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Fiche de révision

Violences psychologiques et/ou physiques

La question ne se pose pas d'elle-même : elle se pose systématiquement, et sans témoin.

Situation de départ 351Catégorie VItem R2C 11Item R2C 57Item R2C 7

Entretien et interrogatoire

⚠️ Personne ne consulte pour des violences : ⚠️ on consulte pour des douleurs, ⚠️ une insomnie, ⚠️ une fatigue, ou pour un enfant.

⚠️ Ce qui doit être réuni avant de poser la question : être seul avec la personne, ⚠️ sans le conjoint, ⚠️ sans le parent, ⚠️ sans l'aidant, ⚠️ sans l'enfant en âge de comprendre, et avec un interprète professionnel si nécessaire, ⚠️ jamais un proche.

⚠️ Ce qui se dit avant : que la question est posée à tout le monde, ⚠️ qu'elle n'est pas dirigée contre quelqu'un, et que la réponse ne déclenchera rien sans l'accord de la personne.

⚠️ Ce qui se demande : une question simple et directe, ⚠️ portant sur des faits, ⚠️ « est-ce que quelqu'un vous fait du mal », plutôt qu'une qualification.

⚠️ Ce qui se recherche comme faits, sans en demander le détail : des coups, ⚠️ des menaces, ⚠️ des insultes, ⚠️ un contrôle de l'argent, ⚠️ des sorties, ⚠️ du téléphone, ⚠️ des soins empêchés, ⚠️ un isolement organisé, et une atteinte aux enfants ou aux animaux.

⚠️ Ce qui se demande sur le retentissement : le sommeil, ⚠️ l'humeur, ⚠️ les consommations, ⚠️ ce que la personne a cessé de faire, et les idées suicidaires, ⚠️ sans jamais interroger de moyen.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : poser la question devant un tiers, ⚠️ exiger un récit détaillé, ⚠️ demander pourquoi la personne reste, et mettre en doute.

Le piège

Poser la question en présence de l'accompagnant : la réponse sera non, et il n'y aura pas de seconde occasion.

À retenir

  • La question se pose seul avec la personne, jamais devant un tiers.
  • Un proche ne traduit pas : un interprète professionnel, toujours.
  • Dire que la question est posée à tout le monde la rend possible.
  • Le contrôle de l'argent, des sorties et du téléphone sont des faits.
  • Ne jamais demander pourquoi la personne reste.

En pratique

  • Entretien mené seul
  • Interprète professionnel si besoin
  • Caractère systématique annoncé
  • Question directe et factuelle posée
  • Formes de contrôle recherchées
  • Enfants exposés recherchés
  • Retentissement exploré
  • Idées suicidaires recherchées

Examen clinique

⚠️ L'examen ne cherche pas une preuve : ⚠️ il constate, ⚠️ il décrit, et il date.

⚠️ Ce qui se demande avant : l'accord, ⚠️ l'explication de ce qui va être fait, et la possibilité d'interrompre.

⚠️ Ce qui s'examine : l'ensemble du corps, ⚠️ et non la seule zone montrée, ⚠️ le cuir chevelu, ⚠️ les oreilles, ⚠️ la bouche, ⚠️ le cou, ⚠️ les avant-bras, ⚠️ le dos, et les zones habituellement couvertes.

⚠️ Ce qui se décrit pour chaque lésion : le siège, ⚠️ la taille, ⚠️ la forme, ⚠️ la couleur, ⚠️ le nombre, et l'aspect, ⚠️ avec des mots neutres, ⚠️ sans attribuer d'origine, et sans écrire de mécanisme.

⚠️ Ce qui alerte : des lésions d'âges différents, ⚠️ des localisations inhabituelles, ⚠️ une discordance entre l'explication donnée et l'aspect, ⚠️ un retard de consultation, et des consultations répétées.

⚠️ Ce qui se recherche chez l'enfant : la courbe de croissance, ⚠️ l'état bucco-dentaire, ⚠️ le comportement, ⚠️ le développement, et la relation avec l'adulte présent.

⚠️ Ce qui se recherche chez la personne âgée ou dépendante : l'état cutané, ⚠️ la dénutrition, ⚠️ l'incurie, ⚠️ la contention, et le défaut de soins.

⚠️ Ce qui se fait toujours : un examen général, ⚠️ des mesures, et une trace écrite datée, ⚠️ utilisable des mois plus tard.

À retenir

Décrire, mesurer, dater. Jamais conclure sur l'origine dans le dossier ni dans un certificat.

À retenir

  • On examine tout le corps, pas la seule zone montrée.
  • On décrit sans attribuer d'origine ni écrire de mécanisme.
  • Des lésions d'âges différents et un retard de consultation alertent.
  • Chez l'enfant, la courbe et le comportement font partie de l'examen.
  • Une trace écrite datée sert des mois plus tard.

En pratique

  • Accord recueilli et geste expliqué
  • Examen de tout le corps
  • Zones couvertes inspectées
  • Lésions décrites objectivement
  • Âges lésionnels notés
  • Discordances relevées
  • Spécificités de l'âge recherchées
  • Trace écrite datée

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen complémentaire ne fait le diagnostic. Les explorations d'une lésion relèvent des situations de départ correspondantes.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'interprétation d'imagerie lésionnelle relève des situations de départ correspondantes et de l'avis spécialisé.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas de démarche diagnostique : la situation se repère, et sa qualification n'appartient pas au médecin.

Urgence vitale

⚠️ La question qui prime sur toutes les autres : ⚠️ cette personne est-elle en sécurité en sortant d'ici.

⚠️ Ce qui s'évalue : la gravité des faits récents, ⚠️ leur fréquence, ⚠️ leur aggravation, ⚠️ l'existence de menaces, ⚠️ l'accès à des moyens dangereux, ⚠️ la présence d'enfants, ⚠️ une séparation en cours, et l'isolement. ⚠️ Une aggravation récente est le signal le plus fort.

⚠️ Ce qui se cherche cliniquement : une lésion grave, ⚠️ un traumatisme crânien, ⚠️ une strangulation rapportée, ⚠️ une grossesse, et un état de sidération.

⚠️ Ce qui s'évalue avec autant de sérieux : le risque suicidaire, ⚠️ directement, et sans jamais interroger de moyen.

⚠️ Ce qui se décide quand le danger est immédiat : ne pas laisser repartir sans solution, ⚠️ une hospitalisation quand elle est justifiée, ⚠️ une mise à l'abri, ⚠️ l'appel des services compétents, et le signalement dans les cas prévus par le cadre applicable.

⚠️ Ce qui se sait du cas des mineurs et des personnes vulnérables : le cadre est différent, ⚠️ la protection prime, et le signalement ne requiert pas l'accord.

⚠️ Ce qui se prépare avec la personne : un plan de sécurité simple, ⚠️ un lieu où aller, ⚠️ des documents mis à l'abri, ⚠️ un numéro appris, et un signal convenu avec un proche.

⚠️ Ce qui se trace : l'évaluation, ⚠️ la décision, et l'heure.

Urgence

Menaces, aggravation récente, strangulation rapportée, enfants exposés : la sortie ne s'organise pas sans solution.

À retenir

  • La question première est celle de la sécurité en sortant de la consultation.
  • Une aggravation récente de la fréquence ou de la gravité est le signal le plus fort.
  • Chez un mineur ou une personne vulnérable, la protection prime sur l'accord.
  • Un plan de sécurité simple se prépare avec la personne, pas pour elle.
  • Le risque suicidaire se demande directement, sans interroger de moyen.

En pratique

  • Sécurité immédiate évaluée
  • Aggravation récente recherchée
  • Enfants exposés identifiés
  • Lésions graves cherchées
  • Risque suicidaire exploré
  • Mise à l'abri organisée si besoin
  • Cadre du signalement appliqué
  • Plan de sécurité préparé

Stratégie de prise en charge

⚠️ Le rôle du médecin est de soigner, ⚠️ de constater, ⚠️ d'informer, et d'accompagner dans le temps.

⚠️ Ce qui se dit d'abord : que ce qui est décrit n'est pas acceptable, ⚠️ que la personne n'en est pas responsable, et qu'elle sera suivie quoi qu'elle décide.

⚠️ Ce qui se soigne : les lésions, ⚠️ la douleur, ⚠️ le sommeil, ⚠️ l'anxiété, ⚠️ un épisode dépressif, et les plaintes somatiques, ⚠️ qui ne sont pas des prétextes.

⚠️ Ce qui se rédige lorsque la personne le demande : un certificat descriptif, ⚠️ daté, ⚠️ rapportant ses propos entre guillemets et attribués, ⚠️ décrivant les constatations, ⚠️ évaluant un retentissement, ⚠️ sans jamais désigner un tiers, ⚠️ sans qualifier les faits, et remis à elle seule.

⚠️ Ce qui s'informe : les recours existants, ⚠️ les associations, ⚠️ les services sociaux, ⚠️ les dispositifs d'écoute, et les démarches judiciaires, ⚠️ sans en imposer aucune, et sans conditionner les soins.

⚠️ Ce qui se sait du temps long : une personne quitte rarement une situation à la première consultation, ⚠️ le processus prend souvent des années, ⚠️ et chaque consultation en fait partie, même quand rien ne semble avancer.

⚠️ Ce qui se maintient : le lien, ⚠️ le rendez-vous suivant, ⚠️ la trace régulière, et l'absence de reproche.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : décider à la place de la personne majeure, ⚠️ sauf danger relevant du cadre applicable.

À retenir

Propos entre guillemets, constatations décrites, aucun tiers nommé : la formule qui protège la personne et son dossier.

Le piège

Se décourager parce que la personne ne part pas : le découragement du soignant supprime le seul lien qui restait.

À retenir

  • Dire que ce qui est décrit n'est pas acceptable, et que la personne n'en est pas responsable.
  • Un certificat décrit et rapporte : il ne qualifie pas et ne désigne personne.
  • Les soins ne se conditionnent jamais à une démarche judiciaire.
  • Une personne quitte rarement la situation à la première consultation.
  • Chaque consultation compte, même quand rien ne semble avancer.

En pratique

  • Situation nommée comme inacceptable
  • Responsabilité clairement située
  • Lésions et symptômes traités
  • Certificat rédigé si demandé
  • Recours expliqués sans injonction
  • Aucune condition posée aux soins
  • Rendez-vous suivant fixé
  • Suivi tracé sans reproche

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Aucune annonce diagnostique n'intervient. L'information sur les recours est traitée dans les sections prise en charge et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui se passe entre deux consultations décide de la suite, ⚠️ et la personne y est seule.

⚠️ Ce qui s'explique sur les symptômes : que le sommeil, ⚠️ les douleurs, ⚠️ la fatigue, ⚠️ l'anxiété, et les troubles de la mémoire sont des conséquences, ⚠️ et non des faiblesses, et qu'ils régressent quand la situation change.

⚠️ Ce qui se prépare concrètement : un lieu où aller, ⚠️ une personne à prévenir, ⚠️ des papiers mis à l'abri, ⚠️ un numéro appris par cœur plutôt qu'enregistré, et un moment plus sûr que les autres.

⚠️ Ce qui se dit sur la sécurité numérique : qu'un téléphone, ⚠️ un ordinateur, ⚠️ un historique, ⚠️ et une géolocalisation peuvent être consultés, et que les documents remis peuvent être trouvés.

⚠️ Ce qui se travaille sur l'isolement : garder un contact, ⚠️ une activité, ⚠️ un lien avec un proche, et un rendez-vous médical régulier, ⚠️ qui est parfois la seule sortie autorisée.

⚠️ Ce qui se dit sur les enfants : qu'ils voient, ⚠️ qu'ils entendent, ⚠️ que cela les atteint même sans être touchés, et que leur suivi compte.

