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Fiche de révision

Situation de harcèlement

Des faits datés et répétés, un retentissement mesuré, et une qualification que le médecin ne porte pas.

Situation de départ 344Catégorie VItem R2C 182Item R2C 183Item R2C 11

Entretien et interrogatoire

⚠️ Ces situations arrivent déguisées : ⚠️ en insomnie, ⚠️ en douleurs, ⚠️ en arrêts répétés, et en demande de somnifère.

⚠️ Ce qui s'ouvre la porte : une question simple sur le travail, ⚠️ ou sur l'école pour un jeune, ⚠️ ou sur la maison, posée systématiquement devant une plainte qui dure sans explication.

⚠️ Ce qui se demande ensuite : des faits, ⚠️ précis, ⚠️ datés, ⚠️ répétés, et non un ressenti global. ⚠️ « Donnez-moi un exemple de la semaine dernière » ouvre ce que « comment ça se passe » referme.

⚠️ Ce qui se recherche comme faits : la mise à l'écart, ⚠️ le retrait des tâches, ⚠️ les critiques publiques, ⚠️ les propos dégradants, ⚠️ la surcharge ou la sous-charge délibérée, ⚠️ le contrôle excessif, ⚠️ l'isolement matériel, et les messages.

⚠️ Ce qui se mesure : la fréquence, ⚠️ la durée, et l'évolution, ⚠️ la répétition dans le temps distinguant ces situations d'un conflit ponctuel.

⚠️ Ce qui se demande sur la personne : ce qu'elle en pense, ⚠️ beaucoup s'attribuant la cause, ⚠️ ce qu'elle a cessé de faire, ⚠️ à qui elle en a parlé, et quels recours elle connaît.

⚠️ Ce qui se recherche toujours : le retentissement somatique, ⚠️ thymique, ⚠️ les consommations, et les idées suicidaires, ⚠️ demandées directement, et sans jamais interroger de moyen.

Le piège

Attendre que la personne emploie le mot : elle ne le dira pas, et le médecin n'a pas à le poser à sa place.

À retenir

  • Une plainte qui dure sans explication appelle une question sur le travail.
  • Demander un exemple daté ouvre ce que « comment ça se passe » referme.
  • La répétition dans le temps distingue ces situations d'un conflit ponctuel.
  • Beaucoup de personnes s'attribuent la cause de ce qu'elles subissent.
  • Les idées suicidaires se demandent directement, sans jamais interroger de moyen.

En pratique

  • Question sur le travail posée
  • Faits datés demandés
  • Nature des faits recensée
  • Fréquence et durée mesurées
  • Attribution de la cause explorée
  • Retrait social recherché
  • Recours connus demandés
  • Idées suicidaires recherchées

Examen clinique

⚠️ L'examen sert ici à deux choses : ⚠️ objectiver le retentissement, et ne pas passer à côté d'autre chose.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ son évolution, ⚠️ la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, et l'état général.

⚠️ Ce qui s'observe pendant l'entretien : l'attitude, ⚠️ le contact, ⚠️ le débit de parole, ⚠️ les pleurs, ⚠️ le ralentissement, et la capacité à soutenir la conversation.

⚠️ Ce qui s'examine devant les plaintes exprimées : l'abdomen, ⚠️ le rachis, ⚠️ les zones douloureuses, et l'appareil concerné, ⚠️ un examen normal restant une information à donner.

⚠️ Ce qui se recherche systématiquement : des traces de violences physiques, ⚠️ lorsque le contexte n'est pas seulement professionnel, ⚠️ et toujours avec l'accord de la personne, en expliquant pourquoi.

⚠️ Ce qui se cherche comme diagnostic différentiel : un trouble thyroïdien, ⚠️ une anémie, ⚠️ un syndrome d'apnées du sommeil, ⚠️ une pathologie chronique évolutive, et un usage de substances.

