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Orthopédie

Fiche de révision

Réaction à un événement potentiellement traumatique

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 341Catégorie VItem R2C 66Item R2C 144Item R2C 334

Cette fiche vous apprend à chercher une réaction à un événement traumatique quand la consultation porte sur autre chose, avec des questions concrètes plutôt qu'une question générale, puis à lire ce que vous trouvez à la lumière du temps écoulé. Elle suit l'ordre de la consultation : le récit, les 4 familles de signes, le temps et ce qui se distingue, les idées suicidaires, puis ce qui s'organise, ce qui s'explique et ce qui se transmet.

SommaireEnviron 11 min
  1. Ces troubles ne se disent pas : ils se demandent
  2. Les 4 familles de signes, demandées une par une
  3. Le temps écoulé se lit avant la sévérité des signes
  4. Ce qui se distingue, et ce qui ne se conclut pas en une consultation
  5. Les idées suicidaires se cherchent à chaque consultation, directement
  6. Peu à prescrire, et beaucoup à organiser
  7. Comprendre ce qui arrive, pour ne plus croire qu'on devient fou
  8. Transmettre, parce que personne ne se croit chargé de cette question
  9. À retenir pour la station

Ces troubles ne se disent pas : ils se demandent

« Comment ça va sinon » obtient « ça va ». Ces troubles ne se disent pas spontanément : ils se demandent, et ils se demandent avec des questions concrètes. Les questions générales obtiennent des réponses générales.

C'est en consultation de chirurgie, de médecine générale ou aux urgences que ces personnes passent, et rarement ailleurs. Le motif de la consultation y porte sur autre chose, et c'est donc là que la réaction à l'événement se repère.

Ce qui s'ouvre en premier, c'est le récit. La personne raconte ce qui s'est passé, sans être interrompue, et sans qu'on exige le détail de la scène, qu'il n'est ni utile ni souhaitable de lui faire revivre. Ce détail n'a pas à être exigé pour faire le diagnostic.

Les 4 familles de signes se demandent ensuite une par une, avec des mots concrets : les reviviscences, l'évitement, l'hypervigilance et les altérations de l'humeur. Le chapitre suivant dit ce que chacune recouvre, et ce qui se demande autour.

Les 4 familles de signes, demandées une par une

Les reviviscences se demandent par ce qu'elles sont : des images qui reviennent sans qu'on les appelle, des cauchemars, une impression de revivre la scène. Ce qui les déclenche se demande aussi.

L'évitement se repère par des actes, pas par des sentiments. La question porte sur ce que la personne ne fait plus : les lieux contournés, les conversations écartées, les activités abandonnées.

L'hypervigilance se demande par ses manifestations : les sursauts, la surveillance permanente, les troubles du sommeil, la concentration et l'irritabilité. L'irritabilité, elle, est souvent rapportée par l'entourage avant d'être reconnue.

Les altérations de l'humeur se demandent de la même façon, une par une. Ce sont la tristesse, le détachement, la culpabilité, l'impression de ne plus rien ressentir et la perte d'intérêt.

Ce qui se quantifie, c'est le temps : la date de l'événement, la durée des troubles et leur évolution, stables, en aggravation ou en diminution. Le raisonnement du chapitre suivant en dépend.

Les consommations apparues depuis, les idées noires et les antécédents se recherchent dans chaque entretien. Une consommation apparue après l'événement est un symptôme, pas une habitude. Les idées noires ont leur chapitre, celui des urgences.

Le temps écoulé se lit avant la sévérité des signes

Le temps écoulé est la première donnée du raisonnement, avant la sévérité des signes. La même plainte n'a pas le même sens quelques jours après l'événement et quelques semaines après. La date de l'événement s'établit donc d'abord.

Dans les premiers jours, une réaction immédiate est fréquente, et elle n'est pas pathologique en elle-même. La majorité des personnes s'améliorent spontanément.

