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Fiche de révision

Demande de traitement et investigation inappropriés

Une demande qui en recouvre une autre, un refus qui doit s'écouter avant de se dire, et des critères écrits qui font office de filet.

Situation de départ 334Catégorie VItem R2C 3Item R2C 5Item R2C 144

Entretien et interrogatoire

⚠️ Une demande d'examen est rarement une demande d'examen.

⚠️ Ce qui se fait d'abord : laisser énoncer la demande en entier, ⚠️ sans interrompre, ⚠️ sans corriger, et sans annoncer une réponse.

⚠️ Ce qui se demande ensuite et qui change tout : ce que la personne craint. ⚠️ La réponse est presque toujours un nom, ⚠️ un proche, ⚠️ une histoire, et jamais la demande formulée.

⚠️ Ce qui se cherche comme déclencheur : un décès dans l'entourage, ⚠️ un diagnostic chez un proche, ⚠️ une lecture, ⚠️ un examen anormal chez quelqu'un d'autre, et une échéance personnelle.

⚠️ Ce qui se recueille cliniquement : les symptômes, ⚠️ leur ancienneté, ⚠️ leur horaire, ⚠️ leur évolution, et ce qui les soulage, ⚠️ car c'est ce recueil qui rendra l'explication crédible.

⚠️ Ce qui se recense : ce qui a déjà été pris, ⚠️ obtenu ailleurs, ⚠️ acheté, et les consultations antérieures pour le même motif.

⚠️ Ce qui se demande sur le contexte : le travail, ⚠️ le sommeil, ⚠️ l'humeur, ⚠️ un deuil, et un événement récent.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la personne a lu ou entendu, ⚠️ et ce qu'elle attend concrètement de l'examen demandé.

⚠️ Ce qui se demande aussi : ce qui se passerait selon elle si l'examen était normal, ⚠️ et si cela suffirait à la rassurer, question dont la réponse dit tout de la nature de la demande.et ce qu'elle attend concrètement de l'examen demandé.

Le piège

Annoncer la réponse avant d'avoir écouté. Tout ce qui suit sera perçu comme une justification.

À retenir

  • Laisser énoncer la demande en entier avant toute réponse.
  • Ce que la personne craint est presque toujours autre chose que ce qu'elle demande.
  • Un déclencheur récent se cherche systématiquement.
  • Le recueil clinique rendra l'explication crédible : il ne se saute pas.
  • Ce qui a été obtenu ailleurs se demande explicitement.

En pratique

  • Demande énoncée sans interruption
  • Crainte sous-jacente recherchée
  • Déclencheur récent identifié
  • Symptômes caractérisés
  • Traitements déjà pris recensés
  • Consultations antérieures recensées
  • Contexte de vie exploré
  • Attente concrète précisée

Examen clinique

⚠️ L'examen a ici une double fonction : chercher, ⚠️ et montrer qu'on a cherché.

⚠️ Ce qui se fait toujours : un examen complet et orienté, ⚠️ même quand la demande paraît infondée, ⚠️ car un refus prononcé sans avoir examiné n'est jamais accepté.

⚠️ Ce qui se recherche selon la plainte : les signes qui feraient changer la conduite, ⚠️ et leur absence se dit à voix haute, en nommant ce qu'on a cherché.

⚠️ Ce qui se cherche devant une céphalée : un examen neurologique complet, ⚠️ le champ visuel, ⚠️ le fond d'œil selon le contexte, ⚠️ la pression artérielle, ⚠️ la palpation des artères temporales selon l'âge, et les signes méningés.

⚠️ Ce qui se cherche devant une plainte infectieuse : les signes qui distinguent une origine virale d'une origine bactérienne, ⚠️ et l'absence de critères de gravité.

⚠️ Ce qui s'apprécie : l'anxiété, ⚠️ le sommeil, ⚠️ et les signes d'un trouble de l'humeur, fréquemment au premier plan.

