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Fiche de révision

Refus de traitement et de prise en charge recommandés

Un refus a une raison, elle ne se donne pas spontanément, et rien d'utile ne se dit avant de l'avoir demandée.

Situation de départ 343Catégorie VItem R2C 7Item R2C 3Item R2C 1

Entretien et interrogatoire

⚠️ Rien d'utile ne se dit avant d'avoir demandé pourquoi.

⚠️ Ce qui se fait en premier : accuser réception du refus, ⚠️ sans le contester, ⚠️ sans soupirer, et sans passer immédiatement à l'argumentation, ⚠️ une personne qui sent qu'elle va être convaincue cessant d'écouter.

⚠️ Ce qui se demande ensuite : la raison, ⚠️ avec une question ouverte, puis les raisons suivantes, ⚠️ car il y en a presque toujours plus d'une.

⚠️ Ce qui se retrouve le plus souvent : une expérience personnelle ou familiale, ⚠️ un effet indésirable vécu, ⚠️ une information mal comprise, ⚠️ une peur précise, ⚠️ un coût, ⚠️ une contrainte pratique, ⚠️ une méfiance construite par une expérience de soin, et parfois une conviction assumée.

⚠️ Ce qui se demande sur l'information reçue : ce qui a été dit, ⚠️ par qui, ⚠️ dans quelles conditions, et ce que la personne en a retenu. ⚠️ Une ordonnance remise sans un mot n'est pas une information.

⚠️ Ce qui se vérifie : la capacité à comprendre et à décider, ⚠️ la compréhension de la langue, ⚠️ l'existence de troubles cognitifs, ⚠️ une souffrance psychique, et une pression de l'entourage.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la personne attend, ⚠️ ce qu'elle accepterait, et ce qu'elle refuse exactement, ⚠️ un refus portant souvent sur une modalité et non sur le principe.

Le piège

Argumenter sans avoir demandé pourquoi : la réponse porte sur une objection que la personne n'a pas.

À retenir

  • Accuser réception du refus avant toute argumentation.
  • La raison ne se donne pas spontanément : elle se demande.
  • Il y a presque toujours plus d'une raison.
  • Une ordonnance remise sans un mot n'est pas une information.
  • Un refus porte souvent sur une modalité, pas sur le principe.

En pratique

  • Refus accueilli sans contestation
  • Raison demandée en question ouverte
  • Raisons suivantes recherchées
  • Expérience personnelle ou familiale explorée
  • Information antérieure reconstituée
  • Capacité à décider vérifiée
  • Pression de l'entourage recherchée
  • Périmètre exact du refus précisé

Examen clinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen clinique n'est évalué pour lui-même : la situation porte sur l'information et la décision.

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen complémentaire n'intervient dans le traitement d'un refus, dont les éléments sont déjà connus.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune lecture d'image n'intervient dans cette situation.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic et l'indication sont posés : la situation porte sur ce qui se passe une fois qu'ils sont refusés.

Urgence vitale

⚠️ Le refus d'un soin urgent n'obéit pas aux mêmes règles, ⚠️ et il se traite dans le temps qui reste.

⚠️ Ce qui se détermine d'abord : le degré d'urgence réel, ⚠️ ce qui arrive si rien n'est fait, ⚠️ dans quel délai, et ce qui reste réversible.

⚠️ Ce qui se vérifie immédiatement : que la personne est en état de décider, ⚠️ une confusion, ⚠️ une intoxication, ⚠️ une hypoglycémie, ⚠️ une douleur non traitée, et une détresse psychique altérant le jugement. ⚠️ Traiter d'abord ce qui altère le jugement fait partie de la démarche.

⚠️ Ce qui se dit : la situation, ⚠️ le risque, ⚠️ en termes simples, ⚠️ en une phrase que la personne peut retenir, et sans chercher à faire peur.

