Fiche de révision
Exposition accidentelle aux liquides biologiques
Une horloge qui tourne, trois virus qui ne se traitent pas de la même façon, et une seule prophylaxie.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Tout se décide sur ce qui est recueilli dans les premières minutes, et l'appel arrive souvent tard.
⚠️ Ce qui se demande en premier : l'heure exacte de l'exposition, ⚠️ pas le moment approximatif, car chaque heure pèse sur la décision.
⚠️ Ce qui caractérise l'exposition : la nature du liquide, ⚠️ le mécanisme, ⚠️ piqûre, ⚠️ coupure, ⚠️ projection sur une muqueuse ou une peau lésée, ⚠️ la profondeur, ⚠️ le type de matériel, ⚠️ le geste auquel il venait de servir, ⚠️ le port de gants, et l'existence d'un saignement.
⚠️ Ce qui se demande sur les soins réalisés : ce qui a été fait, ⚠️ dans quel ordre, et avec quoi, ⚠️ la réponse révélant souvent un geste inadapté.
⚠️ Ce qui se recueille sur la personne source : son identité, ⚠️ son dossier, ⚠️ son statut connu, ⚠️ ses facteurs de risque, et sa capacité à consentir.
⚠️ Ce qui se recueille sur la personne exposée : ses vaccinations et leur contrôle, ⚠️ ses traitements, ⚠️ une grossesse possible, ⚠️ un allaitement, et ses antécédents. ⚠️ Ces éléments ne sont presque jamais dits spontanément, et ils changent la décision.
⚠️ Ce qui se demande enfin : son statut administratif, ⚠️ salarié, ⚠️ libéral, ⚠️ intérimaire, ou étudiant en stage.
À retenir
- L'heure exacte de l'exposition conditionne toute la décision.
- Le geste auquel le matériel venait de servir fait partie du risque.
- La question sur les soins réalisés révèle souvent un geste inadapté.
- Grossesse, allaitement et vaccinations ne sont presque jamais dits spontanément.
- Le statut administratif se demande : il change le circuit, pas les droits.
En pratique
- Heure exacte obtenue
- Mécanisme et profondeur précisés
- Matériel et geste d'origine identifiés
- Soins réalisés détaillés
- Source identifiée et statut recherché
- Vaccinations et contrôle demandés
- Grossesse et allaitement demandés
- Statut administratif demandé
Examen clinique
Synthèse paraclinique
⚠️ Deux personnes sont prélevées, ⚠️ et pour deux raisons différentes.
⚠️ Ce qui se cherche chez la personne source : son statut vis-à-vis des trois virus transmissibles par le sang, ⚠️ avec son information et son accord, ⚠️ recueillis par un soignant qui n'est pas la personne exposée, et tracés au dossier. ⚠️ Un test rapide permet une réponse en quelques minutes, ce qui est précisément l'enjeu.
⚠️ Ce qui se sait de l'interprétation : un antigène négatif avec des anticorps témoignant d'un contact ancien n'a pas le même sens qu'une sérologie complètement négative, ⚠️ et une charge virale mesurable change l'évaluation du risque.
⚠️ Ce qui se prélève chez la personne exposée : une sérologie de référence, ⚠️ réalisée le plus tôt possible, ⚠️ faute de quoi aucune sérologie ultérieure ne sera interprétable, et un dosage documentant son statut vaccinal.
⚠️ Ce qui s'y ajoute selon la situation : une recherche de grossesse, ⚠️ un bilan avant traitement, et un dosage des transaminases.
⚠️ Ce qui se programme : le calendrier de suivi, ⚠️ ses échéances, ⚠️ la recherche directe du virus avant l'apparition des anticorps lorsque le risque le justifie, et la personne qui tient ce calendrier.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : prélever la source sans l'informer, ⚠️ et se contenter d'une mention déclarative de vaccination, qui ne documente aucun statut.
À retenir
- Une sérologie de référence rend interprétables toutes les suivantes.
- Le statut de la source se recherche avec son accord, tracé, par un tiers.
- Un test rapide change la décision parce qu'il répond en quelques minutes.
- Une charge virale mesurable modifie l'évaluation du risque.
- Une vaccination déclarative sans dosage ne documente aucun statut.
En pratique
- Statut de la source recherché avec accord
- Test rapide envisagé
- Résultats interprétés ligne par ligne
- Sérologie de référence prélevée
- Statut vaccinal documenté
- Grossesse recherchée si utile
- Transaminases prescrites si indiquées
- Calendrier de suivi écrit
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ Trois virus, ⚠️ trois conduites, et une seule prophylaxie.
