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Fiche de révision

Violences sexuelles

Soigner ne demande pas le récit des faits ; des délais courent, et rien ne se conditionne à une plainte.

Situation de départ 350Catégorie VItem R2C 12Item R2C 11Item R2C 7

Entretien et interrogatoire

⚠️ La révélation vient dans un silence, ⚠️ pas dans une question.

⚠️ Ce qui rend une parole possible : un lieu où l'on est seul, ⚠️ du temps annoncé, ⚠️ une question ouverte, ⚠️ un silence qu'on ne comble pas, et une phrase qui dit que la personne n'est pas obligée de raconter.

⚠️ Ce qui se demande et qui suffit : la date approximative, ⚠️ le délai écoulé, ⚠️ ce que la personne craint pour sa santé, ⚠️ ce qui a déjà été fait, ⚠️ et ce qu'elle souhaite aujourd'hui. ⚠️ Le détail des faits n'est pas nécessaire à la conduite médicale, ⚠️ il relève d'un cadre spécifique, et le demander fait souvent partir la personne.

⚠️ Ce qui se recherche sur le retentissement : le sommeil, ⚠️ les reviviscences, ⚠️ l'évitement, ⚠️ l'humeur, ⚠️ la culpabilité, ⚠️ ce que la personne a cessé de faire, ⚠️ les consommations apparues depuis, et les idées suicidaires, ⚠️ demandées directement, et sans jamais interroger de moyen.

⚠️ Ce qui se demande sur l'entourage : à qui la situation a été dite, ⚠️ qui soutient, et qui met en danger.

⚠️ Ce qui se repère comme motif de consultation : une plainte somatique répétée, ⚠️ des consultations sans suite, ⚠️ une demande de dépistage isolée, et un passage aux urgences interrompu.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : faire répéter, ⚠️ demander pourquoi la personne n'a rien dit plus tôt, et mettre en doute.

Le piège

Chercher le récit détaillé en croyant bien faire : la personne se referme, et ne revient pas.

À retenir

  • Le détail des faits n'est pas nécessaire à la conduite médicale.
  • Dire que la personne n'est pas obligée de raconter est ce qui rend la parole possible.
  • Une plainte somatique répétée sans question de contexte est une occasion manquée.
  • Les idées suicidaires se demandent directement, sans interroger de moyen.
  • Ne jamais demander pourquoi la personne n'a rien dit plus tôt.

En pratique

  • Entretien seul et temps annoncé
  • Silence laissé sans être comblé
  • Absence d'obligation de raconter énoncée
  • Délai écoulé recueilli
  • Craintes pour la santé demandées
  • Retentissement exploré
  • Idées suicidaires recherchées
  • Entourage et soutiens identifiés

Examen clinique

⚠️ Aucun examen ne se fait sans un accord explicite, ⚠️ et cet accord se redemande à chaque étape.

⚠️ Ce qui se dit avant : à quoi sert l'examen, ⚠️ ce qu'il comprend, ⚠️ ce qu'il ne comprend pas, ⚠️ qu'il peut être refusé, ⚠️ interrompu à tout moment, et différé.

⚠️ Ce qui se sait de son caractère non obligatoire : un examen n'est jamais une condition pour être cru, ⚠️ ni pour être soigné, ⚠️ ni pour porter plainte, et son refus se respecte sans insister.

⚠️ Ce qui s'organise : un accompagnant si la personne le souhaite, ⚠️ un professionnel du sexe choisi par elle lorsque c'est possible, ⚠️ un lieu calme, ⚠️ le moins de déshabillage possible, et des explications à chaque geste.

⚠️ Ce qui se recherche cliniquement : des lésions traumatiques de tout le corps, ⚠️ des signes d'infection, ⚠️ une douleur, ⚠️ un saignement, et un retentissement général.

⚠️ Ce qui se sait de la valeur des constatations : un examen normal est fréquent, ⚠️ il n'infirme rien, et cela se dit à la personne, ⚠️ qui l'interprète souvent comme un doute sur sa parole.

⚠️ Ce qui relève d'un cadre spécifique : les constatations à visée médico-légale, ⚠️ et les prélèvements correspondants, qui obéissent à des règles précises, ⚠️ et se font dans une structure dédiée.

⚠️ Ce qui se note : des descriptions objectives, ⚠️ datées, et sans interprétation.

À retenir

Dire explicitement qu'un examen normal ne remet pas en cause la parole de la personne.

À retenir

  • L'accord se redemande à chaque étape, et l'examen peut s'interrompre à tout moment.
  • Un examen n'est jamais une condition pour être cru, soigné, ou porter plainte.
  • Un examen normal est fréquent et n'infirme rien : le dire évite un doute dévastateur.
  • L'examen porte sur tout le corps, pas seulement sur une région.
  • Les constatations médico-légales relèvent d'un cadre et d'une structure dédiés.

En pratique

  • But et contenu expliqués
  • Accord explicite recueilli
  • Droit de refuser et d'interrompre énoncé
  • Accompagnant proposé
  • Déshabillage limité
  • Examen général et non focalisé
  • Normalité expliquée
  • Constatations notées objectivement

Synthèse paraclinique

⚠️ Deux logiques cohabitent : ⚠️ celle du soin, et celle de la preuve, ⚠️ et elles n'ont ni les mêmes délais ni les mêmes règles.

⚠️ Ce qui relève du soin : les dépistages des infections sexuellement transmissibles, ⚠️ les sérologies de référence, ⚠️ la recherche d'une grossesse, et le suivi programmé, ⚠️ une sérologie initiale rendant interprétables toutes les suivantes.

⚠️ Ce qui se sait des délais du soin : certains traitements préventifs doivent être débutés en quelques heures, ⚠️ d'autres en quelques jours, et la surveillance s'étend sur plusieurs mois.

⚠️ Ce qui relève du cadre médico-légal : les prélèvements à visée de constatation, ⚠️ dont la validité dépend de délais courts, ⚠️ et de règles de recueil et de conservation strictes, qui ne s'improvisent pas. ⚠️ Ces prélèvements se font dans une structure dédiée, et non au cabinet.

⚠️ Ce qui s'explique à la personne : que ces deux démarches sont indépendantes, ⚠️ qu'elle peut accepter l'une et refuser l'autre, et qu'aucune n'engage la suivante.

⚠️ Ce qui se programme : le calendrier des contrôles, ⚠️ leurs dates, ⚠️ qui les tient, et comment les résultats seront transmis.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : prescrire un bilan large sans expliquer ce qu'il cherche, ⚠️ ni transmettre un résultat par un canal que la personne n'a pas choisi.

Urgence

Les délais les plus courts sont ceux des traitements préventifs : ils se comptent en heures, pas en jours.

À retenir

  • Soin et constatation sont deux démarches indépendantes, aux délais différents.
  • Une sérologie initiale rend interprétables toutes les suivantes.
  • Certains traitements préventifs se comptent en heures.
  • Les prélèvements à visée de constatation relèvent d'une structure dédiée.
  • Le canal de transmission des résultats se choisit avec la personne.

En pratique

  • Dépistages expliqués et proposés
  • Sérologies de référence prélevées
  • Grossesse recherchée si concerné
  • Délais des traitements préventifs énoncés
  • Cadre des constatations expliqué
  • Indépendance des deux démarches dite
  • Calendrier de suivi remis
  • Canal de transmission choisi

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune lecture d'image n'est évaluée. L'imagerie éventuelle relève de la lésion recherchée et de ses situations de départ.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas de démarche diagnostique à conduire : la situation est établie par la parole de la personne, qui ne se met pas en doute.

Urgence vitale

⚠️ Trois urgences coexistent : ⚠️ la sécurité, ⚠️ le risque suicidaire, et l'horloge des traitements préventifs.

⚠️ Ce qui se vérifie en premier : si la personne est en sécurité maintenant, ⚠️ où elle va en sortant, ⚠️ si elle risque de croiser un danger, et si des enfants sont exposés.

⚠️ Ce qui s'évalue avec autant de sérieux : le risque suicidaire, ⚠️ majoré par la honte, ⚠️ l'isolement, ⚠️ la sidération, et les consommations récentes. ⚠️ La question se pose directement, et sans jamais interroger de moyen.

⚠️ Ce qui impose un avis sans délai : des idées envahissantes, ⚠️ une intention exprimée, ⚠️ un état de sidération majeur, ⚠️ une dissociation, et une agitation.

⚠️ Ce qui se traite dans l'heure quand c'est indiqué : les traitements préventifs dont le délai est court, ⚠️ et la contraception d'urgence lorsqu'elle est concernée, ⚠️ leur proposition ne pouvant pas attendre la suite de l'entretien.

⚠️ Ce qui se cherche cliniquement : une hémorragie, ⚠️ une lésion grave, ⚠️ une douleur intense, ⚠️ un traumatisme crânien, et une intoxication.

⚠️ Ce qui s'organise avant que la personne reparte : un lieu sûr, ⚠️ un contact, ⚠️ un numéro écrit, ⚠️ une date rapprochée, et la possibilité de revenir sans rendez-vous.

⚠️ Ce qui se trace : l'évaluation du risque, ⚠️ les décisions, et l'heure.

Urgence

Ne pas laisser l'entretien retarder ce qui se compte en heures : la proposition des traitements préventifs passe avant le reste.

À retenir

  • La première question est celle de la sécurité en sortant d'ici.
  • Les traitements préventifs à délai court se proposent avant la fin de l'entretien.
  • Le risque suicidaire se demande directement, sans interroger de moyen.
  • Une dissociation ou une sidération majeure justifie un avis sans délai.
  • Personne ne repart sans un numéro écrit et une date rapprochée.

En pratique

  • Sécurité immédiate évaluée
  • Exposition d'enfants recherchée
  • Risque suicidaire exploré
  • Avis spécialisé si signes de gravité
  • Traitements préventifs proposés sans délai
  • Lésions graves recherchées
  • Lieu sûr et contact organisés
  • Évaluation et heure tracées

Stratégie de prise en charge

⚠️ Tout se propose, ⚠️ rien ne se conditionne, et la personne décide de l'ordre.

⚠️ Ce qui se propose sans hiérarchie imposée : les soins, ⚠️ les dépistages, ⚠️ les traitements préventifs, ⚠️ les constatations, ⚠️ l'accompagnement psychologique, ⚠️ l'orientation vers une structure dédiée, et les démarches judiciaires.

⚠️ Ce qui ne se conditionne jamais : l'accès aux soins à un dépôt de plainte, ⚠️ les soins à un examen, et l'accompagnement à une décision. ⚠️ Une personne qui ne veut rien engager aujourd'hui reste soignée aujourd'hui.

⚠️ Ce qui se dit sur le temps : que certaines choses ont un délai, ⚠️ lesquelles, et que d'autres restent possibles longtemps, ⚠️ cette information étant presque toujours absente, et souvent décisive.

⚠️ Ce qui se prépare pour la suite : un rendez-vous rapproché, ⚠️ un interlocuteur nommé, ⚠️ la possibilité de revenir, ⚠️ et le fait que la personne n'aura pas à tout redire.

⚠️ Ce qui se traite en parallèle : la douleur, ⚠️ le sommeil, ⚠️ l'anxiété, et les plaintes somatiques, ⚠️ qui ne sont pas des prétextes.

⚠️ Ce qui s'écrit si la personne le demande : un certificat descriptif, ⚠️ rapportant ses propos entre guillemets, ⚠️ décrivant ce qui est constaté, ⚠️ sans qualifier, ⚠️ sans désigner, et remis à elle seule.

⚠️ Ce qui se réévalue : le retentissement, ⚠️ le risque, et la décision, ⚠️ qui peut changer.

À retenir

Certificat : constatations objectives et propos entre guillemets, remis à la personne elle-même et à personne d'autre.

Le piège

Orienter vers une plainte comme préalable : la personne entend qu'elle ne sera pas aidée autrement.

À retenir

  • L'accès aux soins ne se conditionne jamais à un dépôt de plainte.
  • Dire ce qui a un délai et ce qui n'en a pas est souvent décisif.
  • La personne n'aura pas à tout redire : le lui annoncer change sa venue suivante.
  • Un certificat décrit et rapporte, il ne qualifie ni ne désigne.
  • Une décision peut changer : elle se réévalue sans reproche.

En pratique

  • Options présentées sans hiérarchie imposée
  • Aucune condition posée aux soins
  • Délais expliqués
  • Rendez-vous rapproché fixé
  • Interlocuteur nommé
  • Symptômes traités
  • Certificat rédigé si demandé
  • Réévaluation prévue

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Les prélèvements à visée de constatation relèvent d'un cadre et d'une structure spécifiques, décrits dans la section synthèse, et ne constituent pas un geste évalué ici.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Aucune annonce diagnostique n'intervient. L'information sur les possibilités et les délais est traitée dans les sections prise en charge et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Une personne qui comprend ce qui lui arrive cesse de croire qu'elle réagit mal.

⚠️ Ce qui s'explique sur les réactions : que la sidération, ⚠️ l'absence de réaction sur le moment, ⚠️ les trous de mémoire, ⚠️ le calme apparent, et les émotions contradictoires sont des réponses connues, ⚠️ fréquentes, et qu'elles ne disent rien de ce qui s'est passé.

⚠️ Ce qui s'explique sur la suite : les troubles du sommeil, ⚠️ les images qui reviennent, ⚠️ l'évitement, ⚠️ l'irritabilité, et la fatigue, ⚠️ leur apparition différée, et le fait qu'un accompagnement précoce change leur évolution.

⚠️ Ce qui se dit sur la culpabilité : qu'elle est presque constante, ⚠️ qu'elle n'est pas un indice, et que la responsabilité n'appartient jamais à la personne.

⚠️ Ce qui se dit sur l'alcool et les substances : qu'ils soulagent le soir, ⚠️ qu'ils aggravent le sommeil et l'humeur, et que leur usage se dit sans jugement.

⚠️ Ce qui se remet par écrit : les coordonnées de la structure, ⚠️ les numéros d'aide, ⚠️ les délais qui courent, ⚠️ les signes qui imposent de reconsulter, et la date du prochain rendez-vous.

⚠️ Ce qui s'explique à un proche, avec l'accord de la personne : comment soutenir, ⚠️ et qu'il ne faut ni faire raconter, ni pousser à agir.

⚠️ Ce qui se rappelle : qu'il est possible de revenir, ⚠️ à tout moment.

À retenir

Expliquer que l'absence de réaction sur le moment est fréquente : c'est ce qui lève le plus de culpabilité.

À retenir

  • La sidération et le calme apparent sont des réponses connues, pas des indices.
  • La culpabilité est presque constante, et la responsabilité n'appartient jamais à la personne.
  • Les troubles apparaissent souvent à distance : le dire évite une deuxième détresse.
  • Un proche doit savoir qu'il ne faut ni faire raconter ni pousser à agir.
  • Les délais qui courent se remettent par écrit.

En pratique

  • Réactions immédiates expliquées
  • Troubles différés annoncés
  • Culpabilité désamorcée
  • Consommations abordées sans jugement
  • Coordonnées et numéros remis
  • Délais écrits
  • Proche informé avec accord
  • Possibilité de revenir rappelée

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le secret protège la personne, ⚠️ et sa levée non contrôlée peut la mettre en danger.

⚠️ Ce qui ne se transmet à personne : le contenu de l'entretien, ⚠️ l'identité, ⚠️ et les faits, sans l'accord explicite de la personne, ⚠️ la seule exception relevant des situations prévues par le cadre applicable, notamment lorsqu'une personne vulnérable est en danger.

⚠️ Ce qui se dit à la personne quand un signalement est envisagé : qu'il l'est, ⚠️ pourquoi, ⚠️ à qui, et ce qu'il contiendra, ⚠️ chaque fois que cela ne l'expose pas davantage.

⚠️ Ce qui se transmet à la structure dédiée, avec l'accord de la personne : le motif, ⚠️ le délai écoulé, ⚠️ ce qui a déjà été fait, ⚠️ ce qui a été prélevé, ⚠️ les traitements débutés, et le degré d'urgence. ⚠️ Une orientation sans transmission oblige la personne à tout redire, ce qui est précisément ce qu'il faut éviter.

⚠️ Ce qui se coordonne : un interlocuteur nommé, ⚠️ un calendrier, et qui rappelle si la personne ne vient pas.

⚠️ Ce qui se remet à la personne elle-même : les documents, ⚠️ le certificat, et les résultats, ⚠️ jamais à un tiers, fût-il un proche présent.

⚠️ Ce qui se trace : les constatations, ⚠️ les propos entre guillemets, ⚠️ les accords donnés, ⚠️ les refus, et les décisions, ⚠️ un dossier tenu régulièrement valant plus qu'une attestation rédigée après coup.

Le piège

Orienter sans transmettre : la personne doit tout recommencer, et beaucoup n'y retournent pas.

À retenir

  • Rien ne sort sans accord explicite, hors les cas prévus par le cadre applicable.
  • Un signalement envisagé se dit à la personne quand cela ne l'expose pas davantage.
  • Une orientation sans transmission oblige la personne à tout redire.
  • Documents et résultats se remettent à la personne, jamais à un proche présent.
  • Un dossier tenu au fil des consultations vaut plus qu'une attestation tardive.

En pratique

  • Accord explicite recueilli avant toute transmission
  • Cadre du signalement connu
  • Personne informée si signalement envisagé
  • Transmission structurée à la structure dédiée
  • Degré d'urgence précisé
  • Interlocuteur et calendrier nommés
  • Documents remis à la personne seule
  • Dossier tracé avec propos entre guillemets

S'entraîner sur cette situation

Sources

  • R2C, item 12 : Violences sexuelles
  • R2C, item 11 : Violences et santé
  • R2C, item 7 : Les droits individuels et collectifs du patient
  • Collège national des enseignants de médecine légale, chapitre sur l'accueil et la prise en charge des victimes de violences
  • Recommandations en vigueur sur le repérage, l'accueil, l'orientation et le suivi des personnes victimes de violences sexuelles. La date de la version consultée fait partie de la source