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Fiche de révision

Suspicion d'un effet indésirable des médicaments ou d'un soin

Depuis quand, et qu'a-t-on introduit avant : la question qui rattrape ce qu'aucun examen ne montre.

Situation de départ 348Catégorie VItem R2C 325Item R2C 4Item R2C 5

Entretien et interrogatoire

⚠️ Tout repose sur une chronologie, ⚠️ et une chronologie se reconstitue avec des dates, pas avec des impressions.

⚠️ Ce qui se demande sur le symptôme : sa date d'apparition précise, ⚠️ son mode d'installation, ⚠️ son évolution, et ce que la personne faisait à ce moment-là.

⚠️ Ce qui se demande ensuite, et qui décide de tout : ce qui a changé dans les semaines qui ont précédé, ⚠️ un traitement introduit, ⚠️ une dose modifiée, ⚠️ une forme différente, ⚠️ un générique, ⚠️ un arrêt, et un soin réalisé.

⚠️ Ce qui se recense en entier : l'ordonnance, ⚠️ les traitements des autres prescripteurs, ⚠️ l'automédication, ⚠️ les compléments, ⚠️ les plantes, ⚠️ les produits d'un proche, et les dispositifs. ⚠️ Beaucoup de personnes ne comptent comme médicament que ce qui est prescrit.

⚠️ Ce qui se demande sur le terrain : l'âge, ⚠️ la fonction rénale et hépatique connues, ⚠️ une grossesse, ⚠️ des antécédents d'intolérance, et une allergie déclarée.

⚠️ Ce qui se recherche sur l'observance : ce qui est réellement pris, ⚠️ à quelle heure, ⚠️ et depuis quand, une prise doublée valant une modification de dose.

⚠️ Ce qui se demande devant un soin : la date, ⚠️ le geste, ⚠️ le matériel, et l'évolution depuis.

Le piège

Se contenter de l'ordonnance : l'automédication et les compléments sont absents du dossier et présents dans le tiroir.

À retenir

  • La date précise d'apparition vaut plus que la description du symptôme.
  • Demander ce qui a changé dans les semaines précédentes, pas seulement ce qui est prescrit.
  • Beaucoup de personnes ne comptent comme médicament que ce qui est prescrit.
  • Un changement de forme ou de générique est une modification comme une autre.
  • Une prise doublée par erreur équivaut à une modification de dose.

En pratique

  • Date d'apparition précisée
  • Mode d'installation et évolution recueillis
  • Modifications récentes recherchées
  • Ordonnance complète reconstituée
  • Automédication et compléments demandés
  • Terrain et fonctions d'élimination évalués
  • Antécédents d'intolérance recherchés
  • Observance réelle explorée

Examen clinique

Sans objet pour cette situation : L'examen dépend du symptôme suspecté et relève des situations de départ correspondantes. Aucun signe d'examen n'établit l'imputabilité.

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen ne prouve l'imputabilité. Les bilans qui écartent une autre cause relèvent des situations de départ du symptôme.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune lecture d'image n'intervient dans cette situation.

Stratégie diagnostique

⚠️ Aucun examen ne prouve qu'un médicament est en cause : ⚠️ c'est un raisonnement, et il se conduit toujours de la même façon.

⚠️ Ce qui s'examine en premier : la concordance des dates, ⚠️ le délai entre l'introduction et l'apparition, ⚠️ la compatibilité de ce délai avec l'effet suspecté, et l'évolution après un arrêt éventuel.

⚠️ Ce qui s'examine ensuite : le caractère typique ou non du tableau pour ce produit, ⚠️ son existence connue, et sa fréquence.

⚠️ Ce qui s'examine enfin : l'existence d'une autre explication, ⚠️ une maladie évolutive, ⚠️ une infection, ⚠️ une cause tumorale, et une autre molécule. ⚠️ Un raisonnement d'imputabilité ne dispense jamais de chercher autre chose, ⚠️ et une radiographie normale n'écarte pas tout.

⚠️ Ce qui se sait des situations à risque : la personne âgée, ⚠️ l'insuffisance rénale ou hépatique, ⚠️ la polymédication, ⚠️ les interactions, ⚠️ la grossesse, et l'enfant.

⚠️ Ce qui s'évoque devant des tableaux trompeurs : une chute, ⚠️ une confusion, ⚠️ une hyponatrémie, ⚠️ une insuffisance rénale, ⚠️ une hémorragie, ⚠️ une hypoglycémie, ⚠️ une éruption, et une atteinte hépatique, ⚠️ tous étant d'abord attribués à autre chose.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : réintroduire pour vérifier, ⚠️ sauf décision spécialisée et argumentée.

À retenir

Chronologie, sémiologie, absence d'autre cause : les trois questions se posent dans cet ordre, à chaque fois.

À retenir

  • L'imputabilité est un raisonnement, aucun examen ne la prouve.
  • Trois axes : la chronologie, la sémiologie, l'absence d'autre cause.
  • Un raisonnement d'imputabilité ne dispense jamais de chercher autre chose.
  • Chute, confusion et hyponatrémie sont d'abord attribuées à l'âge.
  • On ne réintroduit pas pour vérifier, sauf décision spécialisée.

En pratique

  • Délai introduction-apparition calculé
  • Compatibilité du délai appréciée
  • Effet connu du produit vérifié
  • Autres causes envisagées
  • Terrain à risque identifié
  • Interactions recherchées
  • Évolution après arrêt prévue
  • Réintroduction écartée

Urgence vitale

⚠️ Certains effets ne se discutent pas : ⚠️ on arrête, et on traite.

⚠️ Ce qui impose l'arrêt immédiat et une prise en charge urgente : une réaction anaphylactique, ⚠️ une atteinte cutanée étendue avec atteinte des muqueuses, ⚠️ une fièvre avec éruption, ⚠️ une atteinte hépatique aiguë, ⚠️ une insuffisance rénale aiguë, ⚠️ une cytopénie profonde, ⚠️ un trouble du rythme, et un trouble de conscience.

⚠️ Ce qui se fait devant une administration erronée : interrompre, ⚠️ conserver le contenant, ⚠️ la tubulure, ⚠️ l'étiquette, ⚠️ noter l'heure, ⚠️ la quantité reçue, et surveiller. ⚠️ Le matériel conservé documente mieux que le souvenir.

⚠️ Ce qui s'évalue immédiatement : les constantes, ⚠️ la conscience, ⚠️ la respiration, ⚠️ la circulation, ⚠️ la peau et les muqueuses, et la douleur.

⚠️ Ce qui se demande sans délai : un avis, ⚠️ un antidote lorsqu'il existe, ⚠️ un centre spécialisé, et une surveillance rapprochée dont le rythme est écrit.

⚠️ Ce qui s'énonce à l'équipe : les signes qui doivent faire rappeler, ⚠️ explicitement, et non laissés à l'appréciation.

⚠️ Ce qui n'attend pas non plus : la personne à qui le traitement était destiné, ⚠️ et qui ne l'a pas reçu.

⚠️ Ce qui se trace au fil de l'eau : l'heure, ⚠️ les constantes, ⚠️ les décisions, et les personnes prévenues.

Urgence

Atteinte cutanée étendue avec muqueuses, fièvre et éruption sous traitement récent : arrêt immédiat et avis sans délai.

À retenir

  • Devant une réaction grave, on arrête d'abord et on discute ensuite.
  • Le contenant, la tubulure et l'étiquette conservés valent mieux qu'un souvenir.
  • Les signes qui doivent faire rappeler s'énoncent, ils ne se devinent pas.
  • Une fièvre avec éruption sous traitement récent n'est jamais banale.
  • La personne qui n'a pas reçu son traitement est oubliée dans presque tous les cas.

En pratique

  • Administration interrompue
  • Matériel conservé et heure notée
  • Quantité reçue estimée
  • Constantes et conscience évaluées
  • Avis spécialisé demandé
  • Surveillance et rythme écrits
  • Signes d'alerte énoncés à l'équipe
  • Situation de l'autre personne traitée

Stratégie de prise en charge

⚠️ Arrêter n'est qu'une partie de la décision : ⚠️ il faut aussi remplacer, ⚠️ fixer une échéance, et écrire.

⚠️ Ce qui se décide sur le produit suspect : l'arrêt, ⚠️ la diminution, ⚠️ le changement de classe, ou le maintien avec surveillance, ⚠️ selon la gravité, et selon le bénéfice attendu du traitement.

⚠️ Ce qui ne se laisse pas de côté : l'indication initiale, ⚠️ qui reste, ⚠️ et qui doit être traitée autrement, une personne privée de son traitement n'étant pas une personne guérie.

⚠️ Ce qui se fixe : le délai au terme duquel l'effet de l'arrêt sera jugé, ⚠️ la régression n'étant pas toujours immédiate, et un arrêt sans échéance n'étant jamais conclu.

⚠️ Ce qui se profite de l'occasion : la révision de toute l'ordonnance, ⚠️ le retrait des lignes ajoutées sans effet, ⚠️ la recherche des interactions, et l'adaptation à la fonction rénale. ⚠️ Chaque consultation ajoute, presque aucune ne retire.

⚠️ Ce qui se déclare : l'effet indésirable, ⚠️ selon les règles en vigueur, ⚠️ y compris lorsqu'il est déjà connu, et l'événement indésirable associé aux soins par le circuit interne.

⚠️ Ce qui se trace en toutes lettres : la molécule, ⚠️ l'effet observé, ⚠️ la date, et l'interdiction éventuelle, ⚠️ faute de quoi elle sera réintroduite un jour par quelqu'un d'autre.

⚠️ Ce qui se programme : une réévaluation, et le suivi de l'indication initiale.

À retenir

Écrire la molécule et l'effet en toutes lettres dans le dossier : c'est la seule protection contre la réintroduction.

Le piège

Arrêter le traitement et oublier la maladie qu'il traitait : la pression artérielle ou la douleur reviennent seules.

À retenir

  • Arrêter sans remplacer laisse l'indication initiale sans réponse.
  • Un arrêt sans échéance de jugement n'est jamais conclu.
  • Chaque consultation ajoute une ligne, presque aucune n'en retire.
  • La déclaration vaut aussi pour les effets déjà connus.
  • Ce qui n'est pas écrit sera réintroduit un jour par quelqu'un d'autre.

En pratique

  • Décision prise sur le produit suspect
  • Indication initiale reprise autrement
  • Échéance de jugement fixée
  • Ordonnance entièrement révisée
  • Lignes inutiles retirées
  • Effet indésirable déclaré
  • Événement déclaré en interne
  • Mention explicite tracée au dossier

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

⚠️ L'information est due, ⚠️ même quand on ne sait pas encore s'il y aura des conséquences, et elle ne se différe pas.

⚠️ Ce qui se dit : ce qui s'est passé, ⚠️ quand, ⚠️ ce qui a été fait dès que cela a été constaté, ⚠️ ce que l'on surveille, ⚠️ ce que l'on ignore encore, et ce qui est prévu.

⚠️ Ce qui se dit sur le ton : des faits, ⚠️ des mots simples, ⚠️ des regrets sincères, et aucune formule d'évitement, ⚠️ la personne percevant immédiatement qu'on lui cache quelque chose.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : attendre de savoir, ⚠️ laisser la personne l'apprendre autrement, ⚠️ désigner un responsable devant elle, ⚠️ minimiser, et promettre l'absence de conséquence.

⚠️ Ce qui se prépare : qui parle, ⚠️ quand, ⚠️ , ⚠️ avec qui, et ce qui sera dit, ⚠️ l'annonce n'incombant pas à celui qui a commis l'erreur, et ne se faisant jamais dans un couloir.

⚠️ Ce qui s'annonce ensuite : les résultats de la surveillance, ⚠️ au fur et à mesure, et sans attendre que la personne redemande.

⚠️ Ce qui s'explique sur les suites : les recours possibles, ⚠️ le droit d'accéder au dossier, et les dispositifs existants, ⚠️ cette information faisant partie de l'annonce, et non de la défense.

⚠️ Ce qui se propose : un nouvel entretien, ⚠️ et un interlocuteur nommé.

À retenir

Préparer qui parle, quand, où, et avec qui, avant d'entrer dans la chambre.

À retenir

  • L'information est due avant de savoir s'il y aura des conséquences.
  • Une formule d'évitement s'entend immédiatement.
  • L'annonce n'incombe pas à celui qui a commis l'erreur, et jamais dans un couloir.
  • Ne jamais promettre l'absence de conséquence.
  • Expliquer les recours fait partie de l'annonce, pas de la défense.

En pratique

  • Faits énoncés sans attendre
  • Mesures prises expliquées
  • Incertitudes nommées
  • Regrets exprimés
  • Aucune promesse hasardeuse
  • Annonce préparée et portée par la bonne personne
  • Suivi de l'information organisé
  • Recours et accès au dossier expliqués

Éducation et prévention

Sans objet pour cette situation : L'éducation à l'observance et à l'automédication relève de la situation de départ correspondante. Les consignes de surveillance sont traitées dans les sections urgence et prise en charge.

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une déclaration qui sert à sanctionner tarit toutes les suivantes.

⚠️ Ce qui se transmet immédiatement : au senior, ⚠️ au prescripteur, ⚠️ au pharmacien, et à l'équipe qui prend le relais.

⚠️ Ce qui se transmet dans une déclaration : les faits, ⚠️ la chronologie, ⚠️ le produit, ⚠️ la dose, ⚠️ la voie, ⚠️ le retentissement, ⚠️ les circonstances matérielles, et ce qui a été fait. ⚠️ Une déclaration sans les circonstances ne sert à rien, car c'est là que se trouve la cause.

⚠️ Ce qui se demande à ceux qui étaient présents : ce qu'ils ont vu, ⚠️ ce qui était en cours, ⚠️ combien de fois ils ont été interrompus, ⚠️ quel était l'effectif, et ce qui avait déjà été signalé auparavant.

⚠️ Ce qui se dit à l'équipe : que la déclaration ne vise pas à sanctionner, ⚠️ qu'elle vise à comprendre, et que le retour sera fait. ⚠️ Un signalement resté sans réponse décourage tous les suivants.

⚠️ Ce qui se cherche sans chercher un coupable : la cause matérielle, ⚠️ l'organisation, ⚠️ l'identification des personnes, ⚠️ les interruptions, ⚠️ les similitudes de noms, et les défauts de procédure.

⚠️ Ce qui se transmet à la structure de vigilance : le signalement, ⚠️ selon le circuit en vigueur.

⚠️ Ce qui reste confidentiel : l'identité de la personne concernée, ⚠️ et celle du professionnel, au-delà de ce que le circuit exige.

Le piège

Déclarer sans décrire l'organisation du moment : le signalement devient un rapport sur une personne.

À retenir

  • Une déclaration sans les circonstances matérielles ne sert à rien.
  • Un signalement resté sans réponse décourage tous les suivants.
  • Chercher la cause n'est pas chercher un coupable, et les deux s'excluent.
  • Le nombre d'interruptions pendant une préparation est une donnée clinique.
  • Le professionnel concerné a droit à la même confidentialité que la personne.

En pratique

  • Senior et prescripteur prévenus
  • Pharmacien associé
  • Déclaration rédigée sans délai
  • Circonstances matérielles décrites
  • Témoins interrogés
  • Absence de finalité disciplinaire rappelée
  • Signalement transmis au bon circuit
  • Confidentialité préservée

Sources

  • R2C, item 325 : Identification et gestion des risques liés aux médicaments et aux biomatériaux, risque iatrogène, erreur médicamenteuse
  • R2C, item 4 : Qualité et sécurité des soins. La sécurité du patient. La gestion des risques. Les événements indésirables associés aux soins (EIAS). Démarche qualité et évaluation des pratiques professionnelles
  • R2C, item 5 : La gestion des erreurs et des plaintes ; l'aléa thérapeutique
  • Collège national des enseignants de thérapeutique, chapitre sur l'imputabilité, la pharmacovigilance et la gestion des risques
  • Recommandations en vigueur sur la déclaration des effets indésirables et l'information après un dommage associé aux soins. La date de la version consultée fait partie de la source