Des symptômes qui persistent au-delà d'un mois orientent vers un trouble constitué, quand ils associent reviviscences, évitement, hypervigilance et altérations de l'humeur, avec un retentissement. Le tableau change alors de nature, et la conduite aussi.

Le retentissement pèse plus que le nombre de symptômes. Il s'évalue sur la vie professionnelle, familiale et sociale, et sur le sommeil.

Ce qui se distingue, et ce qui ne se conclut pas en une consultation

Plusieurs tableaux se distinguent d'un trouble constitué : un trouble de l'adaptation, où prédomine la difficulté à faire face, un épisode dépressif caractérisé, un trouble anxieux, un deuil, et une réaction attendue qui s'amende. Chacun s'envisage avant de conclure.

Une comorbidité, un usage de substances, un antécédent psychiatrique et un traumatisme antérieur se recherchent à chaque évaluation. Un traumatisme crânien se recherche aussi, et s'écarte, parce que certains de ses signes recoupent ceux du psychotraumatisme.

Chez l'enfant, les manifestations sont différentes : des jeux répétitifs, une régression, des plaintes somatiques, un changement de comportement. Le tableau passe par le jeu, la régression et le corps.

Un diagnostic définitif ne se conclut pas en une consultation. Il suppose de revoir la personne, et une évaluation spécialisée quand le tableau est bruyant. La réévaluation se programme donc dès cette consultation.

Les idées suicidaires se cherchent à chaque consultation, directement

Une seule chose se cherche à chaque consultation, et elle se cherche directement : l'existence d'idées noires ou d'idées suicidaires. Leur ancienneté, leur fréquence et ce qui retient la personne se demandent ensuite, ce qui la retient s'explorant autant que ce qui la pousse.

La question ne provoque pas ce qu'elle cherche, et son absence laisse la personne seule avec. Autour d'elle se recherchent un isolement, une consommation d'alcool ou de substances, un antécédent personnel, un accès à des moyens et une perte récente.

Certains éléments imposent une évaluation spécialisée sans délai : des idées envahissantes, une intention exprimée, un désespoir massif, une agitation ou un retrait brutal. La personne ne repart alors pas seule sans que la suite soit organisée : un psychiatre ou une équipe d'urgence se joint, et un proche s'associe avec l'accord de la personne, ou sans cet accord si sa sécurité l'exige.

Un état confusionnel, une intoxication aiguë et un traumatisme crânien méconnu se cherchent aussi. Un traumatisme crânien méconnu, en particulier, a une présentation qui peut évoquer un trouble psychique, et il peut en prendre le masque.

En repartant, la personne reçoit les signes qui imposent de reconsulter et le numéro à appeler, écrits et remis, avec une date de revoyure rapprochée. Le dossier trace la question posée, la réponse obtenue et la décision prise.

Peu à prescrire, et beaucoup à organiser

Ce qui vient en premier est de nommer ce qui arrive : dire que ces manifestations sont fréquentes après un tel événement, et qu'elles ne signent pas une fragilité. Nommer ce qui arrive fait partie du traitement, et les manifestations se banalisent ainsi sans être minimisées.

Ce qui se propose ensuite est une consultation dédiée, auprès d'un professionnel formé, avec une échéance précise, et non un conseil vague d'en parler à quelqu'un. Une orientation vaut avec un nom et une date, pas comme conseil général.

La prise en charge de première intention est psychothérapeutique. Un traitement médicamenteux ne se discute que sur une indication précise, notamment une comorbidité, et pas comme réponse unique.

Pour le sommeil, les mesures non médicamenteuses viennent d'abord, avec de la prudence envers les hypnotiques. L'alcool utilisé pour dormir se cherche avant de prescrire un hypnotique.

La douleur, les séquelles physiques, la rééducation et le retour au travail se traitent en parallèle. La date de reprise du travail se prépare et ne se subit pas : la préparer est un levier plus efficace que la prolongation.

Les démarches, l'expertise éventuelle, les procédures et les rendez-vous qui rouvrent le sujet s'anticipent, chacun pouvant réactiver les symptômes. Une réévaluation se programme à échéance rapprochée, la personne étant souvent perdue de vue entre 2 services.

Comprendre ce qui arrive, pour ne plus croire qu'on devient fou

Une personne qui comprend ce qui lui arrive cesse de croire qu'elle devient folle. Les images qui reviennent, les sursauts et les nuits coupées s'expliquent comme des réactions connues et fréquentes, qui ont un nom. Nommer les symptômes soulage autant que les traiter.

Ce qui s'explique ensuite est l'évolution. Beaucoup de personnes s'améliorent, d'autres ont besoin d'un accompagnement, et demander de l'aide tôt change la suite.

L'évitement soulage sur le moment, et il entretient le trouble. Le retour progressif aux activités évitées fait partie du soin, et il se prépare et s'accompagne avec un professionnel.

L'alcool et les substances améliorent le sommeil en apparence, et l'aggravent en réalité. Il se dit aussi que leur usage peut se confier sans crainte de jugement, et la question s'aborde sans jugement.

Sur le quotidien se conseillent des horaires de sommeil réguliers, l'activité physique, le maintien des liens et la reprise progressive. À l'entourage, avec l'accord de la personne, s'explique que l'irritabilité et le retrait sont des symptômes, et non un rejet.

Se remettent par écrit les signes qui imposent de consulter plus tôt, les coordonnées et la date du prochain rendez-vous. Le rendez-vous suivant est donc fixé, et sa date figure sur ce qui est remis.

Transmettre, parce que personne ne se croit chargé de cette question

Ces personnes sont suivies par plusieurs services, et personne ne se croit chargé de cette question-là. Le dossier trace donc ce qui a été recherché, ce qui a été trouvé, ce qui a été proposé et la date de réévaluation, de sorte que le suivant n'ait pas à tout redemander.

Au médecin traitant se transmettent l'événement, sa date, les symptômes repérés, leur durée et le retentissement, avec l'orientation proposée. La recherche d'idées suicidaires et sa réponse s'y transmettent explicitement, et tracer ce qui a été recherché évite que la personne ait à tout redire.

Au professionnel vers lequel on oriente se transmettent le motif précis, ce qui a déjà été dit à la personne et le degré d'urgence. Une orientation sans motif écrit produit un rendez-vous sans objet.

Au service qui a pris en charge le traumatisme se demandent le compte rendu, les lésions, l'existence d'un traumatisme crânien et les suites prévues. Avec le médecin du travail, et avec l'accord de la personne, s'organisent la préparation de la reprise, les aménagements et les tâches qui exposent, notamment la conduite.

Ce qui reste confidentiel est le contenu de ce qui a été dit, le diagnostic et les éléments de vie privée. Un certificat destiné à un tiers ne porte que ce qui lui est nécessaire.

À retenir pour la station

Ne vous contentez pas d'une question générale : demandez une par une les reviviscences, l'évitement, l'hypervigilance et l'humeur, avec des mots concrets, après avoir laissé la personne raconter sans exiger le détail de la scène. Datez l'événement et mesurez la durée et l'évolution des troubles : le temps écoulé compte avant la sévérité, et le retentissement plus que le nombre de symptômes. Cherchez les consommations apparues depuis et posez directement la question des idées suicidaires. Nommez ce qui arrive, orientez vers une consultation dédiée avec un nom et une date, et transmettez ce que vous avez cherché et trouvé.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    EDN Référentiel de Psychiatrie et addictologie

    Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP) ; Collège universitaire national des enseignants d'addictologie (CUNEA) ; Association pour l'enseignement de la sémiologie psychiatrique (AESP). 4e édition conforme à la R2C (Presses universitaires François-Rabelais, collection L'officiel EDN).

    Passages utilisés : Item 66

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Stratégie diagnostique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 66 ; Item 144

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Stratégie diagnostique