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Fiche de révision

Situation de handicap

On s'adresse à la personne, on prépare avant l'arrivée, et on ne confond jamais absence de parole et absence de compréhension.

Situation de départ 345Catégorie VItem R2C 118Item R2C 119Item R2C 7

Entretien et interrogatoire

⚠️ La première question est celle de la communication, ⚠️ et elle se pose avant tout le reste.

⚠️ Ce qui se fait d'abord : s'adresser à la personne, ⚠️ la regarder, ⚠️ se présenter, ⚠️ et lui demander comment elle préfère communiquer, plutôt que de poser la question à l'accompagnant.

⚠️ Ce qui se demande sur les moyens : la parole, ⚠️ les gestes, ⚠️ un support visuel, ⚠️ une tablette, ⚠️ une synthèse vocale, ⚠️ un interprète en langue des signes, et le temps nécessaire. ⚠️ Une consultation adaptée dure plus longtemps, et cela se prévoit.

⚠️ Ce qui se recueille sur le fonctionnement : l'autonomie réelle, ⚠️ les transferts, ⚠️ l'aide humaine, ⚠️ les aides techniques, ⚠️ l'alimentation, ⚠️ l'élimination, ⚠️ le sommeil, et la douleur.

⚠️ Ce qui se demande sur la douleur : comment elle s'exprime chez cette personne, ⚠️ par des mots ou par un comportement, et ce qui a changé depuis peu.

⚠️ Ce qui se demande sur le quotidien : les habitudes, ⚠️ les repères, ⚠️ ce qui rassure, et ce qui déclenche l'agitation.

⚠️ Ce qui se recherche sans supposer : la sexualité, ⚠️ le travail, ⚠️ les projets, ⚠️ la vie sociale, et les violences subies, ⚠️ plus fréquentes dans cette population, et presque jamais recherchées.

⚠️ Ce qui se demande à la personne elle-même quand un tiers répond à sa place : de confirmer, ⚠️ d'ajouter, ou de corriger, ⚠️ la reformulation devant lui être adressée, et non validée par l'accompagnant.

⚠️ Ce qui se recueille sur le parcours : le suivi habituel, ⚠️ les professionnels qui interviennent, ⚠️ le lieu de vie, ⚠️ les aides en place, ⚠️ les droits ouverts, et ce qui a changé récemment, ⚠️ une modification de l'entourage précédant souvent une décompensation.

Le piège

Poser les questions à l'accompagnant parce que la réponse vient plus vite : la personne cesse alors d'être interlocutrice.

À retenir

  • La question sur le mode de communication précède toutes les autres.
  • S'adresser à la personne, pas à celui qui l'accompagne.
  • Une consultation adaptée dure plus longtemps : cela se prévoit.
  • Demander comment la douleur s'exprime chez cette personne précisément.
  • Les violences subies sont plus fréquentes et presque jamais recherchées.

En pratique

  • Présentation faite à la personne
  • Mode de communication demandé
  • Temps adapté prévu
  • Autonomie réelle recueillie
  • Aides humaines et techniques listées
  • Expression de la douleur précisée
  • Habitudes et repères recueillis
  • Vie sociale et violences abordées

Examen clinique

⚠️ L'examen se prépare, ⚠️ s'annonce, et s'adapte à ce que la personne peut faire.

⚠️ Ce qui se fait avant de toucher : expliquer ce que l'on va faire, ⚠️ demander l'accord, ⚠️ attendre la réponse, et laisser le temps de la donner.

⚠️ Ce qui s'organise : l'installation, ⚠️ le transfert, ⚠️ le nombre de personnes nécessaires, ⚠️ la table d'examen accessible, et le maintien du fauteuil à portée.

⚠️ Ce qui s'examine en priorité : la peau, ⚠️ les points d'appui, ⚠️ l'état cutané sous les appareillages, ⚠️ les rétractions, ⚠️ les déformations, et la spasticité.

⚠️ Ce qui se recherche systématiquement : une escarre débutante, ⚠️ un globe vésical, ⚠️ une constipation, ⚠️ une fracture chez une personne ostéoporotique, ⚠️ une infection, et un foyer dentaire, ⚠️ chacun pouvant se manifester par un simple changement de comportement.

