Cette fiche vous apprend à conduire la consultation d'un nourrisson qui va bien, où rien ne se présente et où tout dépend de ce qu'on demande, de ce qu'on refait et de ce qu'on écrit. Elle suit la consultation : les questions qui font parler, l'examen de dépistage refait en entier, les images de hanche et leurs pièges, les prescriptions de prévention, la posture avant le contenu, les conseils, puis le carnet qui transmet.
SommaireEnviron 10 min
- Quand l'enfant va bien, la consultation vaut ce que valent les questions
- Un examen de dépistage, refait entièrement à chaque consultation
- Une imagerie de hanche se demande sur un motif, et selon l'âge
- Un cliché mal positionné ne conclut rien, et une demande de refaire doit être lue
- Des prescriptions toutes préventives, et ce qui avait été convenu
- Demander avant de dire : la posture avant le contenu
- Le couchage sans culpabiliser, puis les autres conseils
- Le carnet ne transmet que ce qui y est écrit
- À retenir pour la station
Quand l'enfant va bien, la consultation vaut ce que valent les questions
Quand l'enfant va bien, rien ne se présente de soi-même : la consultation vaut ce que valent les questions. Le sommeil se demande en premier, comment l'enfant dort, et surtout où et dans quoi. La position de couchage, le contenu du lit et la température de la chambre ne se devinent pas, et les parents ne les signalent pas d'eux-mêmes.
L'alimentation se détaille : le nombre et le volume des biberons ou des tétées, la préparation, le début éventuel d'autres aliments. La prise réelle de la vitamine D se vérifie, elle ne se suppose pas.
L'environnement se demande aussi : qui garde l'enfant, le tabac au domicile, les écrans allumés dans la pièce, les déplacements en voiture. Sur la vaccination, ce que les parents en pensent se demande avant de dire quoi que ce soit, avec la façon dont s'est passée l'injection précédente.
Les parents eux-mêmes font partie de l'entretien : comment ils vont, s'ils dorment, s'ils sont seuls, ce qui les inquiète. Leurs questions se laissent venir, et elles arrivent en fin de consultation, souvent les plus importantes.
La dernière question change parfois tout : y a-t-il autre chose ? Beaucoup de parents gardent pour la fin ce qui les inquiète vraiment, une difficulté d'alimentation, une inquiétude sur le développement, ou une question qu'ils craignent de voir jugée bête.
Un examen de dépistage, refait entièrement à chaque consultation
L'examen d'un nourrisson qui va bien est un examen de dépistage, et il se refait entièrement à chaque fois. Le poids, la taille et le périmètre crânien se mesurent et se reportent sur les courbes. Leur évolution compte davantage que leur valeur : une cassure ou une accélération se voit sur la courbe, et non sur un chiffre isolé.
L'orthopédie se regarde : la symétrie des plis, l'écartement des cuisses, la longueur des membres, le rachis et les pieds. L'examen des hanches se refait à chaque consultation jusqu'à la marche.
Les sens se testent : la poursuite du regard, la réaction aux bruits, la lueur pupillaire et la symétrie du regard. Le développement se vérifie, tenue de la tête, sourire réponse, préhension et interaction, rapporté aux repères de l'âge.
L'examen comprend aussi la peau, la bouche, le cœur, l'abdomen, les organes génitaux et la fontanelle. Chaque item examiné se note, y compris quand il est normal : une case vide ne vaut pas un examen normal.
La façon d'examiner n'est pas un détail : parler à l'enfant, le déshabiller progressivement, le laisser sur les genoux de son parent quand c'est possible, et réchauffer ses mains. Un examen bien conduit à cet âge conditionne la coopération des consultations suivantes.
Une imagerie de hanche se demande sur un motif, et selon l'âge
L'imagerie du suivi est une imagerie de dépistage, et elle ne vaut que par le moment où elle est faite et la façon dont elle est réalisée. Ce qui la déclenche, ce sont des facteurs de risque : une naissance par le siège, un antécédent familial, une anomalie de l'examen. En leur absence, l'imagerie de dépistage ne se demande pas.
L'âge conditionne le choix de l'examen. L'échographie de hanche a un intérêt dans les premières semaines, puis l'ossification progresse et la radiographie devient l'examen adapté. Refaire une échographie une fois l'ossification avancée ne règle rien.
L'image et l'examen clinique se confrontent. Un examen clinique anormal et une image normale imposent de reprendre les 2, et c'est l'examen clinique qui déclenche la conduite, et non l'image seule.
Un cliché mal positionné ne conclut rien, et une demande de refaire doit être lue
Un compte rendu se lit dans sa conclusion, mais aussi dans ses conditions de réalisation. Un cliché du bassin mal positionné, avec une rotation, des trous obturateurs inégaux ou des membres asymétriques, crée une fausse asymétrie ou masque une anomalie réelle. Aucune conclusion ne s'en tire, ni rassurante ni inquiétante.
Sous la conclusion se lisent les réserves du radiologue, et une éventuelle demande de refaire l'examen. Cette demande n'a d'effet que si quelqu'un la lit et prend le rendez-vous.