⚠️ Ce qui se dit pendant l'examen : ce qui est cherché, ⚠️ ce qui est trouvé, et ce qui est normal, ⚠️ une personne qui consulte depuis des mois pour des examens normaux ayant besoin d'entendre autre chose que « tout va bien ».

⚠️ Ce qui se note : les constatations objectives, ⚠️ datées, et le poids à chaque venue.

À retenir

Peser à chaque consultation : la courbe dit ce que la personne minimise.

À retenir

  • Le poids et son évolution objectivent un retentissement mieux qu'un discours.
  • Un examen normal reste une information à donner et à expliquer.
  • « Tout va bien » après des mois de plaintes ferme la porte.
  • Les diagnostics différentiels somatiques se cherchent quand même.
  • Les constatations se notent datées, elles serviront plus tard.

En pratique

  • Poids et évolution relevés
  • Constantes prises
  • Comportement observé et noté
  • Zones douloureuses examinées
  • Recherche de traces avec accord
  • Différentiels somatiques envisagés
  • Normalité expliquée
  • Constatations datées

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen complémentaire ne fait le diagnostic. Les bilans écartant un diagnostic différentiel relèvent des situations de départ correspondantes.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune lecture d'image n'intervient dans cette situation.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas de démarche diagnostique propre : la situation se repère à l'entretien, et sa qualification n'appartient pas au médecin.

Urgence vitale

⚠️ Une seule urgence ici, ⚠️ et elle se cherche à chaque consultation.

⚠️ Ce qui se demande : l'existence d'idées suicidaires, ⚠️ leur ancienneté, ⚠️ leur fréquence, ⚠️ leur caractère envahissant, et ce qui retient la personne. ⚠️ La question se pose directement, ⚠️ elle ne provoque pas ce qu'elle cherche, et son absence laisse la personne seule. ⚠️ Aucun moyen ne se demande ni ne se nomme.

⚠️ Ce qui aggrave le risque : l'isolement, ⚠️ la perte d'un statut, ⚠️ la honte, ⚠️ la consommation d'alcool ou de médicaments, ⚠️ un antécédent personnel, et un épisode dépressif caractérisé.

⚠️ Ce qui impose un avis spécialisé sans délai : des idées envahissantes, ⚠️ une intention exprimée, ⚠️ un désespoir massif, ⚠️ un sentiment d'être un fardeau, ou un apaisement soudain inexpliqué.

⚠️ Ce qui se fait alors : ne pas laisser la personne repartir sans que la suite soit organisée, ⚠️ joindre un psychiatre ou une équipe d'urgence, ⚠️ associer un proche avec son accord, ou sans son accord si sa sécurité l'exige.

⚠️ Ce qui se décide en parallèle : un arrêt de travail, ⚠️ qui met à distance la source du danger, et qui n'est pas une reconnaissance juridique.

⚠️ Ce qui se remet : les coordonnées, ⚠️ écrites, ⚠️ les numéros d'aide, et un rendez-vous rapproché.

Urgence

Intention exprimée, sentiment d'être un fardeau, apaisement brutal : avis spécialisé sans délai.

À retenir

  • La question sur les idées suicidaires se pose à chaque consultation.
  • Aucun moyen ne se demande ni ne se nomme, et l'exploration reste sur le risque.
  • Un apaisement soudain inexpliqué est un signe d'alerte, pas une amélioration.
  • Un arrêt de travail met à distance la source du danger.
  • Personne à risque ne repart sans que la suite soit organisée.

En pratique

  • Idées suicidaires recherchées directement
  • Ancienneté et fréquence précisées
  • Éléments protecteurs recherchés
  • Facteurs aggravants recensés
  • Avis spécialisé déclenché si besoin
  • Arrêt de travail discuté
  • Coordonnées écrites remises
  • Rendez-vous rapproché fixé

Stratégie de prise en charge

⚠️ Le rôle du médecin est de soigner et de constater, ⚠️ pas de qualifier, et cette distinction tient toute la prise en charge.