⚠️ Ce qui se fait d'abord : faire venir la personne, ⚠️ et organiser son remplacement si elle est seule, car elle ne le demandera pas.
⚠️ Ce qui s'évalue ensuite : le risque, ⚠️ croisement du type d'exposition, ⚠️ de sa profondeur, ⚠️ du matériel, ⚠️ du liquide, et du statut de la source.
⚠️ Ce qui se décide pour le premier virus : une prophylaxie antirétrovirale, ⚠️ d'autant plus efficace qu'elle est débutée tôt, ⚠️ discutée en heures, ⚠️ prescrite par un médecin habilité, ⚠️ réévaluée rapidement, et interrompue si le statut de la source l'autorise.
⚠️ Ce qui se décide pour le deuxième : une conduite fondée sur le statut vaccinal, ⚠️ dont l'immunoglobuline et la vaccination selon les cas, et dont le délai est également court.
⚠️ Ce qui se décide pour le troisième : aucune prophylaxie n'existe, ⚠️ et ce n'est pas une absence de conduite : ⚠️ une surveillance rapprochée, parce qu'une infection dépistée tôt peut être traitée.
⚠️ Ce qui reste vrai quand le délai est dépassé : la surveillance, ⚠️ le statut vaccinal, ⚠️ la déclaration, et l'accompagnement. ⚠️ Un délai dépassé ferme une porte, il n'en ferme pas quatre.
⚠️ Ce qui se met en place : la déclaration, ⚠️ son délai, ⚠️ son circuit selon le statut de la personne, et le suivi tracé.
À retenir
- La première décision est de faire venir la personne et de la faire remplacer.
- Une seule des trois expositions relève d'une prophylaxie antirétrovirale.
- L'absence de traitement préventif n'est jamais une absence de conduite.
- Un délai dépassé ferme une porte, il n'en ferme pas quatre.
- La déclaration s'engage même hors délai : un retard se signale, il ne s'efface pas.
En pratique
- Personne convoquée sans attendre
- Remplacement organisé
- Risque évalué et énoncé
- Décision antirétrovirale prise ou écartée
- Conduite vis-à-vis de l'hépatite B décidée
- Surveillance de l'hépatite C organisée
- Ce que le délai ne ferme pas énoncé
- Déclaration engagée et tracée
Procédure et geste technique
⚠️ Les soins locaux se font dans la minute, ⚠️ et ils sont mal faits parce qu'ils sont mal transmis.
⚠️ Ce qui se fait devant une effraction cutanée : arrêter le geste en cours, ⚠️ retirer le matériel, ⚠️ laver immédiatement à l'eau et au savon, ⚠️ rincer, ⚠️ puis appliquer un antiseptique en respectant le temps de contact indiqué par le fabricant.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : presser la plaie pour la faire saigner, ⚠️ geste largement transmis dans les services et non recommandé, car il majore le passage sans bénéfice démontré.
⚠️ Ce qui se fait devant une projection sur une muqueuse ou un œil : rincer abondamment, ⚠️ au sérum physiologique ou à l'eau, pendant plusieurs minutes.
⚠️ Ce qui se sait de la prévention : le port de gants, ⚠️ le non-recapuchonnage des aiguilles, ⚠️ le collecteur à portée de main et rempli en dessous de la limite, ⚠️ le matériel sécurisé, et l'organisation des soins.
⚠️ Ce qui se vérifie après coup : la disponibilité du protocole, ⚠️ la présence d'un numéro joignable la nuit, ⚠️ la date de sa dernière mise à jour, et le fait que les nouveaux arrivants le connaissent.
⚠️ Ce qui se trace : le geste en cause, ⚠️ les soins réalisés, ⚠️ l'heure, et le nom de la personne source.
À retenir
- Laver à l'eau et au savon, rincer, puis antiseptique avec son temps de contact.
- Presser la plaie pour la faire saigner est transmis par habitude et non recommandé.
- Une projection oculaire se rince abondamment et longuement.
- Un collecteur trop rempli et une aiguille recapuchonnée sont les deux causes classiques.
- Un protocole sans numéro de nuit ne sert à personne la nuit.
En pratique
- Geste interrompu
- Lavage à l'eau et au savon
- Rinçage effectué
- Antiseptique et temps de contact respectés
- Pression de la plaie évitée
- Muqueuse rincée abondamment le cas échéant
- Circonstances tracées
- Protocole du service vérifié
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ La personne exposée est un soignant, ⚠️ elle croit savoir, et c'est ce qui la met en danger.
⚠️ Ce qui se demande avant d'expliquer : ce qu'elle a compris, ⚠️ ce qu'elle a lu, et ce qu'elle a conclu seule, ⚠️ une personne qui a cherché sur internet ayant déjà tranché.
⚠️ Ce qui s'explique sur le risque : qu'il existe, ⚠️ qu'il est faible, ⚠️ qu'il n'est pas nul, et qu'il dépend de ce qui vient d'être évalué.
⚠️ Ce qui s'explique sur le suivi : les échéances, ⚠️ ce que chaque prélèvement cherche, ⚠️ ce qu'un résultat négatif signifie à ce stade, et pourquoi le calendrier va jusqu'à son terme.
⚠️ Ce qui se dit sur les précautions pendant la surveillance : le don du sang, ⚠️ et les mesures concernant la vie sexuelle et l'allaitement selon la situation, ⚠️ avec leur durée, et non « par précaution » sans terme.
⚠️ Ce qui se dit sur le traitement lorsqu'il est prescrit : sa durée, ⚠️ ses effets indésirables, ⚠️ les interactions, ⚠️ la conduite en cas d'oubli, et le fait qu'il puisse être arrêté.
⚠️ Ce qui s'aborde et qui se néglige : le retentissement psychologique, ⚠️ l'attente, ⚠️ la culpabilité, ⚠️ la peur de contaminer un proche, et chez un étudiant l'idée d'abandonner sa formation.
⚠️ Ce qui se prévoit : un rendez-vous rapproché, et un interlocuteur nommé.
À retenir
- Demander ce que la personne a lu avant d'expliquer : elle a déjà conclu.
- Un risque faible n'est pas un risque nul, et se dit comme tel.
- Une précaution s'énonce avec sa durée, sinon elle devient définitive.
- L'attente d'un résultat pèse plus que le risque lui-même.
- Chez un étudiant exposé, l'abandon de la formation se cherche activement.
En pratique
- Représentations recueillies
- Risque expliqué sans le nier ni l'aggraver
- Calendrier de suivi expliqué
- Signification des résultats précisée
- Précautions énoncées avec leur durée
- Traitement expliqué s'il est prescrit
- Retentissement psychologique abordé
- Interlocuteur et rendez-vous nommés
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une exposition met en présence un soignant devenu patient, ⚠️ et un service qui n'a pas à tout savoir.
⚠️ Ce qui se structure dans l'appel : qui parle, ⚠️ ce qui s'est passé, ⚠️ quand, ⚠️ ce qui a été fait, ⚠️ ce qui est décidé, et ce qui est attendu de l'autre. ⚠️ Une transmission qui n'énonce pas la demande produit une réponse qui n'en est pas une.
⚠️ Ce qui se transmet au médecin référent ou au service spécialisé : l'heure, ⚠️ le mécanisme, ⚠️ le matériel, ⚠️ le statut de la source, ⚠️ les vaccinations, et les éléments propres à la personne.
⚠️ Ce qui se demande quand l'information manque : le complément nécessaire, ⚠️ explicitement, plutôt que de décider sur une donnée absente.
⚠️ Ce qui se transmet au cadre et à l'encadrement : le fait qu'un remplacement est nécessaire, ⚠️ et rien du contenu médical.
⚠️ Ce qui reste confidentiel : les résultats, ⚠️ les traitements, ⚠️ une grossesse, ⚠️ un allaitement, et le statut de la source, ⚠️ qui ne se communique à aucun tiers, fût-il l'équipe.
⚠️ Ce qui se vérifie en fin d'échange : que la personne a compris la conduite à tenir, ⚠️ en la lui faisant redire, et non en lui demandant si c'est clair.
⚠️ Ce qui remonte au collectif : l'événement, ⚠️ sa cause matérielle, ⚠️ les défauts du circuit, et ce qui doit être corrigé.
À retenir
- Une transmission qui n'énonce pas sa demande n'obtient pas de réponse.
- Ce qui manque se demande explicitement, plutôt que de décider sans.
- Le statut de la source ne se communique à aucun tiers, pas même à l'équipe.
- Un remplacement se demande sans donner de motif médical.
- Faire redire la conduite à tenir vaut mieux que demander si c'est clair.
En pratique
- Appel structuré et demande énoncée
- Heure et mécanisme transmis
- Statut de la source transmis au décideur
- Informations manquantes demandées
- Remplacement demandé sans motif médical
- Confidentialité préservée vis-à-vis de l'équipe
- Compréhension vérifiée par reformulation
- Événement remonté au collectif