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Radiologie

Fiche de révision

Demande d'explication d'un patient sur le déroulement, les risques et les bénéfices attendus d'un examen d'imagerie

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 232Catégorie IIItem R2C 180Item R2C 3Item R2C 4

Un patient qui demande une explication sur un examen d'imagerie ne demande pas un cours : il veut savoir si cela fait mal, si c'est dangereux et combien de temps cela dure. Cette fiche vous apprend à préparer cet entretien, à partir de ce qui l'inquiète, à décrire ce qu'il va vivre et à répondre honnêtement sur les rayonnements. Elle se termine sur ce qui fait qu'une explication a servi : la vérification de ce qu'il a compris, des consignes concrètes et une information qui reste la même d'un professionnel à l'autre.

SommaireEnviron 12 min
  1. Avant l'entretien, avoir les résultats et les consignes du centre
  2. Ouvrir par une question, et partir de ce qui inquiète
  3. Recueillir ce qui conditionne la sécurité et l'organisation
  4. Décrire ce que la personne va vivre, pas la machine
  5. Les rayonnements : reconnaître l'exposition et la situer
  6. Inviter la dernière question, puis faire redire
  7. Des consignes concrètes, et ce qui ne s'arrête pas
  8. Une information qui se conserve, et qui reste la même d'un soignant à l'autre
  9. À retenir pour la station

Avant l'entretien, avoir les résultats et les consignes du centre

2 résultats conditionnent ce qu'on peut promettre au patient, et il faut les avoir sous les yeux avant l'entretien. Le premier est la fonction rénale : elle décide de l'injection, et sa date compte autant que sa valeur. Annoncer une injection puis l'annuler le jour même est une déception évitable.

Le second est le statut de grossesse, chez toute femme en âge de procréer avant un examen irradiant. La question se pose à la patiente plutôt qu'elle ne se suppose.

Les consignes exactes de préparation se demandent au service d'imagerie avant l'entretien, avec la durée réelle de l'examen et l'heure d'arrivée souhaitée. Ces informations varient d'un centre à l'autre, et une consigne inventée sera contredite sur place.

Ouvrir par une question, et partir de ce qui inquiète

L'explication commence par une question posée au patient, et non par un exposé. On part de ce qu'il a compris et de ce qui l'inquiète, et non de ce qu'on a l'habitude d'expliquer. Le piège est de commencer par expliquer : le patient a une question précise, et ce n'est pas forcément celle qu'on croit.

Ce qui se demande d'abord : ce qu'il a compris de la raison de l'examen, ce qu'il en attend, ce qui l'inquiète précisément, et ce qu'il a déjà lu ou entendu. Un patient qui a lu quelque chose d'inexact le gardera si on ne le nomme pas.

La façon dont le patient parle renseigne aussi : son niveau de compréhension, sa langue, et le besoin éventuel d'un interprète professionnel. Un proche qui traduit filtre ce qu'il croit devoir épargner, et c'est pourquoi l'interprète est professionnel.

« Avant que je vous explique, qu'est-ce qui vous inquiète dans cet examen, et qu'avez-vous déjà lu ou entendu ? »

Recueillir ce qui conditionne la sécurité et l'organisation

Les traitements en cours se demandent tous, pas seulement ceux qui semblent liés à l'examen. Puis une grossesse possible, un matériel implanté, une réaction antérieure à un produit de contraste, une maladie du rein, et une gêne dans les espaces confinés : ces éléments conditionnent la sécurité de l'examen.

Sur les traitements, la vérification va dans les 2 sens. Elle identifie ceux dont la prise doit être adaptée autour d'une injection de produit de contraste, et ceux qui doivent être poursuivis normalement. Un patient à qui l'on dit « arrêtez tout » arrête aussi ce qui ne devait pas l'être.

L'organisation se recueille dans le même temps : comment il vient et comment il repart, s'il travaille ce jour-là, s'il est accompagné, et s'il a besoin d'un arrêt. Comment il vient et comment il repart fait partie de l'entretien, au même titre que ses traitements.