⚠️ Ce qui se note : ce qui a été examiné, ⚠️ y compris ce qui est normal, car cette trace servira à la consultation suivante, ⚠️ et à ne pas tout recommencer.

⚠️ Ce qui s'observe pendant l'examen : la manière dont la personne réagit quand on l'examine longuement, ⚠️ son soulagement, ou son impatience, ⚠️ deux réactions qui orientent la suite de l'entretien.et à ne pas tout recommencer.

À retenir

Nommer à voix haute ce qu'on cherche et ce qu'on ne trouve pas. C'est ce qui rend le refus recevable.

À retenir

  • Un refus prononcé sans avoir examiné n'est jamais accepté.
  • L'absence de signes se dit à voix haute, en nommant ce qui a été cherché.
  • L'examen sert autant à chercher qu'à montrer qu'on a cherché.
  • L'anxiété et le trouble de l'humeur sont souvent au premier plan.
  • Ce qui est normal se note : cela évite de tout recommencer la fois suivante.

En pratique

  • Examen réalisé malgré la demande
  • Signes d'alerte recherchés et nommés
  • Examen neurologique complet si céphalée
  • Pression artérielle mesurée
  • Critères de gravité recherchés
  • Anxiété et humeur évaluées
  • Sommeil évalué
  • Éléments normaux consignés

Synthèse paraclinique

⚠️ Un examen inutile n'est pas neutre, ⚠️ et c'est ce qu'il faut pouvoir expliquer.

⚠️ Ce qui fonde la décision : la probabilité de la maladie redoutée, ⚠️ compte tenu de l'âge, ⚠️ des symptômes, ⚠️ de leur ancienneté, ⚠️ de l'examen, et non de l'intensité de l'inquiétude.

⚠️ Ce qui se sait sur les examens à faible probabilité : la plupart des résultats anormaux y sont faussement positifs, ⚠️ ils conduisent à d'autres examens, ⚠️ parfois invasifs, et à une anxiété durable.

⚠️ Ce qui s'appelle une découverte fortuite : une image sans signification, ⚠️ fréquente, ⚠️ qui ne disparaîtra plus du dossier, et qui suivra la personne.

⚠️ Ce qui se sait sur les traitements demandés : un antibiotique sur une infection virale n'apporte aucun bénéfice, ⚠️ expose à des effets indésirables, ⚠️ et participe à la résistance, argument collectif qui convainc rarement seul.

⚠️ Ce qui se dit sur les examens déjà faits : leurs résultats, ⚠️ leur portée, et le fait qu'un examen normal ancien ne garantit rien, ⚠️ mais qu'un examen normal récent, lui, répond à la question posée.

⚠️ Ce qui se prescrit quand c'est justifié : l'examen, ⚠️ sans hésiter, la pertinence n'étant pas une politique d'économie.

⚠️ Ce qui se propose parfois : un examen simple qui répond réellement à l'inquiétude, ⚠️ plutôt que celui qui est demandé.

⚠️ Ce qui se prépare si un examen est fait : ce qui sera dit d'un résultat normal, ⚠️ et ce qui sera fait d'une découverte sans signification, décidé avant de prescrire, ⚠️ et non à la réception du compte rendu.plutôt que celui qui est demandé.

Le piège

Refuser au nom du coût. L'argument est perçu comme un arbitrage contre le patient.

À retenir

  • La décision se fonde sur la probabilité, pas sur l'intensité de l'inquiétude.
  • À faible probabilité, la plupart des résultats anormaux sont faussement positifs.
  • Une découverte fortuite ne disparaîtra plus du dossier.
  • L'argument collectif de la résistance convainc rarement à lui seul.
  • La pertinence n'est pas une politique d'économie : un examen justifié se prescrit.