⚠️ Ce qui se met en œuvre : le soulagement de la douleur, ⚠️ une alternative moins invasive quand elle existe, ⚠️ un avis senior, ⚠️ du temps, et une nouvelle proposition faite un peu plus tard. ⚠️ Un refus n'est pas définitif parce qu'il a été prononcé une fois.

⚠️ Ce qui se sait des cas particuliers : une personne hors d'état d'exprimer sa volonté, ⚠️ des directives anticipées, ⚠️ une personne de confiance, ⚠️ un mineur, et une mesure de protection, ⚠️ chacun ayant un cadre propre.

⚠️ Ce qui se trace : l'information donnée, ⚠️ la compréhension vérifiée, ⚠️ le refus, ⚠️ les témoins, et l'heure.

Urgence

Confusion, intoxication, hypoglycémie, douleur non traitée : le refus n'est pas exploitable tant que ces causes ne sont pas corrigées.

À retenir

  • Traiter d'abord ce qui altère le jugement fait partie de la démarche.
  • La douleur non traitée est une cause classique de refus en urgence.
  • Un refus prononcé une fois n'est pas définitif : reproposer plus tard.
  • Une alternative moins invasive vaut mieux qu'un bras de fer.
  • En urgence, la trace horodatée protège la personne autant que le soignant.

En pratique

  • Degré d'urgence et délai déterminés
  • Capacité à décider vérifiée
  • Causes réversibles corrigées
  • Douleur traitée
  • Risque énoncé simplement
  • Alternative proposée
  • Avis senior demandé
  • Refus tracé et horodaté

Stratégie de prise en charge

⚠️ Un refus ne met pas fin à la prise en charge, ⚠️ il la modifie.

⚠️ Ce qui se cherche en premier : ce que la personne accepte, ⚠️ car il reste presque toujours quelque chose, ⚠️ une surveillance, ⚠️ une mesure non médicamenteuse, ⚠️ une autre modalité, ou une autre échéance.

⚠️ Ce qui se propose : l'alternative la moins mauvaise, ⚠️ explicitement présentée comme telle, ⚠️ avec ce qu'elle apporte, et ce qu'elle n'apporte pas.

⚠️ Ce qui se maintient : le lien, ⚠️ le suivi, ⚠️ le traitement des symptômes, et l'accès aux soins, ⚠️ aucun de ces éléments n'étant conditionné à l'acceptation.

⚠️ Ce qui se fixe : une date de réévaluation, ⚠️ et non une invitation vague à revenir, la décision pouvant changer avec le temps, ⚠️ avec l'expérience, ou avec un événement.

⚠️ Ce qui se prépare : ce qui se passera si la situation évolue, ⚠️ les signes qui doivent faire reconsulter, ⚠️ les coordonnées, et le recours en cas d'urgence.

⚠️ Ce qui se propose quand la relation se bloque : un deuxième avis, ⚠️ un autre praticien, ⚠️ un temps supplémentaire, et la présence d'un proche choisi par la personne.

⚠️ Ce qui se refuse : la sanction, ⚠️ le chantage, ⚠️ l'abandon de suivi, et la mention d'un refus comme motif de rupture de soins.

À retenir

Chercher ce qui est accepté avant de renégocier ce qui est refusé : le périmètre du refus est presque toujours plus étroit qu'annoncé.

À retenir

  • Il reste presque toujours quelque chose que la personne accepte.
  • Le suivi et le traitement des symptômes ne se conditionnent jamais à l'acceptation.
  • Une date de réévaluation vaut mieux qu'une invitation à revenir.
  • Un deuxième avis débloque plus de situations qu'un argument supplémentaire.
  • Un refus n'est jamais un motif de rupture de soins.

En pratique

  • Périmètre de l'accord exploré
  • Alternative proposée et qualifiée
  • Suivi maintenu sans condition
  • Symptômes traités
  • Date de réévaluation fixée
  • Signes d'alerte remis
  • Deuxième avis proposé si blocage
  • Aucune sanction ni chantage

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

⚠️ Informer n'est pas convaincre, ⚠️ et une information donnée pour obtenir un accord n'en est pas une.