⚠️ Ce qui se dit d'abord : que ce qui est décrit n'est pas normal, ⚠️ que la personne n'en est pas la cause, et que la situation est prise au sérieux. ⚠️ Cette phrase soulage plus que toute prescription.

⚠️ Ce qui se décide sur le travail : un arrêt lorsqu'il est nécessaire, ⚠️ sa durée, ⚠️ son renouvellement, et le fait qu'il protège sans rien reconnaître juridiquement.

⚠️ Ce qui se rédige avec précaution : un certificat qui décrit ce qui est constaté, ⚠️ l'état de santé, ⚠️ et les propos rapportés entre guillemets et attribués à la personne, ⚠️ sans jamais attester de faits non constatés, ni désigner un tiers.

⚠️ Ce qui se traite : le trouble du sommeil, ⚠️ l'anxiété, ⚠️ un épisode dépressif s'il est caractérisé, ⚠️ et les plaintes somatiques, la prescription d'hypnotiques restant courte et discutée.

⚠️ Ce qui s'oriente : le médecin du travail, ⚠️ qui peut agir sur le poste, ⚠️ un psychologue ou un psychiatre, ⚠️ et les dispositifs d'aide, dont l'existence est souvent ignorée.

⚠️ Ce qui s'explique sur les recours : qu'ils existent, ⚠️ qu'ils appartiennent à la personne, et que le médecin ne les engage pas à sa place.

⚠️ Ce qui se programme : une consultation rapprochée, ⚠️ et une trace datée à chaque venue.

Le piège

Écrire dans un certificat que la personne est victime de harcèlement : le médecin sort de son rôle et fragilise le dossier.

À retenir

Propos rapportés entre guillemets et attribués à la personne : c'est la formule qui protège tout le monde.

À retenir

  • Dire que ce qui est décrit n'est pas normal soulage plus que toute prescription.
  • Un certificat décrit ce qui est constaté, et rapporte les propos entre guillemets.
  • Ne jamais attester de faits non constatés, ni désigner un tiers.
  • L'arrêt de travail protège sans rien reconnaître juridiquement.
  • Le médecin du travail peut agir sur le poste, et il est souvent ignoré.

En pratique

  • Situation nommée comme anormale
  • Culpabilité désamorcée
  • Arrêt de travail discuté et daté
  • Certificat limité au constaté
  • Propos rapportés entre guillemets
  • Symptômes traités
  • Orientations proposées et nommées
  • Consultation rapprochée programmée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Aucune annonce diagnostique n'intervient. L'information sur les recours est traitée dans les sections prise en charge et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui se passe entre deux consultations décide de la suite, ⚠️ et une personne isolée n'a personne pour l'y aider.

⚠️ Ce qui se conseille sur les faits : de les noter au fur et à mesure, ⚠️ avec leur date, ⚠️ leur heure, ⚠️ les témoins, et de conserver les écrits reçus. ⚠️ Cette consigne n'est pas juridique, elle rend seulement la personne capable de raconter.

⚠️ Ce qui s'explique sur la santé : que les troubles du sommeil, ⚠️ les douleurs, ⚠️ et l'amaigrissement sont des conséquences, ⚠️ qu'ils régressent quand la situation change, et qu'ils ne signent pas une fragilité personnelle.

⚠️ Ce qui se travaille sur l'isolement : reprendre un contact, ⚠️ une activité, ⚠️ un repas partagé, et parler à une personne de confiance, ⚠️ le retrait aggravant tout le reste.

⚠️ Ce qui se dit sur l'alcool et les médicaments : qu'ils soulagent le soir, ⚠️ qu'ils aggravent le sommeil et l'humeur, et que leur usage se dit sans crainte de jugement.

⚠️ Ce qui se rappelle sur les recours : le médecin du travail, ⚠️ les représentants du personnel, ⚠️ les dispositifs d'écoute, ⚠️ et l'inspection du travail, dont l'existence s'explique sans pousser à agir.

