Fiche de révision
Violences sexuelles
Soigner ne demande pas le récit des faits ; des délais courent, et rien ne se conditionne à une plainte.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ La révélation vient dans un silence, ⚠️ pas dans une question.
⚠️ Ce qui rend une parole possible : un lieu où l'on est seul, ⚠️ du temps annoncé, ⚠️ une question ouverte, ⚠️ un silence qu'on ne comble pas, et une phrase qui dit que la personne n'est pas obligée de raconter.
⚠️ Ce qui se demande et qui suffit : la date approximative, ⚠️ le délai écoulé, ⚠️ ce que la personne craint pour sa santé, ⚠️ ce qui a déjà été fait, ⚠️ et ce qu'elle souhaite aujourd'hui. ⚠️ Le détail des faits n'est pas nécessaire à la conduite médicale, ⚠️ il relève d'un cadre spécifique, et le demander fait souvent partir la personne.
⚠️ Ce qui se recherche sur le retentissement : le sommeil, ⚠️ les reviviscences, ⚠️ l'évitement, ⚠️ l'humeur, ⚠️ la culpabilité, ⚠️ ce que la personne a cessé de faire, ⚠️ les consommations apparues depuis, et les idées suicidaires, ⚠️ demandées directement, et sans jamais interroger de moyen.
⚠️ Ce qui se demande sur l'entourage : à qui la situation a été dite, ⚠️ qui soutient, et qui met en danger.
⚠️ Ce qui se repère comme motif de consultation : une plainte somatique répétée, ⚠️ des consultations sans suite, ⚠️ une demande de dépistage isolée, et un passage aux urgences interrompu.
⚠️ Ce qui ne se fait jamais : faire répéter, ⚠️ demander pourquoi la personne n'a rien dit plus tôt, et mettre en doute.
À retenir
- Le détail des faits n'est pas nécessaire à la conduite médicale.
- Dire que la personne n'est pas obligée de raconter est ce qui rend la parole possible.
- Une plainte somatique répétée sans question de contexte est une occasion manquée.
- Les idées suicidaires se demandent directement, sans interroger de moyen.
- Ne jamais demander pourquoi la personne n'a rien dit plus tôt.
En pratique
- Entretien seul et temps annoncé
- Silence laissé sans être comblé
- Absence d'obligation de raconter énoncée
- Délai écoulé recueilli
- Craintes pour la santé demandées
- Retentissement exploré
- Idées suicidaires recherchées
- Entourage et soutiens identifiés
Examen clinique
⚠️ Aucun examen ne se fait sans un accord explicite, ⚠️ et cet accord se redemande à chaque étape.
⚠️ Ce qui se dit avant : à quoi sert l'examen, ⚠️ ce qu'il comprend, ⚠️ ce qu'il ne comprend pas, ⚠️ qu'il peut être refusé, ⚠️ interrompu à tout moment, et différé.
⚠️ Ce qui se sait de son caractère non obligatoire : un examen n'est jamais une condition pour être cru, ⚠️ ni pour être soigné, ⚠️ ni pour porter plainte, et son refus se respecte sans insister.
⚠️ Ce qui s'organise : un accompagnant si la personne le souhaite, ⚠️ un professionnel du sexe choisi par elle lorsque c'est possible, ⚠️ un lieu calme, ⚠️ le moins de déshabillage possible, et des explications à chaque geste.
⚠️ Ce qui se recherche cliniquement : des lésions traumatiques de tout le corps, ⚠️ des signes d'infection, ⚠️ une douleur, ⚠️ un saignement, et un retentissement général.
⚠️ Ce qui se sait de la valeur des constatations : un examen normal est fréquent, ⚠️ il n'infirme rien, et cela se dit à la personne, ⚠️ qui l'interprète souvent comme un doute sur sa parole.
⚠️ Ce qui relève d'un cadre spécifique : les constatations à visée médico-légale, ⚠️ et les prélèvements correspondants, qui obéissent à des règles précises, ⚠️ et se font dans une structure dédiée.
⚠️ Ce qui se note : des descriptions objectives, ⚠️ datées, et sans interprétation.
À retenir
- L'accord se redemande à chaque étape, et l'examen peut s'interrompre à tout moment.
- Un examen n'est jamais une condition pour être cru, soigné, ou porter plainte.
- Un examen normal est fréquent et n'infirme rien : le dire évite un doute dévastateur.
- L'examen porte sur tout le corps, pas seulement sur une région.
- Les constatations médico-légales relèvent d'un cadre et d'une structure dédiés.
En pratique
- But et contenu expliqués
- Accord explicite recueilli
- Droit de refuser et d'interrompre énoncé
- Accompagnant proposé
- Déshabillage limité
- Examen général et non focalisé
- Normalité expliquée
- Constatations notées objectivement
Synthèse paraclinique
⚠️ Deux logiques cohabitent : ⚠️ celle du soin, et celle de la preuve, ⚠️ et elles n'ont ni les mêmes délais ni les mêmes règles.
⚠️ Ce qui relève du soin : les dépistages des infections sexuellement transmissibles, ⚠️ les sérologies de référence, ⚠️ la recherche d'une grossesse, et le suivi programmé, ⚠️ une sérologie initiale rendant interprétables toutes les suivantes.
⚠️ Ce qui se sait des délais du soin : certains traitements préventifs doivent être débutés en quelques heures, ⚠️ d'autres en quelques jours, et la surveillance s'étend sur plusieurs mois.
⚠️ Ce qui relève du cadre médico-légal : les prélèvements à visée de constatation, ⚠️ dont la validité dépend de délais courts, ⚠️ et de règles de recueil et de conservation strictes, qui ne s'improvisent pas. ⚠️ Ces prélèvements se font dans une structure dédiée, et non au cabinet.
⚠️ Ce qui s'explique à la personne : que ces deux démarches sont indépendantes, ⚠️ qu'elle peut accepter l'une et refuser l'autre, et qu'aucune n'engage la suivante.
⚠️ Ce qui se programme : le calendrier des contrôles, ⚠️ leurs dates, ⚠️ qui les tient, et comment les résultats seront transmis.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : prescrire un bilan large sans expliquer ce qu'il cherche, ⚠️ ni transmettre un résultat par un canal que la personne n'a pas choisi.
À retenir
- Soin et constatation sont deux démarches indépendantes, aux délais différents.
- Une sérologie initiale rend interprétables toutes les suivantes.
- Certains traitements préventifs se comptent en heures.
- Les prélèvements à visée de constatation relèvent d'une structure dédiée.
- Le canal de transmission des résultats se choisit avec la personne.
En pratique
- Dépistages expliqués et proposés
- Sérologies de référence prélevées
- Grossesse recherchée si concerné
- Délais des traitements préventifs énoncés
- Cadre des constatations expliqué
- Indépendance des deux démarches dite
- Calendrier de suivi remis
- Canal de transmission choisi
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
⚠️ Trois urgences coexistent : ⚠️ la sécurité, ⚠️ le risque suicidaire, et l'horloge des traitements préventifs.
⚠️ Ce qui se vérifie en premier : si la personne est en sécurité maintenant, ⚠️ où elle va en sortant, ⚠️ si elle risque de croiser un danger, et si des enfants sont exposés.
⚠️ Ce qui s'évalue avec autant de sérieux : le risque suicidaire, ⚠️ majoré par la honte, ⚠️ l'isolement, ⚠️ la sidération, et les consommations récentes. ⚠️ La question se pose directement, et sans jamais interroger de moyen.
⚠️ Ce qui impose un avis sans délai : des idées envahissantes, ⚠️ une intention exprimée, ⚠️ un état de sidération majeur, ⚠️ une dissociation, et une agitation.
⚠️ Ce qui se traite dans l'heure quand c'est indiqué : les traitements préventifs dont le délai est court, ⚠️ et la contraception d'urgence lorsqu'elle est concernée, ⚠️ leur proposition ne pouvant pas attendre la suite de l'entretien.
⚠️ Ce qui se cherche cliniquement : une hémorragie, ⚠️ une lésion grave, ⚠️ une douleur intense, ⚠️ un traumatisme crânien, et une intoxication.
⚠️ Ce qui s'organise avant que la personne reparte : un lieu sûr, ⚠️ un contact, ⚠️ un numéro écrit, ⚠️ une date rapprochée, et la possibilité de revenir sans rendez-vous.
⚠️ Ce qui se trace : l'évaluation du risque, ⚠️ les décisions, et l'heure.
À retenir
- La première question est celle de la sécurité en sortant d'ici.
- Les traitements préventifs à délai court se proposent avant la fin de l'entretien.
- Le risque suicidaire se demande directement, sans interroger de moyen.
- Une dissociation ou une sidération majeure justifie un avis sans délai.
- Personne ne repart sans un numéro écrit et une date rapprochée.
En pratique
- Sécurité immédiate évaluée
- Exposition d'enfants recherchée
- Risque suicidaire exploré
- Avis spécialisé si signes de gravité
- Traitements préventifs proposés sans délai
- Lésions graves recherchées
- Lieu sûr et contact organisés
- Évaluation et heure tracées
Stratégie de prise en charge
⚠️ Tout se propose, ⚠️ rien ne se conditionne, et la personne décide de l'ordre.
⚠️ Ce qui se propose sans hiérarchie imposée : les soins, ⚠️ les dépistages, ⚠️ les traitements préventifs, ⚠️ les constatations, ⚠️ l'accompagnement psychologique, ⚠️ l'orientation vers une structure dédiée, et les démarches judiciaires.
⚠️ Ce qui ne se conditionne jamais : l'accès aux soins à un dépôt de plainte, ⚠️ les soins à un examen, et l'accompagnement à une décision. ⚠️ Une personne qui ne veut rien engager aujourd'hui reste soignée aujourd'hui.
⚠️ Ce qui se dit sur le temps : que certaines choses ont un délai, ⚠️ lesquelles, et que d'autres restent possibles longtemps, ⚠️ cette information étant presque toujours absente, et souvent décisive.
⚠️ Ce qui se prépare pour la suite : un rendez-vous rapproché, ⚠️ un interlocuteur nommé, ⚠️ la possibilité de revenir, ⚠️ et le fait que la personne n'aura pas à tout redire.
⚠️ Ce qui se traite en parallèle : la douleur, ⚠️ le sommeil, ⚠️ l'anxiété, et les plaintes somatiques, ⚠️ qui ne sont pas des prétextes.
⚠️ Ce qui s'écrit si la personne le demande : un certificat descriptif, ⚠️ rapportant ses propos entre guillemets, ⚠️ décrivant ce qui est constaté, ⚠️ sans qualifier, ⚠️ sans désigner, et remis à elle seule.
⚠️ Ce qui se réévalue : le retentissement, ⚠️ le risque, et la décision, ⚠️ qui peut changer.
À retenir
- L'accès aux soins ne se conditionne jamais à un dépôt de plainte.
- Dire ce qui a un délai et ce qui n'en a pas est souvent décisif.
- La personne n'aura pas à tout redire : le lui annoncer change sa venue suivante.
- Un certificat décrit et rapporte, il ne qualifie ni ne désigne.
- Une décision peut changer : elle se réévalue sans reproche.
En pratique
- Options présentées sans hiérarchie imposée
- Aucune condition posée aux soins
- Délais expliqués
- Rendez-vous rapproché fixé
- Interlocuteur nommé
- Symptômes traités
- Certificat rédigé si demandé
- Réévaluation prévue
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Une personne qui comprend ce qui lui arrive cesse de croire qu'elle réagit mal.
⚠️ Ce qui s'explique sur les réactions : que la sidération, ⚠️ l'absence de réaction sur le moment, ⚠️ les trous de mémoire, ⚠️ le calme apparent, et les émotions contradictoires sont des réponses connues, ⚠️ fréquentes, et qu'elles ne disent rien de ce qui s'est passé.
⚠️ Ce qui s'explique sur la suite : les troubles du sommeil, ⚠️ les images qui reviennent, ⚠️ l'évitement, ⚠️ l'irritabilité, et la fatigue, ⚠️ leur apparition différée, et le fait qu'un accompagnement précoce change leur évolution.