⚠️ Ce qui se dit sur le traitement proposé : à quoi il sert dans cette situation précise, ⚠️ ce qu'il apporte, ⚠️ en quelle proportion, ⚠️ ce qu'il fait courir comme risque, et à quelle fréquence.

⚠️ Ce qui se dit sur l'abstention : ce qui est encouru sans traitement, ⚠️ sans dramatisation, ⚠️ sans chiffre inventé, et sans chantage, ⚠️ une menace produisant un accord de façade et une inobservance certaine.

⚠️ Ce qui rend l'information utilisable : des mots simples, ⚠️ des ordres de grandeur, ⚠️ un support écrit, ⚠️ du temps, et la possibilité de poser des questions.

⚠️ Ce qui se corrige : la confusion sur laquelle repose le refus, ⚠️ une fois qu'elle a été identifiée, et pas avant.

⚠️ Ce qui se vérifie : ce que la personne a compris, ⚠️ en la faisant reformuler, ⚠️ et non en demandant si c'est clair, puis en corrigeant sans la reprendre durement.

⚠️ Ce qui se dit explicitement : que la décision lui appartient, ⚠️ qu'elle peut changer d'avis à tout moment, et qu'elle sera suivie de la même façon. ⚠️ Beaucoup de personnes craignent d'être forcées, et n'entendent rien tant que cette crainte n'est pas levée.

⚠️ Ce qui se propose : la présence d'un proche, ⚠️ et un temps de réflexion.

À retenir

Annoncer explicitement que la décision appartient à la personne : la crainte d'être forcé bloque l'écoute.

À retenir

  • Informer n'est pas convaincre : le but n'est pas d'obtenir un accord.
  • Une menace produit un accord de façade et une inobservance certaine.
  • La confusion se corrige après avoir été identifiée, jamais avant.
  • Faire reformuler vaut mieux que demander si c'est clair.
  • Dire que la personne peut changer d'avis à tout moment fait partie de l'information.

En pratique

  • Bénéfice attendu expliqué en ordre de grandeur
  • Risques du traitement énoncés
  • Conséquences de l'abstention dites sans dramatiser
  • Confusion identifiée puis corrigée
  • Support écrit remis
  • Compréhension vérifiée par reformulation
  • Droit de refuser et de changer d'avis énoncé
  • Temps de réflexion et proche proposés

Éducation et prévention

⚠️ Une décision se reprend, ⚠️ et ce qui se passe entre deux consultations décide de la suite.

⚠️ Ce qui se remet par écrit : ce qui a été proposé, ⚠️ pourquoi, ⚠️ ce que la personne a décidé, ⚠️ les signes qui doivent faire reconsulter, et la date du prochain rendez-vous.

⚠️ Ce qui s'explique sur les sources : ce qui distingue une information fiable d'un avis, ⚠️ sans disqualifier ce que la personne a lu, et en proposant où chercher.

⚠️ Ce qui se travaille avec elle : ce qui pourrait la faire changer d'avis, ⚠️ ce qui rendrait le traitement acceptable, ⚠️ une autre forme, ⚠️ une autre fréquence, ⚠️ un essai limité dans le temps, et une surveillance rapprochée.

⚠️ Ce qui se maintient en parallèle : les mesures non médicamenteuses, ⚠️ le dépistage, ⚠️ les vaccinations, ⚠️ et la prise en charge des autres problèmes, qui ne dépendent pas de cette décision.

⚠️ Ce qui s'explique à l'entourage, avec l'accord de la personne : la nature de la décision, ⚠️ et le fait qu'elle lui appartient, ce qui évite des pressions à la maison.

⚠️ Ce qui se sait de l'observance : une personne convaincue de force prend son traitement quelques semaines, ⚠️ une personne qui a décidé le prend longtemps.