⚠️ Ce qui se prépare pour un retour : les aménagements, ⚠️ la visite de préreprise, et ce qui rendra le retour tenable.

⚠️ Ce qui se remet : les signes qui imposent de reconsulter, et un rendez-vous fixé.

À retenir

La visite de préreprise auprès du médecin du travail se demande pendant l'arrêt, et non à la reprise.

À retenir

  • Noter les faits datés rend la personne capable de raconter, ce qui est déjà beaucoup.
  • Les symptômes sont des conséquences, et ils régressent quand la situation change.
  • Le retrait social aggrave tout le reste : il se travaille dès la première consultation.
  • L'existence des recours s'explique sans pousser la personne à agir.
  • La visite de préreprise prépare un retour tenable.

En pratique

  • Consigne de noter les faits donnée
  • Écrits reçus conservés
  • Origine des symptômes expliquée
  • Isolement travaillé
  • Alcool et médicaments abordés
  • Recours nommés sans injonction
  • Préreprise expliquée
  • Signes d'alerte et rendez-vous remis

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le secret est ici la première protection de la personne, ⚠️ et sa levée non contrôlée peut aggraver sa situation.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : contacter l'employeur, ⚠️ répondre à une demande de l'entreprise, ⚠️ ou transmettre un élément médical à un tiers, sans l'accord explicite de la personne.

⚠️ Ce qui se transmet au médecin du travail, avec l'accord de la personne : l'existence d'un retentissement sur la santé, ⚠️ la demande d'une visite, et ce que la personne accepte de faire savoir. ⚠️ Le médecin du travail est indépendant de l'employeur, ⚠️ il est tenu au secret, et il peut agir sur le poste, ⚠️ ce que la personne ignore souvent.

⚠️ Ce qui se transmet au psychiatre ou au psychologue : la situation, ⚠️ le retentissement, ⚠️ l'évaluation du risque, et son évolution.

⚠️ Ce qui se coordonne : qui suit quoi, ⚠️ qui rappelle, et à qui la personne s'adresse en premier.

⚠️ Ce qui se remet à la personne elle-même : les documents la concernant, ⚠️ dont elle dispose comme elle l'entend, et non à un tiers.

⚠️ Ce qui se trace : les faits rapportés, ⚠️ entre guillemets, ⚠️ les constatations, ⚠️ les dates, ⚠️ le poids, et les décisions, ⚠️ un dossier tenu régulièrement valant plus qu'une attestation rédigée après coup.

⚠️ Ce qui se refuse poliment : une demande d'attestation formulée par un tiers, quelle que soit sa fonction.

Le piège

Répondre à un appel de l'employeur, même pour rassurer : c'est une violation du secret et un préjudice pour la personne.

À retenir

  • Aucun élément médical ne sort sans l'accord explicite de la personne.
  • Le médecin du travail est indépendant, tenu au secret, et peut agir sur le poste.
  • Les documents se remettent à la personne, jamais à un tiers.
  • Un dossier tenu régulièrement vaut plus qu'une attestation rédigée après coup.
  • Une demande d'attestation venant d'un tiers se refuse, quelle que soit sa fonction.

En pratique

  • Accord explicite recueilli avant toute transmission
  • Employeur jamais contacté
  • Médecin du travail présenté et son rôle expliqué
  • Orientation psychiatrique documentée
  • Coordination des intervenants organisée
  • Documents remis à la personne
  • Propos tracés entre guillemets
  • Demande de tiers refusée

S'entraîner sur cette situation

Sources

  • R2C, item 182 : Environnement professionnel et santé au travail
  • R2C, item 183 : Organisation de la médecine du travail. Prévention des risques professionnels.
  • R2C, item 11 : Violences et santé
  • Collège des enseignants de médecine du travail, chapitre sur la souffrance au travail
  • Recommandations en vigueur sur le repérage de la souffrance liée au travail et la rédaction des certificats. La date de la version consultée fait partie de la source