En pratique

  • Probabilité estimée
  • Faux positifs expliqués
  • Découvertes fortuites expliquées
  • Inconvénients du traitement demandé dits
  • Examens antérieurs relus
  • Examen justifié prescrit sans hésiter
  • Alternative pertinente proposée
  • Argument économique évité

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune lecture d'image n'est évaluée. La pertinence de l'imagerie est traitée dans la section paraclinique.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : La démarche diagnostique des symptômes concernés relève de leurs situations de départ. Cette situation porte sur la conduite de la demande.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'urgence vitale. Les signes d'alerte identifiés ouvrent les situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Un refus se construit, ⚠️ et il tient en cinq temps.

⚠️ Ce qui vient en premier : reconnaître la demande et l'inquiétude, ⚠️ explicitement, et sans ironie.

⚠️ Ce qui vient ensuite : restituer ce qui a été trouvé et ce qui ne l'a pas été, ⚠️ en nommant ce qui a été cherché, et en s'appuyant sur l'interrogatoire et l'examen.

⚠️ Ce qui vient après : expliquer pourquoi l'examen n'apporterait rien, ⚠️ et ce qu'il ferait courir, ⚠️ en termes concrets, et non par un principe.

⚠️ Ce qui vient toujours : une réponse à ce que la demande recouvrait. ⚠️ Un deuil non accompagné, ⚠️ un sommeil détruit, ⚠️ une anxiété, ⚠️ un antalgique quotidien qui entretient les céphalées, et une situation professionnelle.

⚠️ Ce qui vient en dernier : des critères écrits qui feraient changer la conduite, ⚠️ une date de réévaluation, et une porte ouverte.

⚠️ Ce qui se décide sur l'arrêt de travail demandé : il s'évalue sur le retentissement réel, ⚠️ et non comme une monnaie d'échange contre l'examen refusé.

⚠️ Ce qui se fait quand la personne refuse tout : on trace la demande, ⚠️ l'information donnée, ⚠️ la décision, et on reste disponible, ⚠️ sans rompre la relation.

À retenir

Écrire les critères qui feraient changer la conduite. C'est ce qui fait accepter le refus.

À retenir

  • Un refus tient en cinq temps, et le premier est de reconnaître la demande.
  • Nommer ce qui a été cherché rend le refus recevable.
  • Il faut toujours répondre à ce que la demande recouvrait.
  • Un arrêt de travail ne se négocie pas contre un examen refusé.
  • Quand la personne refuse tout, on trace et on reste disponible.

En pratique

  • Demande reconnue explicitement
  • Résultats de l'examen restitués
  • Explication concrète donnée
  • Inconvénients expliqués
  • Besoin sous-jacent traité
  • Critères de retour écrits
  • Réévaluation datée
  • Traçabilité assurée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. L'explication du refus est traitée dans les sections prise en charge et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui est expliqué ici évite la demande suivante, ⚠️ et celle d'après.

⚠️ Ce qui ne convainc jamais : « ce n'est rien », ⚠️ « il n'y a pas d'indication », ⚠️ et « cela coûte cher ». ⚠️ Les trois sont vécus comme un refus d'écouter.

⚠️ Ce qui convainc : le raisonnement lui-même, ⚠️ dit avec des mots simples, ⚠️ appuyé sur ce que la personne vient de raconter, et sur ce qui a été examiné.

⚠️ Ce qui s'explique sur les examens : qu'un examen se choisit sur une question, ⚠️ qu'un examen sans question ne rassure que quelques jours, et qu'il peut trouver des choses qui ne veulent rien dire.

⚠️ Ce qui s'explique sur les antibiotiques : qu'ils n'agissent pas sur les virus, ⚠️ qu'ils ont des effets indésirables, et qu'ils ne raccourcissent pas ce type d'épisode.

⚠️ Ce qui s'apprend sur les antalgiques : qu'un usage quotidien prolongé peut entretenir les céphalées, ⚠️ et que leur arrêt progressif fait souvent disparaître le symptôme, information presque toujours ignorée.

⚠️ Ce qui se donne par écrit : les signes qui doivent faire revenir sans attendre, ⚠️ la date de la prochaine consultation, et ce qui a été convenu.

⚠️ Ce qui se dit pour finir : que la porte reste ouverte, ⚠️ et que revenir n'est pas un échec.

À retenir

Un usage quotidien prolongé d'antalgiques entretient les céphalées. Le dire change souvent la situation.

À retenir

  • « Ce n'est rien » et « cela coûte cher » sont vécus comme un refus d'écouter.
  • Un examen sans question ne rassure que quelques jours.
  • Un antalgique pris quotidiennement peut entretenir les céphalées.
  • Les signes qui doivent faire revenir se donnent par écrit.
  • Revenir n'est pas un échec, et cela se dit.

En pratique

  • Formules toutes faites évitées
  • Raisonnement expliqué simplement
  • Choix d'un examen expliqué
  • Limites de la réassurance dites
  • Place des antibiotiques expliquée
  • Effet des antalgiques quotidiens expliqué
  • Signes de retour écrits
  • Porte laissée ouverte

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une demande refusée ici se représente ailleurs, ⚠️ et ce qui n'est pas écrit se reproduit.

⚠️ Ce qui s'écrit dans le dossier : la demande, ⚠️ la crainte qui la sous-tend, ⚠️ ce qui a été examiné, ⚠️ ce qui a été expliqué, ⚠️ la décision, et les critères de retour, ⚠️ faute de quoi le confrère suivant recommence à zéro.

⚠️ Ce qui se demande au médecin traitant ou au confrère précédent : ce qui a déjà été expliqué, ⚠️ ce qui a déjà été prescrit, et ce qui a été obtenu ailleurs.

⚠️ Ce qui se demande au pharmacien : le relevé des délivrances, ⚠️ qui retrouve ce qui a été obtenu dans un autre cabinet, ⚠️ et l'usage quotidien d'antalgiques.

⚠️ Ce qui se transmet quand un examen est finalement demandé : la question posée, ⚠️ et non seulement le symptôme, car un examen sans question produit un compte rendu sans réponse.

⚠️ Ce qui s'organise pour ce qui a été découvert : le deuil, ⚠️ l'anxiété, ⚠️ le sommeil, avec une orientation concrète, ⚠️ et un rendez-vous pris.

⚠️ Ce qui se dit à l'équipe du cabinet : la conduite retenue, ⚠️ pour éviter qu'une demande refusée un jour ne soit accordée le lendemain, ce qui détruit la confiance.

⚠️ Et ce qui se réévalue : la décision, ⚠️ si la situation change, sans y voir un désaveu.

À retenir

Écrire la crainte sous-jacente, pas seulement la demande. C'est elle qui explique tout le reste.

À retenir

  • Ce qui n'est pas écrit se reproduit à la consultation suivante.
  • Le relevé des délivrances retrouve ce qui a été obtenu ailleurs.
  • Un examen demandé sans question produit un compte rendu sans réponse.
  • Une demande refusée un jour et accordée le lendemain détruit la confiance.
  • Réévaluer une décision quand la situation change n'est pas un désaveu.

En pratique

  • Demande et crainte écrites
  • Examen et explication tracés
  • Critères de retour consignés
  • Confrère précédent contacté
  • Délivrances vérifiées
  • Question posée transmise si examen
  • Orientation concrète organisée
  • Conduite partagée avec l'équipe

Sources

  • R2C, item 3 : Le raisonnement et la décision en médecine. La médecine fondée sur les preuves (Evidence Based Medicine, EBM). La décision médicale partagée. La controverse.
  • R2C, item 5 : La gestion des erreurs et des plaintes ; l'aléa thérapeutique
  • R2C, item 144 : Deuil normal et pathologique
  • Collège des enseignants de médecine générale, chapitre sur la décision partagée et la pertinence des soins
  • Recommandations en vigueur sur la pertinence des examens d'imagerie et sur le bon usage des antibiotiques. La date de la version consultée fait partie de la source