⚠️ Ce qui se prévoit : un rendez-vous fixé avant le départ, et un moyen de joindre.

Le piège

Disqualifier la source d'information de la personne : elle cesse de dire ce qu'elle lit, sans cesser de le lire.

À retenir

  • Ce qui a été décidé se remet par écrit, avec les signes d'alerte.
  • Ne pas disqualifier ce que la personne a lu : proposer où chercher.
  • Un essai limité dans le temps débloque des refus de principe.
  • Dépistage, vaccinations et autres soins ne dépendent pas de cette décision.
  • Une personne convaincue de force tient quelques semaines ; une personne qui a décidé tient longtemps.

En pratique

  • Décision et proposition écrites
  • Signes d'alerte remis
  • Sources d'information discutées
  • Conditions d'acceptabilité explorées
  • Essai limité envisagé
  • Autres soins poursuivis
  • Entourage informé avec accord
  • Rendez-vous fixé avant le départ

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce qui n'est pas écrit n'a pas eu lieu, ⚠️ et le suivant recommencera tout, ⚠️ y compris les maladresses.

⚠️ Ce qui se trace dans le dossier : l'information donnée, ⚠️ en quels termes, ⚠️ la compréhension vérifiée, ⚠️ le refus, ⚠️ sa raison telle que la personne l'exprime, ⚠️ les alternatives proposées, ⚠️ ce qui a été accepté, et la date de réévaluation.

⚠️ Ce qui se transmet aux autres professionnels : la même chose, ⚠️ et la consigne de ne pas repartir de zéro, ni de reprendre l'argumentation à chaque rencontre.

⚠️ Ce qui ne s'écrit pas : un jugement, ⚠️ une étiquette, ⚠️ « refuse tout », ⚠️ « non compliant », ces mentions suivant la personne et orientant durablement la façon dont elle est reçue.

⚠️ Ce qui se demande à l'équipe : ce qui a déjà été tenté, ⚠️ par qui, ⚠️ et avec quel résultat, plutôt que de répéter ce qui a échoué.

⚠️ Ce qui se coordonne : un discours cohérent entre les intervenants, ⚠️ des messages contradictoires alimentant le refus, et une personne référente identifiée.

⚠️ Ce qui reste confidentiel : les raisons personnelles du refus, ⚠️ qui ne se transmettent qu'avec l'accord de la personne, et seulement à qui en a l'usage.

⚠️ Ce qui se dit à l'entourage qui insiste : que la décision appartient à la personne, ⚠️ sans divulguer le contenu de la consultation.

Le piège

Écrire une étiquette plutôt qu'un motif : le soignant suivant lit un caractère là où il y avait une raison.

À retenir

  • Tracer la raison du refus telle que la personne l'exprime, pas telle qu'on la traduit.
  • « Non compliant » suit la personne et oriente durablement son accueil.
  • Demander ce qui a déjà été tenté évite de répéter ce qui a échoué.
  • Des messages contradictoires entre soignants alimentent le refus.
  • Les raisons personnelles ne se transmettent qu'avec l'accord de la personne.

En pratique

  • Information donnée tracée
  • Compréhension vérifiée notée
  • Raison du refus écrite en propres termes
  • Alternatives et accord partiel notés
  • Date de réévaluation inscrite
  • Étiquettes évitées
  • Historique demandé à l'équipe
  • Confidentialité respectée

Sources

  • R2C, item 7 : Les droits individuels et collectifs du patient
  • R2C, item 3 : Le raisonnement et la décision en médecine. La médecine fondée sur les preuves (Evidence Based Medicine, EBM). La décision médicale partagée. La controverse.
  • Collège national des enseignants de médecine générale, chapitre sur la décision partagée et le refus de soin
  • Recommandations en vigueur sur l'information du patient, le consentement et le refus de soins. La date de la version consultée fait partie de la source