⚠️ Ce qui se dit sur la culpabilité : qu'elle est presque constante, ⚠️ qu'elle n'est pas un indice, et que la responsabilité n'appartient jamais à la personne.
⚠️ Ce qui se dit sur l'alcool et les substances : qu'ils soulagent le soir, ⚠️ qu'ils aggravent le sommeil et l'humeur, et que leur usage se dit sans jugement.
⚠️ Ce qui se remet par écrit : les coordonnées de la structure, ⚠️ les numéros d'aide, ⚠️ les délais qui courent, ⚠️ les signes qui imposent de reconsulter, et la date du prochain rendez-vous.
⚠️ Ce qui s'explique à un proche, avec l'accord de la personne : comment soutenir, ⚠️ et qu'il ne faut ni faire raconter, ni pousser à agir.
⚠️ Ce qui se rappelle : qu'il est possible de revenir, ⚠️ à tout moment.
À retenir
- La sidération et le calme apparent sont des réponses connues, pas des indices.
- La culpabilité est presque constante, et la responsabilité n'appartient jamais à la personne.
- Les troubles apparaissent souvent à distance : le dire évite une deuxième détresse.
- Un proche doit savoir qu'il ne faut ni faire raconter ni pousser à agir.
- Les délais qui courent se remettent par écrit.
En pratique
- Réactions immédiates expliquées
- Troubles différés annoncés
- Culpabilité désamorcée
- Consommations abordées sans jugement
- Coordonnées et numéros remis
- Délais écrits
- Proche informé avec accord
- Possibilité de revenir rappelée
Communication interprofessionnelle
⚠️ Le secret protège la personne, ⚠️ et sa levée non contrôlée peut la mettre en danger.
⚠️ Ce qui ne se transmet à personne : le contenu de l'entretien, ⚠️ l'identité, ⚠️ et les faits, sans l'accord explicite de la personne, ⚠️ la seule exception relevant des situations prévues par le cadre applicable, notamment lorsqu'une personne vulnérable est en danger.
⚠️ Ce qui se dit à la personne quand un signalement est envisagé : qu'il l'est, ⚠️ pourquoi, ⚠️ à qui, et ce qu'il contiendra, ⚠️ chaque fois que cela ne l'expose pas davantage.
⚠️ Ce qui se transmet à la structure dédiée, avec l'accord de la personne : le motif, ⚠️ le délai écoulé, ⚠️ ce qui a déjà été fait, ⚠️ ce qui a été prélevé, ⚠️ les traitements débutés, et le degré d'urgence. ⚠️ Une orientation sans transmission oblige la personne à tout redire, ce qui est précisément ce qu'il faut éviter.
⚠️ Ce qui se coordonne : un interlocuteur nommé, ⚠️ un calendrier, et qui rappelle si la personne ne vient pas.
⚠️ Ce qui se remet à la personne elle-même : les documents, ⚠️ le certificat, et les résultats, ⚠️ jamais à un tiers, fût-il un proche présent.
⚠️ Ce qui se trace : les constatations, ⚠️ les propos entre guillemets, ⚠️ les accords donnés, ⚠️ les refus, et les décisions, ⚠️ un dossier tenu régulièrement valant plus qu'une attestation rédigée après coup.
À retenir
- Rien ne sort sans accord explicite, hors les cas prévus par le cadre applicable.
- Un signalement envisagé se dit à la personne quand cela ne l'expose pas davantage.
- Une orientation sans transmission oblige la personne à tout redire.
- Documents et résultats se remettent à la personne, jamais à un proche présent.
- Un dossier tenu au fil des consultations vaut plus qu'une attestation tardive.
En pratique
- Accord explicite recueilli avant toute transmission
- Cadre du signalement connu
- Personne informée si signalement envisagé
- Transmission structurée à la structure dédiée
- Degré d'urgence précisé
- Interlocuteur et calendrier nommés
- Documents remis à la personne seule
- Dossier tracé avec propos entre guillemets