« Quels médicaments prenez-vous, tous, y compris ceux qui vous paraissent sans rapport avec cet examen ? »

Décrire ce que la personne va vivre, pas la machine

Expliquer un examen, c'est décrire ce que la personne va vivre, et non comment la machine fonctionne. Pour un scanner : une table qui se déplace, un anneau large et ouvert, des consignes de respiration, une durée courte, et une perfusion si une injection est prévue. Pour une échographie : un gel froid, une pression parfois désagréable sur une zone douloureuse, et l'absence de rayonnement.

Pour une imagerie par résonance magnétique, la difficulté tient au bruit, à la durée et à l'immobilité : un tunnel plus long et plus étroit, un bruit important, des protections auditives, une durée plus longue et une immobilité nécessaire, et une sonnette pour appeler. La gêne dans les espaces confinés s'anticipe et se traite.

L'injection s'annonce avec ses sensations : la pose d'une perfusion, une sensation de chaleur diffuse et un goût métallique, fréquents et normaux, et la consigne de prévenir immédiatement si autre chose survient. Annoncer une sensation désagréable la rend supportable, et ne pas l'annoncer la transforme en frayeur.

Le patient peut appeler à tout moment pendant l'examen, il sera surveillé, et il peut dire s'il ne se sent pas bien. Le lui dire compte, car beaucoup de patients pensent qu'ils ne doivent pas déranger.

Ce que le patient verra se dit aussi : il ne saura rien à la sortie de la machine, le manipulateur ne commente pas les images, et ce silence n'est pas un mauvais signe. Beaucoup de patients interprètent le mutisme du service comme une mauvaise nouvelle qu'on leur cache.

« Au moment de l'injection, vous sentirez une chaleur dans tout le corps, et peut-être un goût de métal dans la bouche : c'est fréquent et normal. »

« Pendant l'examen, vous pouvez appeler à tout moment : on vous surveille, et vous ne dérangez personne. »

Les rayonnements : reconnaître l'exposition et la situer

La question des rayonnements est celle où l'on ment le plus souvent sans le vouloir, et le mensonge se paie immédiatement. « Il n'y a aucun risque » est faux : le patient a lu le contraire, et il conclut qu'on le rassure au lieu de lui répondre. Nier un risque que le patient a lu détruit la confiance en une phrase.

« C'est dangereux » est faux aussi, et conduit à des refus d'examens utiles. Ce qui est exact et audible : une exposition existe, elle est faible, elle se compare à des repères de la vie courante, et elle est justifiée par ce que l'examen doit apporter. Les examens sans rayonnement, échographie et résonance magnétique, n'exposent pas, et le dire évite une inquiétude injustifiée. Pour un enfant, l'explication passe aussi par les parents : comment expliquer l'examen à l'enfant, la possibilité d'être présent, et le fait que les alternatives sans rayonnement sont privilégiées.

Le bénéfice se dit par la question posée : la question précise à laquelle l'examen répond, et ce qui changera selon le résultat. Les limites se disent avant l'examen : un examen peut ne pas répondre, un examen normal n'écarte pas tout, et un examen peut montrer une anomalie sans rapport, qui donnera lieu à d'autres examens.

La décision se prend avec le patient : s'il souhaite l'examen, une fois entendu ce qu'il apporte et ce qu'il coûte. Son refus est une possibilité qui se respecte, et il se note avec ce qui a été expliqué.

« Ce scanner vous expose à des rayons, c'est vrai ; cette exposition est faible, et elle se justifie par la question à laquelle cet examen doit répondre. »

Inviter la dernière question, puis faire redire

Ce qui se demande et qui est le plus souvent oublié : s'il a d'autres questions. La dernière question est souvent la vraie, et elle ne vient que si on l'invite.

Ce qui n'a pas été redit n'a pas été compris. La vérification se fait à la fin, en faisant redire au patient ce qu'il a retenu, avec ses mots. Faire redire est la seule façon de savoir ce qui a été compris.

Une erreur dans ce qu'il redit se corrige sans reprocher. C'est l'occasion de reprendre le point mal compris, et non de le lui faire remarquer.

