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Médecine du travail

Fiche de révision

Évaluation de l'aptitude au sport et rédaction d'un certificat de non contre-indication

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 335Catégorie VItem R2C 256Item R2C 237Item R2C 80

Cette fiche vous apprend à conduire l'interrogatoire et l'examen sur lesquels repose un certificat de non contre-indication au sport, puis à décider de le signer, de ne pas le signer ou de le différer. Elle suit l'ordre de la consultation : les questions que le questionnaire ne pose pas, l'examen debout autant que couché, les examens et leurs indications, la décision, puis ce qui s'apprend au sportif et ce qui se transmet, au club comme au cardiologue.

SommaireEnviron 10 min
  1. Le questionnaire oriente, les questions décident
  2. Ce que le patient ne compte pas : produits, charge, terrain et certificat précédent
  3. Ausculter couché, puis debout : certains souffles n'apparaissent qu'ainsi
  4. La morphologie, et l'appareil locomoteur du sport pratiqué
  5. Aucun examen pour tous, un électrocardiogramme au moindre signe
  6. Signer, ne pas signer ou différer : la troisième décision est souvent la bonne
  7. Souvent la seule consultation de l'année : ce qui s'apprend et qui protège
  8. Le club reçoit une conclusion, le cardiologue reçoit une question
  9. À retenir pour la station

Le questionnaire oriente, les questions décident

Ce certificat repose sur un interrogatoire et un examen, et sur rien d'autre. Il engage celui qui le signe. Le questionnaire de santé oriente, mais il ne dispense pas de poser les questions, et ses réponses négatives se vérifient une par une.

Les symptômes d'effort se demandent un par un : un malaise, une perte de connaissance, une douleur thoracique, des palpitations, un essoufflement inhabituel, une baisse de performance et une fatigue anormale. Chacun se demande avec des mots concrets, car les patients requalifient ces épisodes en incidents banals. Un malaise d'effort devient ainsi, dans leur récit, un incident sans importance.

La famille se demande avec des âges. Une mort subite ou inexpliquée avant 50 ans, une maladie cardiaque héréditaire connue, un accident vasculaire précoce, des noyades ou des accidents inexpliqués se recherchent. L'âge de survenue de chacun se note, et une mort subite familiale avant 50 ans ne se recueille pas sans son âge.

Ce que le patient ne compte pas : produits, charge, terrain et certificat précédent

Ce qui se prend se recense en nommant les catégories : les traitements, les compléments, les produits de performance, le tabac, l'alcool et les substances. Une question qui ne nomme pas ces catégories obtient « non ».

La pratique se quantifie : le sport, son niveau, la fréquence, l'intensité, le contexte de compétition et la charge récente. C'est le sport réellement pratiqué que l'examen de l'appareil locomoteur suivra ensuite.

Le terrain ajoute ses questions. Chez l'enfant et l'adolescent se recherchent la croissance, la puberté, les blessures répétées, la pression de l'entourage et les troubles du comportement alimentaire. À toute sportive se demandent le cycle menstruel, une aménorrhée et les apports alimentaires.

Ce qui se demande enfin manque à presque tous les dossiers : ce qu'a donné le certificat précédent, qui l'a signé, s'il y a eu un examen, et si un électrocardiogramme a déjà été réalisé un jour. Qu'il ait été signé sans examen n'est pas une raison de signer celui-ci.

Ausculter couché, puis debout : certains souffles n'apparaissent qu'ainsi

C'est l'examen qui donne sa valeur au certificat, et il ne se fait pas assis derrière un bureau. Il commence par la pression artérielle, prise aux 2 bras, et la fréquence cardiaque. Une asymétrie tensionnelle entre les 2 bras a une valeur d'orientation.

Le cœur s'ausculte en position couchée, puis debout, et après une manœuvre de sensibilisation, car certains souffles n'apparaissent qu'ainsi. Le sens de la variation compte : un souffle qui augmente en position debout n'a pas la même signification qu'un souffle qui disparaît.

Tous les pouls périphériques se palpent, fémoraux compris, y compris chez un sujet jeune et sportif. Le choc de pointe se palpe dans le même temps.

Ce qui se note : les mesures, les constatations, et ce qui est normal. La position dans laquelle un souffle a été entendu fait partie des constatations, et c'est elle qui orientera le cardiologue.

La morphologie, et l'appareil locomoteur du sport pratiqué

Les mesures se relèvent : le poids, la taille et l'envergure. Elles servent à l'examen de la morphologie, qui regarde la taille, l'envergure rapportée à la taille, la forme du thorax, le rachis, l'hyperlaxité, les pieds et les signes cutanés. Certains ensembles morphologiques imposent de chercher plus loin.

L'examen de l'appareil locomoteur suit le sport réellement pratiqué. Il porte sur les articulations que ce sport sollicite, leur stabilité, les séquelles d'entorse, la force et l'équilibre sur un pied.

L'examen se complète par l'examen respiratoire, la vision, l'état cutané et dentaire, et l'examen général. Ce qui y est trouvé se note comme le reste, normalités comprises.

Aucun examen pour tous, un électrocardiogramme au moindre signe

Aucun examen n'est obligatoire pour tous, et certains deviennent indispensables dès qu'un signe apparaît. L'électrocardiogramme de repos se discute selon le contexte : sa place varie selon l'âge, le niveau de pratique, la fédération et les recommandations en vigueur.

Un électrocardiogramme et un avis cardiologique deviennent indispensables devant un malaise d'effort, une douleur thoracique d'effort, des palpitations, un souffle, une anomalie tensionnelle ou un antécédent familial de mort subite précoce. Un malaise d'effort, à lui seul, impose l'électrocardiogramme et l'avis, quel que soit le contexte.