Devant un dépistage anormal se décident un examen complémentaire adapté à l'âge, un délai chiffré et un avis spécialisé. Le pronostic de plusieurs anomalies dépend de la précocité de la prise en charge, et un délai chiffré remplace la mention « à prévoir ».
Des prescriptions toutes préventives, et ce qui avait été convenu
Une consultation de suivi comporte des prescriptions, et elles sont toutes préventives. La supplémentation en vitamine D se prescrit, et sa prise réelle se contrôle à chaque fois : l'oubli est fréquent, et une prescription n'est pas une prise.
Les vaccinations prévues se réalisent le jour même, avec la vérification du carnet, le rattrapage d'un retard et l'inscription immédiate de la date. La consultation suivante se programme selon le calendrier des examens obligatoires, avec un rendez-vous rapproché si un point reste à vérifier. Autour de l'enfant s'organisent le mode de garde, les aides sociales quand elles sont utiles, et un relais quand un parent est isolé.
Ce qui avait été convenu à la consultation précédente se réévalue, et non seulement ce qui se présente aujourd'hui. Ce qui avait été décidé la fois précédente se reprend donc au début de la consultation.
Demander avant de dire : la posture avant le contenu
L'éducation porte cette consultation, et elle se joue sur une posture avant de se jouer sur un contenu. La posture consiste à demander avant de dire : ce que les parents pensent, ce qu'ils ont lu, ce qu'ils font déjà se demande en premier.
Un parent qui reçoit des arguments sans avoir été entendu répond « d'accord » et ne change rien. Un reproche ferme définitivement la consultation.
La vaccination suit le même ordre : les questions d'abord, les réponses ensuite. Les réactions attendues après l'injection s'annoncent avant, et la conduite à tenir se donne.
Le couchage sans culpabiliser, puis les autres conseils
Les règles de couchage se donnent en entier, et sans culpabiliser. Nommer le fait que beaucoup de parents font autrement désamorce la culpabilité.
Les règles du couchage, à donner en entier :
- Sur le dos, à chaque sommeil.
- Dans un lit à barreaux, sur un matelas ferme.
- Sans tour de lit, sans couverture, sans oreiller, sans objet.
- Dans une chambre non surchauffée.
- Dans la chambre des parents les premiers mois.
Le temps passé sur le ventre en état d'éveil est utile, et il n'a rien à voir avec le couchage : il faut le dire. L'alimentation se traite par la conduite du moment et l'âge du début de la diversification, avec des repères simples. Les autres sujets se passent en revue : la vitamine D, le tabac, les écrans, la sécurité en voiture et à la maison, et le rythme des consultations.
Le carnet ne transmet que ce qui y est écrit
Le carnet de santé est le support de transmission, et il ne transmet que ce qui y est écrit. S'y remplissent à chaque consultation les mesures reportées sur les courbes, les items du dépistage examinés, les acquisitions, les vaccins avec leur date et les conseils donnés.
Le résultat de l'examen des hanches s'y écrit à chaque fois, et non « dépistage fait ». Cette mention arrête la surveillance de tous ceux qui suivront. « Examen normal » ne s'écrit pas davantage : sans le détail de ce qui a été examiné, cette ligne ne dit pas ce qui n'a pas été regardé, et le suivant la lira comme une vérification complète.
Au professionnel qui suivra se transmet ce qui reste à vérifier, et un examen d'imagerie à refaire. Un compte rendu qui demande un nouvel examen ne doit pas être simplement classé : le rendez-vous se prend, par quelqu'un de nommé.
La coordination passe par la protection maternelle et infantile, la puéricultrice, le mode de garde, et le spécialiste quand un dépistage est positif. Les informations données se transmettent aux 2 parents : l'un des 2 est souvent absent, et il repart sinon sans rien.
À retenir pour la station
Quand l'enfant va bien, tout dépend de ce que vous demandez : où et dans quoi il dort, ce qu'il mange, et si la vitamine D est réellement donnée, car une prescription n'est pas une prise. Refaites l'examen entier à chaque consultation, hanches comprises. Devant une image de hanche, lisez les conditions de réalisation : un cliché mal positionné ne conclut rien, ni dans un sens ni dans l'autre, et une demande de refaire n'a d'effet que si le rendez-vous est pris. Demandez avant de dire, sans reproche. Et écrivez ce qui a été examiné, et non « dépistage fait ».
S'entraîner sur cette situation
Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.
Sources
- Pédiatrie (Ouvre un nouvel onglet)
Collège national des pédiatres universitaires (CNPU) ; Collège national hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique (CNHUCP). 9e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).
- Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)
Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.
Les mêmes items du programme
- Consultation de suivi pédiatriqueSituation de départ 296 / items communs 47, 48
- Éruptions chez l'enfantSituation de départ 37 / item commun 146
- Examen du nouveau-né à termeSituation de départ 39 / item commun 47
- Pâleur de l'enfantSituation de départ 55 / item commun 48
- Déformation rachidienneSituation de départ 65 / item commun 47
- Tâche cutanée du nourrissonSituation de départ 90 / item commun 47
- Anomalie du développement psychomoteurSituation de départ 115 / item commun 47
- Strabisme de l'enfantSituation de départ 157 / item commun 47