« Avez-vous d'autres questions, même une qui vous paraît secondaire ? »

« Pour être sûr d'avoir été clair, pouvez-vous me redire avec vos mots comment cela va se passer ? »

Des consignes concrètes, et ce qui ne s'arrête pas

Une explication réussie se termine par des consignes concrètes, et non par une phrase générale. Ce qui se donne à chaque explication : l'heure et le lieu, les conditions de jeûne quand elles s'appliquent, les consignes d'hydratation, les documents à apporter, et la durée totale de la présence sur place. Les documents à apporter se nomment : les résultats demandés, les examens antérieurs et leurs images, et les documents administratifs.

Sur les traitements, la consigne précise lesquels se prennent normalement, lequel se suspend et quand il se reprend, et surtout ce qui ne s'arrête pas. Une consigne d'arrêt vague provoque des arrêts inutiles et parfois dangereux.

Ce qui s'organise : le transport quand une sédation est prévue, l'accompagnement, et l'arrêt de travail quand il est nécessaire. Après une injection, le patient boit normalement, et on lui donne les signes qui doivent faire consulter dans les heures qui suivent : une éruption, une gêne respiratoire, une douleur au point de perfusion.

Le résultat s'organise avant l'examen : quand il sera disponible, qui l'expliquera, et par quel moyen. Le rendez-vous de résultat se fixe avant l'examen et non après, ce qui évite l'attente sans échéance ; un patient qui ne sait pas quand il aura son résultat appellera tous les jours, ou n'appellera pas du tout.

Un écrit reprend les consignes et la date du résultat. Un patient qui repart sans papier n'en retiendra qu'une partie, et se trompera sur celle qui compte.

« Ce médicament-ci se suspend, et vous le reprenez à la date que je vous écris ; tous les autres se prennent normalement. »

Une information qui se conserve, et qui reste la même d'un soignant à l'autre

L'entretien d'explication est l'occasion de donner 2 ou 3 choses utiles pour la suite, et elle ne se représentera pas. Garder les comptes rendus et demander les images sur un support, puis les apporter à chaque consultation, évite de refaire un examen faute de comparaison. Un examen ne se refait pas par principe : la question se pose à chaque fois.

L'information donnée au patient doit être la même d'un professionnel à l'autre, et elle l'est rarement. Au service d'imagerie se transmettent ce qui a été expliqué au patient, ses craintes, une gêne dans les espaces confinés et un besoin d'accompagnement : c'est ce qui permet d'adapter l'accueil.

Au médecin traitant se transmettent ce qui a été dit au patient et ce qui a été convenu sur les traitements, pour qu'il ne donne pas une consigne contraire. Au pharmacien se transmettent la suspension éventuelle d'un traitement et sa reprise, quand elle concerne un médicament délivré régulièrement.

Ce qui a été expliqué et ce que le patient a compris s'écrivent dans le dossier. Sans cette ligne, l'explication sera refaite différemment par le suivant, et le patient conclura que personne ne sait.

À retenir pour la station

Avant d'expliquer, demandez ce qui inquiète et ce qui a été lu : le patient veut savoir si cela fait mal, si c'est dangereux et combien de temps cela dure. Décrivez ce qu'il va vivre, et annoncez la chaleur de l'injection avant qu'elle survienne. Sur les rayons, ni « aucun risque » ni « c'est dangereux » : une exposition existe, elle est faible, elle se situe par des repères et se justifie par la question posée. Demandez tous les traitements, et dites ce qui se suspend et ce qui ne s'arrête pas. Invitez la dernière question, faites redire, et laissez un écrit.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    Imagerie médicale. Radiologie et médecine nucléaire

    Collège des enseignants de radiologie de France (CERF) ; Collège national des enseignants de biophysique et de médecine nucléaire (CNEBMN). 3e édition, Réussir son DFASM, Connaissances clés (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 180 ; Chapitre « Produits de contraste »

    Appuie : Synthèse paraclinique, Entretien et interrogatoire, Iconographie, Annonce et information, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 180 ; Item 3 ; Item 4

    Appuie : Synthèse paraclinique, Communication interprofessionnelle, Entretien et interrogatoire, Annonce et information, Iconographie, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention