Aller au contenu
Toutes les fiches

Fiche de révision

Situation sanitaire exceptionnelle

Compter, fermer, trier, protéger, alerter : dans les premières minutes, organiser passe avant soigner.

Situation de départ 346Catégorie VItem R2C 333Item R2C 334Item R2C 7

Entretien et interrogatoire

⚠️ L'interrogatoire change de forme : ⚠️ il devient court, ⚠️ répété, et il porte autant sur l'événement que sur la personne.

⚠️ Ce qui se demande à celui qui alerte : ce qui s'est passé, ⚠️ , ⚠️ combien de personnes sont concernées, ⚠️ combien arrivent, ⚠️ par quels moyens, et s'il existe un risque particulier pour ceux qui les reçoivent.

⚠️ Ce qui se demande à chaque personne, en quelques mots : son identité, ⚠️ ce qui lui est arrivé, ⚠️ où elle se trouvait, ⚠️ ce qu'elle ressent, ⚠️ ses traitements, ⚠️ ses allergies, et l'existence d'une grossesse. ⚠️ Ces questions tiennent en une minute, et elles évitent des erreurs pendant des heures.

⚠️ Ce qui se recherche activement : une exposition, ⚠️ un contact avec une substance, ⚠️ des vêtements souillés, et la présence d'autres personnes restées sur place, ⚠️ une victime en désignant souvent d'autres que personne n'a comptées.

⚠️ Ce qui se demande aux accompagnants : ce qu'ils ont vu, ⚠️ qui ils cherchent, et par où ils sont entrés.

⚠️ Ce qui se répète : les questions posées à ceux qui attendent, ⚠️ l'état changeant, et une réponse rassurante à l'arrivée ne valant plus une heure après.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : un interrogatoire complet du premier arrivé, ⚠️ pendant que personne ne parle aux autres.

Le piège

Mener un interrogatoire complet auprès du premier arrivé : les suivants ne sont vus par personne.

À retenir

  • L'interrogatoire devient court, répété, et porte autant sur l'événement que sur la personne.
  • Une minute de questions évite des erreurs pendant des heures.
  • Une victime désigne souvent d'autres personnes que personne n'a comptées.
  • Une réponse rassurante à l'arrivée ne vaut plus une heure après.
  • Demander par où les gens sont entrés révèle les portes non tenues.

En pratique

  • Nature et lieu de l'événement demandés
  • Nombre concerné et attendu demandé
  • Risque pour les soignants demandé
  • Identité recueillie pour chacun
  • Traitements et allergies demandés
  • Grossesse recherchée
  • Exposition et vêtements vérifiés
  • Questions répétées au fil du temps

Examen clinique

⚠️ L'examen change de nature : ⚠️ il devient court, ⚠️ répété, et destiné à classer, ⚠️ non à conclure.

⚠️ Ce qui se regarde en quelques secondes : la marche, ⚠️ la parole, ⚠️ la respiration, ⚠️ la circulation, ⚠️ la conscience, et l'existence d'une hémorragie visible.

⚠️ Ce qui se sait de ces catégories : une personne qui marche et qui parle n'est pas une personne indemne, ⚠️ elle est une personne à réévaluer, et beaucoup s'aggravent secondairement.

⚠️ Ce qui alerte immédiatement : une hémorragie contrôlable, ⚠️ une détresse respiratoire, ⚠️ un trouble de conscience, et une agitation inexpliquée, ⚠️ qui n'est pas un trouble du comportement tant qu'une cause n'a pas été cherchée.

⚠️ Ce qui se répète : le passage auprès de ceux qui attendent, ⚠️ à intervalles courts, le tri étant un processus et non un acte unique.

⚠️ Ce qui se note pour chacun : un identifiant, ⚠️ une catégorie, ⚠️ l'heure, et ce qui a été fait, ⚠️ une fiche par personne, fût-elle réduite à trois lignes.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : un examen complet du premier arrivé, ⚠️ pendant que les autres ne sont vus par personne.

⚠️ Ce qui se cherche systématiquement : les personnes silencieuses, ⚠️ qui ne réclament rien, et qui sont souvent les plus graves.

Urgence

Hémorragie visible contrôlable : le geste passe avant la poursuite du tri, et il est bref.

À retenir

  • L'examen sert à classer, pas à conclure.
  • Une personne qui marche et parle est à réévaluer, pas indemne.
  • Une agitation inexpliquée est une cause somatique jusqu'à preuve du contraire.
  • Le tri est un processus répété, pas un acte unique.
  • Les personnes silencieuses sont souvent les plus graves.

En pratique

  • Marche et parole évaluées
  • Respiration et circulation regardées
  • Conscience appréciée
  • Hémorragies visibles cherchées
  • Catégorie attribuée
  • Identifiant et heure notés
  • Réévaluations programmées
  • Personnes silencieuses recherchées

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Les examens complémentaires ne participent pas au tri initial et relèvent de la prise en charge individuelle, traitée dans les situations de départ correspondantes.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune lecture d'image n'intervient dans l'organisation initiale.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : La démarche diagnostique individuelle relève des situations de départ correspondantes. Ici, la question est celle du classement et de l'orientation.

Urgence vitale

⚠️ Le raisonnement s'inverse : ⚠️ on ne fait pas le maximum pour chacun, on fait le mieux possible pour le plus grand nombre.

⚠️ Ce qui se fait dans la première minute : alerter, ⚠️ son senior, ⚠️ la coordination, ⚠️ la régulation, ⚠️ et l'administration de garde, avant même d'avoir tout compris, ⚠️ une alerte trop précoce se rattrapant, une alerte trop tardive jamais.

⚠️ Ce qui se décide immédiatement : une porte unique tenue, ⚠️ un dénombrement, ⚠️ un point de tri, ⚠️ une zone par catégorie, et un responsable nommé pour chacune.

⚠️ Ce qui protège l'équipe : l'évaluation du risque avant tout contact, ⚠️ les protections adaptées, ⚠️ le maintien à l'écart de ce qui n'est pas identifié, et l'appel d'un appui spécialisé. ⚠️ Une équipe contaminée cesse de soigner qui que ce soit.

⚠️ Ce qui se fait devant une exposition possible : isoler avant l'entrée, ⚠️ retirer les vêtements, ⚠️ rincer abondamment, ⚠️ ne pas faire circuler la personne, et demander l'avis compétent.

⚠️ Ce qui se libère : les lits, ⚠️ les blocs, ⚠️ l'imagerie, ⚠️ les places, et la salle d'attente, ⚠️ les consultations non urgentes étant reportées et les personnes informées.

⚠️ Ce qui se réévalue en boucle : les catégories, ⚠️ les moyens, ⚠️ le nombre attendu, et la décision de passer la main.

Urgence

Alerter avant d'avoir tout compris. Attendre d'être sûr est la faute la plus coûteuse de ces situations.

À retenir

Un responsable nommé par zone : sans nom, la zone n'a personne, quelle que soit la procédure.

À retenir

  • On ne fait pas le maximum pour chacun, mais le mieux pour le plus grand nombre.
  • Une alerte trop précoce se rattrape, une alerte trop tardive jamais.
  • Une équipe contaminée cesse de soigner qui que ce soit.
  • Une exposition non identifiée se traite avant l'entrée dans le service.
  • Libérer les places fait partie de la prise en charge initiale.

En pratique

  • Alerte donnée immédiatement
  • Porte unique tenue
  • Dénombrement engagé
  • Point de tri et zones organisés
  • Responsable nommé par zone
  • Protection de l'équipe assurée
  • Exposition traitée avant l'entrée
  • Places et plateaux libérés

Stratégie de prise en charge

⚠️ Une situation exceptionnelle se prépare avant, ⚠️ se tient pendant, et se reprend après.

