Fiche de révision
Réaction à un événement potentiellement traumatique
Ces troubles ne se racontent pas : ils se demandent, et le temps écoulé décide de leur sens.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ « Comment ça va sinon » obtient « ça va ». ⚠️ Les quatre familles de signes se demandent une par une, avec des mots concrets.
⚠️ Ce qui s'ouvre en premier : laisser la personne raconter ce qui s'est passé, ⚠️ sans l'interrompre, ⚠️ et sans exiger le détail de la scène, qu'il n'est ni utile ni souhaitable de faire revivre.
⚠️ Ce qui se demande sur les reviviscences : des images qui reviennent sans qu'on les appelle, ⚠️ des cauchemars, ⚠️ une impression de revivre la scène, et ce qui les déclenche.
⚠️ Ce qui se demande sur l'évitement : ce que la personne ne fait plus, ⚠️ les lieux contournés, ⚠️ les conversations écartées, et les activités abandonnées. ⚠️ L'évitement se repère par des actes, pas par des sentiments.
⚠️ Ce qui se demande sur l'hypervigilance : les sursauts, ⚠️ la surveillance permanente, ⚠️ les troubles du sommeil, ⚠️ la concentration, et l'irritabilité, ⚠️ souvent rapportée par l'entourage avant d'être reconnue.
⚠️ Ce qui se demande sur les altérations de l'humeur : la tristesse, ⚠️ le détachement, ⚠️ la culpabilité, ⚠️ l'impression de ne plus rien ressentir, et la perte d'intérêt.
⚠️ Ce qui se quantifie : la date de l'événement, ⚠️ la durée des troubles, et leur évolution, ⚠️ stables, ⚠️ en aggravation, ou en diminution.
⚠️ Ce qui se recherche toujours : les consommations apparues depuis, ⚠️ les idées noires, et les antécédents.
À retenir
- Les questions générales obtiennent des réponses générales.
- Le détail de la scène n'a pas à être exigé pour faire le diagnostic.
- L'évitement se repère par ce que la personne ne fait plus.
- L'irritabilité est rapportée par l'entourage avant d'être reconnue.
- Une consommation apparue après l'événement est un symptôme, pas une habitude.
En pratique
- Récit libre laissé à la personne
- Reviviscences recherchées
- Évitements recherchés par des actes
- Hypervigilance et sursauts demandés
- Sommeil et concentration demandés
- Humeur et culpabilité explorées
- Durée et évolution quantifiées
- Consommations et idées noires recherchées
Examen clinique
Synthèse paraclinique
Iconographie
Stratégie diagnostique
⚠️ Le temps écoulé est la première donnée du raisonnement, ⚠️ avant la sévérité des signes.
⚠️ Ce qui se sait des premiers jours : une réaction immédiate est fréquente, ⚠️ elle n'est pas pathologique en elle-même, et la majorité des personnes s'améliorent spontanément.
⚠️ Ce qui se sait ensuite : des symptômes qui persistent au-delà d'un mois, ⚠️ associant reviviscences, ⚠️ évitement, ⚠️ hypervigilance, ⚠️ et altérations de l'humeur, ⚠️ avec un retentissement, orientent vers un trouble constitué.
⚠️ Ce qui se distingue : un trouble de l'adaptation, ⚠️ où prédomine la difficulté à faire face, ⚠️ un épisode dépressif caractérisé, ⚠️ un trouble anxieux, ⚠️ un deuil, et une réaction attendue qui s'amende.
⚠️ Ce qui se recherche systématiquement : une comorbidité, ⚠️ un usage de substances, ⚠️ un antécédent psychiatrique, ⚠️ un traumatisme antérieur, et un traumatisme crânien, ⚠️ dont certains signes recoupent ceux du psychotraumatisme.
⚠️ Ce qui pèse dans l'évaluation : le retentissement, ⚠️ professionnel, ⚠️ familial, ⚠️ social, et sur le sommeil, ⚠️ plus que le nombre de symptômes.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas en une consultation : un diagnostic définitif, ⚠️ qui suppose de revoir la personne, et une évaluation spécialisée quand le tableau est bruyant.
⚠️ Ce qui se repère chez l'enfant : des manifestations différentes, ⚠️ jeux répétitifs, ⚠️ régression, ⚠️ plaintes somatiques, et changement de comportement.
À retenir
- Le temps écoulé s'évalue avant la sévérité des signes.
- Une réaction immédiate est fréquente et n'est pas en soi pathologique.
- Le retentissement pèse plus que le nombre de symptômes.
- Un traumatisme crânien partage des signes avec le psychotraumatisme.
- Chez l'enfant, le tableau passe par le jeu, la régression et le corps.
En pratique
- Date de l'événement établie
- Durée et évolution précisées
- Quatre familles de symptômes cotées
- Retentissement évalué
- Diagnostics différentiels envisagés
- Comorbidités recherchées
- Traumatisme crânien écarté
- Réévaluation programmée
Urgence vitale
⚠️ Une seule chose se cherche à chaque consultation, et elle se cherche directement.
⚠️ Ce qui se demande : l'existence d'idées noires, ⚠️ d'idées suicidaires, ⚠️ leur ancienneté, ⚠️ leur fréquence, et ce qui retient la personne. ⚠️ La question ne provoque pas ce qu'elle cherche, et son absence laisse la personne seule avec.
⚠️ Ce qui se recherche autour : un isolement, ⚠️ une consommation d'alcool ou de substances, ⚠️ un antécédent personnel, ⚠️ un accès à des moyens, et une perte récente.
⚠️ Ce qui impose une évaluation spécialisée sans délai : des idées envahissantes, ⚠️ une intention exprimée, ⚠️ un désespoir massif, ⚠️ une agitation, ou un retrait brutal.
⚠️ Ce qui se fait alors : ne pas laisser la personne repartir seule sans avoir organisé la suite, ⚠️ joindre un psychiatre ou une équipe d'urgence, ⚠️ et associer un proche avec l'accord de la personne, ou sans cet accord si sa sécurité l'exige.
⚠️ Ce qui se cherche aussi : un état confusionnel, ⚠️ une intoxication aiguë, et un traumatisme crânien méconnu, ⚠️ dont la présentation peut évoquer un trouble psychique.
⚠️ Ce qui se donne en repartant : les signes qui imposent de reconsulter, ⚠️ le numéro à appeler, ⚠️ écrit et remis, et une date de revoyure rapprochée.
⚠️ Ce qui se trace : la question posée, ⚠️ la réponse obtenue, et la décision prise.
À retenir
- La question sur les idées suicidaires se pose : elle ne provoque pas ce qu'elle cherche.
- Ce qui retient la personne s'explore autant que ce qui la pousse.
- Aucune personne à risque ne repart sans que la suite soit organisée.
- Un traumatisme crânien méconnu peut prendre le masque d'un trouble psychique.
- Les signes qui imposent de reconsulter se remettent par écrit.
En pratique
- Idées suicidaires recherchées directement
- Ancienneté et fréquence précisées
- Facteurs de risque recensés
- Éléments protecteurs recherchés
- Avis spécialisé déclenché si besoin
- Entourage associé selon la situation
- Consignes écrites remises
- Question et décision tracées
Stratégie de prise en charge
⚠️ Il y a peu à prescrire, ⚠️ et beaucoup à organiser.
⚠️ Ce qui vient en premier : nommer ce qui arrive, ⚠️ dire que ces manifestations sont fréquentes après un tel événement, et qu'elles ne signent pas une fragilité.
⚠️ Ce qui se propose ensuite : une consultation dédiée, ⚠️ auprès d'un professionnel formé, ⚠️ avec une échéance précise, et non un conseil vague d'en parler à quelqu'un.
⚠️ Ce qui se sait des traitements : la prise en charge de première intention est psychothérapeutique, ⚠️ et un traitement médicamenteux ne se discute que sur une indication précise, ⚠️ notamment une comorbidité, et jamais comme réponse unique.
⚠️ Ce qui se discute pour le sommeil : les mesures non médicamenteuses d'abord, ⚠️ la prudence avec les hypnotiques, et l'attention portée à l'alcool utilisé pour dormir.
⚠️ Ce qui se traite en parallèle : la douleur, ⚠️ les séquelles physiques, ⚠️ la rééducation, et le retour au travail, ⚠️ dont la date se prépare et ne se subit pas.
⚠️ Ce qui s'anticipe : les démarches, ⚠️ l'expertise éventuelle, ⚠️ les procédures, et les rendez-vous qui rouvrent le sujet, ⚠️ chacun pouvant réactiver les symptômes.
⚠️ Ce qui se programme : une réévaluation à échéance rapprochée, ⚠️ la personne étant souvent perdue de vue entre deux services.
À retenir
- Nommer ce qui arrive fait partie du traitement.
- Une orientation vaut avec un nom et une date, pas comme conseil général.
- La première intention est psychothérapeutique.
- L'alcool pris pour dormir se cherche avant de prescrire un hypnotique.
- Une expertise ou une procédure rouvre le sujet : cela s'anticipe.
En pratique
- Manifestations nommées et banalisées sans être minimisées
- Orientation nommée avec échéance
- Première intention psychothérapeutique énoncée
- Indication médicamenteuse discutée si besoin
- Sommeil traité sans réflexe hypnotique
- Douleur et rééducation poursuivies
- Reprise du travail préparée
- Réévaluation programmée
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Une personne qui comprend ce qui lui arrive cesse de croire qu'elle devient folle.
⚠️ Ce qui s'explique sur les symptômes : que les images qui reviennent, ⚠️ les sursauts, ⚠️ et les nuits coupées sont des réactions connues, ⚠️ fréquentes, et qu'elles ont un nom.
⚠️ Ce qui s'explique sur l'évolution : que beaucoup de personnes s'améliorent, ⚠️ que d'autres ont besoin d'un accompagnement, et que demander de l'aide tôt change la suite.
⚠️ Ce qui se dit sur l'évitement : qu'il soulage sur le moment, ⚠️ et qu'il entretient le trouble, ⚠️ le retour progressif aux activités faisant partie du soin, et devant être accompagné.
⚠️ Ce qui se dit sur l'alcool et les substances : qu'ils améliorent le sommeil en apparence, ⚠️ qu'ils l'aggravent en réalité, et que leur usage se dit sans crainte de jugement.
⚠️ Ce qui se conseille sur le quotidien : des horaires de sommeil réguliers, ⚠️ l'activité physique, ⚠️ le maintien des liens, et la reprise progressive.
⚠️ Ce qui s'explique à l'entourage, avec l'accord de la personne : que l'irritabilité et le retrait sont des symptômes, ⚠️ et non un rejet.
⚠️ Ce qui se remet par écrit : les signes qui imposent de consulter plus tôt, ⚠️ les coordonnées, et la date du prochain rendez-vous.
À retenir
- Nommer les symptômes soulage autant que les traiter.
- L'évitement soulage sur le moment et entretient le trouble.
- L'alcool améliore le sommeil en apparence et l'aggrave en réalité.
- L'entourage doit savoir que l'irritabilité est un symptôme, pas un rejet.
- Les signes d'alerte se remettent par écrit, avec une date.
En pratique
- Symptômes nommés et expliqués
- Évolution attendue expliquée
- Rôle de l'évitement expliqué
- Usage de l'alcool abordé sans jugement
- Conseils de sommeil et d'activité donnés
- Entourage informé avec accord
- Signes d'alerte remis par écrit
- Rendez-vous suivant fixé
Communication interprofessionnelle
⚠️ Ces personnes sont suivies par plusieurs services, ⚠️ et personne ne se croit chargé de cette question-là.
⚠️ Ce qui se transmet au médecin traitant : l'événement, ⚠️ la date, ⚠️ les symptômes repérés, ⚠️ leur durée, ⚠️ le retentissement, ⚠️ la recherche d'idées suicidaires et sa réponse, et l'orientation proposée.
⚠️ Ce qui se transmet au professionnel vers lequel on oriente : le motif précis, ⚠️ ce qui a déjà été dit à la personne, et le degré d'urgence. ⚠️ Une orientation sans motif écrit produit un rendez-vous sans objet.
⚠️ Ce qui se demande au service qui a pris en charge le traumatisme : le compte rendu, ⚠️ les lésions, ⚠️ l'existence d'un traumatisme crânien, et les suites prévues.
⚠️ Ce qui s'organise avec le médecin du travail, avec l'accord de la personne : la préparation de la reprise, ⚠️ les aménagements, ⚠️ et les tâches qui exposent, notamment la conduite.
⚠️ Ce qui reste confidentiel : le contenu de ce qui a été dit, ⚠️ le diagnostic, et les éléments de vie privée, ⚠️ un certificat destiné à un tiers ne portant que ce qui lui est nécessaire.
⚠️ Ce qui se trace dans le dossier : ce qui a été recherché, ⚠️ ce qui a été trouvé, ⚠️ ce qui a été proposé, et la date de réévaluation, ⚠️ de sorte que le suivant n'ait pas à tout redemander.
À retenir
- Une orientation sans motif écrit produit un rendez-vous sans objet.
- La recherche d'idées suicidaires et sa réponse se transmettent explicitement.
- Le compte rendu du service initial documente un traumatisme crânien éventuel.
- Un certificat destiné à un tiers ne porte que ce qui lui est nécessaire.
- Tracer ce qui a été recherché évite que la personne ait à tout redire.
En pratique
- Médecin traitant informé
- Orientation motivée par écrit
- Degré d'urgence précisé
- Compte rendu du traumatisme demandé
- Reprise préparée avec accord
- Confidentialité préservée
- Certificat limité au nécessaire
- Dossier tracé et réévaluation datée