⚠️ Ce qui s'évalue avec l'outil adapté : la douleur, ⚠️ par une échelle d'hétéro-évaluation comportementale lorsque l'autoévaluation n'est pas possible, et non par l'absence de plainte.

⚠️ Ce qui se sait : un examen normal ne dispense pas de chercher une cause à un changement de comportement, ⚠️ qui reste jusqu'à preuve du contraire un symptôme somatique.

⚠️ Ce qui se respecte : l'intimité, ⚠️ le déshabillage minimal, et le fait que l'aide d'un tiers ne supprime pas la pudeur.

⚠️ Ce qui se note pour la fois suivante : la position dans laquelle l'examen a été possible, ⚠️ le nombre de personnes nécessaires, ⚠️ ce qui a été mal supporté, et ce qui a fonctionné, ⚠️ cette description faisant gagner du temps et évitant une contention improvisée.

À retenir

Hétéro-évaluation comportementale de la douleur quand l'autoévaluation est impossible : sinon la douleur reste invisible.

À retenir

  • Expliquer, demander l'accord, attendre la réponse : dans cet ordre.
  • Un changement de comportement est un symptôme somatique jusqu'à preuve du contraire.
  • L'absence de plainte n'est pas l'absence de douleur.
  • Peau, vessie, transit, dents : les quatre causes les plus souvent oubliées.
  • L'aide d'un tiers pour se déshabiller ne supprime pas la pudeur.

En pratique

  • Geste expliqué et accord demandé
  • Installation et transfert organisés
  • Peau et points d'appui examinés
  • Appareillages retirés et zones vérifiées
  • Globe et transit recherchés
  • Foyer infectieux et dentaire cherchés
  • Douleur évaluée avec l'outil adapté
  • Intimité préservée

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen complémentaire n'est propre à cette situation. Les explorations relèvent de la pathologie recherchée et de ses situations de départ.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune lecture d'image n'est évaluée. Les contraintes d'accessibilité d'un examen d'imagerie sont traitées dans la section prise en charge.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : La démarche diagnostique devant un symptôme donné relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'urgence vitale propre. Les urgences survenant chez une personne en situation de handicap relèvent des situations correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Un séjour ou une consultation se prépare avant, ⚠️ ou ne se prépare pas du tout.

⚠️ Ce qui s'anticipe avant une hospitalisation : le mode de communication, ⚠️ le matériel, ⚠️ le lit et les aides au transfert, ⚠️ la place du fauteuil, ⚠️ la chambre, ⚠️ les textures alimentaires, ⚠️ les horaires de traitement, et la présence d'un accompagnant.

⚠️ Ce qui se demande à l'établissement ou aux aidants : la fiche de liaison, ⚠️ qui existe presque toujours, ⚠️ qui contient l'essentiel, et qu'il suffit de réclamer.

⚠️ Ce qui se maintient : le traitement habituel, ⚠️ notamment antispastique et antiépileptique, ⚠️ et les soins de nursing, dont l'interruption crée des complications en quelques jours.

⚠️ Ce qui se prévient : les escarres, ⚠️ la constipation, ⚠️ la rétention, ⚠️ la dénutrition, ⚠️ la perte d'autonomie liée au séjour, et la désorientation.

⚠️ Ce qui se décide avec la personne : les objectifs, ⚠️ ce qui compte pour elle, ⚠️ ce qu'elle accepte, et ce qu'elle refuse, ⚠️ un projet de soins ne se construisant pas sans elle.

⚠️ Ce qui s'organise pour la sortie : le retour, ⚠️ le matériel, ⚠️ les intervenants, ⚠️ la transmission écrite, et la reprise du suivi habituel, ⚠️ la sortie se préparant dès l'entrée.

⚠️ Ce qui se réévalue : les aides, ⚠️ les droits, et l'orientation médico-sociale.

⚠️ Ce qui s'anticipe pour un examen ou un geste : l'accessibilité du plateau technique, ⚠️ la durée d'immobilité exigée, ⚠️ le transfert sur la table, ⚠️ la nécessité d'une sédation ou d'une anesthésie, et la personne qui restera présente.

⚠️ Ce qui se pèse avant de proposer un examen : ce qu'il apportera réellement, ⚠️ et ce qu'il coûtera à la personne, ⚠️ la balance n'étant pas la même que pour quelqu'un qui monte seul sur une table.

Le piège

Suspendre un antispastique ou un antiépileptique par simplification à l'entrée : les conséquences apparaissent en quelques jours.

À retenir

Réclamer la fiche de liaison avant l'arrivée : c'est le geste qui change le plus le déroulement d'un séjour.

À retenir

  • La fiche de liaison existe presque toujours : il suffit de la demander.
  • L'interruption des traitements habituels crée des complications en quelques jours.
  • Une hospitalisation fait perdre de l'autonomie : cela se prévient activement.
  • Un projet de soins ne se construit pas sans la personne concernée.
  • La sortie se prépare dès l'entrée.

En pratique

  • Communication et matériel anticipés
  • Fiche de liaison demandée
  • Traitements habituels maintenus
  • Nursing et prévention organisés
  • Accompagnant prévu
  • Objectifs décidés avec la personne
  • Sortie préparée dès l'entrée
  • Aides et droits réévalués

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué pour lui-même.

Annonce et information

⚠️ Le droit d'être informé ne dépend ni de la parole, ⚠️ ni d'une mesure de protection.

⚠️ Ce qui se sait du cadre : toute personne reçoit une information adaptée à sa capacité de compréhension, ⚠️ son consentement est recherché, ⚠️ son refus est pris en compte, et une mesure de protection organise la représentation, ⚠️ sans supprimer la personne de la conversation.

⚠️ Ce qui rend l'information accessible : des phrases courtes, ⚠️ un mot par idée, ⚠️ des supports visuels, ⚠️ un document en langage simplifié, ⚠️ la répétition, et le temps.

⚠️ Ce qui se vérifie : ce que la personne a compris, ⚠️ par une reformulation adaptée à son mode de communication, et non par un hochement de tête qui peut n'être qu'une politesse.

⚠️ Ce qui se fait devant un refus : le prendre au sérieux, ⚠️ chercher ce qu'il exprime, ⚠️ proposer autrement, et ne pas le contourner par l'accompagnant.

⚠️ Ce qui s'annonce aussi : ce qui va se passer concrètement, ⚠️ , ⚠️ quand, ⚠️ avec qui, ⚠️ combien de temps, et ce qui sera douloureux, ⚠️ l'imprévu étant ce qui désorganise le plus.

⚠️ Ce qui se dit devant la personne : rien qui ne puisse lui être dit, ⚠️ et jamais de commentaire à son sujet à la troisième personne en sa présence.

⚠️ Ce qui s'associe, avec son accord : la famille, ⚠️ la personne de confiance, et les professionnels qui la connaissent.

À retenir

Annoncer le déroulé concret : où, quand, avec qui, combien de temps. L'imprévu désorganise plus que la douleur.

À retenir

  • L'information est due à la personne, quelle que soit sa façon de communiquer.
  • Une mesure de protection organise la représentation, elle n'exclut pas la personne.
  • Un hochement de tête n'est pas une compréhension vérifiée.
  • Un refus se prend au sérieux et ne se contourne pas par l'accompagnant.
  • Ne rien dire devant la personne qui ne puisse lui être dit.

En pratique

  • Information donnée à la personne elle-même
  • Support adapté utilisé
  • Phrases courtes et répétées
  • Compréhension vérifiée activement
  • Consentement recherché
  • Refus exploré et respecté
  • Déroulé concret annoncé
  • Entourage associé avec accord

Éducation et prévention

⚠️ La prévention est ce qui manque le plus à ces personnes, ⚠️ parce que chacun suppose qu'un autre s'en occupe.

⚠️ Ce qui se vérifie et qui manque souvent : les dépistages organisés, ⚠️ la santé bucco-dentaire, ⚠️ la vision, ⚠️ l'audition, ⚠️ les vaccinations, et le suivi gynécologique, ⚠️ dont l'accès est plus difficile, et l'oubli plus fréquent.

⚠️ Ce qui se travaille sur la nutrition : le poids, ⚠️ sa courbe, ⚠️ les textures, ⚠️ la durée des repas, ⚠️ l'aide humaine nécessaire, et le risque de dénutrition, ⚠️ que la lenteur des repas suffit à créer.

⚠️ Ce qui se conseille sur l'activité : une activité physique adaptée, ⚠️ la mobilisation quotidienne, et la lutte contre la sédentarité, ⚠️ qui aggrave tout le reste.

⚠️ Ce qui s'apprend à la personne et à ceux qui l'aident : les signes d'escarre, ⚠️ la surveillance cutanée, ⚠️ la prévention des fausses routes, ⚠️ les signes d'infection urinaire, et ce qui doit faire appeler.

⚠️ Ce qui s'aborde et qui se tait : la vie affective et sexuelle, ⚠️ la contraception, ⚠️ le désir d'enfant, et la prévention des violences.

⚠️ Ce qui se soutient : l'aidant, ⚠️ son épuisement, ⚠️ son propre suivi, et le répit.

Le piège

Supposer que le suivi préventif est assuré par le lieu de vie : personne ne le vérifie, et il ne l'est souvent pas.

À retenir

  • Les dépistages organisés sont plus souvent oubliés que refusés.
  • La lenteur des repas suffit à créer une dénutrition.
  • La santé bucco-dentaire est le premier angle mort, et une cause classique de douleur.
  • La vie affective et sexuelle s'aborde comme pour tout le monde.
  • L'aidant a son propre suivi, et il ne le fait pas.

En pratique

  • Dépistages organisés vérifiés
  • État dentaire évalué
  • Vision et audition contrôlées
  • Vaccinations à jour
  • Poids et dénutrition surveillés
  • Activité physique adaptée proposée
  • Vie affective et sexuelle abordée
  • Aidant soutenu et orienté

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce qui est écrit dans un dossier oriente durablement la façon dont une personne est reçue.

⚠️ Ce qui ne s'écrit jamais : « non communicant », ⚠️ « non coopérant », ⚠️ « opposant », quand la personne communique autrement, ⚠️ une mention fausse survivant plus longtemps que celui qui l'a écrite.

⚠️ Ce qui se transmet avant une hospitalisation : le mode de communication, ⚠️ l'autonomie réelle, ⚠️ les transferts, ⚠️ l'expression de la douleur, ⚠️ les textures, ⚠️ les traitements et leurs horaires, ⚠️ les repères, et le contact du professionnel référent.

⚠️ Ce qui se demande à l'établissement médico-social : la fiche de liaison, ⚠️ et un interlocuteur nommé, joignable pendant le séjour.

⚠️ Ce qui se transmet à chaque équipe qui interviendra : la même chose, ⚠️ y compris au bloc, ⚠️ à l'imagerie, et au brancardage, ⚠️ la transmission s'arrêtant en général à la porte du service.

⚠️ Ce qui se dit à la sortie : ce qui a été fait, ⚠️ ce qui a changé, ⚠️ les traitements modifiés, ⚠️ le matériel, et ce qui reste à surveiller, ⚠️ transmis à l'écrit et à un professionnel identifié.

⚠️ Ce qui reste confidentiel : les informations médicales, ⚠️ qui ne se transmettent aux professionnels du lieu de vie qu'avec l'accord de la personne, et dans la limite de leur mission.

⚠️ Ce qui se corrige activement : une mention erronée trouvée au dossier, ⚠️ plutôt que de la recopier.

Le piège

Recopier « non communicant » depuis la demande d'hospitalisation : l'erreur se propage à toutes les équipes.

À retenir

  • Une mention fausse au dossier survit plus longtemps que celui qui l'a écrite.
  • La transmission s'arrête en général à la porte du service : il faut la porter plus loin.
  • Un interlocuteur nommé et joignable vaut mieux qu'un numéro d'établissement.
  • La sortie se transmet à l'écrit et à un professionnel identifié.
  • Corriger une mention erronée fait partie du soin.

En pratique

  • Mentions erronées corrigées
  • Mode de communication transmis
  • Fiche de liaison obtenue
  • Interlocuteur nommé identifié
  • Bloc et plateaux techniques informés
  • Traitements et horaires transmis
  • Sortie transmise par écrit
  • Confidentialité respectée

Sources

  • R2C, item 118 : La personne handicapée : bases de l'évaluation fonctionnelle et thérapeutique
  • R2C, item 119 : Soin et accompagnement dans la maladie chronique et le handicap
  • R2C, item 7 : Les droits individuels et collectifs du patient
  • Collège français des enseignants universitaires de médecine physique et de réadaptation, chapitre sur la personne en situation de handicap
  • Recommandations en vigueur sur l'accueil et l'accompagnement des personnes en situation de handicap dans les établissements de santé. La date de la version consultée fait partie de la source