⚠️ Ce qui existe avant : un plan, ⚠️ une procédure affichée, ⚠️ des fiches réflexes par fonction, ⚠️ du matériel identifié, ⚠️ des exercices, et un annuaire de rappel. ⚠️ Une procédure jamais éprouvée n'est pas connue, et se découvre au pire moment.

⚠️ Ce qui se tient pendant : une seule chaîne de décision, ⚠️ des fonctions plutôt que des personnes, ⚠️ des consignes données une par une et répétées, et un point régulier.

⚠️ Ce qui s'organise pour la durée : les relèves, ⚠️ l'alimentation des équipes, ⚠️ le repos, ⚠️ le renfort, et la continuité de l'activité courante, ⚠️ qui ne s'arrête pas.

⚠️ Ce qui se trace : chaque personne, ⚠️ chaque décision, ⚠️ chaque orientation, et l'heure, ⚠️ la traçabilité servant à retrouver des gens, et non à se justifier.

⚠️ Ce qui se prévoit pour la sortie de crise : le retour à l'organisation habituelle, ⚠️ la reprise des activités reportées, ⚠️ et le suivi des personnes prises en charge, souvent perdues de vue.

⚠️ Ce qui se fait après : un retour d'expérience, ⚠️ un soutien aux équipes, ⚠️ un repérage du retentissement psychologique, et une correction des procédures.

⚠️ Ce qui se sait du médecin de premier recours : il alerte, ⚠️ il oriente, et il prend en charge les suites.

À retenir

Consignes une par une, répétées à voix haute par celui qui les reçoit. C'est ce qui passe dans le bruit.

À retenir

  • Une procédure jamais éprouvée se découvre au pire moment.
  • Les fonctions valent mieux que les noms : elles survivent aux relèves.
  • L'activité courante ne s'arrête pas et doit être tenue en parallèle.
  • La traçabilité sert à retrouver des gens, pas à se justifier.
  • Le retour d'expérience et le soutien aux équipes font partie de la prise en charge.

En pratique

  • Procédure appliquée et tenue par quelqu'un
  • Chaîne de décision unique
  • Consignes données une par une
  • Relèves et renforts organisés
  • Activité courante maintenue
  • Traçabilité assurée
  • Sortie de crise préparée
  • Retour d'expérience et soutien prévus

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Aucun geste technique n'est évalué pour lui-même. Les gestes de sauvetage relèvent des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'annonce individuelle n'intervient pas dans les premières heures. L'information des familles est traitée dans la section communication.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui se dit aux gens pendant et après décide d'une partie des conséquences.

⚠️ Ce qui se dit à ceux qui attendent : ce qui se passe, ⚠️ pourquoi c'est long, ⚠️ dans quel ordre les personnes sont vues, et quand la prochaine information sera donnée. ⚠️ Une attente expliquée est tenable, une attente muette ne l'est pas.

⚠️ Ce qui se dit à ceux qui repartent : les signes qui imposent de reconsulter, ⚠️ le délai pendant lequel ils peuvent apparaître, ⚠️ où consulter, ⚠️ et à qui, remis par écrit, ⚠️ une consigne orale donnée dans ce contexte n'étant pas retenue.

⚠️ Ce qui s'explique sur les suites : que des troubles du sommeil, ⚠️ des images qui reviennent, ⚠️ une irritabilité, et une fatigue sont fréquents après un tel événement, ⚠️ qu'ils ne signent pas une fragilité, et qu'une aide existe.

⚠️ Ce qui se propose activement : une orientation vers un dispositif de prise en charge psychologique, ⚠️ pour les personnes touchées, ⚠️ pour les témoins, et pour les proches.

⚠️ Ce qui se prévoit pour les équipes : un temps de reprise, ⚠️ un repérage de ceux qui vont mal, et un accès facilité au soin, ⚠️ les soignants étant ceux qui demandent le moins.

