Fiche de révision
Situation sanitaire exceptionnelle
Compter, fermer, trier, protéger, alerter : dans les premières minutes, organiser passe avant soigner.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ L'interrogatoire change de forme : ⚠️ il devient court, ⚠️ répété, et il porte autant sur l'événement que sur la personne.
⚠️ Ce qui se demande à celui qui alerte : ce qui s'est passé, ⚠️ où, ⚠️ combien de personnes sont concernées, ⚠️ combien arrivent, ⚠️ par quels moyens, et s'il existe un risque particulier pour ceux qui les reçoivent.
⚠️ Ce qui se demande à chaque personne, en quelques mots : son identité, ⚠️ ce qui lui est arrivé, ⚠️ où elle se trouvait, ⚠️ ce qu'elle ressent, ⚠️ ses traitements, ⚠️ ses allergies, et l'existence d'une grossesse. ⚠️ Ces questions tiennent en une minute, et elles évitent des erreurs pendant des heures.
⚠️ Ce qui se recherche activement : une exposition, ⚠️ un contact avec une substance, ⚠️ des vêtements souillés, et la présence d'autres personnes restées sur place, ⚠️ une victime en désignant souvent d'autres que personne n'a comptées.
⚠️ Ce qui se demande aux accompagnants : ce qu'ils ont vu, ⚠️ qui ils cherchent, et par où ils sont entrés.
⚠️ Ce qui se répète : les questions posées à ceux qui attendent, ⚠️ l'état changeant, et une réponse rassurante à l'arrivée ne valant plus une heure après.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : un interrogatoire complet du premier arrivé, ⚠️ pendant que personne ne parle aux autres.
À retenir
- L'interrogatoire devient court, répété, et porte autant sur l'événement que sur la personne.
- Une minute de questions évite des erreurs pendant des heures.
- Une victime désigne souvent d'autres personnes que personne n'a comptées.
- Une réponse rassurante à l'arrivée ne vaut plus une heure après.
- Demander par où les gens sont entrés révèle les portes non tenues.
En pratique
- Nature et lieu de l'événement demandés
- Nombre concerné et attendu demandé
- Risque pour les soignants demandé
- Identité recueillie pour chacun
- Traitements et allergies demandés
- Grossesse recherchée
- Exposition et vêtements vérifiés
- Questions répétées au fil du temps
Examen clinique
⚠️ L'examen change de nature : ⚠️ il devient court, ⚠️ répété, et destiné à classer, ⚠️ non à conclure.
⚠️ Ce qui se regarde en quelques secondes : la marche, ⚠️ la parole, ⚠️ la respiration, ⚠️ la circulation, ⚠️ la conscience, et l'existence d'une hémorragie visible.
⚠️ Ce qui se sait de ces catégories : une personne qui marche et qui parle n'est pas une personne indemne, ⚠️ elle est une personne à réévaluer, et beaucoup s'aggravent secondairement.
⚠️ Ce qui alerte immédiatement : une hémorragie contrôlable, ⚠️ une détresse respiratoire, ⚠️ un trouble de conscience, et une agitation inexpliquée, ⚠️ qui n'est pas un trouble du comportement tant qu'une cause n'a pas été cherchée.
⚠️ Ce qui se répète : le passage auprès de ceux qui attendent, ⚠️ à intervalles courts, le tri étant un processus et non un acte unique.
⚠️ Ce qui se note pour chacun : un identifiant, ⚠️ une catégorie, ⚠️ l'heure, et ce qui a été fait, ⚠️ une fiche par personne, fût-elle réduite à trois lignes.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : un examen complet du premier arrivé, ⚠️ pendant que les autres ne sont vus par personne.
⚠️ Ce qui se cherche systématiquement : les personnes silencieuses, ⚠️ qui ne réclament rien, et qui sont souvent les plus graves.
À retenir
- L'examen sert à classer, pas à conclure.
- Une personne qui marche et parle est à réévaluer, pas indemne.
- Une agitation inexpliquée est une cause somatique jusqu'à preuve du contraire.
- Le tri est un processus répété, pas un acte unique.
- Les personnes silencieuses sont souvent les plus graves.
En pratique
- Marche et parole évaluées
- Respiration et circulation regardées
- Conscience appréciée
- Hémorragies visibles cherchées
- Catégorie attribuée
- Identifiant et heure notés
- Réévaluations programmées
- Personnes silencieuses recherchées
Synthèse paraclinique
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
⚠️ Le raisonnement s'inverse : ⚠️ on ne fait pas le maximum pour chacun, on fait le mieux possible pour le plus grand nombre.
⚠️ Ce qui se fait dans la première minute : alerter, ⚠️ son senior, ⚠️ la coordination, ⚠️ la régulation, ⚠️ et l'administration de garde, avant même d'avoir tout compris, ⚠️ une alerte trop précoce se rattrapant, une alerte trop tardive jamais.
⚠️ Ce qui se décide immédiatement : une porte unique tenue, ⚠️ un dénombrement, ⚠️ un point de tri, ⚠️ une zone par catégorie, et un responsable nommé pour chacune.
⚠️ Ce qui protège l'équipe : l'évaluation du risque avant tout contact, ⚠️ les protections adaptées, ⚠️ le maintien à l'écart de ce qui n'est pas identifié, et l'appel d'un appui spécialisé. ⚠️ Une équipe contaminée cesse de soigner qui que ce soit.
⚠️ Ce qui se fait devant une exposition possible : isoler avant l'entrée, ⚠️ retirer les vêtements, ⚠️ rincer abondamment, ⚠️ ne pas faire circuler la personne, et demander l'avis compétent.
⚠️ Ce qui se libère : les lits, ⚠️ les blocs, ⚠️ l'imagerie, ⚠️ les places, et la salle d'attente, ⚠️ les consultations non urgentes étant reportées et les personnes informées.
⚠️ Ce qui se réévalue en boucle : les catégories, ⚠️ les moyens, ⚠️ le nombre attendu, et la décision de passer la main.
À retenir
- On ne fait pas le maximum pour chacun, mais le mieux pour le plus grand nombre.
- Une alerte trop précoce se rattrape, une alerte trop tardive jamais.
- Une équipe contaminée cesse de soigner qui que ce soit.
- Une exposition non identifiée se traite avant l'entrée dans le service.
- Libérer les places fait partie de la prise en charge initiale.
En pratique
- Alerte donnée immédiatement
- Porte unique tenue
- Dénombrement engagé
- Point de tri et zones organisés
- Responsable nommé par zone
- Protection de l'équipe assurée
- Exposition traitée avant l'entrée
- Places et plateaux libérés
Stratégie de prise en charge
⚠️ Une situation exceptionnelle se prépare avant, ⚠️ se tient pendant, et se reprend après.
⚠️ Ce qui existe avant : un plan, ⚠️ une procédure affichée, ⚠️ des fiches réflexes par fonction, ⚠️ du matériel identifié, ⚠️ des exercices, et un annuaire de rappel. ⚠️ Une procédure jamais éprouvée n'est pas connue, et se découvre au pire moment.
⚠️ Ce qui se tient pendant : une seule chaîne de décision, ⚠️ des fonctions plutôt que des personnes, ⚠️ des consignes données une par une et répétées, et un point régulier.
⚠️ Ce qui s'organise pour la durée : les relèves, ⚠️ l'alimentation des équipes, ⚠️ le repos, ⚠️ le renfort, et la continuité de l'activité courante, ⚠️ qui ne s'arrête pas.
⚠️ Ce qui se trace : chaque personne, ⚠️ chaque décision, ⚠️ chaque orientation, et l'heure, ⚠️ la traçabilité servant à retrouver des gens, et non à se justifier.
⚠️ Ce qui se prévoit pour la sortie de crise : le retour à l'organisation habituelle, ⚠️ la reprise des activités reportées, ⚠️ et le suivi des personnes prises en charge, souvent perdues de vue.
⚠️ Ce qui se fait après : un retour d'expérience, ⚠️ un soutien aux équipes, ⚠️ un repérage du retentissement psychologique, et une correction des procédures.
⚠️ Ce qui se sait du médecin de premier recours : il alerte, ⚠️ il oriente, et il prend en charge les suites.
À retenir
- Une procédure jamais éprouvée se découvre au pire moment.
- Les fonctions valent mieux que les noms : elles survivent aux relèves.
- L'activité courante ne s'arrête pas et doit être tenue en parallèle.
- La traçabilité sert à retrouver des gens, pas à se justifier.
- Le retour d'expérience et le soutien aux équipes font partie de la prise en charge.
En pratique
- Procédure appliquée et tenue par quelqu'un
- Chaîne de décision unique
- Consignes données une par une
- Relèves et renforts organisés
- Activité courante maintenue
- Traçabilité assurée
- Sortie de crise préparée
- Retour d'expérience et soutien prévus
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Ce qui se dit aux gens pendant et après décide d'une partie des conséquences.
⚠️ Ce qui se dit à ceux qui attendent : ce qui se passe, ⚠️ pourquoi c'est long, ⚠️ dans quel ordre les personnes sont vues, et quand la prochaine information sera donnée. ⚠️ Une attente expliquée est tenable, une attente muette ne l'est pas.
⚠️ Ce qui se dit à ceux qui repartent : les signes qui imposent de reconsulter, ⚠️ le délai pendant lequel ils peuvent apparaître, ⚠️ où consulter, ⚠️ et à qui, remis par écrit, ⚠️ une consigne orale donnée dans ce contexte n'étant pas retenue.
⚠️ Ce qui s'explique sur les suites : que des troubles du sommeil, ⚠️ des images qui reviennent, ⚠️ une irritabilité, et une fatigue sont fréquents après un tel événement, ⚠️ qu'ils ne signent pas une fragilité, et qu'une aide existe.
⚠️ Ce qui se propose activement : une orientation vers un dispositif de prise en charge psychologique, ⚠️ pour les personnes touchées, ⚠️ pour les témoins, et pour les proches.
⚠️ Ce qui se prévoit pour les équipes : un temps de reprise, ⚠️ un repérage de ceux qui vont mal, et un accès facilité au soin, ⚠️ les soignants étant ceux qui demandent le moins.
⚠️ Ce qui se corrige pour la prochaine fois : les consignes mal comprises, ⚠️ les documents illisibles, et l'absence de traduction.
À retenir
- Une attente expliquée est tenable, une attente muette ne l'est pas.
- Une consigne orale donnée dans ce contexte n'est pas retenue : elle s'écrit.
- Les troubles qui suivent sont fréquents et ne signent pas une fragilité.
- L'orientation psychologique se propose activement, y compris aux témoins.
- Les soignants sont ceux qui demandent le moins d'aide.
En pratique
- Information donnée à ceux qui attendent
- Prochain point annoncé
- Consignes de retour remises par écrit
- Signes d'alerte et délais expliqués
- Suites psychologiques expliquées
- Orientation proposée aux personnes et témoins
- Reprise organisée pour les équipes
- Supports corrigés pour la suite
Communication interprofessionnelle
⚠️ Tout se joue sur ce qui circule, ⚠️ et sur ce qui ne doit pas circuler.
⚠️ Ce qui se transmet vers le haut : le nombre, ⚠️ les catégories, ⚠️ les besoins, ⚠️ les manques, ⚠️ la capacité résiduelle, et le délai avant saturation. ⚠️ Une transmission sans chiffre ne permet aucune décision.
⚠️ Ce qui se demande quand on ne sait pas : le nombre attendu, ⚠️ la nature de l'événement, ⚠️ l'existence d'un risque particulier, et le point de contact, ⚠️ plutôt que de décider sur une supposition.
⚠️ Ce qui se transmet dans le service : des consignes brèves, ⚠️ une par une, ⚠️ répétées par celui qui les reçoit, et un point à intervalle fixe.
⚠️ Ce qui s'organise pour les familles : un lieu séparé, ⚠️ un interlocuteur nommé, ⚠️ une information régulière même quand il n'y a rien de nouveau, et un circuit d'identification. ⚠️ La présence d'une personne ne se confirme pas à qui la demande, et se vérifie avant d'être dite.
⚠️ Ce qui ne se fait jamais : photographier, ⚠️ filmer, ⚠️ publier, ⚠️ commenter sur un réseau, ⚠️ ou répondre à un média, la parole publique relevant d'une fonction désignée.
⚠️ Ce qui se fait devant une publication : la faire retirer sans délai, ⚠️ rappeler l'interdit à l'équipe, et signaler.
⚠️ Ce qui se transmet aux services d'aval : l'identifiant, ⚠️ la catégorie, ⚠️ ce qui a été fait, ⚠️ l'heure, et ce qui reste à faire.
À retenir
- Une transmission sans chiffre ne permet aucune décision.
- Demander ce qu'on ignore vaut mieux que décider sur une supposition.
- Les familles reçoivent une information régulière, même quand il n'y a rien de nouveau.
- La présence d'une personne se vérifie avant d'être confirmée à qui que ce soit.
- La parole publique relève d'une fonction désignée, jamais du soignant présent.
En pratique
- Chiffres transmis vers la coordination
- Besoins et manques énoncés
- Informations manquantes demandées
- Consignes brèves et répétées
- Lieu et interlocuteur pour les familles
- Identification vérifiée avant confirmation
- Publications retirées et interdit rappelé
- Transmission structurée vers l'aval