. Le terme s'établit d'abord, parce qu'il commande la méthode, le lieu et le délai restant. Chaque jour perdu réduit les méthodes possibles, puis les possibilités tout court.

Quand les 2 méthodes sont possibles, elles se présentent comme un choix. La méthode médicamenteuse et la méthode instrumentale se décrivent chacune avec leur déroulement, leur durée, la douleur attendue, leurs suites et le nombre de rendez-vous.

Le rendez-vous auprès de la structure ou du praticien qui réalisera l'acte s'organise sans attendre. Il se prend pendant la consultation, au lieu d'être remis sous forme de numéro.

Un médecin peut refuser de pratiquer l'acte, et cela relève d'une règle : il doit le dire immédiatement, informer et orienter sans délai. Tout retard organisé est un obstacle.

La douleur se prévoit : une prise en charge antalgique, expliquée à l'avance et adaptée à la méthode. Une contraception se met en place au décours, choisie avec la personne, débutée immédiatement quand c'est possible et non reportée à une consultation ultérieure. Le contrôle prévu se programme, avec une consultation de suivi proposée sans être imposée.

Expliquer le secret, le déroulement et les signes qui font consulter

Ce qui est expliqué ici évite bien des inquiétudes, et une partie des complications. La confidentialité vient d'abord, question centrale pour beaucoup : ce qui est couvert par le secret, les dispositifs qui évitent qu'une trace parvienne à un tiers payant, et les modalités prévues pour les personnes rattachées à un assuré.

Le déroulement s'explique concrètement. Ce qui va se passer, où, combien de temps et ce qui sera ressenti se disent, avec les saignements attendus et leur durée.

Les signes qui doivent faire consulter en urgence s'apprennent avant : des saignements très abondants, une douleur intense, de la fièvre, un malaise. Le numéro à appeler se donne avec eux.

La crainte d'une infertilité ultérieure se corrige explicitement. Elle est très fréquente, et sans fondement pour une prise en charge réalisée dans de bonnes conditions.

Sur le vécu, il n'y a pas de réaction attendue, et cela se dit : c'est ce qui autorise la personne à ressentir ce qu'elle ressent. Le soulagement est fréquent, la tristesse l'est aussi, l'un n'exclut pas l'autre, et un accompagnement existe si elle le souhaite.

La contraception se met en place pour la suite, immédiatement et non plus tard, avec son mode d'emploi, la conduite en cas d'oubli et la contraception d'urgence. Les dates, les contacts et les signes d'alerte se remettent avant qu'elle parte.

Transmettre à la structure, et à personne d'autre sans son accord

Ici, une transmission mal maîtrisée peut faire plus de dégâts qu'un retard. À la structure qui réalisera l'acte se transmettent le terme, la datation, le groupe et le rhésus, les antécédents, les traitements, les allergies et la méthode souhaitée, par un courrier remis à la personne.

Avant tout envoi, le moyen de contact autorisé se vérifie : l'adresse, le numéro, et l'accord de la personne. Un courrier au domicile peut révéler la démarche.

Rien ne se transmet à un parent, à un conjoint ou à un employeur sans son accord, et le secret s'applique intégralement. Au médecin traitant non plus : la transmission se fait avec l'accord de la personne seulement, et pas par défaut.

La coordination réunit, si la situation le demande, la sage-femme, le centre de santé sexuelle, le service hospitalier, le psychologue et l'assistante sociale. Le médecin qui ne pratique pas dit son refus immédiatement, sans commentaire, et avec une orientation effective.

Ce qui se trace, c'est la date de la demande, l'information donnée, l'orientation faite et le rendez-vous obtenu, dans un dossier dont l'accès est protégé. Cette date protège la personne et le praticien.

À retenir pour la station

Dites d'emblée que la décision appartient à la personne, qu'elle n'a pas à la justifier et qu'elle ne sera pas jugée : « êtes-vous sûre » et le temps de réflexion proposé sont des obstacles. Tenez l'entretien seule à seule avant tout tiers. Datez par les dernières règles, et par l'échographie quand elles sont incertaines ; connaissez le groupe et le rhésus. Écartez une grossesse extra-utérine devant une douleur pelvienne intense ou des métrorragies. Prenez le rendez-vous pendant la consultation. Corrigez la crainte d'infertilité, expliquez la confidentialité, débutez la contraception, et vérifiez le moyen de contact avant tout courrier.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    Gynécologie Obstétrique

    Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). 6e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 37 ; Item 36

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 37 ; Item 36 ; Item 7

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle