Fiche de révision
Suspicion d'un effet indésirable des médicaments ou d'un soin
Depuis quand, et qu'a-t-on introduit avant : la question qui rattrape ce qu'aucun examen ne montre.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Tout repose sur une chronologie, ⚠️ et une chronologie se reconstitue avec des dates, pas avec des impressions.
⚠️ Ce qui se demande sur le symptôme : sa date d'apparition précise, ⚠️ son mode d'installation, ⚠️ son évolution, et ce que la personne faisait à ce moment-là.
⚠️ Ce qui se demande ensuite, et qui décide de tout : ce qui a changé dans les semaines qui ont précédé, ⚠️ un traitement introduit, ⚠️ une dose modifiée, ⚠️ une forme différente, ⚠️ un générique, ⚠️ un arrêt, et un soin réalisé.
⚠️ Ce qui se recense en entier : l'ordonnance, ⚠️ les traitements des autres prescripteurs, ⚠️ l'automédication, ⚠️ les compléments, ⚠️ les plantes, ⚠️ les produits d'un proche, et les dispositifs. ⚠️ Beaucoup de personnes ne comptent comme médicament que ce qui est prescrit.
⚠️ Ce qui se demande sur le terrain : l'âge, ⚠️ la fonction rénale et hépatique connues, ⚠️ une grossesse, ⚠️ des antécédents d'intolérance, et une allergie déclarée.
⚠️ Ce qui se recherche sur l'observance : ce qui est réellement pris, ⚠️ à quelle heure, ⚠️ et depuis quand, une prise doublée valant une modification de dose.
⚠️ Ce qui se demande devant un soin : la date, ⚠️ le geste, ⚠️ le matériel, et l'évolution depuis.
À retenir
- La date précise d'apparition vaut plus que la description du symptôme.
- Demander ce qui a changé dans les semaines précédentes, pas seulement ce qui est prescrit.
- Beaucoup de personnes ne comptent comme médicament que ce qui est prescrit.
- Un changement de forme ou de générique est une modification comme une autre.
- Une prise doublée par erreur équivaut à une modification de dose.
En pratique
- Date d'apparition précisée
- Mode d'installation et évolution recueillis
- Modifications récentes recherchées
- Ordonnance complète reconstituée
- Automédication et compléments demandés
- Terrain et fonctions d'élimination évalués
- Antécédents d'intolérance recherchés
- Observance réelle explorée
Examen clinique
Synthèse paraclinique
Iconographie
Stratégie diagnostique
⚠️ Aucun examen ne prouve qu'un médicament est en cause : ⚠️ c'est un raisonnement, et il se conduit toujours de la même façon.
⚠️ Ce qui s'examine en premier : la concordance des dates, ⚠️ le délai entre l'introduction et l'apparition, ⚠️ la compatibilité de ce délai avec l'effet suspecté, et l'évolution après un arrêt éventuel.
⚠️ Ce qui s'examine ensuite : le caractère typique ou non du tableau pour ce produit, ⚠️ son existence connue, et sa fréquence.
⚠️ Ce qui s'examine enfin : l'existence d'une autre explication, ⚠️ une maladie évolutive, ⚠️ une infection, ⚠️ une cause tumorale, et une autre molécule. ⚠️ Un raisonnement d'imputabilité ne dispense jamais de chercher autre chose, ⚠️ et une radiographie normale n'écarte pas tout.
⚠️ Ce qui se sait des situations à risque : la personne âgée, ⚠️ l'insuffisance rénale ou hépatique, ⚠️ la polymédication, ⚠️ les interactions, ⚠️ la grossesse, et l'enfant.
⚠️ Ce qui s'évoque devant des tableaux trompeurs : une chute, ⚠️ une confusion, ⚠️ une hyponatrémie, ⚠️ une insuffisance rénale, ⚠️ une hémorragie, ⚠️ une hypoglycémie, ⚠️ une éruption, et une atteinte hépatique, ⚠️ tous étant d'abord attribués à autre chose.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : réintroduire pour vérifier, ⚠️ sauf décision spécialisée et argumentée.
À retenir
- L'imputabilité est un raisonnement, aucun examen ne la prouve.
- Trois axes : la chronologie, la sémiologie, l'absence d'autre cause.
- Un raisonnement d'imputabilité ne dispense jamais de chercher autre chose.
- Chute, confusion et hyponatrémie sont d'abord attribuées à l'âge.
- On ne réintroduit pas pour vérifier, sauf décision spécialisée.
En pratique
- Délai introduction-apparition calculé
- Compatibilité du délai appréciée
- Effet connu du produit vérifié
- Autres causes envisagées
- Terrain à risque identifié
- Interactions recherchées
- Évolution après arrêt prévue
- Réintroduction écartée
Urgence vitale
⚠️ Certains effets ne se discutent pas : ⚠️ on arrête, et on traite.
⚠️ Ce qui impose l'arrêt immédiat et une prise en charge urgente : une réaction anaphylactique, ⚠️ une atteinte cutanée étendue avec atteinte des muqueuses, ⚠️ une fièvre avec éruption, ⚠️ une atteinte hépatique aiguë, ⚠️ une insuffisance rénale aiguë, ⚠️ une cytopénie profonde, ⚠️ un trouble du rythme, et un trouble de conscience.
⚠️ Ce qui se fait devant une administration erronée : interrompre, ⚠️ conserver le contenant, ⚠️ la tubulure, ⚠️ l'étiquette, ⚠️ noter l'heure, ⚠️ la quantité reçue, et surveiller. ⚠️ Le matériel conservé documente mieux que le souvenir.
⚠️ Ce qui s'évalue immédiatement : les constantes, ⚠️ la conscience, ⚠️ la respiration, ⚠️ la circulation, ⚠️ la peau et les muqueuses, et la douleur.
⚠️ Ce qui se demande sans délai : un avis, ⚠️ un antidote lorsqu'il existe, ⚠️ un centre spécialisé, et une surveillance rapprochée dont le rythme est écrit.
⚠️ Ce qui s'énonce à l'équipe : les signes qui doivent faire rappeler, ⚠️ explicitement, et non laissés à l'appréciation.
⚠️ Ce qui n'attend pas non plus : la personne à qui le traitement était destiné, ⚠️ et qui ne l'a pas reçu.
⚠️ Ce qui se trace au fil de l'eau : l'heure, ⚠️ les constantes, ⚠️ les décisions, et les personnes prévenues.
À retenir
- Devant une réaction grave, on arrête d'abord et on discute ensuite.
- Le contenant, la tubulure et l'étiquette conservés valent mieux qu'un souvenir.
- Les signes qui doivent faire rappeler s'énoncent, ils ne se devinent pas.
- Une fièvre avec éruption sous traitement récent n'est jamais banale.
- La personne qui n'a pas reçu son traitement est oubliée dans presque tous les cas.
En pratique
- Administration interrompue
- Matériel conservé et heure notée
- Quantité reçue estimée
- Constantes et conscience évaluées
- Avis spécialisé demandé
- Surveillance et rythme écrits
- Signes d'alerte énoncés à l'équipe
- Situation de l'autre personne traitée
Stratégie de prise en charge
⚠️ Arrêter n'est qu'une partie de la décision : ⚠️ il faut aussi remplacer, ⚠️ fixer une échéance, et écrire.
⚠️ Ce qui se décide sur le produit suspect : l'arrêt, ⚠️ la diminution, ⚠️ le changement de classe, ou le maintien avec surveillance, ⚠️ selon la gravité, et selon le bénéfice attendu du traitement.
⚠️ Ce qui ne se laisse pas de côté : l'indication initiale, ⚠️ qui reste, ⚠️ et qui doit être traitée autrement, une personne privée de son traitement n'étant pas une personne guérie.
⚠️ Ce qui se fixe : le délai au terme duquel l'effet de l'arrêt sera jugé, ⚠️ la régression n'étant pas toujours immédiate, et un arrêt sans échéance n'étant jamais conclu.
⚠️ Ce qui se profite de l'occasion : la révision de toute l'ordonnance, ⚠️ le retrait des lignes ajoutées sans effet, ⚠️ la recherche des interactions, et l'adaptation à la fonction rénale. ⚠️ Chaque consultation ajoute, presque aucune ne retire.
⚠️ Ce qui se déclare : l'effet indésirable, ⚠️ selon les règles en vigueur, ⚠️ y compris lorsqu'il est déjà connu, et l'événement indésirable associé aux soins par le circuit interne.
⚠️ Ce qui se trace en toutes lettres : la molécule, ⚠️ l'effet observé, ⚠️ la date, et l'interdiction éventuelle, ⚠️ faute de quoi elle sera réintroduite un jour par quelqu'un d'autre.
⚠️ Ce qui se programme : une réévaluation, et le suivi de l'indication initiale.
À retenir
- Arrêter sans remplacer laisse l'indication initiale sans réponse.
- Un arrêt sans échéance de jugement n'est jamais conclu.
- Chaque consultation ajoute une ligne, presque aucune n'en retire.
- La déclaration vaut aussi pour les effets déjà connus.
- Ce qui n'est pas écrit sera réintroduit un jour par quelqu'un d'autre.
En pratique
- Décision prise sur le produit suspect
- Indication initiale reprise autrement
- Échéance de jugement fixée
- Ordonnance entièrement révisée
- Lignes inutiles retirées
- Effet indésirable déclaré
- Événement déclaré en interne
- Mention explicite tracée au dossier
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ L'information est due, ⚠️ même quand on ne sait pas encore s'il y aura des conséquences, et elle ne se différe pas.
⚠️ Ce qui se dit : ce qui s'est passé, ⚠️ quand, ⚠️ ce qui a été fait dès que cela a été constaté, ⚠️ ce que l'on surveille, ⚠️ ce que l'on ignore encore, et ce qui est prévu.
⚠️ Ce qui se dit sur le ton : des faits, ⚠️ des mots simples, ⚠️ des regrets sincères, et aucune formule d'évitement, ⚠️ la personne percevant immédiatement qu'on lui cache quelque chose.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : attendre de savoir, ⚠️ laisser la personne l'apprendre autrement, ⚠️ désigner un responsable devant elle, ⚠️ minimiser, et promettre l'absence de conséquence.
⚠️ Ce qui se prépare : qui parle, ⚠️ quand, ⚠️ où, ⚠️ avec qui, et ce qui sera dit, ⚠️ l'annonce n'incombant pas à celui qui a commis l'erreur, et ne se faisant jamais dans un couloir.
⚠️ Ce qui s'annonce ensuite : les résultats de la surveillance, ⚠️ au fur et à mesure, et sans attendre que la personne redemande.
⚠️ Ce qui s'explique sur les suites : les recours possibles, ⚠️ le droit d'accéder au dossier, et les dispositifs existants, ⚠️ cette information faisant partie de l'annonce, et non de la défense.
⚠️ Ce qui se propose : un nouvel entretien, ⚠️ et un interlocuteur nommé.
À retenir
- L'information est due avant de savoir s'il y aura des conséquences.
- Une formule d'évitement s'entend immédiatement.
- L'annonce n'incombe pas à celui qui a commis l'erreur, et jamais dans un couloir.
- Ne jamais promettre l'absence de conséquence.
- Expliquer les recours fait partie de l'annonce, pas de la défense.
En pratique
- Faits énoncés sans attendre
- Mesures prises expliquées
- Incertitudes nommées
- Regrets exprimés
- Aucune promesse hasardeuse
- Annonce préparée et portée par la bonne personne
- Suivi de l'information organisé
- Recours et accès au dossier expliqués
Éducation et prévention
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une déclaration qui sert à sanctionner tarit toutes les suivantes.
⚠️ Ce qui se transmet immédiatement : au senior, ⚠️ au prescripteur, ⚠️ au pharmacien, et à l'équipe qui prend le relais.
⚠️ Ce qui se transmet dans une déclaration : les faits, ⚠️ la chronologie, ⚠️ le produit, ⚠️ la dose, ⚠️ la voie, ⚠️ le retentissement, ⚠️ les circonstances matérielles, et ce qui a été fait. ⚠️ Une déclaration sans les circonstances ne sert à rien, car c'est là que se trouve la cause.
⚠️ Ce qui se demande à ceux qui étaient présents : ce qu'ils ont vu, ⚠️ ce qui était en cours, ⚠️ combien de fois ils ont été interrompus, ⚠️ quel était l'effectif, et ce qui avait déjà été signalé auparavant.
⚠️ Ce qui se dit à l'équipe : que la déclaration ne vise pas à sanctionner, ⚠️ qu'elle vise à comprendre, et que le retour sera fait. ⚠️ Un signalement resté sans réponse décourage tous les suivants.
⚠️ Ce qui se cherche sans chercher un coupable : la cause matérielle, ⚠️ l'organisation, ⚠️ l'identification des personnes, ⚠️ les interruptions, ⚠️ les similitudes de noms, et les défauts de procédure.
⚠️ Ce qui se transmet à la structure de vigilance : le signalement, ⚠️ selon le circuit en vigueur.
⚠️ Ce qui reste confidentiel : l'identité de la personne concernée, ⚠️ et celle du professionnel, au-delà de ce que le circuit exige.
À retenir
- Une déclaration sans les circonstances matérielles ne sert à rien.
- Un signalement resté sans réponse décourage tous les suivants.
- Chercher la cause n'est pas chercher un coupable, et les deux s'excluent.
- Le nombre d'interruptions pendant une préparation est une donnée clinique.
- Le professionnel concerné a droit à la même confidentialité que la personne.
En pratique
- Senior et prescripteur prévenus
- Pharmacien associé
- Déclaration rédigée sans délai
- Circonstances matérielles décrites
- Témoins interrogés
- Absence de finalité disciplinaire rappelée
- Signalement transmis au bon circuit
- Confidentialité préservée