⚠️ Ce qui se corrige pour la prochaine fois : les consignes mal comprises, ⚠️ les documents illisibles, et l'absence de traduction.

À retenir

Annoncer quand la prochaine information sera donnée, même si l'on n'a rien à dire.

À retenir

  • Une attente expliquée est tenable, une attente muette ne l'est pas.
  • Une consigne orale donnée dans ce contexte n'est pas retenue : elle s'écrit.
  • Les troubles qui suivent sont fréquents et ne signent pas une fragilité.
  • L'orientation psychologique se propose activement, y compris aux témoins.
  • Les soignants sont ceux qui demandent le moins d'aide.

En pratique

  • Information donnée à ceux qui attendent
  • Prochain point annoncé
  • Consignes de retour remises par écrit
  • Signes d'alerte et délais expliqués
  • Suites psychologiques expliquées
  • Orientation proposée aux personnes et témoins
  • Reprise organisée pour les équipes
  • Supports corrigés pour la suite

Communication interprofessionnelle

⚠️ Tout se joue sur ce qui circule, ⚠️ et sur ce qui ne doit pas circuler.

⚠️ Ce qui se transmet vers le haut : le nombre, ⚠️ les catégories, ⚠️ les besoins, ⚠️ les manques, ⚠️ la capacité résiduelle, et le délai avant saturation. ⚠️ Une transmission sans chiffre ne permet aucune décision.

⚠️ Ce qui se demande quand on ne sait pas : le nombre attendu, ⚠️ la nature de l'événement, ⚠️ l'existence d'un risque particulier, et le point de contact, ⚠️ plutôt que de décider sur une supposition.

⚠️ Ce qui se transmet dans le service : des consignes brèves, ⚠️ une par une, ⚠️ répétées par celui qui les reçoit, et un point à intervalle fixe.

⚠️ Ce qui s'organise pour les familles : un lieu séparé, ⚠️ un interlocuteur nommé, ⚠️ une information régulière même quand il n'y a rien de nouveau, et un circuit d'identification. ⚠️ La présence d'une personne ne se confirme pas à qui la demande, et se vérifie avant d'être dite.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : photographier, ⚠️ filmer, ⚠️ publier, ⚠️ commenter sur un réseau, ⚠️ ou répondre à un média, la parole publique relevant d'une fonction désignée.

⚠️ Ce qui se fait devant une publication : la faire retirer sans délai, ⚠️ rappeler l'interdit à l'équipe, et signaler.

⚠️ Ce qui se transmet aux services d'aval : l'identifiant, ⚠️ la catégorie, ⚠️ ce qui a été fait, ⚠️ l'heure, et ce qui reste à faire.

Le piège

Confirmer par téléphone qu'une personne est bien arrivée : l'identification suit un circuit, et l'erreur est irréparable.

À retenir

  • Une transmission sans chiffre ne permet aucune décision.
  • Demander ce qu'on ignore vaut mieux que décider sur une supposition.
  • Les familles reçoivent une information régulière, même quand il n'y a rien de nouveau.
  • La présence d'une personne se vérifie avant d'être confirmée à qui que ce soit.
  • La parole publique relève d'une fonction désignée, jamais du soignant présent.

En pratique

  • Chiffres transmis vers la coordination
  • Besoins et manques énoncés
  • Informations manquantes demandées
  • Consignes brèves et répétées
  • Lieu et interlocuteur pour les familles
  • Identification vérifiée avant confirmation
  • Publications retirées et interdit rappelé
  • Transmission structurée vers l'aval

Sources

  • R2C, item 333 : Situations sanitaires exceptionnelles
  • R2C, item 7 : Les droits individuels et collectifs du patient
  • Collège français de médecine d'urgence, chapitre sur l'afflux de victimes et l'organisation hospitalière
  • Recommandations en vigueur sur l'organisation hospitalière face aux situations sanitaires exceptionnelles. La date de la version consultée fait partie de la source