La suite appartient au cardiologue. Selon l'orientation s'y ajoutent une échographie cardiaque, une épreuve d'effort, un enregistrement prolongé et une consultation spécialisée, dont l'indication est posée par le cardiologue. Le cœur du sportif présente des particularités, certaines banales, d'autres non, et cette distinction relève d'une lecture spécialisée.

Ce qui ne se prescrit pas : un bilan biologique de principe, sans point d'appel, ni une imagerie sans question. Ce qui se demande dépend de la personne : une numération devant une fatigue, un bilan martial chez la sportive, une exploration devant une aménorrhée. Les vaccinations se vérifient à cette occasion, en particulier contre le tétanos.

Signer, ne pas signer ou différer : la troisième décision est souvent la bonne

Signer, ne pas signer ou différer sont 3 décisions différentes, et la troisième est souvent la bonne. Devant un examen normal et un interrogatoire sans point d'appel, le certificat se délivre, avec sa date, la durée pendant laquelle il vaut et la mention du sport concerné.

Devant un point d'appel, la décision est de différer. Elle s'explique à la personne, l'examen ou l'avis nécessaire se demande, et la pratique se suspend en attendant, y compris lorsqu'une échéance sportive approche.

Rien de ce qui presse n'est une raison de signer : ni une reprise imminente, ni une pression du club, ni une pression familiale. Le fait que le certificat précédent ait été signé sans examen n'en est pas une non plus.

Le certificat se rédige daté et nominatif. Il précise l'absence de contre-indication apparente à la pratique du sport concerné, ne porte aucune mention de diagnostic, et se remet à la personne. Des réserves, une limitation temporaire ou une orientation vers une pratique adaptée s'y ajoutent quand c'est utile.

La consultation ne s'arrête pas au certificat. En parallèle se mettent en place la prise en charge des séquelles, la rééducation d'une instabilité, les conseils nutritionnels et la question des produits pris. La prochaine évaluation se programme, avec le suivi des anomalies découvertes.

Souvent la seule consultation de l'année : ce qui s'apprend et qui protège

Cette consultation est souvent la seule de l'année pour un jeune en bonne santé, et elle sert à autre chose qu'au certificat. Ce que le certificat atteste s'explique, ce qu'il n'atteste pas aussi, avec sa durée. Il n'assure rien pour les mois suivants.

Les symptômes qui imposent d'arrêter immédiatement et de consulter s'apprennent au sportif : un malaise, une douleur thoracique, des palpitations prolongées, un essoufflement anormal, une récupération inhabituellement longue. Les apprendre est ce qui protège le mieux. À l'entourage sportif se dit qu'un malaise sur un terrain ne se banalise pas, et que la personne ne reprend pas le jeu.

La prévention des blessures se rappelle : l'échauffement, la progressivité, le repos, le sommeil, la rééducation des séquelles et l'équipement. L'hydratation et l'alimentation s'expliquent aussi, avec les apports avant, pendant et après l'effort, les besoins particuliers de l'adolescent en croissance et les régimes restrictifs.

Les produits se travaillent avec une écoute sans jugement. Ce qui s'aborde : les compléments, leur composition inconnue, le risque de contamination qu'elle fait courir, et les conséquences d'un contrôle. Chez le jeune s'abordent aussi le sommeil, les écrans, les substances et la pression de résultat.

Le club reçoit une conclusion, le cardiologue reçoit une question

Ce certificat circule entre des personnes qui n'ont pas le droit d'en savoir plus. Le document remis au club porte l'absence de contre-indication apparente, le sport concerné et la date, et rien d'autre. Il ne porte aucun diagnostic, aucun antécédent, aucune réserve médicale détaillée.

La demande d'avis au cardiologue porte son contexte : le motif précis, les symptômes recueillis, les constatations de l'examen, la position dans laquelle le souffle a été entendu, les antécédents familiaux et le niveau de pratique. Une demande d'avis sans contexte produit un compte rendu sans réponse, et la position du souffle est l'information qui oriente.

Avec l'accord de la personne, la famille peut éclairer un décès. Les circonstances d'un décès familial et l'existence d'un diagnostic connu sont des informations souvent retrouvables. Le médecin traitant reçoit les découvertes, les examens demandés et le suivi prévu.

Avec l'entraîneur, et avec l'accord de la personne, s'organisent la suspension temporaire, sans en donner le motif médical, puis la reprise progressive. À un club qui insiste, il se dit que le certificat ne sera pas signé aujourd'hui, sans autre explication. La personne reste seule destinataire de l'information.

Ce qui se trace au dossier : l'examen réalisé et les constatations. La décision s'y écrit avec sa justification.

À retenir pour la station

Ne vous fiez pas au questionnaire : ses « non » se vérifient, et un malaise d'effort se demande avec des mots concrets, comme une mort subite dans la famille, avec l'âge de survenue. Nommez les compléments, les produits et les substances. Prenez la pression aux 2 bras, auscultez couché puis debout et après une manœuvre, palpez les pouls fémoraux. Un malaise d'effort, une douleur thoracique d'effort ou une mort subite familiale précoce imposent un électrocardiogramme et un avis avant toute reprise. Différer est une décision : suspendez la pratique en attendant, quelle que soit l'échéance. Le club ne reçoit ni diagnostic ni antécédent ; le cardiologue reçoit la position du souffle.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    Médecine cardiovasculaire

    Collège national des enseignants de cardiologie (CNEC) ; Société française de cardiologie (SFC). 3e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 256

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 256 ; Item 237 ; Item 80

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention

  3. 3

    Nutrition

    Collège des enseignants de nutrition (CEN). 5e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 256

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Éducation et prévention