⚠️ Ce qui s'aborde sans jugement : l'alcool, ⚠️ les médicaments, et les substances.

⚠️ Ce qui se rappelle à chaque fois : qu'il est possible de revenir, ⚠️ sans avoir à tout redire, et sans avoir rien décidé.

À retenir

Avant de remettre un papier, demander si la personne peut le garder sans risque.

À retenir

  • Les symptômes sont des conséquences, pas des faiblesses.
  • Un numéro appris par cœur vaut mieux qu'un numéro enregistré.
  • Un document remis peut être trouvé : la sécurité numérique se dit.
  • Le rendez-vous médical est parfois la seule sortie autorisée.
  • Les enfants sont atteints même sans être touchés.

En pratique

  • Origine des symptômes expliquée
  • Plan de sécurité préparé
  • Numéros appris plutôt qu'écrits si besoin
  • Sécurité numérique abordée
  • Isolement travaillé
  • Situation des enfants abordée
  • Consommations abordées sans jugement
  • Retour possible rappelé

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une information qui circule mal peut mettre quelqu'un en danger, ⚠️ et c'est le seul domaine où cette phrase est littérale.

⚠️ Ce qui ne se transmet à personne sans accord : les faits, ⚠️ les propos, ⚠️ l'existence même de la consultation, et les documents, ⚠️ hors les cas prévus par le cadre applicable.

⚠️ Ce qui relève du signalement : la protection d'un mineur, ⚠️ ou d'une personne vulnérable qui n'est pas en mesure de se protéger, ⚠️ selon le cadre en vigueur, et après avis lorsqu'un doute existe. ⚠️ Un signalement s'écrit en décrivant, ⚠️ sans accuser, et en distinguant ce qui est constaté de ce qui est rapporté.

⚠️ Ce qui se dit à la personne : ce qui va être transmis, ⚠️ à qui, ⚠️ pourquoi, et quand, ⚠️ chaque fois que cela ne l'expose pas davantage.

⚠️ Ce qui se coordonne, avec son accord : le travailleur social, ⚠️ l'association, ⚠️ le psychologue, ⚠️ le médecin traitant, et le pédiatre pour les enfants.

⚠️ Ce qui se demande à ceux qui la voient : ce qu'ils observent, ⚠️ les consultations manquées, ⚠️ les changements, et l'attitude de l'accompagnant.

⚠️ Ce qui se trace au dossier : les constatations, ⚠️ les propos entre guillemets, ⚠️ les refus, ⚠️ les informations données, et les dates, ⚠️ un dossier tenu régulièrement valant plus que toute attestation tardive.

⚠️ Ce qui se vérifie avant d'écrire : que le dossier ne peut pas être vu par la personne mise en cause.

Le piège

Adresser un courrier au domicile : il peut être ouvert par quelqu'un d'autre, avec des conséquences directes.

À retenir

  • Rien ne circule sans accord, hors les cas prévus par le cadre applicable.
  • Un signalement décrit et distingue le constaté du rapporté : il n'accuse pas.
  • Prévenir la personne de ce qui sera transmis, sauf si cela l'expose davantage.
  • L'attitude de l'accompagnant est une observation utile à demander.
  • Vérifier que le dossier ne peut pas être consulté par la personne mise en cause.

En pratique

  • Accord recueilli avant transmission
  • Cadre du signalement appliqué
  • Signalement descriptif et non accusatoire
  • Personne informée quand c'est possible
  • Réseau coordonné avec accord
  • Observations des autres professionnels demandées
  • Dossier tracé et daté
  • Canal de communication sécurisé vérifié

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 11 : Violences et santé
  • R2C, item 57 : Maltraitance, enfants en danger, protection maternelle et infantile
  • R2C, item 7 : Les droits individuels et collectifs du patient
  • Collège national des enseignants de médecine légale, chapitre sur le repérage et la prise en charge des violences
  • Recommandations en vigueur sur le repérage des violences, la rédaction des certificats et le signalement. La date de la version consultée fait partie de la source